Accord sur le budget US : on est sauvés, #oupas

survie-especeA lire la presse, tout va bien. Les démocrates et les républicains se sont mis d’accord, le risque de la falaise fiscale est écarté (à nouveau) aux Etats-Unis. Le spectre de la récession s’éloigne, jusqu’en mars prochain où un nouvel accord sera nécessaire. Ouf. Nous voilà sauvés. Cette belle unanimité de la presse n’est pas sans rappeler celle qui prévaut à chaque « sauvetage » de la Grèce et de l’euro depuis quelques années maintenant. Soit la presse ne comprend rien à ce dont elle parle et répète ce qu’on lui dit comme un perroquet, soit elle dépeint à dessein une réalité inversée pour que le bon peuple ne s’énerve pas trop. Franchement, chez Reflets, n’étant pas trop complotistes, nous penchons pour la première hypothèse.

Repousser à demain est devenu la norme de tous les politiques. On attend le mur pour prendre des décisions et lorsqu’il faut les prendre, on choisit de repousser un peu plus l’inéluctable avec des mesurettes qui ne permettent que d’acheter du temps supplémentaire. On repousse le défaut de la Grèce depuis des années. On repousse la régulation de la finance folle depuis toujours. On repousse le changement de paradigme nécessaire en matière macro-économique pour préserver une relative paix sociale nécessaire à la poursuite de l’enrichissement (greed) des 1%. Et quand cela n’est plus possible, comme en Grèce, on tond les plus fragiles des « agents économiques » pour que les plus forts puissent continuer à s’enrichir.

Essayons de prendre un peu de hauteur pour contempler la situation macro-économique mondiale, avec l’aide de Raoul Pal et d’une présentation qu’il a faite en mai dernier, sobrement intitulée « La fin du jeu« .

L’ancien de Goldman Sachs note, et on ne peut le contredire, que le monde n’a plus aucun ressort de croissance à un moment où la plupart des membres du G20 se rapprochent d’une stagnation de ladite croissance au même rythme. Point de départ de son raisonnement, hop, on s’approche de la récession.

Il nous propose ensuite quelques jolis graphiques qui font mal. Les achats de biens durables aux Etats-Unis, qui commencent à plonger. Le nombre de personnes ayant un emploi dans ce pays, qui s’effondre. Ce qui est valable à peu près partout. Notamment en Europe, en Grèce, bien entendu, mais aussi en Espagne ou en France.

La production industrielle ensuite qui fait le grand saut en Europe. Et cela a continué après le mois de mai.

9-9dfb5db664

Pour les sceptiques, les dernières données issues d’Eurostat :

Production industrielle - ensemble de l'industrie (à l'exception de la construction) Indice (2005 = 100) et variation en pourcentage

Production industrielle – ensemble de l’industrie (à l’exception de la construction)
Indice (2005 = 100) et variation en pourcentage

En résumé : on produit moins, on achète moins, le chômage est en hausse. La reprise n’est donc pas à l’ordre du jour, l’amélioration sur le front du chômage non plus.

Maintenant, la dette. Car c’est là qu’est le mur.

Les dix nations les plus endettées ont une dette qui représente 300% du PIB mondial. Replacez-vous dans votre contexte personnel. Si vous allez voir un banquier pour lui demander un prêt et que vous êtes endetté à hauteur de 300% des revenus annuels de dix personnes, quelle sera sa réponse ?

Raoul Pal souligne que l’on est à quelques encablures d’un défaut majeur d’une banque de premier plan, le tout combiné avec des défauts souverains. Or, indique-t-il, les Etats n’ont plus les moyens de sauver des banques « too big to fail« . L’effet domino est donc à portée de main.

D’autant que, précise-t-il, les 70.000 milliards de dollars de dette des membres du G10 représentent le collatéral de 700.000 milliards de dérivés… Soit 1200% du PIB de la planète.

Une telle explosion du système déboucherait selon lui sur un « big reset».

Reste à savoir ce qu’il adviendrait en cas de « big reset« . L’étincelle ne vient pas tant que l’on a encore quelque chose à perdre. S’il n’y avait plus rien à perdre, cette étincelle se transformerait immanquablement en brasier. Ce qui est vraiment inquiétant, c’est ce qui viendrait après le reboot du système. Il n’y a pas de révolutions spontanées et leur devenir est toujours décevant…

 

The End Game

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


15 thoughts on “Accord sur le budget US : on est sauvés, #oupas”

  1. Graphiques sans unités, comparaisons de chiffres qui n’ont rien à voir, sensationnalisme, égoïsme survivaliste: ce PDF me fait vomir.

    Il y a une alternative aux réserves fractionnaires: le 100% monnaie, proposé par Irving Fisher en 1935 suite à la Grande Dépression, et récemment « remis au goût du jour » par des économistes du FMI.

    Il serait peut-être temps d’arrêter le catastrophisme et de militer pour la mise en place d’un système financier plus solide.

    1. C’est assez sidérant de voir ce genre de commentaire. Il démontre que vous n’avez absolument rien compris à ce que nous faisons ici. Je veux bien croire que nous ayons échoué à nous faire comprendre via les 1217 articles du site, mais j’ai quand même un doute.

      Pour le catastrophisme, je vais vous citer quelques autres chiffres, tout en imaginant aisément que vous allez encore comprendre de travers.

      En Espagne, Bankia a reçu 24 milliards d’euros pour être « sauvée ». Elle vient d’annoncer qu’elle a besoin de 18 milliards supplémentaires.

      Pour vous faire une idée de la solidité des banques qui ont toutes passé les stress tests européens les doigts dans le nez (dont Bankia, bien sûr), Bankia a dû « réviser » son bénéfice de 309 millions en une perte de 3 milliards. Vous mesurez le gouffre entre ces deux chiffres ? C’est arrivé en un jour à votre avis ? Que valent les chiffres donnés par les autres établissements ?

      En Grèce, le système bancaire a besoin de 50 milliards d’euros pour « survivre ». Une paille.

      Tout va bien.

      1. 50 milliards d’euros c’est environ 0.5% de la masse monétaire de l’euro, oui c’est une paille. Le système bancaire grec reçoit déjà plus de deux fois ça en Emergy Liquidity Assistance.

        Enfin bref, le but de mon commentaire n’était pas de faire une bataille de chiffres, mais d’exprimer ma déception vis à vis de tes articles qui annoncent régulièrement la fin du monde sans évoquer les alternatives au système malsain actuel.

    1. Le fond du problème c’est comment la monnaie est créée, par qui et au profit de qui.

      C’est ça « l’arme » fondamentale des banques, pas les produits dérivés, le HFT et autres trucs que tu proposes d’interdire dans l’article précité.

        1. Toa, je ne sais pas si tu l’as lu, mais l’avant dernier de Deruelle est intéressant car il replace le problème dans une échelle de temps dont on ne parle que trop peu amha.

          On nous parle des années 70, des années 90, des 40 dernières années, mais trop peu du début du 20e qui a marqué aux Usa avec la Fed la victoire de ceux qui avaient commencé à construire leur pouvoir au 18e, les « financiers ».

          Ceux qui ont vu leur pouvoir augmenter sans cesse au 20e, qui ont largement provoqué la 2eme guette mondiale aussi…, et là c’est carrément la victoire quasi totale, ils possèdent tous les rouages et dictent leurs lois ; même si tout ça repose sur du vent, et des armes et forces de l’ordre obéissant à leurs politiciens.

          Je ne sais pas trop concernant le devenir d’un reset, mais je le crois indispensable. Ils sont en train de devenir dictatoriaux face aux dissidences qui commencent à s’organiser. Gênes a été leur premier acte de grande violence au 21e. Mi novembre 2012 en grèce espagne portugal leurs derniers, et ils furent assez terribles.

          Tu as peur on dirait d’un reset? Moi j’ai beaucoup plus peur d’un non reset avant qu’il ne soit trop tard, et qu’on rentre alors dans quelques années ou décennies d’ordre brun voire de guerres voulues pour distraire.

          1. quand vous parlez de reset, vous pourriez s’il vous plait, Amicalement et Kitetoa, présenter ce que vous entendez par là ? Pas sur le fond et sur le principe mais plus sur la forme et les conséquences pour vous, moi, Madame Michu et Paulo du Bar des amis ?

  2. Toa, il y a un problème avec le flux rss j’ai l’impression, les 2 derniers billets (le tien et celui de Blue) ne sortent pas.
    Je l’indique ici comme ça tout le monde sait que je parle tout seul ;)

    Ps. Sois plus « complotiste » Toa, il y a de quoi. Qui a rencontré Hollande à la City quelques semaines avant le premier tour de la course de chevaux? Donne ces noms et les immenses pouvoirs représentés derrière, et tu auras la légion d’honneur (à titre posthume probablement) :)

      1. L’adresse du flux a changé en fait, c’est pour ça, j’ai compris, normal je suis devenu super intelligent depuis que je lis RefletsHéhéhé.
        Il faut modifier l’adresse dans ton lecteur rss.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *