OpenMedia International : quand cyber-militantisme rime avec bullshit

(C’est bien de défendre les libertés sur le réseau, vouloir un Internet neutre, empêcher les vilains gouvernements et les vilaines multinationales de s’arroger tous les droits sur les internautes. C’est très très bien. Mais quand on n’a pas plus de réflexion sur le sujet qu’un poulet industriel face à une RFC, ça peut donner du grand n’importe quoi.)

Prenons le cas de cette formidable organisation qu’est OpenMedia International. Leurs slogan est super bien foutu, on a tous envie d’adhérer : « c’est une communauté qui veut préserver un Internet ouvert et accessible dans le monde entier« . Oui, oui, oui : nous aussi on veut. C’est bien, ça.

 

 

 

 

Sauf que la question de l’activisme, et dans ce cas précis, du cyber-activisme est un peu plus compliquée que la reprise de slogans sur lesquels tout un chacun peut se retrouver. L’activisme demande de s’intéresser au monde qui nous entoure, en comprendre la complexité, la nature, l’histoire. L’activisme existe par des artistes, des techniciens, des intellectuels, des créateurs en tout genre, mais pour qu’il soit efficient, et au final, efficace, il faut qu’il soit habité par des individus capables de raisonner avec la complexité.

Ce n’est pas le tout de connaître le principe des zones DNS, l’ARP et le RARP, la composition d’un paquet IP et les finesses de la sécurité des serveurs web, de l’accès au réseau, des protocoles qui s’y promènent, de réciter par cœur des RFC comme d’autres récitent leurs tables de multiplication. Non. Parce que si cette compréhension, cette connaissance ne sont pas soutenues par une véritable compréhension du monde humain qui l’utilise, tout ça n’est qu’un vaste théâtre des vanités.

OpenMedia International dénonce le TPP, mais dans le même temps où cette organisation appelle à un Internet libre, ouvert et accessible de partout, elle appelle aussi à la rejoindre sur…Facebook !

Quoi de plus « libre » et « ouvert » que le réseau social de Mark Zuckerberg, n’est-ce pas ? Une entreprise privée qui a changé sept fois ses contrats utilisateurs pour s’arroger des droits sur les données des internautes utilisant son réseau social, et qui conserve les données des utilisateurs une fois le compte supprimé…

Le cyber-activisme, dans le cas d’Open media International peut-être résumé par cette phrase de Rabelais (qui n’a pas connu Internet, n’est pas un community manager d’Amazon, n’est pas coté en bourse, ne sait pas faire des « Like » mais disait des choses intéressantes), dont pas mal de geeks se cognent comme de leur premier commodore 64, mais devraient méditer un peu :

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Twitter Facebook Google Plus email


25 thoughts on “OpenMedia International : quand cyber-militantisme rime avec bullshit”

  1. moi je dirais « qu’importe le flacon » : Facebook est un outil de com’ à ne pas négliger. si cette boîte l’utilise c’est bien. si c’est l’inverse effectivement c’est tout naze, mais pour toucher un grand nombre de personnes ?

  2. « […] préserver un Internet ouvert et accessible dans le monde entier.Oui, oui, oui : nous aussi on veut. C’est bien, ça […] »

    +1

    « […] OpenMedia International dénonce le TPP, mais dans le même temps où cette organisation appelle à un Internet libre, ouvert et accessible de partout, elle appelle aussi à la rejoindre sur…Facebook ! […] »

    +1, évidemment

    Donc, si je suis votre raisonnement:
    – vous, à reflet, n’affichez pas de boutons Facebook/Twitter/Google+
    – vous, à reflet, n’utilisez pas GoogleAnalytics
    – vous, à reflets, ne publiez que des URL « propres », sans les « utm_* »
    – vous, à reflets, n’utilisez pas FeedBurner

    Non… oups :)

    1. Entre permettre à des utilisateurs d’utiliser un outil qu’ils ont décidé d’utiliser et s’afficher soi-même avec cet outil, en faire la promotion en appelant les gens à nous y rejoindre, il y a un pas. Pas franchi à Reflets pour Facebook.

      Sur le choix et la politique des outils Google, il serait intéressant d’ouvrir un débat à ce sujet : je n’ai pour ma part pas du tout la même perception de Facebook que Google. En termes de politique sur la vie privée, sur les outils, leur modèle etc…

      Tout mélanger, tout amalgamer est-il une bonne chose quand on veut militer dans un sens ? Est-ce que tous les extrêmes sont identiques, se valent, mènent aux mêmes dérives ? L’extrême droite c’est pareil que l’extrême gauche ? C’est #lesextremes ?

      Androïd, par exemple, est un bon exemple. Un peu ouvert, mais pas totalement, à base de GNU/Linux, mais pour autant vendu par Google…

      Si Google n’avait pas sorti Androïd, aurait-on uniquement le choix entre deux ou trois OS de mobiles proprios sur 100% des mobiles ? C’est possible…

      Quant à Twitter : j’ai répondu plus bas. Amalgamer Twitter et Facebook ? Mais bon sang, on est pourtant en mesure d’observer les choses, les concepts, les dynamiques qui les motivent, les politiques qui les mènent et pouvoir quand même éviter de tout mettre dans le même sac ? Non ? Bon, alors #toutsevaut #lemondeestpourri #onvatousmourirdetoutefacon

      1. Je veux pas faire le lourd, mais ça serait bien d’ajouter une option sur le site lorsque l’on est inscrit, de supprimer tous les liens et boutons vers les sites « sociaux ».
        (PC inpact a cette fonctionnalité)

        ça rendrait peut être plus crédible, votre souhait d’un un internet libre et ouvert.

        Par contre, je comprend votre critique il suffit de faire un tour sur le site web d’OpenMedia International.
        Dès la page d’accueil, faceboook est incrusté, on se demande même si le site apporte quelque chose :/.

  3. « Facebook est un outil de com’ à ne pas négliger » :

    On parle bien de la défense de la neutralité du net et d’un Internet « ouvert » ?

    Une analogie : tu dénonces la vente et le port d’armes et tu te balades avec un holster et un colt 45 dedans parce que ça reste quand même le meilleur moyen de se défendre en cas d’agression…des mecs surarmés.

    Facebook est tout l’inverse d’un internet ouvert. C’est un internet fermé, qui capte ses clients pour les dépouiller. Facebook pratique la surveillance sur Internet et la monétise. Facebook devient un passage obligé pour de nombreux supports en ligne qui obligent leurs clients à s’inscrire avec leur compte Facebook, à aller lire sur Facebook des compléments d’info, etc…Certains internet ont Facebook en portail d’accès sur leur machine et croient que Facebook c’est Internet

    « Toucher un grand nombre de personnes » : cautionner, faire la promotion d’un outil fermé pour dénoncer les zinternets fermés parce qu’il y a plein de gens dans l’outil fermé ?

    « Qu’importe le flacon » : et bien justement, on peut se poser la question, parce que si tout est bon dans le cochon, alors il n’y a plus aucun moyen de faire la part des choses. A ce compte là, il faut prendre sa carte au FN et aller à leurs meetings faire la promotion de l’anti-racisme parce que plein de gens votent FN aux élections ?

    J’ai franchement du mal à suivre. Mais je dois vieillir. Dans le monde du « #toutsevaut et le #onsenfoutsicamarche j’ai du mal à me repérer.

    Me faudrait p’têtre une formation ?

  4. Yovan, je dois dire que je ne te comprend pas.

    Tu parles d’un internet libre et ouvert, mais quel différence fais-tu entre Twitter et Facebook ?

    La quadrature du net a également une page facebook :
    https://www.facebook.com/pages/La-Quadrature-du-Net/102481643126722

    Du coup, voici la vraie question que je me pose :
    Pourquoi troller le OpenMedia International ? Quel intérêt ? Si c’est juste que tu ne les aimes pas, pourquoi parler d’eux ici (et ainsi augmenter leurs visibilités) ?

  5. Heuuuu……faut pas déconner non plus…

    LQDN : tu n’as aucun appel à les rejoindre sur Facebook depuis leur homepage. Niveau icônes d’outils pour les « rejoindre », tu as le feed rss, newsletter, twitter et identi.ca

    Donc, qu’ils soient sur Facebook me fait mal au c… (je ne le savais même pas, je n’ai pas de compte facebook), mais pour autant, ils ne font pas la promotion de leur compte Facebook.

    Quant à la différence entre twitter et Facebook, là, c’est toi qui cherche des coups de batons : si tu ne comprends pas les différences de fonctionnalités, l’utilisation qui est faite des deux outils, la politique au niveau des données entre les deux…je ne peux rien pour toi.

    OpenMedia : je n’ai pas à les aimer ou pas (c’est incroyable cette faculté à faire porter des sentiments aux auteurs vis à vis de leurs critiques), ni à les troller : je constate seulement que si leur volonté est tout à fait intéressante, ils sont totalement à côté de la plaque en publiant en homepage un appel à les rejoindre sur Facebook qui rentre en contradiction avec leur engagement.

    1. – On peut faire des recherches sur facebook sans avoir de compte ou sans être connecté. De rien.

      – Bien évidemment que je fais une différence entre les deux services. Cependant, tu pourras argumenter se que tu veux : la politique de donnée et de censure est bien au-delà de mon seuil de tolérance.

      – Il se trouve que je te pense suffisamment intelligent pour avoir compris les points susnommés. J’ai donc cherché logiquement la raison d’exister de cet article.

      – Peut-être me suis-je mal fait comprendre, cf. les commentaires de jbfavre qui s’est beaucoup mieux exprimé que moi sur la question.

  6. Je rejoins Yovan sur une chose : Savoir nuancer ce pourquoi l’on se bat et les moyens que l’on met à notre disposition pour mener le combat.

    Jusqu’à preuve du contraire, Reflets Info n’a pas de Fan page sur Facebook. Par contre si on a un Facebook et que l’on veut liker et partager des liens, c’est possible. C’est donner le choix au lecteur de faire ce qu’il désire afin d’avoir une visibilité plus grande pour le média qui publie. Par contre, nul besoin d’avoir une Fan Page facebook ou créer des Event ou un compte FaceBook en tant qu’organisme.

    Pour revenir sur Facebook, Laurent Chemla expliquait bien dans un aurticle paru sur Reflet, comment les Facebook user’s s’étaient fait bananer 4 fois (oui j’aime les bananes) par Facebook.

    En gros, et pour résumer, tu te mets à la disposition des gens via les outils qu’ils utilisent pour propager les informations mais en aucun cas tu ne te mets sur quelque chose que tu conchies.

    1. « C’est donner le choix au lecteur de faire ce qu’il désire afin d’avoir une visibilité plus grande pour le média qui publie. »

      « Vous les fumeurs là, vous saviez que vous pouvez distribuer nos tracts anti-tabac à la convention Malboro ? Hé oui!! »

      ;)

  7. Beaucoup de choses ont été dites. Je ne ferais pas mieux, et les réponses sont questions de points de vue.
    Par contre, côté question, le projet Diaspora, il en est où ?
    (j’ai honte, je ne l’ai pas vraiment suivi…) n’étant pas adepte de facebook, ni de twitter d’ailleurs)

  8. Perso je plusse, jouer au rebelz du systemz sur une page facebook, c’est du baltringuisme absolu.

    J’avais déjà remarqué OpenMachin (tout ce qui s’appelle OpenQqch est suspect déjà, àlabaz) ah ah le message pour un Internet libre avec le bouton « like » :D sans déconner à ce stade de contradiction, ça ne peut pas être involontaire, je veux dire, personne n’est aussi bêtement stupide… Si ?

    FaceBook discrédite à mes yeux (et je suis pas le seul) tout (particulier mais surtout société, association, etc) ce qui s’y associe. Point final.

    Je le dis là, parce que je suis anonyme hein, non, dans la vraie vie je dis « ah? Super » parce que j’ai pas envie de me faire virer/exclure. Tout le monde est sur FaceBook.

    « C’est quand même un outil de comm gna gna » je sais plus quoi répondre à ça, ça me fatigue.

    Facebook c’est pour les nazes qui ne comprennent pas Internet, ça leur fait peur, ils veulent le casser, et comme ils sont plein ils vont y arriver.

    Facebook, c’est le genre de trucs qui rend l’idée de la mort plus douce. Quitter ce monde, les humains, finalement, dans ces conditions ? OK.

  9. Quel bel exemple d’article troll avec plein de trolls en commentaire.
    Lorsqu’une organisation humanitaire doit faire sa communication, doit elle le faire avec une CB et des signaux de fumée ou bien à la télévision et sur internet?
    Grâce à quel medium aura-t-elle le plus d’impact?
    Doit elle se priver de la télévision parce-qu’il y a la téléréalité et autres super émissions, et qu’y être associée c’est le mal?

    Pour moi juste dénigrer OpenMedia parce qu’il utilise Facebook, c’est un peu léger comme critique.
    S’ils veulent toucher un plus grand public, il faut faire de la vulgarisation et aller sur le terrain de ce public.
    Ce n’est pas en se refermant sur son jargon et en refusant d’aller à la rencontre des autres qu’on arrivera à les sensibiliser.
    Ils ne savent même pas qu’OpenMedia existe, alors si on va pas les chercher sur leur terrain…

    Maintenant, un article sur le fond de ce que propose OpenMedia sur Facebook aurait été sans doute plus constructif (ou réellement critique).

    Allez les trolls, je viens de vous donner un peu plus de matière à vous réveiller.

  10. Justement, si on utilise les comparaisons (et c’est une solution de facilité, car on fait dire n’importe quoi à une comparaison):
    Ton ONG utilise la TV pour communiquer et OpenMédia utilise internet.
    L’idée n’est pas associée au moyen de communication.
    Ton ONG choisit ou non de s’associer à une émission louche et OpenMédia choisit ou non de s’associer à Facebook.
    Comme tu aimes les comparaisons:
    C’est comme si une asso écolo mettait un joli logo Areva… Certaines le font…
    Mettre un lien Facebook c’est en faire implicitement sa promotion et cautionner cette entreprise.
    C’est un choix qui mérite d’être mis en lumière, commenté et discuté.
    Quand on veut un internet libre, facebook devrait être en tête de gondole de ce qu’on ne peut supporter.

  11. Merci Reflets pour cet article qui ne vaut pas mieux que, par exemple, les critiques de certains à l’encontre du collectif Pièces & Mains d’Oeuvre pour oser faire usage d’internet.
    Attention à ne pas tomber aussi bas qu’Owni qui publiait dernièrement un article sur les blagues de Bachar El Assad

  12. Houla, mais y’a des zinternautez super perspicacez par ici, mais dites moi donc, c’est qu’il sont pointus et velus et tout et tout… Des vrais CowBoyZ à qui on ne la fait pas, hein ? C’est t’y pas qu’on frise la métaphysique électronique, avec tous les zhyperliens qui vont bien, la pensée profonde du ouaibe tou dot zero et les commentaires qui taclent sévère !

    Ouais ouais ouais : c’est du lourd les gars. Très très lourd. Faut continuer, surtout : lâchez pas l’affaire…

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