Libye : ce cher partenaire économique

Il y a plusieurs semaines, Reflets.info se demandait ce que Nicolas Sarkozy allait dire à propos de son petit camarde le Colonel Kadhafi alors que s’écroulaient les dictatures en Tunisie et en Egypte. Visiblement pas grand chose et surtout, pas d’autocritique. Chez ces gens-là, madame, on ne fait jamais rien de critiquable. Même quand on fraye avec des dictateurs anciens terroristes et clairement dérangés.

Combien sont-ils aujourd’hui à se mordre les doigts d’avoir tranquillement commercé avec la Libye du colonel Kadhafi ? L’exemple venait d’en haut, faut-il dire à leur décharge. Le président Nicolas Sarkozy avait donné le ton en allant à Tripoli et en recevant avec les honneurs celui qui avait été pendant tant d’année un infréquentable soutien du terrorisme international. Mais avec le règlement de deux trois broutilles, il était redevenu un interlocuteur normal. Et tout le monde se pressait sous sa tente dans l’espoir de lui vendre toutes sortes de babioles. Les affaires sont les affaires n’est-ce pas ? L’échelle des valeurs qui forment notre éthique est variable, comme nous l’expliquions ici. Celle qui permettait d’avoir des relations apaisées avec quelqu’un que la folie n’avait jamais quitté n’est pas la notre.

Les articles se multiplient pour rappeler les connivences des uns et des autres. Certains tentent même un petit nettoyage des archives. Il y aura peut-être d’autres articles dans quelques mois si d’autres peuples se soulèvent contre leurs dirigeants qui sont, quoi qu’en disent les hommes d’affaires et les politiques, des dictateurs. C’est valable pour la Chine, pour l’Arabie Saoudite et bien d’autres.

En attendant, Reflets vous propose un petit florilège de déclarations sur la Libye de Kadhafi :

 

France-Libye : accord de coopération sur la sécurité et la lutte contre la criminalité (n° 1981)

La commission examine, sur le rapport de M. Didier Julia, le projet de loi, adopté par le Sénat, autorisant l’approbation de la convention relative à la coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité organisée entre le Gouvernement de la République française et la Grande Jamahiriya arabe, libyenne, populaire et socialiste (n° 1981).

M. Didier Julia, rapporteur. Cette convention vise principalement à intensifier les actions de formation des forces de police libyennes que mènent depuis 2007 les autorités françaises. Elle permet aussi de compléter cette coopération technique par une coopération opérationnelle.

Il peut apparaître surprenant que la France ait signé, le 10 décembre 2007, une convention relative à la coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité organisée avec la Libye, un Etat qui était, il y a quelques années encore, accusé d’avoir commandité des attaques terroristes contre des pays occidentaux. Ce paradoxe apparent reflète en fait le changement d’orientation de la politique libyenne. Je ne reviendrai pas ici en détail sur le processus de réintégration progressif de la Libye dans la communauté internationale, qui s’est principalement déroulé entre 2003 et 2007 et s’est achevé avec la libération des infirmières et du médecin bulgares en juillet 2007, puis avec la conclusion d’un accord d’indemnisation des victimes américaines d’actes de terrorisme, le 14 août 2008.

(…)

La Libye a conclu des accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité avec plusieurs pays africains (Egypte, Tunisie, Maroc, Niger, Mali, Algérie, Tchad et Soudan) et quelques pays européens (Royaume-Uni, Espagne, Italie). Depuis 2007, la France participe à la création d’une unité libyenne du même type que le RAID et dispense régulièrement des formations à des policiers libyens, en matière de sûreté aéroportuaire et de lutte contre la cybercriminalité, par exemple.

(…)

J’ai interrogé le ministère des affaires étrangères et européennes sur la possibilité d’accueillir des élèves libyens dans les écoles françaises de formation des policiers et des gendarmes : il m’a répondu que, si cette éventualité n’était pas mentionnée expressément dans la convention, elle n’en était pas pour autant exclue puisque la coopération technique peut prendre la forme de l’accueil réciproque de fonctionnaires et d’experts : les fonctionnaires stagiaires des écoles de formation libyennes et françaises pourraient bénéficier de tels échanges. C’est même déjà le cas à l’école des officiers de la gendarmerie nationale de Melun.

La France et la Libye ont beaucoup à gagner à intensifier leur coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité organisée. La Libye a besoin de disposer de forces de sécurité mieux formées et organisées et à même d’utiliser des méthodes de travail modernes ; en l’y aidant, notre pays contribue à réduire les flux de migrants clandestins – qui sont traités très durement en Libye –, le trafic de stupéfiants et l’action des mouvements terroristes qui transitent par la Libye.

(…)

M. Patrick Labaune. L’article 4 de la convention concerne notamment d’éventuels échanges d’informations sur les groupes terroristes. Je me demande si, sur ce sujet, le colonel Khadafi peut être considéré comme un interlocuteur fiable. Au cours de la mission d’information que je mène avec mon collègue Serge Janquin sur la situation au Soudan, nous avons pu constater plusieurs problèmes.

D’abord, il semble que le régime libyen entretienne encore des liens avec des groupes terroristes au nord du Soudan. En second lieu, à chaque fois que nous avons évoqué le colonel Khadafi auprès d’officiels africains, les réactions ont bien montré que ces dirigeants doutaient de la fiabilité du chef de l’Etat libyen.

M. Didier Julia, rapporteur. Quels que soient les doutes exprimés à son sujet, le colonel Khadafi est président de l’Union africaine. Or, il ne s’est pas imposé, et n’a pas été nommé par une autorité extérieure, mais il a bien été élu à ce poste par ses pairs.

(…)

M. Jean-Paul Lecoq. J’avoue avoir quelques difficultés à soutenir ce texte qui prévoit des échanges d’informations avec la Libye. Je ne suis pas certain que la Libye puisse déjà être considérée comme étant sortie de ses liens avec la criminalité internationale et le terrorisme. Sauf à ce que nos services nos assurent que tout est désormais réglé, que la Libye est devenue un Etat respectable, avec lequel on peut s’entendre sans aucun problème, je crois difficile de pouvoir m’associer à cet accord.

M. Didier Julia, rapporteur. Si je suis favorable à l’adoption du projet de loi, c’est que je le considère comme bon. Je le répète, il s’agit essentiellement, avec cet accord, de la formation des forces de police libyennes et il n’y aura pas d’échanges d’informations nominatives. Nous avons tout intérêt à contribuer à cette formation des forces libyennes. Chacun sait que la construction de l’Etat de droit passe aussi par des forces de police bien formées. C’est ce que permet cet accord que j’estime très positif et qui contribuera aussi à améliorer notre propre sécurité.

M. Axel Poniatowski, président. J’ajoute de plus que les clauses de rejet sont étendues et offrent toutes les garanties complémentaires nécessaires.

M. Jean-Michel Ferrand. La loi ne porte que pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif, mais si certaines des dispositions de cet accord l’étaient, ce serait très intéressant ! C’était une simple remarque en forme de boutade provocatrice…

Conformément aux conclusions du rapporteur, la commission adopte le projet de loi (n° 1981).

 

Assemblée nationale
XIIIe législature
Session ordinaire de 2007-2008

Compte rendu
intégral

Première séance du mercredi 12 décembre 2007

Questions au Gouvernement

M. le président. L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Visite de M. Kadhafi en France

M. le président. La parole est à M. Arnaud Montebourg, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Arnaud Montebourg. Monsieur le ministre des affaires étrangères et européennes, la République française est en train d’offrir une réhabilitation retentissante et dorée sur tranche au colonel Kadhafi (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire), dont le régime a torturé des êtres humains et rançonné, encore récemment, la communauté internationale.

Pour justifier cet écart par rapport au message universel de la France, vous avez prétendu que ce dictateur, à la tête d’un État voyou, serait devenu respectable. Pourtant, il y a quelques jours encore, à Lisbonne, l’intéressé faisait devant les gouvernements européens l’apologie du terrorisme.

M. Patrick Ollier. C’est faux !

M. Arnaud Montebourg. Vous avez prétendu que cette réconciliation ferait progresser les droits de l’homme en Libye. Pourtant, hier, M. Kadhafi nous a fait l’affront de dire que la question des droits de l’homme n’avait jamais été évoquée au cours de ses entretiens avec le Président de la République, traitant ainsi la France, au plus haut niveau, de menteuse.

Vous avez enfin prétendu, pour justifier cette pénible visite officielle, qu’elle rapporterait à la France des contrats d’une valeur totale de 10 milliards d’euros. Le Président de la République avait lui-même donné ce chiffre, lequel, vérification faite, s’avère ne pas correspondre à la réalité(Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire), puisque le montant total des contrats signés lors de cette visite ne s’élève qu’à 300 petits millions d’euros : l’essentiel a été signé avant, ou n’a pas été signé du tout !

Entre affronts, humiliations et zizanies, cette visite tourne à la farce tragi-comique !

M. Lucien Degauchy. Quel cinéma !

M. Arnaud Montebourg. Elle ridiculise la France, affaiblit la force de sa parole et ternit l’universalité de son message. Que des relations diplomatiques normales soient rétablies avec la Libye, cela se conçoit ; mais que la France fasse à son régime le cadeau d’une réhabilitation à grands frais, c’est une maladresse qui nous coûtera ! (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

Monsieur le ministre, vous avez dit récemment qu’il fallait savoir de temps en temps « avaler son chapeau » : jusqu’où irez-vous dans la négation de vous-même ? (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur quelques bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et européennes.

M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur le député, j’irai le moins loin possible ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Jean-Paul Bacquet. Vous êtes allé déjà trop loin !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Vous avez cité certaines prises de position de M. Kadhafi ; sachez que je les réprouve, tout comme l’ensemble des députés ici présents ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)

Certes, la pauvreté pousse parfois au terrorisme, mais justifier ce dernier, comme M. Kadhafi a eu l’air de le faire à Lisbonne en disant qu’il était l’arme des pauvres, cela nous le condamnons !

M. Arnaud Montebourg. Il n’a pas « eu l’air », il l’a fait !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Lorsque M. Kadhafi a dit qu’il n’était pas favorable aux accords de paix entre Israël et la Palestine, il a eu tort, et nous le condamnons ! (Applaudissements sur les mêmes bancs.)

Lorsqu’il a appelé au respect des droits de l’homme ici, en France et en Europe, c’était pitoyable, et nous le condamnons ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Arnaud Montebourg. Alors, pourquoi le recevoir ?

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur Montebourg, il y a les paroles, que nous condamnons, mais il y a aussi, depuis quelques années, une réelle évolution du régime ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Michel Pajon. Les paroles sont celles d’aujourd’hui !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. En 2003, le colonel Kadhafi a cessé de fabriquer des armes de destruction massive ; la même année, il renonçait au terrorisme et rendait les stocks d’armes qu’il possédait. En 2006, il a supprimé la peine de mort : depuis, aucun condamné n’a été exécuté. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Michel Sapin. Tu es pathétique, Bernard !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Depuis, il a fait encore plus : en 2007, grâce à la pression de l’Europe et de la France, il a relâché les infirmières bulgares. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Cette évolution est suffisamment importante pour que, dans le cadre d’une diplomatie de la réconciliation, nous jugions possible une visite en France ; d’ailleurs, M. Kadhafi se rendra en Espagne samedi, et M. Zapatero ne dira pas autre chose ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Alors que le terrorisme frappe quotidiennement, hier en Algérie, aujourd’hui à Beyrouth, il convient de favoriser l’évolution d’un homme qui le condamne – et qui s’est d’ailleurs élevé hier contre les deux attentats d’Alger.

M. Bernard Perrut. Très bien !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Certes, c’est un pari. Mais si on ne les encourage pas, que dira-t-on aux pays qui cherchent à évoluer – comme, par exemple, l’Iran ?

Nous ne sommes pas naïfs, nous n’avons rien abandonné, nous défendons toujours les droits de l’homme – mais il est parfois plus difficile encore de se contraindre à certaines actions, lorsque c’est à ses dépens. En retour, nous n’exigeons pas d’enthousiasme de votre part, monsieur Montebourg, mais nous souhaitons qu’il n’y ait pas non plus d’hypocrisie. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur quelques bancs et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. Jean-Pierre Balligand. C’est Talleyrand !

M. Jean Glavany. Un caméléon !

 

En 2006 :

EADS:

Philippe BOHN
Directeur Afrique, EADS (aéronautique)

Je souhaiterais faire part de la reconnaissance du Groupe EADS pour le soutien sans faille que lui ont témoigné l’Ambassadeur de France en Libye, Patrick Lebrun et la mission économique : cette aide nous a été précieuse pour la signature de contrats importants.

L’expérience de notre Groupe en Libye ne se limite pas à notre filiale Airbus et compte de nombreux projets. Notre Groupe avait de nombreux a priori sur la manière dont se conduisent les affaires en Libye. En août 2005, nous avons finalement pris la décision d’ouvrir un bureau à Tripoli. La Libye constitue, au même titre que l’Afrique du Sud, un véritable partenaire stratégique pour EADS en Afrique. Elle se situe au carrefour des pays européens et du continent africain, pour lequel le Guide mène une politique qui suscite une forte adhésion. Ajoutons qu’il s’agit aujourd’hui de construire des partenariats : les Libyens, et Sayf Al-Islam, l’un des fils du Guide, ont apprécié la composante formation aux métiers de l’aéronautique que proposait notre projet. Ce contrat a d’ailleurs été signé par l’African Fund, doté de 5 milliards de dollars et présidé par le Directeur de cabinet du Guide qui nous a beaucoup soutenus.

La Libye présente donc un terrain très favorable, du point de vue d’EADS. Les affinités humaines y sont importantes. L’affectio societatis est majeur à Tripoli ; nous sommes très présents sur le terrain, avec nos partenaires, à tous les niveaux de décision, ce qui nous a permis de conclure rapidement des contrats importants.

Aujourd’hui, EADS a le sentiment que la diversification économique du pays est en bonne voie. La création d’une zone économique franche est significative à cet égard.

En conclusion, je préciserai qu’EADS n’a jamais connu de problèmes de corruption : les interlocuteurs auxquels elle s’adresse affichent leur volonté de conformité avec la convention de l’OCDE. Les autorités libyennes nous ont clairement fait savoir qu’il n’était absolument pas nécessaire de recourir à des intermédiaires. EADS travaille avec les Libyens, pour les Libyens, mais également au bénéfice de l’industrie européenne.

ALCATEL :

Thomas DOGNON
Global Contract Manager, Alcatel (télécommunications)

Alcatel est présent en Libye depuis plus de trente ans ; nous sommes spécialisés dans le domaine des centraux téléphoniques privés, de la transmission par fibre optique terrestre ou marine, des faisceaux hertziens ou encore de la téléphonie mobile, entre autres. L’entreprise intervient en Libye dans les trois domaines d’activité suivants :

· la télécommunication fixe et mobile auprès de GPTC et de sa branche mobile Al-Madar : Alcatel doit par exemple mettre en place une liaison par câble sous-marin, le long de la côte libyenne, permettant de relier les principales villes ;

· les télécommunications satellites : Alcatel est impliqué dans le projet de satellite panafricain RASCOM qui doit permettre, via un accès à bande large, des applications comme la télémédecine ou l’enseignement à distance ;

· l’énergie : Alcatel créé un système complet de communication pour Agip Gas, entre autres, permettant de relier les champs de production à la raffinerie et aux implantations offshore.

Alcatel est présent sous forme de succursale et enregistré depuis 1996. La structure est issue du regroupement de plusieurs entités et héberge les activités commerciales ainsi que les services exécutés localement. Alcatel compte 50 salariés en Libye, dont 70 % de Libyens.

NEXANS :

Jean-Marie JAY
Directeur Département Haute Tension, Nexans France (câbles électriques)

En conclusion, Nexans France mettrait au rang des atouts garantissant le succès commercial en Libye la patience, l’emploi de personnel hautement qualifié, la prise en compte de la particularité des prix du pays, des exigences de formation et d’emploi des nationaux. « Chasser en meute » – pour reprendre une expression utilisée par le Président de la République française en visite à Tripoli – s’avère capital : il s’agit de collaborer et d’échanger sur les particularités du pays, entre habitués. Enfin, notons que les Libyens font généralement preuve de reconnaissance : les entreprises françaises, si elles savent se montrer coopératives et rendre service, peuvent attendre des retours d’ascenseurs.

Chambre de Commerce Franco Libyenne

Michel CASALS

Parmi les entreprises françaises ayant également signé des contrats importants en Libye, je citerai Vinci, Thalès et Areva, entre autres.

(…)

Rappelons les informations essentielles de cette journée. La Libye offre un environnement favorable pour la France : les sociétés françaises y bénéficient de vraies opportunités, malgré une concurrence rude. Ainsi, les entreprises que sont SIDEM, Alcatel, EADS, Nexans ou encore AREVA et le domaine agroalimentaire remportent des succès incontestables en Libye. Il est à noter à cet égard les retombées bénéfiques de notre diplomatie économique. L’évolution amorcée sur le marché libyen se poursuit, à un rythme mesuré certes. Force est de constater que le secteur privé se développe. Les partenaires libyens, au-delà du simple développement des échanges commerciaux, expriment une réelle demande de coopération, dans le domaine de l’énergie, notamment.

Certaines difficultés subsistent. Elles sont principalement liées aux changements d’organigramme fréquents dans certaines entreprises publiques, ce qui complique le suivi. La « libyanisation » pose également problème, tout comme certaines tracasseries administratives.

Enfin, il semble plus que jamais essentiel de partager l’information et de profiter des services offerts par UBIFRANCE, les missions économiques et les chambres de commerce. Des gains de parts de marché sont encore possibles.

Georges VAILLANT

C’est euphoriques que nous sortons d’une réunion comme celle-ci !

Partenaires publics et privés, il nous appartient, dans la conjoncture décrite, de poursuivre et d’amplifier nos efforts sur le marché libyen, en développant plus particulièrement les actions ciblées. Les missions maintenance, organisées depuis quatre ans par la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence, la mission économique et la Chambre de commerce franco-libyenne, ont été un succès à rééditer.

(…)

La 8ème édition parisienne du déjeuner “Libye” de la CCFL s’est tenue le 12 janvier à la Maison des Arts et Métiers dans un cadre convivial et informel. Rencontre à laquelle ont participé près d’une cinquantaine de participants, en présence notamment de l’Adjoint au Chef du Bureau Méditerranée et Afrique Australe de la Direction Générale du Trésor, du Directeur de la Coopération Afrique de la DGAC, du Président de la Fédération des Très Petites Entreprises, Guy Giquello, de la Directrice du Bassin Méditerranée au MEDEF Int’l, Julie Benoist et du Conseiller Economique du Bureau Populaire Libyen, Mohamed El Ghellai.

Par ailleurs, vous lirez avec intérêt les 6 numéros de la lettre de la Chambre de commerce franco-libyenne dans lesquelles figurent pas mal d’informations sur les entreprises qui faisaient des affaires avec la Libye du colonel Kadhafi. La liste des membres de la CCFL est ici.

JORF n°265 du 15 novembre 2007 page 18706
texte n° 7

DECRET
Décret n° 2007-1604 du 13 novembre 2007 portant publication de l’accord-cadre de partenariat global entre le Gouvernement de la République française et la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, signé à Tripoli le 25 juillet 2007 (1)

Article 6
Coopération économique
Les Parties sont résolues à développer la coopération et les flux économiques et financiers et à promouvoir un environnement stable et favorable aux affaires afin d’attirer les investissements.
Il leur importe de développer les échanges technologiques, d’une part en approfondissant les partenariats existants dans le domaine de l’électricité, des télécommunications, de l’aéronautique civile, des hydrocarbures, d’autre part en ouvrant de nouveaux partenariats dans d’autres secteurs stratégiques pour le développement de l’économie libyenne. A cet égard, les parties conviennent de développer la coopération pour les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, y compris en vue d’un programme électronucléaire civil.

Article 7
Coopération en matière de défense et de sécurité

Les deux Parties développeront une coopération active dans le domaine de la défense, de la façon suivante :
– renforcement des capacités de défense de la Libye, y compris en développant la coopération technique et la formation ;
– promotion de partenariats et d’investissements entre les sociétés de défense des deux Etats (y compris dans les domaines aéronautique et spatial), et acquisition de systèmes et d’équipements de défense ainsi que des services associés à leur mise en oeuvre, à leur maintien en condition et à leur modernisation.
En pleine conformité avec la Charte des Nations unies, les deux Parties s’abstiennent de toute agression à partir de leur territoire. Elles pourront procéder à des consultations s’agissant de toute agression extérieure contre l’une ou l’autre d’entre elles.

Les deux Parties conviennent de coopérer, notamment sur les moyens et les méthodes, afin de prévenir et d’éliminer les actes de terrorisme ; de lutter contre le crime organisé, et la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que leurs vecteurs.

Détails du mémorandum d’entente sur  la coopération dans le domaine des applications pacifiques de l’énergie nucléaire entre la France et la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste.

Gestion des relations avec la Libye sous la présidence Sarkozy (Jeune Afrique)

 

 

 

 


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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


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