Le centre commercial du désert

Quand on s’intéresse au sujet, on entend régulièrement que les banquiers fraudent, que la finance n’a pas de règles, etc. Mais on a rarement l’occasion d’avoir un véritable aperçu de comment se passent les choses,
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35 thoughts on “Le centre commercial du désert”

  1. Effarant, édifiant… Quand en plus dans la même semaine t’as vu le docu sur Goldman Sachs, tu te dis qu’il y a un problème.

    Non seulement les faits sur les méthodes et les outils sortent, mais on connait aussi les responsables. Et rien ne se passe.

    1. Oui, bien d’accord avec toi.
      Rajoutons à cela la faculté qu’ont les américains à « exporter leur merde » à des pays béats, comme le nôtre, et il ne reste plus qu’à aller dormir pour essayer de faire de beaux rêves.
      Et demain ou après-demain, le cauchemar reprendra ses droits !

    2. Je suis bien d’accord avec toi.
      Ce qui me fait halluciner c’est que la plupart des gens avec qui j’en parle autours de moi ne s’intéressent absolument pas au problème. Tout ce qui les intéresse c’est de pouvoir vivre tranquillement… Et si le changement ne vient pas de la masse populaire, il ne viendra pas… Il y a encore beaucoup de travail à faire!

  2. C’est édifiant en effet, un tel mécanisme aussi *visiblement* absurde qui puisse exister sans que la presse ne réagisse, sans que des associations de consommateurs ne se mettent en place, etc…

    « Ce qu’elles font, c’est écumer les campagnes à la recherche de déposants attirés par des taux faramineux, en les rassurant avec la garantie des 100 000 dollars sur les dépôts donnée par le gouvernement. »

    C’est juste délirant comme système. En fait, on pourrait résumer ça en « des banquiers font exprès de faire des choses stupides en empochant de l’argent qui n’existe pas et lorsque les choses tournent au vinaigre (ce qui finit par arriver, évidemment) c’est l’État qui rembourse ». C’est vraiment de l’arnaque à haute échelle avec la complicité active des hommes politiques. « Personne » n’a l’impression d’être volé, puisque c’est une entité abstraite, l’État, qui paie l’addition finale.

    1. OK dans les grandes lignes, mais je remplacerai « complicité active » par paresse intelectuelle de la part de la majorité des politiques _ET_SURTOUT_ de la quasi totalité du publique (cest nous quon vote pour eux quand même) pour ces problématiques… jusqu’à ce qu’elles nous pêtent à la gueule…
      Beaucoup d’économistes (en tout cas ceux que je lis, mais je ne suis pet être pas objectif dans mes choix de lecture) le répondaient à Reagan-Tatcher il y 30(?) ans de ça, mais JPPernod (même si j’aime le pastis) n’en parlais pas au 13h, et le con-citoyen moyen (90% ?) ne s’y intéressait pas.
      Quand c’est donc que reflet et autres remplaceront JPPernot dans le coeur du con-citoyen?

      1. Contrairement à toi, j’insisterais sur le « complicité active ». Sachant que pour un bon nombre de cas ce sont les mêmes personnes ou des personnes du même groupe (famille…) qui ont tous les rôles (politique, économique, financier…). Tous les dirigeants connaissent au moins aussi bien que nous les problème mais ils n’agissent pas volontairement. Attribuer leur inaction à l’ignorance est, à mon avis, une grosse erreur.
        Quand aux médias,il suffit de regarder à qui ils appartiennent pour comprendre qu’il n’y a rien à attendre d’eux…

  3. Tu remarqueras que l’une des pièces essentielles du puzzle est la garantie que l’état fourni. Sans elle, la combine ne marche plus.

    Tu accuses bien vite la dérégulation des marchée. En vérité, c’est la déresponsabilisation qui est en cause. Et cette dernière est justement due à la régulation en place.

    La finance, aux USA, est extrêmement régulée, bien loin du discours libéral qui va avec.

    1. As-tu lu ma dernière phrase ?
      « si l’on cherche les véritables responsabilités de cette arnaque globale, il faut regarder du côté des politiciens au pouvoir qui ont totalement démissionné de leurs attributions en faisant de la finance une zone de pillage et de non-droit. »

      Sur la régulation, tout dépends ce qu’on met derrière ce mot. Effectivement il y a beaucoup de règles, les banques ont beaucoup d’obligations légales… Mais il n’y a pas grand chose pour réguler les pratiques prédatrices et frauduleuses. Plus j’en apprends et plus j’ai l’impression qu’il y a une arnaque gigantesque sous chaque produit financier. Ils ont peut être été créés avec de bonnes intentions mais ils permettent de grave dérives (cf mon article sur les CDS, et mes articles à venir sur les CDO, swaps, futures…)

    1. PUTAIN ! C’est vraiment le seul mot qui me vient.
      J’imaginais bien que les oligarques passaient des arrangements avec les pouvoirs public pour gagner toujours plus d’argent sur le dos des peuples mais j’étais bien loin d’imaginer que ça puisse être à ce point: régime fiscal dérogatoire, suppression des législation gênantes, cadeaux et investissement de plusieurs milliards…

      Je suis réellement choqué par ce cynisme !
      Il devient vraiment urgent de communiquer et d’agir…
      Merci de m’avoir ouvert les yeux sur de telles pratiques scandaleuses.

    1. OUI et comme quelques milliers (10aines de milliers) d’internautes, on se dit : mais qu’est-ce que je peux faire dans mon coin sur un sujet comme celui-ci ?
      Faire tourner l’info par quelques mails, en parler autour de soi ? Déjà fait.
      Et au-delà ? Mieux voter ? mwouarfff…
      Quoi d’autre ?

      1. Je pense qu’il faut chercher des causes simples et avec lesquelles il peut y avoir un consensus populaire et tenter de les diffuser au maximum.
        Je pense par exemple au combat d’Etienne Chouard sur les institutions : il faut se rendre compte que nous n’avons jamais été en démocratie (une république n’est pas une démocratie) et militer pour la mise en place d’une démocratie. De là,beaucoup d’améliorations pourront en découler…
        Mais c’est un long travail de fourmis… Dur dur.

  4. « Acte 3 : la caisse prête au promoteur ses six millions de dollars pour qu’il achète son immeuble. Sur l’emprunt qu’elle accorde au promoteur, elle va imputer l’apport personnel que le promoteur est censé verser – il n’a donc même pas besoin de débourser un centime – ainsi que les échéances couvrant deux années de remboursement. Pour que les choses soient bien claires : non seulement le second promoteur n’a pas versé un seul dollar pour le rachat du complexe commercial vide d’occupants et de clients, mais la banque a inclus dans son prêt deux années de remboursement de ce même prêt et donc elle se rembourse avec son propre argent… Qui dit mieux ? »

    J’ai pas compris ce passage !

    1. La banque prêt 6 millions à un nouveau promoteur sans qu’il ait besoin d’apport personnel.
      Avec ces 6 millions, le promoteur achète l’immeuble 5 millions et met de coté de quoi rembourser 2 ans d’échéances de son prêt.
      Comptablement, la situation est : la banque a fait un bénéfice sur le premier prêt parce qu’elle a réussi à vendre l’immeuble 5 millions et le second prêt est « sécurisé » car les remboursements se font correctement.

  5. Bluffant..

    Devant une maffia aussi décomplexée, adossée à des politiciens qui tiennent le système en main pour que la maffia se goinfre, j’ai bien peur que le système financier mondial ne s’écroule avant qu’une majorité de gens n’aient compris qu’il ne fallait plus voter pour les politiciens à la base de cette arnaque générale. Voire se décident à leur demander des comptes en direct..

  6. http://brackenworld.blogspot.fr/2012/09/compliance-and-myth-of-goldilocks.html

    Comme je ne saurais pas en parler aussi bien que ce monsieur, je link directement son article. C’est en Anglais et un peu technique mais ça reste très vrai. Il est libéral et je suis rarement d’accord mais ses analyses sont souvent particulièrement intelligentes.

    Par contre, j’aimerai bien qu’on arrête de dire « Ultra-liberalisme = dérégulation ». C’est pas aussi vrai que ça en a l’air. Le secteur financier est archi régulé. Où il faut pas et n’importe comment… Et la part de responsabilité de l’état Nation est non des moindres dans ce foutoir.

  7. A ceux qui disent que le secteur financier est « archi-regule » ou autre chose de ce type, il faut ajouter:
    – qu’il y a beaucoup de regles « de formes » et peu « de fond »: obligation d’avoir des journaux precis au cent pres (ou presque, vu qu’il y a des moyens de « flouter » les chiffres), permettre un acces quasi-illimite aux (rares) inspecteurs, etc.
    – qu’il y a justement tellement de regles de forme et peu de fond qu’il est possible de faire presque n’importe quoi puis le dissimuler dans les notations et formulaires si nombreux et complexes que meme les inspecteurs du secteur ne peuvent tout suivre. Pas a un rythme un tant soit peu raisonnable. (Il leur faudrait des mois pour retracer quelques secondes de transactions… Voire quelques « fanta-secondes »…)

    La « regulation » a laquelle les banquiers sont soumis n’implique de plus presque aucune forme de responsabilite. Une banque coule? Son directeur, ses traders ne sont pas personnellement impliques. (Sauf dans les cas ou ils ont ete assez maladroits pour laisser des traces les impliquant nommement.) Dans certains cas, les Etats interviennent meme pour sauver l’institution, permettant de continuer « business as usual ».

    Alors, parfois, on nous « offre » en pature un Madoff ou un Kerviel. Pas plus ou moins escrocs que d’autres, mais il en faut pour le spectacle. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’argent qui n’existe pas ou plus reste une perte pour certains. Impossible a recuperer, parfois meme n’ayant jamais existees, ces sommes s’inscrivent tout de meme dans un bilan qui devra etre paye. Par qui? Ni par les escrocs, ni par les pretendus « responsables »: agences de notation, directeur de banques, etc. Personne n’est reellement responsable, meme dans les rares cas ou l’on tient un coupable.

    Regulation? J’accepterai ce terme quand il impliquera que ceux qui « jouent » soient les seuls a payer.

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