Global economic crisis : comment ça va se passer (ou pas)

Allelouia ! Le monde était sauvé jeudi soir ! Et pourtant il replonge dans le chaos le mardi suivant ! Mais par tous les dieux de l’Olympe, comment est-ce possible ? Notre petit (et hargneux) président nous avait pourtant assuré qu’il avait sauvé l’Europe, non, que dis-je, le Monde, suite au super-sommet de Bruxelles avec Angela et tout et tout. Et patatras, ça re-dégringole, en pire que 29…y’a pas de justice, on ne sait plus à quel expert se vouer. Mais que va-t-il se passer ? Hein ? On va avoir quoi en 2012 ? La fin du monde ? L’apocalypse de Jean version 2.0 ? L’invasion extra-terrestre en 3D full planet ? Le retour à la bougie ? C’est quoi ce bazar là ? Comment qu’on va faire ? Pourquoi qu’ils font rien pour nous tirer de ce bourbier ?

Back to the futur : comment on a scellé notre destin économique il y a 40 ans

Revenons à la veille du crack pétrolier, en 1971 : c’est là que tout commence. A l’époque, il n’était pas possible pour les ricains de fabriquer de la thune en veux-tu en voilà au cas où ils en auraient manqué. L’étalon-or n’était pourtant plus la règle : depuis Bretton-Woods (1944), toutes les monnaies étaient définies en dollar et seul le dollar était défini en or. Mais en 71, Nixon fait sauter la règle du dollar en changes fixes pour passer à un dollar en changes flottants. Les conséquences sont une dépréciation du dollar et une baisse des revenus pour les pays producteurs de pétrole. Pas contents les producteurs : pour faire court, en 2 ans le prix du baril est multiplié par 6. Et dans le même temps les cousins d’Amérique se donnent le droit d’emprunter des biffetons qu’ils fabriquent eux-mêmes. Le plus drôle est que 2 ans après la disparition du taux de change fixe de Nixon, en 1973, Giscard , aidé de Mesmer et par la voix de Pompidou fait modifier les statuts de la Banque de France : l’Etat est désormais obligé d’emprunter aux banques d’affaires privées, avec intérêts et selon les fluctuations du marché. Exit la banque de France et ses 0% d’intérêts avec obligations en or…

Tout est super logique, au point que ça en fait peur

Une fois qu’on a pigé le basculement majeur de 71-73, on peut quand même vérifier la théorie au niveau de l’endettement des Etats, endettement qui ne va plus pouvoir s’arrêter désormais. Un petit graphique nous le démontre (colonne de gauche, en % du PIB) :

Comme vous pouvez le constater, la décrue de l’endettement est très nette entre la sortie de la guerre (94% d’endettement aux USA, 41% en France) jusqu’à la fin de la décennie de 1970 (33,4% et 20%). La fin des taux de change fixe au profit des changes flottants, définit alors les taux de change en fonction des forces du marché, et cette nouvelle règle est signée et gravée dans le marbre en 1976 (accords de la Jamaïque). Dès le début des années 80 les dettes des grandes nations industrielles vont commencer à grimper. Dans le même temps, c’est sur cette période que la libéralisation des échanges économiques (politiques ultra libérales) va se mettre en place avec son lot de crises boursières (USA, 1987), Asiatique (1997), Argentine (2001) et socio-économiques qu’on ne peut plus dénombrer tellement elles sont fréquentes. Après les deux mandats du cow-boy ultra-libéral Reagan (1981-1989), la dette américaine sera amenée de 33% à 53%. La super-crise que nous sommes en train d’observer, les yeux ébahis, est en fait une étape absolument logique et incontournable du système économique, monétaire et financier mis en place depuis 3 décennies.

Le (seul) prix nobel d’économie français, Maurice Allais (même si ses théories ont été reprises par le FN, il n’avait rien à voir avec ces tristes sires) affirmait dès la fin des années 90 que « le flottement des monnaies introduit un risque nouveau dans les contrats et qu’il est une des sources du développement de produits financiers complexes, comme les produits dérivés dont le gonflement est critiqué au début du xxie siècle ». Maurice Allais annonçait alors la forte possibilité d’une crise systémique dans un bouquin intitulé « La crise mondiale d’aujourd’hui » (éditions Clément Juglar, 1999).

T’as voulu jouer avec le marché : le marché t’emm…

Alors pour résumer un peu et faire le point sur la situation au niveau global : on a laissé filer pendant plus de 30 ans l’équilibre et la stabilité monétaire des banques centrales au profit des « forces du marché ». Le flottement des monnaies conjugué à l’assouplissement des règles pour les opérateurs boursiers ont créé un marché financier mondial ultra spéculatif et permis la circulation de produits bancaires hyper-toxiques, voir « tout pourri »s. Quand des bulles spéculatives éclatent (subprime américains), que les marchés tentent de se débarrasser de ces produits dits toxiques, les banques perdent beaucoup d’argent et les Etats doivent les re-financer. La dette des Etats gonfle alors au point que les mêmes marchés qui criaient à l’aide se retournent contre ces mêmes Etats et spéculent sur la dette qu’ils ont eux-même générée (par leurs grosses conneries et leur course sans fin au profit-à-tout-prix). Les marchés boursiers se cassent la gueule, les monnaies des Etats se déprécient, les Etats les plus fragiles doivent déclarer forfait (non remboursement des emprunts), les banques ne récupèrent pas leurs billes, les marchés prennent peur et accentuent la descente aux enfers…des banques et des Etats.

Reprenons nos deux pays, USA et France, et voyons l’évolution de leur dette entre 2001 et 2010 (colonne de gauche, en % du PIB)

Ca fait très mal à partir de 2009 : les ricains grimpent à 85,6%, les mangeurs de grenouille à 79%, et en 2010, respectivement 92,9% et 82,3%. Tout ça est absolument logique, annoncé. Et doit mener normalement à plusieurs choses :

1. Dépréciation de l’euro (mais on s’en fout un peu, l’euro est presque mort)

2. Sortie de la zone euro des pays en cessation de paiement des intérêts de la dette et du reste (la Grèce, l’Italie, le Portugal paraissent être de bons candidats  à la sortie, mais ça va leur permettre de dévaluer leurs monnaies respectives, donc de respirer)

3. Déchainement des marchés sur l’euro-zone restante avec une crise bancaire se transformant en krack boursier

4. Récession globale : croissance zéro en Europe, aux USA, moins de 2% de croissance dans le monde, chômage massif (entre 10 et 20%)

5. Eclatement de la bulle immobilière chinoise (gros, gros souci de crise sociale avec 1,4 milliards d’indignés potentiels)

6. …(Est-ce qu’on veut vraiment savoir la suite ?)

Pour tenter de finir cet article spéculatif (oui, la spéculation n’est pas que financière ces temps-ci), il paraît sinon intéressant, voir nécessaire, de donner des pistes données par certains économistes. Ces pistes pourraient permettre de sortir de la spirale infernale que les dirigeants européens ont décidé de suivre sans jamais vouloir en sortir. En plus, une grande partie de ces pistes était dans la bouche de ces mêmes dirigeants il y a 2 ans…mais ils ont dû oublier.

1. Imposer des mesures d’urgence interdisant toute une somme d’opérations boursières spéculatives (trop complexes et pénibles à expliquer ici les dites opérations, mais très bien cernées par les économistes de bonne foi)

2. Contrôle et suppression véritable des paradis fiscaux avec rapatriement des fonds issus de la spéculation planqués dans ces paradis

3.Création d’une taxe sur les transactions boursières pour effectuer des plans de relance économique équivalents au New deal de Rossevelt

4. Suppression des niches fiscales des 10 dernières années ayant entraîné la perte de centaines de milliards de recette (niches données aux entreprises sans gains en termes de croissance ou d’emplois, elles sont nombreuses)

5. Ré-évaluation de la fiscalité des multinationales et des grandes fortunes (au niveau des PME pour les premières et des taux fixés aux classes moyennes pour les secondes)

6. Et pourquoi pas, s’ils avaient des burnes, retour au taux de change fixe ! Parce qu’après tout, ça permettait quand même d’arrêter de faire n’importe quoi au niveau de la valeur réelle de la monnaie des Etats…et ça empêchait que la valeur d’une monnaie fluctue en permanence sous les aléas des marchés.

Pour conclure, même si nos dirigeants continuent à jouer aux pompiers de la dette tout en « laissant faire le marché », imposent la rigueur et l’austérité pour nous faire croire qu’on va s’en sortir mais qu’on finit par arriver aux 5 points spéculatifs décrits plus haut, pas de panique, de toute manière tout ça a du bon : ça va nous obliger à fonctionner différemment. Et le changement, c’est bien, non ?

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30 thoughts on “Global economic crisis : comment ça va se passer (ou pas)”

  1. Juste un détail : Alphonse Allais, c’était un écrivain/humoriste, Maurice Allais était économiste. (il y a quasiment un siècle entre leurs morts respectives)
    Sinon, bon article de spéculation. We’re all gonna die!

  2. Il y a aussi des pistes pour que l’argent circule mieux de haut en bas, et plus de bas en haut uniquement, c’est a dire une meilleure redistribution. Mais il se fait tard et j’ai la flemme d’écrire un pavé.

  3. Sympathique article !
    Pour les change fixes, on abandonnerait quoi la liberté de la politique monétaire ou le libre échange (tirangle de mundel). Perso je dirais 2.
    Il peut aussi être intéressant de remettre en cause le système d’argent dette (et comme dis l’impossibilité des état à emprunter aux banques). Pourquoi pas un revenu d’existence.

    1. Le libre échange existait avant l’abandon des taux fixes…les structures de régulation économiques internationales sont en place depuis l’après-guerre : FMI, Banque Mondiale. La liberté de la politique monétaire est entièrement abandonnée depuis l’Euro pour les 17 pays membres de l’euro-zone, et partiellement depuis 73 avec le plan Giscard…donc c’est plutôt l’inverse. La mondialisation aurait pu se faire autrement : en conservant la souveraineté et le contrôle monétaire, sans laisser les marchés financiers déréguler toutes les activités, sans les crises successives. Mais bien entendu il aurait été plus long et plus difficile pour les pays industrialisés de s’enrichir et de faire la loi sur la planète. C’est en tout cas mon avis.

      1. Sur le triangle de Mendell : c’est ce théoricien qui a poussé à la financiarisation du système économique, c’est à dire à la création des marchés financiers modernes. Mais il ne faut pas confondre libéralisation des échanges avec libéralisation des mouvements de capitaux. Dans le premier cas on peut parler d’échanges commerciaux, basés sur une économie réelle et contrôlée par les états, dans le deuxième cas ce sont des échanges purement financiers (mouvements de capitaux) qui supplantent toutes les autres formes d’échanges. Mendell n’a fait que verrouiller par sa théorie le principe de circulation des capitaux. Parce que dans les 3 axes de Mendell, c’est SI on veut permettre la liberté de circulation des capitaux qu’on abandonne sa liberté de choix de politique économique. Et c’est exactement ce que nous subissons depuis 40 ans…CQFD. Sans Mendell, pas de marchés financiers. Mais bon, tout ça devient très très complexe. Ce n’est peut être pas le retour au taux de change fixe qui est une bonne solution. Mais par contre sortir de l’étalon-dollar, ça, ça semble indispensable par contre.(cf mon commentaire avec l’extrait du bouquin des deux historiens).

  4. Serait-il possible de faire un bref récap sur le comment est défini un tx de change fixe ?
    Quid du triangle de Mundell concernant un retour aux tx de change fixe ?
    Quid de la fédéralisation comme solution de sortie de crise avec pouvoir de l’Europe sur la BCE, sur l’émission de l’euro et sur sa garantie alors apportée aux dettes souveraines ?

    J’en suis encore à la tentative de rassemblement d’un maximum de pièces du puzzle.

    Bien à vous.

    1. Bonne idée. Je vais réfléchir à une bafouille là dessus, why not ? En restant clair et drôle, parce qu’autrement ça peut devenir excessivement indigeste toussa…Il faut aussi s’intéresser au Yuan, parce que peu en parlent, mais la guerre des monnaies fait rage et est elle aussi en bonne place dans le top 3 des causes de cette crise.

  5. Bonjour!
    Article très intéressant et instructif, comme toujours sur Reflets!

    Cependant, il y un raisonnement implicite qui m’échappe.
    « Mais en 71, Nixon fait sauter la règle du dollar en changes fixes pour passer à un dollar en changes flottants. »
    Vous ne dîtes pas pourquoi? Alors: pourquoi?!?
    Présenté comme ça, on croirait qu’il s’est levé un matin, que sa secrétaire lui a renversé son café sur son costard, et qu’il s’est dit « Fuck fuck fuck! je vais faire un truc con, je vais passer le dollar en changes flottants! Damned! »
    Il doit bien y avoir une raison d’avoir fait ça, non?

    « Les conséquences sont une dépréciation du dollar et une baisse des revenus pour les pays producteurs de pétrole. Pas contents les producteurs : pour faire court, en 2 ans le prix du baril est multiplié par 6. »
    Était-ce le but recherché? (la réponse à ma question précédente?) Ou est-ce un effet de bord imprévu?

    Idem ici:
    « Le plus drôle est que 2 ans après la disparition du taux de change fixe de Nixon, en 1973, Giscard , aidé de Mesmer et par la voix de Pompidou fait modifier les statuts de la Banque de France : l’Etat est désormais obligé d’emprunter aux banques d’affaires privées, avec intérêts et selon les fluctuations du marché. Exit la banque de France et ses 0% d’intérêts avec obligations en or… »
    Pourquoi qu’ils ont fait ça crédiou!?!

    En fait, vous expliquez (un peu) le comment de ce qu’il s’est passé, mais vous ne dîtes pas pourquoi. C’est frustrant. ^^

    Si vous avez une réponse, c’est cool. Sinon tant pis pour moi.
    En tout cas, merci pour l’article. ;)

  6. Si, vous avez parfaitement raison, il faudrait expliquer de façon plus creusée, mais l’article serait alors un pavé indigeste. Je résume quand même la raison principale dans l’article par « en 1971 : c’est là que tout commence. A l’époque, il n’était pas possible pour les ricains de fabriquer de la thune en veux-tu en voilà au cas où ils en auraient manqué ». La raison est avant tout celle là à mon sens : le dollar était scotché au prix de l’or, avec le changement de régime du change fixe au change flottant, plus la peine de se référer à l’once d’or : donc on peut fabriquer du dollar comme on veut (ou presque), et les USA deviennent l’équivalent de la banque centrale du monde, monnaie de référence qui remplace l’or…Une sorte d’étalon-dollar. Pour la France, avec la banque de france qui ne peut plus prêter à 0% c’est une conséquence de cet étalon-dollar : on va pouvoir emprunter sans limites en référence au dollar, via des banques privées alors qu’avant on ne pouvait pas…Ca marche pas mal ce système pendant un certain temps, les monnaies fluctuent, on peut se servir des dévaluations, c’est pratique…mais à termes…

    1. J’aurais tendance à inciter à la lecture de cet ouvrage : Le capitalisme malade de sa monnaie : Considérations sur l’origine véritable des crises économiques (Norman Palma et Edouard Husson).
      Extrait du bouquin : Le système de l’étalon dollar
      « Pourquoi la communauté internationale, majoritairement hostile, jusque dans les gouvernements, à la politique étrangère de George W. Bush, n’osait-elle pas s’y opposer ? Pourquoi ni les Européens ni les États arabes détenteurs de pétrole ni les pays d’Asie détenteurs de bons du Trésor américain n’avaient-ils menacé Washington de cesser de financer les déficits américains ? La réponse se trouvait dans une réalité très simple : l’économie mondiale fonctionnait – et fonctionne toujours au moment où nous achevons la rédaction de cet ouvrage – selon le système de l’étalon dollar. Le dollar est la monnaie de réserve du monde et, si les États-Unis ont pu, depuis les années 1960, s’endetter massivement, c’est parce que le reste du monde a besoin de dollars pour assurer le financement de l’économie internationale. Personne n’avait intérêt, en 2003, à remettre en cause le mode de financement de l’outil de défense américain car c’était à la clé de voûte du système monétaire et financier international qu’il aurait alors fallu s’en prendre.

      Ceux qui comprenaient ce fait trouvaient cependant trop dangereux de remettre en cause le pivot de la mondialisation américaine — au risque d’être entraînés dans l’aventurisme militaire des États-Unis. Mais beaucoup ne le comprenaient même pas, tant il est vrai que les mécanismes monétaires ont été obscurcis dans l’esprit de nos contemporains. Le système qui a permis à George W. Bush de financer, depuis 2001, la guerre d’Afghanistan, la guerre d’Irak et de mener une politique étrangère unilatérale, était né quarante ans plus tôt, dans une situation étrangement similaire. Voulant financer la guerre du Vietnam, les États-Unis avaient commencé à laisser filer leurs déficits. Un président français, déjà, avait dénoncé les façons de faire de Washington : mais le Général de Gaulle, puisqu’il s’agissait de lui, avait mis le doigt sur le point essentiel lorsqu’il avait appelé la communauté internationale à rétablir un ordre monétaire international fondé sur un étalon impartial — l’or — plutôt que sur une monnaie nationale, fût-elle celle du pays le plus puissant du monde.

      Après sa conférence de presse du 4 février 1965, le Général de Gaulle avait recueilli sarcasmes ou indifférence. Et son successeur, Georges Pompidou, oublia ses avertissements, lorsqu’il accepta, en décembre 1971, que le dollar fût détaché de l’or et servît néanmoins de monnaie de réserve internationale. Le successeur de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, accepta que fût définitivement scellée la domination du dollar en signant,en 1976, les Accords de la Jamaïque, qui démonétisaient l’or.

      L’historien a toutes les raisons de penser que les contemporains de ces événements n’ont pas pris la mesure du séisme déclenché. Ils ont été incapables de comprendre pourquoi le monde est, depuis lors, entré dans une période de désordre économique croissant, dont les crises pétrolières des années 1970 marquèrent la première étape — les prix du pétrole, libellés en dollars, augmentèrent en fonction de la dépréciation de la monnaie américaine. Soumis au régime d’une monnaie de papier, toujours plus abondante et toujours plus menacée de dépréciation, le monde a vu se développer les inégalités : non seulement les États-Unis ont attiré une part toujours plus importante de l’épargne mondiale (environ 75 % au milieu des années 2000) ; mais, confrontés à la dévaluation possible — et potentiellement totale — de ce bout de papier qu’est le « billet vert », ceux qui en possédaient déjà ont eu tendance à vouloir l’acquérir en quantités toujours plus importantes et à empêcher, toujours plus, sa redistribution. L’accroissement des inégalités a eu lieu non seulement entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres mais aussi au sein des économies développées, et jusqu’aux États-Unis : les politiques de redistribution sociale ont été progressivement abolies au nom d’un « néo-libéralisme » qui n’avait pas grand chose à voir avec la liberté. »

    1. Ben non, c’est « Et patatras, ça re-dégringole, en pire que 29… », parce que c’est le style que j’ai choisi. Comme le « Comment qu’on va faire ? ». Il faudrait dire « Comment allons nous-faire ». Mais c’est moins drôle. En tout cas pour moi, dans le style introductif choisi.

  7. Ha autre petite remarque : S’iouplai, ARRETEZ de changer de couleur dans vos graphiques
    (France en bleu – USA en vert, puis 2e graphe c’est l’inverse !)
    vous aviez déjà fait le coup dans (crise-des-dettes-souveraines-were-all-going-to-die) ou le dow jones changeait de couleur à chaque graphe !
    c’est pas capital mais moi ça me perturbe.

    1. Nan, j’arrêterai pas : c’est pour voir ceux qui suivent. Si tu comprends plus rien entre deux graphes parce que les couleurs sont inversées, tu n’as plus le droit de lire reflets. On te bannit ton IP et on fait circuler ton pseudo sur tous les réseaux sociaux avec des commentaires acerbes :-)
      (il arrive pas à suivre si on change les couleurs, mouahahahaha !)

  8. Merci pour cette article. Étant une buse en économie cela m’a beaucoup éclaire.
    Petite question subsidiaire si l’euro meurt, le dollard suivra t’il?
    Je veux dire les chinois ne vont pas se tailler en biseau la bagatelle de 4 Milliards de Dollars (Sans compter la dette Euro)

  9. Heuuuuu, faut quand même pas pousser non plus…Quand je dis que l’euro est presque mort c’est dans sa structure actuelle. On peut imaginer qu’il continuera un peu mais pas avec 17 pays membres, pas avec le même ratio euro-dollar, avec moins d’investissements en euro, etc… Au final c’est une monnaie basée sur le Deutsmark et taillée pour lui. Monnaie trop forte (en résumé) pour les autres pays de la zone, sauf la France, mais aujourd’hui avec un taux d’industrialisation le plus bas d’Europe (juste avant la Grèce), l’Euro pour la France, c’est très très difficile. Quant au Dollar : noway. Il ne peut pas disparaître dans le système actuel, même avec la pire des récessions. C’est la monnaie de référence : toute l’économie mondiale est basée sur le dollar. Il ne peut pas disparaître, sauf si le système dans son ensemble explose. Mais là, je crois que j’aurai alors du mal à te répondre via Internet, parce qu’on sera tous en train de relire Marx à la bougie :-) Amusant, mais pour ceux qui ont des bougies, le capital dans la bibliothèque, des chèvres et un bon jardin. Pour les autres, ça risque d’être âpre.

  10. Excellent article, 2 remarques en passant :

    On entend et lit pas mal de choses sur la fameuse loi Pompidou/Giscard de 1973. S’il apparait assez clairement qu’elle est une cause majeure de nos problèmes actuels de dette publique, il me semble qu’à l’époque le but était de faire cesser le recours abusif à la planche à billets avec l’inflation qui en découlait. Le problème est qu’en confiant la capacité de financement des états aux banques privées, on est passé d’un excès à l’autre.

    Dernier point, on parle beaucoup de la dette publique des états, personne ne s’inquiète de la dette privée (ménages + entreprises)…

  11. Une question : j’ai cru comprendre que l’état français s’était en fait enrichi en secourant les banques en 2008. Si c’est exact, la dette de l’état n’aurait pas du gonfler entre 2008 et aujourd’hui, en tout cas, pas à cause du renflouement des banques. Or c’est ce qu’on lit partout… ?

    1. C’est juste un raccourci. Ce qu’il faut voir c’est qu’en choisissant de renflouer les banques, on choisit de ne pas booster la croissance avec des plans de relance (investissements, chantiers d’état, etc…). On a donc eu une croissance quasi nulle depuis ce plan de sauvetage des banques, et donc des recettes moindres, du chômage en masse, peu d’investissements, un attentisme général. Donc, avec une nécessité de continuer à payer tout le monde (budgets de la nation), on a une hausse de la dette. Beaucoup moins de recettes, autant de dépenses (même un peu moins de dépenses ça ne change rien) = plus de dette. Le choix de re-capitaliser les seules banques, et de ne pas relancer une économie avec une croissance de 0 et quelques est celui d’augmenter la dette. Même si elles remboursent avec intérêts les banques. Obama a fait celui d’une relance, avant tout. Actuellement il y a eu 110 000 emplois créés aux USA…

      Sarkozy a décidé de figer l’économie du pays au profit de la recapitalisation des banques (qui jouaient avec nos économies en bourse, sans limites et avec des produits toxiques). Aujourd’hui, il a le retour de bâton : les banques vont de nouveau appeler à l’aide…le chômage est à 9,2%, la croissance va atteindre 0,75%…Toussa pourssa…

  12. Merci pour les félicitations, ça fait toujours plaisir, surtout que c’est très casse-gueule comme article, je dois bien l’avouer. Je ne dis pas que la cause majeure de nos problèmes actuels de la dette est la loi Giscard. Je dis que suite à la décision américaine des taux flottants, le financement des états aux banques privées a suivi logiquement et a d’ailleurs permis un maximum de choses impossibles auparavant, comme juguler l’inflation. Mais c’est un enchaînement de choix qui va nous mener là où on en est : les politiques libérales, l’assouplissement des règles du marché, l’ouverture à la concurrence mondiale…La dette n’est pas le problème central en tant que tel. Le problème c’est comment l’argent circule et surtout quel argent, avec quelles volontés derrière ces transferts. La dette serait supportable et supportée si nous n’étions pas en totale dépendance des flux de capitaux et des spéculations massives qui s’exercent. Sans parler des fuites vers les paradis fiscaux. La dette ne serait pas à 80% si Giscard avait refusé de basculer vers le financement privé de l’Etat.
    A mon sens, si on était resté avec l’ancien système, on ne serait pas dans la mouise actuelle boursière et économique, mais on aurait des ordinateurs portables de 5 Kg et coûtant 10 smic, des téléphones cellulaires en forme de Talkie-walkie avec une batterie de 1kg et 1 heure d’autonoimie, un forfait à 150 euros par mois. En contrepartie, nous aurions potentiellement des loyers et des prix pour l’alimentation que la majorité pourrait payer sans difficulté. Tout ça est une histoire de choix, on ne peut pas tout avoir… Parce que l’inflation n’a pas que des mauvais effets : il faut juste que les salaires suivent, ce qu’il se passait avant 1980…

    1. Par contre, à l’instar de Rsek, un seul bémol concernant ces articles financiers. Le manque de « pourquoi ». A les lire, on se dit, « mais GOD, ils cherchaient donc tous notre perte, ils souhaitaient donc nous voir emprunter cette voie ! »

      Oui, je comprends tt à fait la problématique du pavé imbuvable et du besoin de synthétiser mais, et je ne pense pas être le seul, le sujet est tellement vaste et passionnant qu’il semble ne mener qu’à plus de frustration.

      Le comment du pourquoi me semble toujours intéressant pour permettre la relativisation des faits.

      Par ex pourquoi l’emprunt de la france à la banque de france était limité ? « Pour la France, avec la banque de france qui ne peut plus prêter à 0% c’est une conséquence de cet étalon-dollar : on va pouvoir emprunter sans limites en référence au dollar, via des banques privées alors qu’avant on ne pouvait pas »

      Merci encore.

      1. Ben je vais tenter de répondre avec un article. « Pourquoi qu’y zont tout ouvert aux marchés ? » Genre…
        Les réponses sont diverses, mais je peux dire un truc à peu près certain : ça n’est pas une décision prise comme ça. Donc il faut quand même se dire qu’à l’époque (40 ans quand même), tout n’était pas prévu d’avance. Sachant que certains les mettaient quand même en garde de changer le système. Un choix politique, économique, c’est aussi un pari. Un peu comme si tu demandes aux inventeurs du système soviétique « alors les gars, pourquoi vous avez monté un truc qui s’est cassé la gueule au bout de 70 ans ? Vous êtes cons ou quoi ? :-) Les mecs en URSS, ils y croyaient…sinon, ils l’auraient pas fait…Pareil pour la guerre du Vietnam.

        Mais je vais essayer d’apporter des réponses claires. Ca m’oblige à faire un super exercice de mise en abîme de plein de choses discutées et triturées depuis plus de 20 ans, donc : let’s go ! On va reparler de Bretton Woods, et c’est intéressant.

        1. Sans aucun doute qu’ils y croyaient. Le tout surement enchevêtré entre désir des politiques d’être ceux qui ont fait avancer le chmilblik et lobby financiers. J’imagine, du reste.

          Merci d’avance ! Chapeau bas !

  13. L’explication est un peu simpliste, bien que la part de responsabilité du pic pétrolier dans la crise ne soit pas claire elle n’est pas nulle et mérite d’être citée.

    Quant aux solutions, la dernière que vous citez est simplement réactionnaire, que voulez-vous que ça règle comme problème ? On va juste recommencer le même cycle…

    Je ne peux que vous inviter à lire la Théorie Relative de la Monnaie : http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html

  14. Bon déjà GG pour la série d’article qui a le gros mérite de vulgariser tout ça pour qu’un nOOb en économie comme quoi comprenne. Autant je suis très fan des articles de Kitetoa sur les autres sujets, autant j’arrive pas du tout à comprendre ses articles avec des graphes et des fluctuations :/ (faut pas le prendre mal hein, je dis juste que je comprends pas ^^ d’ailleurs, je serais très preneur d’explication sur le dernier qui parlait des conséquences du « sauvetage » de sarko).

    Mais du coup kwecthionne sur un truc que j’ai vu/lu/j’sais plus : à partir de 73 et de Giscard, l’état doit emprunter aux banques privées. Du coup, ya des intérêts. Et puisque les emprunts au banques, c’est de l’argent créé/virtuel et pas de la monnaie fiduciaire, il faut toujours ré-emprunter pour qu’on ait des billets et des pièces. Le résultat de ces emprunts successifs depuis près de 40 ans, c’est-à-dire la somme de tous les intérêts, correspondrait à peu près (ouais on n’est pas à quelques milliards près à ce niveau) à la dette de la France.

    Info ou intox ?

  15. Brillant article, belle vue d’ensemble, merci !

    Cela rehausse fortement le niveau de Reflets dans la catégorie économie, ce que j’avais vu avant me semblait plutôt faiblard face à Jorion ou à l’équipe des atterrés.

    Comme le disent d’autres commentaires ci-dessus, certains postulats mériteraient d’être éclaircis (et le sont déjà en partie par vos réponses).

    Continuez, je suis fan.

  16. Prédiction exacte !!!!

    Pour un article de 2011 on peu dire que Yovan Menkevick est un visionnaire !!!!
    car sur les 5 points cités (ou « prédit »), quatre et demi sont déjà réalisé dont deux d’actualité (Aout 2015). Félicitation pour cette vue !!!

    1. Dépréciation de l’euro (mais on s’en fout un peu, l’euro est presque mort)
    => en Août 2015, on a vu $1 USD = 1.03 $ !!!
    ==> Fait !

    2. Sortie de la zone euro des pays en cessation de paiement des intérêts de la dette et du reste (la Grèce, l’Italie, le Portugal paraissent être de bons candidats à la sortie, mais ça va leur permettre de dévaluer leurs monnaies respectives, donc de respirer)
    => la grece au mois d’aout 2015 !!!
    ==> En cours

    3. Déchainement des marchés sur l’euro-zone restante avec une crise bancaire se transformant en krack boursier
    ==> En attente …

    4. Récession globale : croissance zéro en Europe, aux USA, moins de 2% de croissance dans le monde, chômage massif (entre 10 et 20%)
    ==> Fait !

    5. Eclatement de la bulle immobilière chinoise (gros, gros souci de crise sociale avec 1,4 milliards d’indignés potentiels)
    ==> Fait ! (24 Août 2015)

    6. …(Est-ce qu’on veut vraiment savoir la suite ?)

    En bref, il reste plus que le crac boursier et la sortie définitive de la Grece ou de l’espagne pour arrivé à la redoutable étape 6 :-(

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