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par Rédaction

240 millions de "profils électoraux" chez Cambridge Analytica : c'est tout bannon

L'utilisation des données personnelles à des fins d'influence politique par des entreprises spécialisées en traitement de Big data n'est pas [encore] un sujet qui préoccupe vraiment les autorités des grandes démocraties. Cela pourrait changer dans les mois qui viennent, pour peu que l'affaire actuellement en cours — mettant en cause Cambridge Analytica et Facebook — soit suffisamment médiatisée.

L'utilisation des données personnelles à des fins d'influence politique par des entreprises spécialisées en traitement de Big data n'est pas [encore] un sujet qui préoccupe vraiment les autorités des grandes démocraties. Cela pourrait changer dans les mois qui viennent, pour peu que l'affaire actuellement en cours — mettant en cause Cambridge Analytica et Facebook — soit suffisamment médiatisée. Cette affaire touche plusieurs points très sensibles mettant en cause la fiabilité et la robustesse des systèmes politiques dits « de représentation démocratique ». Le vote populaire, censé légitimer l'accès au pouvoir d'un candidat ou d'une candidate — tout comme la décision finale d'un gouvernement dans le cas d'un référendum — est central dans l'organisation politique des sociétés modernes. Chaque électeur étant censé, faire un choix dans les urnes "en son âme et conscience", aidé des différentes propositions de campagne de chaque candidat ou chaque camp. L'idée démocratique encore majoritairement partagée est donc centrée sur la capacité des individus à se déterminer par ce biais. Individuellement lors du vote, puis dans une acceptation collective du résultat, approuvée alors par une majorité. Que se passe-t-il si l'on découvre qu'en réalité une grande partie des électeurs ne se détermine plus de façon libre et éclairée, mais sous influence, manipulée, dans une forme de consentement fortement fabriqué par des...