Nicolas Sarkozy a passé 7 heures avec Merkel pour du beurre

Sans rire… Vraiment ? Ils y croyaient nos fabuleux politiques sauveurs du monde, de droite comme de gauche ? On allait vraiment sauver la Grèce, l’euro et l’Europe par la même occasion avec un énième plan ?

Que reste-t-il du plan en question deux semaines après ? Rien. Ou presque. Souvenez-vous de la déclaration de Nicolas Sarkozy à ses ministres et conseillers, (le Canard Enchaîné de la semaine dernière) :

« Si je n’avais pas été là, il n’y aurait pas eu d’accord (…). J’ai fait exactement comme Henry Fonda dans un film que j’adore, « Douze hommes en colère », qui retourne un à un les jurés pour sauver la tête d’un jeune homme promis à une condamnation à mort. J’ai retourné les uns après les autres les chefs d’Etat et de gouvernement, ceux qui voulaient faire peur à la Grèce (…). J’espère qu’on aura l’honnêteté de le reconnaître ». « Ils pourront dire ce qu’ils veulent les socialistes. Ce n’est pas un président normal, comme se revendique Hollande, qui aurait réussi à trouver une solution à la crise (…). Cela n’a pas été facile de convaincre tout le monde, il a fallu passer sept heures avec Merkel… »

Sept heures avec Merkel pour du beurre ?

Voyons voir… Traçons un scénario catastrophe juste pour rigoler…

Quelques constats tout d’abord.

  • Les marchés n’ont toujours pas été désarmés. Ils continuent donc de ses servir de leurs armes. Logique.
  • Les taux pour la dette grecque s’envolent.
  • Les taux pour la dette italienne s’envolent.
  • Les taux pour la dette espagnole s’envolent  (coucou, c’est le Grinch…, pour ces deux derniers pays, on a atteint des records depuis l’introduction de l’euro). Jose Luis Zapatero a repoussé ses vacances et des « contacts permanents » ont été institués avec les autres responsables européens (ça ne vous rappelle rien ?).
  • Les CDS pour l’Italie, l’Espagne, la France et la Grèce s’envolent. Là aussi, on atteint des records.
  • L’euro perd tu terrain face au dollar et au franc suisse.
  • Le franc suisse, devise refuge, atteint des sommets.
  •  L’or continue son envolée…

 

Bref, tous les voyants sont au vert, comme nous l’annonçaient fièrement les dirigeants politiques européens il y a deux semaines. On n’avait jamais vu un plan aussi ambitieux. Mince, à quoi va ressembler le lapin qu’ils vont devoir sortir de leurs chapeaux d’ici quelques temps ?

Allez, maintenant un peu se science fiction :

L’Espagne bascule, elle fait appel à l’aide européenne et du FMI. L’Italie suit de peu. La BCE peine à suivre. Les morceaux sont trop gros. On nous le serine à chaque plan de sauvetage : tel pays n’a rien à voir à avec tel autre, ses problèmes ne sont pas les mêmes et donc, il n’aura pas besoin de plan de sauvetage. Oui, sauf que…

Cette fois, il faut bien le dire, en effet, l’Espagne et l’Italie n’ont rien à voir avec l’Irlande ou la Grèce. S’il faut les sauver, la BCE, qui a déjà beaucoup acheté de titres ne valant plus tripette, aura du mal à s’en sortir.

Dans une situation catastrophe de ce genre, l’Allemagne serait sans doute tentée par la voie solitaire, moins coûteuse financièrement et politiquement (prochaines élections fédérales en 2013).

Et là, on voit mal comment la BCE pourrait s’en sortir. La part de la Banque fédérale d’Allemagne au capital de la BCE est de 18,94% (contre 14,22% pour la Banque de France).

Allez, bonnes vacances (ou bonne rentrée si vous en revenez) et prévoyez une année épatante sur le plan économique. Le chômage va peut-être un peu grimper, mais promis, ce sera juste une « impression ». Parce que comme dirait François Baroin, notre illustrissime président Nicolas Sarkozy s’est mis en quatre pour pondre un plan qui devait sauver le monde :

« Les réponses apportées sont exceptionnelles. Ce sont des réponses profondes, puissantes, durables, qui donnent des garanties à la Grèce d’accompagner dans la durée sa remise à un niveau acceptable ». Et il convient donc de « saluer la dimension, l’énergie, l’impulsion et le sens du mouvement que le président de la République a eus depuis mercredi dans ses discussions avec la chancelière (Angela Merkel) et hier avec l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement. »

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai une petite larme qui coule le long de ma joue tellement c’est beau.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

7 thoughts on “Nicolas Sarkozy a passé 7 heures avec Merkel pour du beurre”

  1. Non mais faut que tu arrête kitetoa. C’est limite lourd à la fin. Ca fait quoi ? 4 fois qu’ils sauvent le monde et chaque fois tu leur fait foirer leur plan. On va t’envoyer Sarkozy, il va passer 7 heure avec toi et il t’aura sauver.

    Mine de rien, tout se met en place tranquillement pour un scénario catastrophe. 2012, fin du monde ? Tel qu’on le connait, surement ;)

  2. Whouaaa, sarko a passé 7 heures avec merkel, carla doit être vraiment jalouse! D’autant que ça m’étonnerais qu’il lui ai fallu autant de temps à notre monsieur je raconte n’importe quoi plus vite que mon ombre, ils ont dû fumer vachement de clopes en parlant de tout et de rien sur l’oreiller…

    En tout cas, il y a une seule chose qui est sure, c’est que si il doit y avoir la fin du monde, sarkosette en sera responsable à coup sûr à force de prendre ses délires pour la réalité.

    Et pendant ce temps, il vient de nous entuber profond de plus de 90 milliards!!!

  3. « Dans une situation catastrophe de ce genre, l’Allemagne serait sans doute tentée par la voie solitaire, moins coûteuse financièrement et politiquement (prochaines élections fédérales en 2013). » SIC

    C’est le dénouement de plus plausible, malheureusement pour nous, (parce que sans les brouzoufs que les Allemands mettent au pot…) pour les raisons suivantes:

    * L’Allemagne a réussie plusieurs tours de force, et non des moindres: réunification Est-Ouest, maintient constant d’un fort excédent de balance commerciale, réforme en profondeur de l’état, gestion de l’état exemplaire et pragmatique (dans le dictionnaire français, « pragmatique » n’existe plus: c’est un lien vers « politique »), etc.

    * Ces tours de force ne se sont pas faits sans douleur: les gens ont dû accepter un gel des salaires pendant plus de 10 ans, et suite à cela, on les comprend, une certaine « fatigue » se fait sentir.

    * L’évolution de ce pays et de ses habitants a été tout bonnement monstrueuse par son ampleur dans les 20 dernières années (de plan-plan à hyper-actif); regardez par exemple les séries TV: on est passé de Derrick à des séries qui n’ont rien à envier aux série US – et même, ça m’est arrivé tout récemment, on est obligé d’attendre le générique pour s’en apercevoir! Bien sûr, il n’y a pas que ça; ce pays a réussi à piquer les bons côtés de ses partenaires et à les adapter à sa propre culture.

    * En n’oubliant pas que tout cela a été accompli tout en continuant de payer des « dommages de guerre » (autre escroquerie intellectuelle et politique) plutôt conséquents.

    Partant de tous ces changements, « la rue » commence à ruer vilain dans les brancards quand on lui dit qu’il faut encore payer… pour les autres; et la question a été posée plusieurs fois aux politiques, d’une manière musclée, de savoir si l’on devait continuer dans une impasse ou trouver une solution alternative.

    Et il faut les comprendre: quand vous-êtes fourmis, ça fait quand même mal au fondement de voir les cigales claquer votre argent tout en sachant que ça sera en pure perte.

    Pour clarifier les choses, je ne suis pas Allemand, juste observateur.
    Et comme je ne l’aime pas (plus), je vais la quitter (définitivement); selon la formule « con-sacré(e) »; bien que j’y soit né.

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