2017 : la présidentielle de tous les dangers

shitstorm99hollandeAvis de gros temps sur le paysage politique… La présidentielle qui s’annonce sera peut-être celle du tournant. Même si personne ne veut y croire, histoire de conjurer le sort, elle pourrait être celle de l’accession au pouvoir du FN. Avec un tel niveau de mécontents, de déçus de la politique en général, de personnes dépitées par le retour de Nicolas Sarkozy qui avait promis de ne plus jamais faire de politique… Qui sait, on pourrait assister à un phénomène  d’abstention massive. Les seuls électeurs à ne pas s’abstenir étant ceux du Front National, on pourrait, sur un gros malentendu, se retrouver avec Marine Le Pen au pouvoir. Et si cela n’arrivait pas, par chance, cette fois-ci, cela pourrait bien être partie remise, pour la suivante, étant entendu que le président ou la présidente élu(e) fera bien entendu tout pour dégoûter définitivement les citoyens de la politique. Dans la lignée des précédents… Entre affaires, petits arrangements, renvois d’ascenseurs, reniement de leurs promesses, le spectre des possibles est très large et ils excellent dans ce domaine.

Mais pourquoi attendre ? La campagne qui s’annonce sera celle de toutes les abominations. Mieux que papy Voise, le terroriste de Daesh permet toutes les exagérations, tous les renoncements, toutes les aberrations. C’est à qui tapera le plus fort sur les musulmans musulmans fondamentalistes. Pendant que la maison brûle, on devise sur le burkini, pendant que tout s’écroule, on s’époumone sur la lutte contre les ennemis de la liberté que l’on combat à quelques milliers de kilomètres, à grands coups de bombes, qu’étrangement nous n’avons pas, mais ça, c’est encore une autre histoire.

Et puis une campagne présidentielle, c’est aussi l’occasion de régler ses comptes entre meilleurs amis du monde. Et ça, si ça risque d’être drôle pour les journalistes, ce le sera moins pour les électeurs. Les premiers trouveront peut-être des confirmations à leurs soupçons, les seconds continueront de découvrir les petites affaires que les politiques confondent avec l’intérêt public.

Prenez par exemple François Fillon et Nicolas Sarkozy. Le premier était le premier ministre du second et donc celui qui a appliqué la politique de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. François Fillon, c’est par exemple, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, les peines plancher, le service minimum en cas de grève, l’allègement de l’ISF, le bouclier fiscal pour les plus hauts revenus, la nomination des présidents de chaînes publiques par le président de la république, le report de l’âge de départ à la retraite jusqu’à 67 ans, on en passe. Un fidèle serviteur de Nicolas Sarkozy et de toutes ses lubies, y compris les recherches ADN pour le regroupement familial. Mais là, voyez-vous, François Fillon est en campagne. Du coup, il lance une petite roquette histoire de signifier à son ancien patron qu’il a du lourd en soute :

« Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? »

L’air de rien, il rappelle que Nicolas Sarkozy croule sous les mises en cause et que la justice finira par le rattraper. Mieux, pour qui sait lire entre les lignes, il explique qu’ayant été aux côtés de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans, il sait exactement ce que la justice pourrait lui reprocher. A bon entendeur…

Du coup, Nicolas Sarkozy se sent obligé de parler du chômage, de l’économie, du vivre ensemble… Heu non… De rappeler son ancien premier ministre à l’ordre. Et l’ancien président de mettre les points sur les i. :

« Ici, à La Baule, je veux dire avec force qu’il n’y aura pas d’alternance si la campagne des primaires devait continuer sur la base d’un pugilat. Aucune victoire ne se construit sur les divisions. Sur les divisions, on ne construit que la défaite »

En clair, si vous sortez les roquettes, je sortirai les scuds et ce sera mauvais pour tout le monde.

On le voit, ça vole haut et les problèmes des Français sont au coeur des préoccupations des candidats.

Evidemment, cela n’est pas mieux à gauche où tout le monde se déchire sur fond de primaire également. Emmanuel Macron, porté aux nues par la presse, fait l’objet de tirs nourris de la part de l’exécutif. L’ancien ministre de l’économie fait quant à lui tirer sur l’équipe en place par ses factotums.

Pour finir de rappeler aux électeurs que la politique, c’est une affaire sérieuse, que leur avenir dépend d’hommes irréprochables, pour qui le service public est l’unique moteur, les affaires reviennent dans l’actualité. Cahuzac, l’homme qui jurait qu’il n’avait pas de comptes cachés à l’étranger, la lutte contre la fraude fiscale étant au coeur de sa politique, se retrouve aujourd’hui devant un tribunal.

Le Parquet de Paris a quant à lui requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy pour délit de financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012, dans l’affaire Bygmalion.

Bref, la campagne sera terrible, révoltante, déprimante. Mais il y a mieux, quel que soit la personnalité élue, ce sera abominable. Avec de telles certitudes, voilà une année qui s’annonce au mieux. Bonne rentrée !

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

32 thoughts on “2017 : la présidentielle de tous les dangers”

        1. non je prefere pas fillon, qui fut le premier ministre de Sarkozy pendant 5 ans. Mais Fillon n a aucune chance de passer la primaire contrairement aux 2 autres

          Sinon comme Sherpa l a dit, on peut considerer que c est choisir entre la peste et le cholera (meme Wauquiez ne se presente pas il me semble) mais vu que le prochain president sera LR, autant choisir celui qui fera le mieux (ou le moins mal) le travail.

      1. Au moins au premier tour, il y aura des candidats qui peuvent encore pour certain-e-s donner de l’espoir. Certes, ne pas voter est un « vote » contre le système, mais c’est aussi comme cela qu’il ne reste plus de visible que PS, LR, FN et un peu Mélenchon. Bref, pas sur qu’il faille être aussi catégorique pour le premier tour.

      2. la pire des solution. Car seul les extremes iront voter et on aura alors un president encore plus extremiste

        Et a un moment celui ci aura plus de legitimite, et je suppose que c est ce que vous esperez. Mais ce jour la il y a plus de chance que ca degenere en guerre civile qu en nouveau systeme de gouvernance.

  1. Perdu de recherche :

    La classe politique a perdu son candidat de gauche prolétarienne pro-européen : Impliqué dans la lutte contre la corruption et conscient des enjeux écologiques majeurs de ce siècle, il était également le seul à prôner un vivre ensemble pacifié s’opposant au communautarisme sécuritaire ambiant.

    Si vous le voyez, merci de prévenir JD qui lui fera une turlute gratuite.

    Eva Joly, tu nous manques.

  2. Triste tableau, malheureusement bien vrai.
    Et pour couronner le tout n’oublions pas que cette campagne présidentielle se déroule en plein « état d’urgence ». Ça ne semble perturber personne, pourtant dans mes cours d’éducation civique à l’école primaire, on nous expliquait que la base de la démocratie est la séparation des pouvoirs…

    En tout cas je souhaite bien du courage pour faire leur choix à ceux qui pensent encore que c’est en choisissant son despote qu’on préserve la démocratie!

    1. il semblerait qu’un beau paquet de politiques aient sechés les cours d’éducation civique en primaire (les exemples de déclarations à l’emporte-pièce qui sont contraire à la fois à ce que permettent la constitution et le droit sont très nombreux. Il suffit d’allumer la radio, la télé, ou d’ouvrir un journal).

    2. « En tout cas je souhaite bien du courage pour faire leur choix à ceux qui pensent encore que c’est en choisissant son despote qu’on préserve la démocratie! » => Bof, ils ne sont pas malheureux puisse qu’il pense le système juste.
      Moi je souhaite du courage au musulmans, aux étrangers et d’origine étrangère (bref, tous ceux qui ne sont pas « caucasien ») parce qu’ils vont en chier, que le « nouveau » président (parce que si c’est Holland-Sarko…) soit de gauche ou de droite.

  3. Étrange, comment toute une partie de la gauche est systématiquement escamotée de la plupart des analyses politiques, pour conclure avidement que le parti fasciste a toutes ses chances.
    Une presse qui fait bien son travail est indispensable pour un choix éclairé des citoyen-ne-s, en nous avons un gros problème de ce ce côté-là.

      1. > Les seuls électeurs à ne pas s’abstenir étant ceux du Front National, on pourrait, sur un gros malentendu, se retrouver avec Marine Le Pen au pouvoir. Et si cela n’arrivait pas, par chance, cette fois-ci, cela pourrait bien être partie remise, pour la suivante
        > Mais il y a mieux, quel que soit la personnalité élue, ce sera abominable.

        Tu présentes le FN comme inévitable, ce qui est bon pour casser tout espoir (même si les probabilités sont faibles qu’il n’arrive pas au pouvoir dans les 6 ans). De plus, tu dis que dans tous les cas ce sera abominable. Mélenchon incarne pour moi (et d’autres) de l’espoir, mais comme toi je me méfie, je jugerais sur pièce s’il est élu. Ne pas trop espérer c’est une chose bonne, mais éliminer à priori tout espoir me semble dangereux, il ne resterait plus que la révolution avec les dangers que ça implique (c’est d’ailleurs toi qui a écrit l’article « Où est l’étincelle ? ») ou devoir passer par une période autoritaire (pire que l’actuelle). Certes plus le temps passe, plus je me dis qu’il va falloir en chier (révolution ou période pire) avant d’établir quelque chose de potable, mais j’ai encore l’espoir d’un atterrissage en douceur, même si les probabilités sont faibles.

          1. Pourquoi pas faire une interview ? Ce serait l’occasion de dire clairement ce qui vous chagrine dans ce mouvement, d’obtenir des réponses, analyser ; bref, de mieux informer que de faire ce qui semble être un procès d’intention, voire une capitulation en rase campagne.
            Ça ne vaut pas que pour lui, vous pourriez aussi traiter le NPA et LO, pourquoi pas…

  4. Salut Kitetoa,

    En fait, nous connaissons déjà la réponse : nous n’avons plus aucun droit au chapitre depuis un bout de temps.

    il me semble aussi que la guerre dont parlent tous ces beaux messieurs si intègres, ils la livrent contre nous (état d’urgence aujourd’hui, couvre feu demain matin, Marine après demain), car ils savent déjà qui est leur véritable ennemi.

  5. Cet article est malheureusement incomplet, il y manque une question pourtant essentielle : quelles sont les alternatives ?

    Parce que des alternatives existent. Faire cette présentation en ne proposant que trois formations, à savoir LR, PS ou FN est particulièrement réducteur. Je ne parlerai pas du FdG qui a sur la scène politique le même rôle que le FN.

    Et ce n’est pas en taisant l’existence même des autres qu’on pourra avancer vers une option différente et crédible.
    Est-ce que, par exemple, l’idée d’écouter en détails les analyses de l’UPR est entré en ligne de compte lors de la rédaction ? Ou bien il faudrait considérer ces analyses comme négligeables ? Mais il faudrait dans ce cas argumenter ce rejet pour que cet article soit lui-même crédible.

  6. Jean Luc Melenchon avec l’instauration de la 6ème république, voilà enfin de quoi aller vers d’autres horizons moins rances que ceux de Mme Lepen. Avec JL Melenchon ; l’écologie et l’éducation en première ligne, désobéissance aux traités imposés par l’UE,arrêt des actions guerrières et réduction des dépenses militaires, et surtout donner voix au peuple….

    1. JL Melanchon, l insoumi comme il se decrit maintenant.

      C est bien la premiere fois qu on a un revolutionnaire senateur et ancien secretaire d etat. Ce brave homme a commence sa carriere d elu en 1983 (il y a 33 ans !) et croit probablement autant en ce qu il raconte qu Hollande quand il parlait d etre « l ennemi de la finance »

      Desolé de detruire le reve de certains, mais le copain de Serge Dassault n est surement pas l homme de la situation

      1. Et vous cdg, comment vous décririez-vous ?
        Sans doute ignorez vous qu’il y eut même des députés révolutionnaires, à une certaine époque (aussi loin qu’au 18ème siècle). La Révolution vous donnerait-elle des boutons ?
        Veuillez réviser votre fiche Wikipédia, il a refusé un secrétariat d’État et fût ministre.
        Quant à Hollande, il faut vraiment avoir regardé ailleurs en 2012 pour ne pas se rendre compte que sa tirade contre « la Finance » était un subterfuge pour contrer JLM. D’ailleurs en 98, M. Hollande l’a officiellement blâmé pour avoir résisté à l’organisation de la monnaie Euro.

        Loin de détruire un rêve, vous confirmez l’hypothèse comme quoi celles et ceux qui écorchent son nom avec un « A » sont au mieux mal informé-e-s, au pire irrespectueu-ses-x ou malveillant-e-s.

  7. Article ras des pâquerettes typique de Reflets où l’auteur expose ses fantasmes plus qu’une quelconque analyse.
    Des types perdus qui expliquent que, tu comprend, une révolution est inévitable (puis tire une taffe), c’est fréquent et pas vraiment nouveau.
    Comme souvent on doit constater l’absence totale (et désormais assumée) de pensée alternative, et on sent clairement une grosse envie que « ça pète ». En somme, de la pensée magique.

    Le principal intérêt de l’article est d’exposer pleinement l’absence de confiance des gens envers la politique, ce que toute la presse mainsteam commente déjà abondement depuis des années.

    Inutile de faire semblant de découvrir l’eau chaude : les hommes politiques sont des être humains avec tous leurs défauts. Ça sera toujours le cas tant qu’on sera dirigé par des humains, quel que soit le système politique.

    Le pire est d’expliquer que le système politique est responsable de ces défauts humains, sous-entendant que dans un système politique parfait les dirigeants seraient des « hommes irréprochables, pour qui le service public est l’unique moteur ». Ça n’arrivera bien sûr jamais. Idéalement un système politique ne peut qu’aligner les désirs des politiciens avec les intérêts de la Nation.

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