BlueCoat : le Département d’Etat américain enquête

Nouvel épisode dans ce qui est en train de devenir la saga BlueCoat. Après que nous les ayons pris la main dans le pot de confiture en publiant 54Go de logs de la censure en Syrie provenant d’appliances du constructeur d’origine californienne malgré l’embargo, après les dénégations de ce dernier qui avec un certain aplomb estimait qu’il n’était pas attesté que ces logs proviennent bien de ses équipements, pire… niant même la présence d’équipements de sa facture sur le sol syrien… après que nous ayons gentiment expliqué ce que nous pensions des mensonges  de BlueCoat, après que Bruce Schneier (Chief Security Technology Officer chez British Telecom) y soit allé de son « Bet you anything that the Syrian Blue Coat products are registered, and that they receive all the normal code and filter updates. » sous-entendant très clairement qu’il n’est raisonnablement pas possible que BlueCoat ne soit pas au courant de la présence de ses propres équipements sur le sol syrien… voici que le Département d’Etat américain dit suivre de très près cette affaire… et oui rien que ça.

Cette déclaration d’intention du Département Américain qui suit avec une certaine inquiétude le déroulement de la saga BlueCoat, fait suite à l’article du Washington Post et à celui de la BBC. Bref vu la petite revue de presse de la matinée, vous venez de comprendre que BlueCoat risque d’avoir du mal à se cacher très longtemps derrière son petit doigt. BlueCoat et le Moyen Orient, ça ne s’est pourtant pas fait en un jour (Amesys non plus mais nous y reviendrons plus tard). En 2005 BlueCoat se glorifiait même de certains marchés pour expliquer sa croissance, comme le Yemen, le Koweit ou Oman, aux côtés des grands fans locaux de ce genre d’équipements que sont les Emirats Arabes Unis et le Qatar (qui nous affiche un beau DPI « Nationwide » sur 60 Gbps, mais ça aussi nous aurons l’occasion d’y revenir).

L’actualité étant un peu mouvementée et certaines charges de travail n’étant pas compressibles, nous avons pris du retard par rapport à nos amis d’Outre-Rhin de Fortinet que nous soupçonnons toujours, avec ses Fortigates, de parfaire la censure syrienne à grand coup de DPI via une fibre optique perdue quelque part entre Damas et la banlieue de Francfort, mais là encore, c’est une autre histoire.

Plus que jamais, les armes technologiques, sont révélées au grand jour comme ce qu’elles sont depuis le début, de parfaits outils de censure politique dont il devient crucial de réguler un peu le commerce. Plus que jamais, Reflets manifeste son intérêt pour mettre au grand jour ces petits deals que nos entreprises passent avec des régimes autoritaires. Reflets est évidemment disposé à communiquer des explications aux parlementaires français, européens et même au Département d’Etat américain sur les technologies mises en place par nos belles entreprises et qui servent à étouffer toute opposition, souvent de manière violente.

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