Trading haute fréquence : le nouveau délire des financiers

Pour le grand public, « les marchés » sont généralement une entité informe évoquée par quelques journalistes financier qui utilisent des mots incompréhensible. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils ont des mouvements erratiques et que quand
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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

15 thoughts on “Trading haute fréquence : le nouveau délire des financiers”

  1. Et si on écoutait les mathématiciens ?

    En 1961, Mandelbrot travaillait déjà sur les fluctuations des valeurs financières, montrant que les cotations successives forment un objet de type « fractal » (concept qui se formalise notamment grâce à ses travaux, formes dont on trouve de nombreux exemples dans la nature et les mathématiques). On aurait sans doute tout intérêt à relire ces travaux aujourd’hui…

    Plus d’informations (ça reste très léger) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Benoît_Mandelbrot#La_finance

  2. Je ne comprends pas un truc tout simple. D’où sort l’argent qui sert à payer les traders ?

    Ceci vaut également pour la bourse «classique».

    Exemple:
    Une action sous-cotée, genre Euro[disney/tunnel] est achetée à un cours x1 par paquet de 10 millions. Mécaniquement, sa valeur monte. Ensuite, elle est revendue au cours x2 (supérieur à x1). On a donc un delta d (d=x2-x1) qui représente une différence de valeur. Après la vente, la cote de l’action retombe à la valeur x1 (plus ou moins, mais admettons).
    Au final donc, l’action n’a pas bougée. Mais le delta est toujours là. Où va-t-on «prendre» l’argent qui va correspondre à «d» ?

    Ce problème, visible sur les actions à faible valeurs et qui valsent régulièrement d’un extrême à l’autre (pas en valeur, mais en pourcentage) est décuplé avec le HFT.

    Je voudrais bien qu’on m’explique. La bourse ne serait-elle qu’un gigantesque monopoly, servant uniquement à créer une «dette» imaginaire sur le dos des travailleurs échangeant ce qu’ils ont de plus précieux (du temps) contre de la monnaie de singe ?

    1. @Clinquant Klingon : fondamentalement, l’argent correspondant à « d » vient du dernier acheteur en date (celui qui achète à x2).

      Le problème, c’est que cet argent n’a souvent (par le biais d’autres mécanismes financiers) aucune existence matérielle et est issu de création monétaire scripturale.

      Donc ta conclusion est entièrement juste et est d’ailleurs une explication à elle seule de la « crise de la dette » actuelle : la bourse ne fait que créer de la dette sur le dos des populations en n’enrichissant qu’une minorité de personnes (généralement des financiers …).

      Hélas nos hommes politiques n’ont visiblement pas encore compris ça et continuent à vouloir sauver les banques et le système, alors que c’est eux qui sont la cause de tout cela.

    2. L’argent est « fabriqué ». Il y a une grosse erreur qui est souvent commise, c’est que lorsque l’on fait un prêt à une banque l’argent que te donnes la banque vient des comptes des autres clients de la banque. C’est faux, pour la simple raison que tu ne vois jamais sur ton relevé de compte de « -1000, prêt pour HADOPI ».
      Lorsque tu (ou une entreprise) fais un prêt auprès d’une banque, l’argent est créé. Seul les banques centrales (la FED pour le $, la BCE pour l’€) peuvent donner l’autorisation de créer de l’argent (pas forcement papier, bien souvent ce sont juste des bits).
      Bien sure pour que les banques ne fassent pas n’importe quoi, il y a un prix pour fabriquer cette argent. C’est le taux de la phrase « Les banques empruntent à un peu plus de 0% et prêtent à environ 4%. ». En ce moment cela ne coûte absolument rien à une banque de créer de l’argent (0%), alors qu’après elle revend cette argent avec 4% d’intérêt.

      Pourquoi les banques centrales ont descendus leurs taux de « fabrication d’argent » ? Car normalement les banques baissent aussi tout de suite leurs taux d’intérêts, et donc les clients sont motivés pour faire des prêts (c’est à dire investir (et l’investissement c’est la croissance (pour faire court))). Comment ça les banques n’en font qu’à leur tête pour pomper le plus d’argent possible ?

    3. Ce que tu décris dans ton exemple c’est l’impact sur le Marché. Càd après avoir exécuté un ordre d’achat, de quel pourcentage la valeur du titre aura bougé uniquement à cause de cette opération d’achat.

      Cet impact dépend du marché.

      Si le marché est très liquide et traite de gros volumes, cet impact est relativement faible.

      Exemple sur le Forex, le volume journalier est de quelques centaines de milliards de dollars. Donc si on exécute un ordre d’un million c’est comme si tu verses une goutte dans un océan. C’est pas ce qui va le faire monter.

      Par contre si tu es au bon moment, à savoir juste avant la montée de la marée, tu peux profiter de la réelle montée des prix des actifs achetés et réaliser une plus value.

      Tu peux les vendre après et encore une fois, l’impact de la vente sera très faible.

      Par contre si tu traites un actif illiquide, l’impact sur le marché sera plus ou moins important et il faudra le prendre en considération avant de lancer un ordre d’achat ou de vente…

  3. Ca fait un moment que ca existe et que beaucoup de professionnels et consultants mettent le doigt dessus en disant que c’est dangeureux. Personnellement j’ai assisté à une coférence en 2009 sur le sujet. A noter qu’en France on est très bon sur le sujet, HSBC a une branche spécifique pour ca en France si j’ai bonne mémoire (a confirmer).

    Comme souvent comme ca n’arrange pas les banques, en France, les politiques la ferment.

    1. Je n’ai pas dit que c’était nouveau. Je raconte quelque chose que tout le monde ne sait pas. Cet article et son pendant dans le Canard Enchaîné ont été publiés il y a belle lurette.

      Je l’ai juste « mis à jour ».

      Il fera partie d’une saga et donc d’autres articles, pour une partie déjà en ligne ailleurs, seront regroupés avec celui-ci.

  4. Les achats-vente d’actions à haute vitesse, ce n’est pas « nouveau ».
    Je crois me rappeller qu’il y à un an et demie, c’était 40% du volume des transactions boursières. (je ne sais plus par rapport à quoi les 40%)

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