Tunisie : le temps de l'émotion

Qu’y a-t-il de plus réjouissant et provoquant une telle émotion ? La libération d’un peuple de l’emprise de son dictateur est probablement, avec la naissance d’un enfant, l’un des moments les plus marquants pour l’esprit humain. Il serait intéressant d’ailleurs de faire disserter philosophes et sociologues sur ce point. Malheureusement, vient généralement ensuite le temps des désillusions.

Nombreux sont les exemples de peuples qui ont payé le prix du sang pour mettre bas une dictature. Ce fut le cas à Cuba, en Roumanie, en Russie, en URSS, dans de nombreux pays d’Asie.

Certaines étaient moins spontanées que d’autres. Dans la plupart des cas, une nouvelle nomenklatura vient remplacer la précédente. C’est le temps des désillusions. Le coût payé pour la « libération » étant encore trop frais dans la mémoire des peuples libérés, ceux-ci se résignent ou réfléchissent à deux fois avant de repartir à l’assaut de ceux qui ont confisqué leur pouvoir, leur liberté, leurs espoirs, leur émotion.

La situation tunisienne est encore fragile. Pour autant, le dictateur local a pris la fuite. Reste qu’il y a fort à parier qu’une nouvelle nomenklatura trouvera la couche encore chaude et plutôt à son goût.

Ce n’est probablement pas des familles qui ont perdu tant de leurs proches, qu’elle émergera. Déjà aux aéroports européens, se bousculent les anciens proscrits du régime. Déjà au sein de l’armée, certains doivent réfléchir à un avenir plutôt radieux.

Les sources d’argent facile ne sont jamais taries avec le départ du dictateur. Loin de là.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


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