Carlabrunisarkozy.org : la cour des comptes confirme le coût de 410 000 euros pour le contribuable

bullshitQuand nous lisions hier le « rectificatif » publié (si , si .. il est bien publié mais le site est tellement ergonomique qu’il faut scroller vers le bas pour accéder au contenu, ça se passe sous le logo placard en milieu de page) sur le site de la fondation Carla Bruni Sarkozy, nous y décelions une tentative un peu gauche d’enfumage. Il faut dire que nous commençons à avoir l’habitude de ce genre de communiqué aussi court que possible qui dément sans apporter quoi que ce soit comme information pertinente visant à prouver ce qu’il défend. Bref le genre de communiqué qui semble rédigé par un Spin Doctor et facturé à la lettre.

« – Tous les contenus visibles sur ce site on été intégralement financés par la Fondation. Ils n’ont été en aucune façon financés par l’Etat ou quelque autre entité extérieure à la Fondation, et ceci depuis la création du site. »

Évidemment, pas mal de médias se laissent piéger, à l’image du HuffingtonPost qui relaie le caca de taureau servi par la fondation :

« Cependant un rectificatif a été publié sur le site de la fondation pour démentir ces accusations. La fondation assure que l’Etat n’a jamais contribué à son financement »

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Nous vous expliquions d’ailleurs que si ce « rectificatif » indique est vrai (il n’y a aucune raison qu’il ne le soit pas),  il ne fait qu’enfoncer le clou et sombrer la fondation dans un profond ridicule. Les deniers publics auraient servi à financer des rubriques du site, rubriques qui n’y sont d’ailleurs plus, puisqu’elles portaient sur l’activité par définition éphémère, de la première dame. Concrètement, on avait sur le site une sorte de Twitt’agenda.

Re-décortiquons un petit instant ce démenti de la Fondation avant de nous intéresser à la confirmation de la cour des comptes, vous allez voir, il y en a bien un des deux qui nous a raconté du caca de taureau. Notre confrère PCinpact a naturellement, lui aussi senti le parfum caractéristique de ce rectificatif, et probablement des explications fournies par la fondation aux nombreux médias qui se sont intéressés au sujet. Ainsi, il a contacté la cour des comptes pour lui demander confirmation de cette petite phrase dans laquelle nous découvrions le coût (NDLR : coût portant sur la période 2011 / 2012 ce qui au meilleur des cas porte donc sur une période de 17 mois et non de 2 ans).

Et là, le malaise, vous le voyez ?

Nous avons donc d’un côté une fondation qui affirme que son site (en ligne depuis 2009) a été financé par ses soins et qu’aucun argent public n’a financé le site carlabrunisarkozi.org. Outre le fait que ce n’est pas du tout ce que nous affirme une source proche du dossier, ce n’est pas non plus ce qui apparait dans les comptes publics.

Nous avons donc de l’autre la cour des comptes qui affirme que le coût de ce même site, accessible à l’url Carlabrunisarkozy.org (la ligne budgétaire dans les comptes de l’Etat ne saurait mentir sur ce point semble t-il), a été de 410 000 euros, sur une période maximum de 17 mois, plutôt 16 pour que le compte tombe à peu près juste. Ce rapport, qui aurait tout à fait pu faire l’objet d’objections de la part de l’Elysée, n’a d’ailleurs pas été contredit.

Confirmation N°1 : l’objet de la dépense

« Contactée, la Cour des comptes nous indique qu’il s’agit bien de CarlaBruniSarkozy.org. »

Confirmation N°2 : le montant de la dépense pour la période couverte (que nous estimons à 16 mois, au bénéfice de 2 prestataires)

Pour ces années 2011 et 2012, la Cour des comptes nous indique cependant qu’elle « ne retire rien de ce qu’elle a écrit». L’institution ajoute qu’ « il y a toujours la contradiction dans les rapports de la Cour des comptes et ce qui a été dit n’a pas été invalidé par l’Élysée. Nous maintenons nos conclusions. »
(…)
« La Cour nous invite spécialement à scruter la réponse gouvernemental n°20735 faite à un député UMP, déjà mentionnée dans nos colonnes. Cette réponse prévient que « tous les mois » le site de Carla Bruni Sarkozy a fait l’objet de facturations de la part de deux prestataires externes pour 25 714 euros, soit déjà plus de 300 000 euros annuels« 

Soit pour une période de 16 mois : 25 714*16 = 411 424 €… on commence à avoir quelque chose de cohérent. Ensuite, comme nous vous l’expliquions ici (dans l’errata), nous doutons fortement que le « gros » de la douloureuse finançait l’infrastructure d’hébergement. En outre, nous avons démontré que la maintenance applicative était elle, un poste inexistant puisque les modules comme le core applicatif de WordPress n’ont pas été mis à jour depuis 2010.

Si avec une facturation généreuse de 3 000 euros par mois imputables à l’hébergement de ce site, auquel on ajoute un très très… très… généreux salaire de 6 000 euros mensuels toutes charges comprises, à 2 collaborateurs (un stagiaire aurait amplement suffit) pour poster des billets sur un WordPress : nous arrivons à 15 000 euros mensuels…. Bref, il nous manque encore 12 000 euros par mois. Comme le contribuable est très généreux, nous allons également compter 2 ordinateurs d’une puissance suffisante pour poster des billets dans un blog, soit 2 laptop Apple® full option à 4000 euros pièce (il faut ce qu’il faut !). Soit : 15000* 16+8000 : 248 000. Le constat est là, sur la période couverte, il y au bas mot 162 000 euros qui se sont évaporés. Sont-ce là les frais de développement de la « rubrique de la première dame » ? Ah non, c’est pas possible ça… puisque comme l’affirme la fondation dans son rectificatif :

« – Tous les contenus visibles sur ce site on été intégralement financés par la Fondation. Ils n’ont été en aucune façon financés par l’Etat ou quelque autre entité extérieure à la Fondation, et ceci depuis la création du site. »

Le WordPress à tiroirs, composé de 3 « grandes » rubriques distinctes avait déjà fait couler de l’encre pour sa campagne « Born HIV Free » comme nous vous le rappelions pas plus tard qu’hier.

En ligne depuis 2009, il ne vous aura pas échappé que la période couverte par le rapport de la cour des comptes n’inclue pas les années 2009 et 2010. Pourtant PCInpact nous explique :

En outre, une rapide recherche montre que ce 5 octobre 2009, l’épouse du chef de l’État a bien inauguré carlabrunisarkozy.org, un site « dédié à sa fonction de première dame de France »rapportaient les médias à l’époque

Si en 2009 le site était déjà « dédié à sa fonction de première dame« , on est en droit de se demander si là encore, il n’a pas absorbé quelques deniers publics sur cette période non couverte par le rapport de cour des comptes…

Notre conclusion :

  • 410 000 euros d’argent public pour une ou deux rubriques d’un WordPress existant, et supprimées depuis, on ne doit pas être loin d’un record du monde
  • Visiblement ces 410 000 euros n’incluaient même pas la mise à niveau du CMS, d’ici ça fait un peu ridicule, mais de notre expérience, c’est probablement parce qu’un développement spécifique utilisant la méthode bien connue de la R.A.C.H.E empêchait tout upgrade.
  • Le site a en fait coûté bien plus de 410 000 euros : sa conception initiale en 2009.
  • Une question légitime subsiste : Puisqu’en 2009 déjà, le site était déjà « dédié à sa fonction de première dame« , combien a t-il absorbé pour les années 2009 et 2010 ?

 

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13 thoughts on “Carlabrunisarkozy.org : la cour des comptes confirme le coût de 410 000 euros pour le contribuable”

    1. LOL la RACHE, excellent.
      Sinon, billet un peu brouillon aujourd’hui, mais fort bien venu. Je posais hier la question d’une réaction de la Cour des Comptes… elle était en route déjà via PCinpact ! Et quelle réponse. Conforme à ce qu’on pouvait attendre.
      Cette affaire aura au passage le mérite de (re)faire le tri dans les titres de presse sérieux (Huffington Post et le Figaro, coucou).

      Reste à savoir pour 2009/10, et c’est probablement pas triste ; et voir ce qui est envisageable auprès de Mâme Bruni et de son époux dernier en date.

  1. Effectivement vu le niveau il est probable que le soit disant « développeur » ait modifier le core, rendant toute mise à jour hasardeuse… Pour 410 000€ ils auraient pu prendre autre chose qu’un mec sans expérience…

    On prend les paris sur la date du pîratage ? ^^

  2. « 410 000 euros d’argent public »
    « …avec une facturation généreuse de 3 000 euros par mois imputables à l’hébergement de ce site »

    Je pense que celui qui a accepté de tels prix n’a pas fait d’appel d’offre.

  3. HAHA la grosse quenelle le prix du SITE !

    Des barres … le site le plus cheap, le plus dégueulasse du monde… pour la modique somme de 400 K euros …

    les chinois font mieux pour 500 euros, cela aurait fait moins d’histoire…

    « plus t’es riche plus t’es con ! »

  4. Finalement, les citoyens seront-ils remboursés ? Faudra bien écrire les chapitres suivants, parce qu’une année à 410Keuros en temps de crise, on s’inquiète pour le sérieux déployé à traiter les autres dossiers « lourds » de l’Etat à l’époque « par qui de droit » …

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