Google cartographie la censure de ses services dans le monde

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Dormez tranquilles, votre gouvernement vous protège.

Le géant américain du Net offre de très nombreux services aux internautes. Il arrive dans de nombreux pays, que ces services fassent l’objet de demandes des autorités gouvernementales. Certaines sont de simples demandes de données dans le cadre d’une enquête judiciaire, d’autres sont des demandes de retraits de contenus, comprenez de la censure. Toutes n’aboutissent pas à un retrait effectif de la part de Google. En France, pour le moment, ces demandes sont relativement bien encadrées, même si notre pays marque une tendance forte à vouloir se passer d’un juge pour censurer le Net.

Google souhaite en tout cas jouer la transparence via son outil transparency report. Il met à disposition une cartographie de toutes ces demandes dans le monde. On se permettra d’esquisser un sourire en visualisant le résultat sur la Chine qui a carrément demandé à Google de ne pas faire partie du Hit Parade. Aussi, c’est un message qui ne mâche pas ses mots que Google affiche sur la Chine, n’hésitant pas à parler de censure :

Chine : Les hauts fonctionnaires chinois considèrent les demandes de censure comme des secrets d’État. Par conséquent, nous ne sommes pas en mesure de divulguer ces informations à l’heure actuelle.

La Chine est donc hors concours, c’est fort dommage.

Les chiffres distillés par Google sont donc bien ceux de la censure, ce qui nous offre un état des lieux mondial de cette pratique sur la période Janvier 2010 / Juin 2010. Vous trouverez le tableau récapitulatif ici.

And the winner is…

  • Du côté des champions du monde on a le Brésil, et la Corée du Sud, chacun sur des services et contenus très différents. Ainsi la Corée du sud a fait retirer ce semestre 15 497 éléments de recherches et le Brésil a fait supprimer 18 318 contenus du service d’hébergement de photos Picasa.
  • Les USA ont censuré 66 éléments de recherche, 394 contenus issus des Google groupes, 169 vidéos Youtube et 45 contenus de blogs. Les USA sont par contre très demandeurs de données sur les utilisateurs avec 4 287 demandes. Aux USA, on surveille donc beaucoup plus qu’on ne censure… Oncle Sam veille.
  • La Libye a elle aussi fait un gros score avec 149 demandes de suppression aboutissant à la censure de 1177 éléments, dont 1160 vidéos Youtube.

Les censeurs européens

  • L’Italie du magnat des média Silvio Berlusconi, ne censure quasiment que des vidéos et les chiffres traduisent parfaitement la situation ubuesque de ce pays avec pas moins de 1639 vidéos censurées sur la période donnée. Des chiffres qui semblent bien confirmer la volonté de mainmise de Berlusconi sur ce type de média, mainmise d’ailleurs confirmée par un texte de loi qui impose l’obtention d’une licence pour pouvoir être en mesure de diffuser des vidéos.
  • L’Allemagne a fait 124 demandes de suppression dont 94 % ont été satisfaites intégralement ou en partie, une censure portant sur 1 407 éléments .
  • Le Royaume-Unis a à son actif 48 demandes de suppression pour 232 contenus supprimés (dont 144 éléments de recherche).
  • La France affiche « seulement » 25 demandes de suppression. 36 éléments ont été supprimés, dont 14 éléments de recherche, 14 vidéos sur Youtube et 6 contenus de blogs. Comme aux USA, les autorités françaises ont fait beaucoup de demandes de données à Google, quelque 1017, se plaçant ainsi en seconde place européenne après le Royaume-Unis avec 1343 demandes de données,

Des chiffres à nuancer

Il est important de nuancer ces chiffres. Ils ne concernent que les services de Google et les modes opératoires de la censure, en fonction des pays, sont très différents.

Par exemple, la Russie affiche moins de 10 demandes, dont aucune n’a été satisfaite. On se dit que l’Internet y est très libéral et que ce pays ne connait quasiment pas la censure, attention cependant de ne pas tirer de conclusions hâtives car la Russie est l’un des pays où le Net est le plus surveillé au monde. Des filtrages sont opérés en amont, directement par les fournisseurs d’accès.

Même constat pour la Tunisie qui n’apparaît pas dans le classement alors que l’on sait que la censure y a été particulièrement importante ces 6 derniers mois. On attend donc les derniers chiffres avec impatience.

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7 thoughts on “Google cartographie la censure de ses services dans le monde”

    1. Comme il s’agit ici de services de Google, les gens sont logués, donc je pense que les autorité demandent les informations relatives à un compte utilisateurs, non à l’ip. L’ip n’est qu’une donnée de corrélation que seul le fournisseur d’accès est en mesure de fournir.

  1. Autre point à ne pas omettre : la quantité de demandes varies selon les parts de marché de Google pour chacun des services proposés. On peut supposer que ces demandes concernent les emails (Gmail, Google Apps), les sites (Blogger, Google Sites) et les réseaux sociaux (Orkut, Google Buzz) gérés par Google en premier lieu. Or, ces services ont des parts de marché très différentes selon les pays.

    1. Oui tu as raison niveau parts de marché. Google est un peu moins populaire aux USA qu’en Europe niveau moteur de recherche,cependant, Google a le bon goût de préciser sans ses tableaux récapitulatifs quels services ont fait l’objet de ces demandes.

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