TMG : la CNIL sort de son silence

Hier, l’Hadopi indiquait à Reflets que le lien informatique entre elle et TMG, l’entreprise chargée par les ayants-droits de flasher les internautes téléchargeurs, était toujours coupé. Une conséquence de l’article de Reflets sur la non protection d’un serveur (de test) de TMG.

Nous pouvions en déduire, avec notre mauvais esprit légendaire, que les grains de sables qui s’étaient insérés dans la mécanique bien huilée de la riposte graduée étaient toujours là.

Bien entendu, l’institution ne peut affirmer publiquement qu’elle n’envoie plus de lettres aux internautes téléchargeurs et nous la croyons bien volontiers sur parole, lorsqu’elle nous dit qu’elle dispose d’un stock permettant de ne pas stopper son activité postale.

Bien sur, comme tout économiste en herbe le sait, les stocks ne sont jamais inépuisables. Et nous restons sans réponse pour le petit calcul que nous avions suggéré à l’attaché de presse de l’Hadopi.

Aujourd’hui, c’est la CNIL, à qui nous demandions (sans le moindre succès) depuis des semaines (voir notre TL Twitter) des nouvelles de son contrôle chez TMG, lui aussi déclenché par l’article de Reflets, qui a décidé de nous en donner…

Apprenez, chers internautes que vous ne saurez probablement jamais ce qui s’est passé chez TMG, sur son serveur de test, sur l’étendue des risques que nous avions perçus. Pourquoi ? Parce que c’est, justement, un pouvoir discrétionnaire de la CNIL… Elle peut, si elle le décide, ne pas rendre public le résultat d’un contrôle dans une entreprise.

Et selon la personne qui nous a contactés aujourd’hui, il semble bien que la CNIL ne rendra pas public ce qui s’est passé chez TMG.

Dommage.

A plusieurs titres.

D’une part, l’Hadopi est un sujet controversé. Ne pas être transparent ne peut que nourrir les théories « conspirationnistes ».

D’autre part, on peut arguer que, dans une démocratie, il est préférable que les citoyens puissent contrôler l’activité des institutions publiques.

En même temps… En ne disant pas ce qui s’est passé chez TMG, on pourra probablement continuer comme si rien ne s’était passé. Pratique. Surtout pour le patron de la CNIL qui a validé tout ce dispositif en le votant (il est sénateur) tandis que l’institution qu’il dirige le critiquait.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

15 thoughts on “TMG : la CNIL sort de son silence”

  1. Ces blaireaux de chez tmg ont envoyé l’ip de ma box à hadopi, seul probleme: elle était débranchée depuis 10 jours au moment des « faits » vu que j’avais déménagé…

    Alors je me propose pour résoudre définitivement le probleme:

    import random as r
    def n():
    return int(r.random()*255).__str__()
    while True:
    print n()+’.’+n()+’.’+n()+’.’+n()

    voilà, ils peuvent se remettre au boulot!

  2. Je trouve que ce petit épisode, éclaire de manière intéressante ce que peut être une CNIL européenne version UMP : un joli écran de fumée européen qui permettrait de faire croire au bon peuple qu’ACTA et autres projets du genre sont respectueux de leur vie privée.

    Remarque : je ne pense pas, hélàs, qu’avec les autres partis la CNIL sera plus efficace (moyens, direction)

  3. TANT QU’IL N’Y AUrA PAS DE PROCES INTENTE démontrant l’incompétence (ne serait-ce que savoir identifier une adresse IPv4 valide) et les négligences caractérisées de TMG rien ne bougera.

    db

  4. « D’une part, l’Hadopi est un sujet controversé. Ne pas être transparent ne peut que nourrir les théories « conspirationnistes ».

    D’autre part, on peut arguer que, dans une démocratie, il est préférable que les citoyens puissent contrôler l’activité des institutions publiques. »

    Pas grave: les hackers continueront de révéler les failles et imbécilités de ce genre de mesures (sans même parler du côté liberticide).
    Et moins ils seront transparents, plus ils se feront hacker, voire pirater si ça énerve trop, cf le playstation network de sony.
    La démocratie directe en action plutôt qu’en mots creux dans des meetings.
    Plus vous nous prenez pour des c…, plus on vous montrera qu’on l’est moins que vous…

  5. Ne peut-on pas contacter la Commission sur la publication des actes administratifs pour l’avoir, ce rapport ?

    J’ai eu vent qu’ils étaient enclin à plutot rendre au public, ce qui devrait l’etre d’office…

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