Air France : pilotez l’avion et économisez sur le billet !

C’est sans doute l’une des merveilles de la mondialisation, du progrès, lorsque vous prenez un vol intérieur Air France, vous achetez votre billet via leur site Web (pas d’humain), vous éditez vous-même votre carte d’embarquement sur le site Web (pas d’humain), vous éditez vous-même votre étiquette pour votre bagage (pas d’humain), vous pesez vous-même votre bagage et vous scannez-vous même votre étiquette (pas d’humain). In fine, vous appuyez vous-même sur le bouton pour faire partir votre bagage sur le tapis roulant (pas d’humain). C’est peut-être ce recours au client comme employé qui permet de baisser le coût du transport aérien ? Il semble donc assez logique qu’Air France propose dans un avenir plus ou moins proche que ses clients pilotent l’avion, déchargent les bagages, conduisent le bus entre l’avion et le terminal. A un certain moment, le prix du billet ne reviendrait qu’à celui du kérosène grillé sur le parcours. A 1,5 dollars le gallon, ça devrait être très abordable dans un avenir proche, le billet d’avion Air France.

Cette anecdote est finalement assez révélatrice de ce qu’apporte dans son panier garni la « digitalisation » des entreprises. Une lente disparition des métiers. Cela se retrouve dans la grande distribution où les clients sont amenés à scanner leurs courses seuls, sans caissière. C’est assez mauvais pour la courbe du chômage. Aujourd’hui, vous avez plus de chances de trouver le produit qu’il vous faut à un px plus attractif en vous rendant sur le site Web de SFR qu’en allant en boutique. Les employés de ces dernières ont perdu leurs marges de manœuvre au fil des ans. Un résultat de la stratégie du doigt déployée par SFR. L’opérateur aurait pu choisir de donner plus d’outils, plus de possibilités à ses vendeurs en boutique, les armer avec des applications Web. Il a choisi de les appauvrir pour les faire disparaître à terme. Si les clients trouvent leur compte sur le site plutôt qu’en boutique, c’est assez « logique ». Sauf que les dés sont pipés.

La transformation numérique des entreprises en soi n’est pourtant pas forcément une mauvaise chose et n’implique pas obligatoirement une disparition des métiers et des savoir-faire humains. C’est la voie choisie qui peut poser problème.

La voie choisie par la plupart des entreprises est celle du profit maximum sans vision globale. Et pourtant, ce réseau a ses particularités qu’il serait bon de prendre en compte. Il est fondé sur le partage des connaissances. Pour une entreprise, le partage est probablement un concept socialo-communiste et donc peu utile. A tort. Il faudrait désapprendre à vendre et apprendre à partager. Ce qui n’est pas impossible et qui ne contribue pas à terme à  grever le chiffre d’affaire, au contraire.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


17 thoughts on “Air France : pilotez l’avion et économisez sur le billet !”

  1. Avant qu’on n’en arrive la, il n’y aura plus de pilote dans les avions. Le pilotage est aujourd’hui largement automatisé, le contrôle aérien va bientôt s’automatiser de plus en plus. On passera par un pilote par avion, un contrôleur s’occupera, avec l’aide de la machine, de zones de plus en plus grandes. L’humain va disparaitre des transports. D’ailleurs le bus qui amène les voyageurs à l’avion sera le premier à s’automatiser.
    Outre le fait que je vais perdre mon boulot à terme (je suis aiguilleur du ciel), je ne pense pas que ça sera une mauvaise chose si c’est bien fait. Ça amènera des couts réduits pour tout le monde, y compris le passager, et au final je pense qu’on gagnera aussi en sécurité. La encore seulement si c’est bien fait, ce qui n’est pas gagné du tout.

    C’est comme ça qu’on fait de la croissance, en faisant la même chose pour moins cher. Et l’humain coute cher. Mais dans le cadre de l’aviation, ce qui coute cher c’est l’avion. Le pétrole est secondaire, l’humain loin derrière. Les billets ne seront pas si bon marché que ça en automatisé.

    Le principal problème sera la perte de liberté de ceux qui aiment conduire ou piloter. La cohabitation entre les transports automatisés et les véhicules de ceux qui aiment conduire sera le principal facteur d’accident, et il y a des chances qu’ils soient relégués dans des zones séparées et de plus en plus rares.

    L’autre problème sera les pertes d’emploi, mais l’économie semble trouver de nouveaux emplois à fabriquer quand les anciens disparaissent. Du primaire vers le secondaire, du secondaire vers le tertiaire. Reste à voir si après cette révolution il restera encore des choses dans le tertiaire que les machines ne peuvent pas faire à la place des humains, ou si on va découvrir un secteur quaternaire dans lequel on pourra trouver des emplois. On verra bien !

  2. L’avion sans pilote… D’ici à ce qu’il soit opérationnel, il n’y aura plus de pétrole !
    Concernant la digitalisation, il faut quand même pas oublier que ce sont les passagers qui tirent les coûts vers le bas ! Avec les billets à 20€ (hors coûts « cachés ») achetés à des « compagnies aériennes » qui n’en ont que le nom (Ryanair ne fait QUE 20% de son CA avec la vente de billets…), ils ont tiré vers le bas tout un système comme ça a été fait dans d’autres domaines (textile, électro-ménager…). AF ne fait que s’adapter, et plutôt tardivement.
    Critiquer cette adaptation alors que le client a déjà choisi, c’est un peu déplacé !

    1. Oui. J’ai 30 ans et j’ai toujours acheté mes billets SNCF sur une borne, composté moi même mon billet.
      Je suis désolé, mais la personne qui prend mon billet d’avion pour le mettre sous le scanner et me dire de prendre telle file plutôt qu’une autre pour passer le contrôle, et bien elle ne fait pas un métier ni une activité nécessitant un savoir faire.
      C’est un emploi qui n’est pas gratifiant pour l’humain ce qui les rends désagréables. Donc sa disparition est logique à tout point de vu.
      Les agents de caisses, vous leur avez demandé s’il était gratifiant leur emploi ?

      On peut débattre longtemps du maintien d’emploi « inutile », mais ce sont souvent des emplois difficile physiquement et abrutissant.
      C’est d’ailleurs pour ça que l’accès à la formation tout au long de sa carrière est une nécessité fondamental. Je trouve que remplacer une personne qui plie du métal par un robot est une avancée pour l’Homme. C’est le fait que cette personne ne sache rien faire d’autres qui est un problème.

  3. Faire plus de profit en créant plus de richesse est quelque chose de très bien!!
    Faire plus de profit en produisant moins de richesse et en compressant les coûts est effectivement beaucoup plus discutable…

    Chaque entreprise doit avoir le choix de sa stratégie et de son évolution. Quelle était la valeur ajoutée d’un humain dans les postes ainsi économisés. La stratégie n’est nécessairement mauvaise.
    A condition d’en assumer les conséquences!
    En revanche, ce qui est mauvais, c’est le renflouement systématique par de l’argent publique de l’entreprise suite à des choix qui se révèlent désastreux à long terme.
    La recherche du profit est une bonne chose SI cela est synonyme de création de richesse.

    1. d un autre coté, on a pas encore trouvé mieux que le profit pour motiver les gens.
      Combien de gens vont se lever le matin pour l amour de l art ?

      Certains ont cru en une alternative, mais ca c est termine par la menace (si tu travailles pas c est balle dans la nuque comme saboteur ou camp de travail). Et le pire c est que ces conditions extremes n ont meme pas reussit a faire un systeme economique viable

  4. Avez-vous pensé que toutes ces applications permettant au client d’imprimer les documents, les imprimantes, les bornes automatiques, et la maintenance des robots sont par contre faites par des humains? Ce qui se passe c’est que le travail simple est effectivement transmis au client mais toutes les interfaces et la gestion de ces systèmes sont effectuées par des gens qualifiés. Dans les métros ou bus où on a remplacé les poinçonneurs par des tourniquets ou des badgeuses, certes le poinçonneur a disparu mais il a bien fallu des gens pour développer installer et maintenir en service ces tourniquets.

  5. « A un certain moment, le prix du billet ne reviendrait qu’à celui du kérosène grillé sur le parcours »
    … et de la maintenance de l’avion, à moins que ce ne soient aussi les passagers qui s’en occupent ; mais alors le montant de l’assurance risque d’augmenter. ;-)

  6. Je n’ai pas besoin d’un vendeur SFR qui me dise que « sur celui la l’écran est plus grand que sur celui d’a coté », ca c’est quelque chose que je vois. J’ai besoin de conseil sur ce qui ne se voit pas: l’autonomie, la sensibilité, bref ce qui n’est pas marqué sur la fiche posée à coté du téléphone.

    Je comprends qu’il est la pour me fourguer un forfait a 50€/mois, c’est ce que SFR attend de lui. Mais ce n’est pas ce que j’en attend. Etant donné que je dois moi même faire le travail de conseil qu’il est censé faire, je n’ai aucune raison de payer pour sa présence.

    C’est peut être mauvais pour la courbe du chomage, mais personne ne paie pour un service dont il ne veut pas. Le problème principal dans nos sociétés, c’est surtout qu’on n’a pas envie de faire un travail physique. Et on se retrouve à tous vouloir des boulots précaires et délocalisables…

    Le métier de vendeur en boutique est en train de disparaitre. Comme le métier de cireur de chaussures de rue a disparu avec l’avènement de l’automobile et des trottoirs.

    Pour le reste, les métier d’hote d’accueil disparaissent pour des raisons de cout. Le peuple ne peut/veut pas payer pour, il va vers le moins cher, on lui donne du moins cher sinon on consomme pas.

    A moins de passer des lois obligeant les entreprises à mettre en place ce type d’emploi, on ne fera pas machine arrière …

    1. L’homme veut toujours du moins cher, oui. Mais en grandes quantités ! 3 paires de chaussures à 45e plutôt qu’une à 135.
      En revanche je ne vois plus personne sans énorme smartphone devant soi. coût moyen 700e. Pour le divertissement (consoles de jeux, pc, téléviseurs..) il y a toujours des acheteurs. Par contre pour trouver encore légitimes les boulots tels que la vente, là y a plus personne ? Relisez votre message. Vous êtes très présomptueux. Surtout sachant que vous ne payez pas pour ces fameux vendeurs inutiles. J’aimerais bien savoir comment vous feriez si votre travail courait à sa perte.

  7. Un bémol concernant la grande distri. Chez moi la création de caisses automatiques n’a pas supprimé d’emploi… Sauf qu’au lieu d’un seul point d’encaissement, j’en ai quatre sur la même surface. Et une hôtesse de caisse pour gérer ça au lieu de ne s’occuper que d’une seule caisse. D’où un service client amélioré.
    De plus les clients conservent cette volonté d’avoir un humain en face d’eux. Je le vis tous les jours au travers de leur remarques. Beaucoup aiment retrouver « leur caissière » et c’est aussi un moment d’échange entre le client et l’enseigne.
    C’est surtout l’évolution technologique qui a fait disparaitre des emplois. Il y a 40 ans, ma boutique comptait une centaine d’employés, maintenant 40. Sauf qu’à l’époque, les gens se tapaient tout à la main (étiquetage prix des produits, encaissement sans gencod, commandes sans PC, réception des livraisons itou et j’en passe). Tout ça demandait énormément de temps et de bras… Quand j’entends les anciens parler du métier, je suis bien content d’être à mon époque.

    1. Nous sommes bien contents de voir la « caissière » oui, mais nous parlons là de notre génération. Tout le monde les oubliera dans moins de trois ans.
      Tout comme même nos grand-parents ont fini par oublier de convertir les euros en francs.

  8. Je rejoins l’avis de pas mal de gens ici, je ne pige pas la critique faite par l’auteur de l’article. En quoi scanner un billet, et appuyer sur un bouton qui active le tapis roulant pour le bagage est un métier ? Et comme un autre l’a dit avant moi, que faites-vous de tous les emplois qualifiés créés, dans le numérique (le prochain qui me dit digital je lui coupe les doigts :p), et l’électronique, pour proposer ses nouveaux services et les bornes qui vont avec ?

    Alors oui, il y a une disparition des métiers à faible valeur ajoutée, mais c’est aussi un peu ça le progrès non ?

    1. Progresser ne veut pas dire enlever le pain de la bouche des employés. Il y a des métiers qui requièrent de la force, d’autres de l’intelligence, d’autres encore de la créativité. Les « hôtesses d’accueil » ont certes peu utiles si on y réfléchit, mais ce n’est pas non plus une raison pour les licencier. Si continuer à payer des gens qui font des travaux que des machines pourraient remplacer semble bénéfique pour l’économie, que l’on me pointe du doigt les bienfaits du chômage massif.

      De toute façon on en est à travailler fort sur les futures substitutions au sexe donc si c’est ça le progrès…amusez vous bien avec le porno 3D (garanti sans IST !) ( :) )

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