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Par kitetoa 8 janvier 2013 35 Commentaires

Fleur Pellerin n’est pas à court de bonnes idées

Dans un article publié par Olivier Tesquet on apprend que Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique se demande si « les fournisseurs de contenus comme Google ne devaient pas participer au...

Dans un article publié par Olivier Tesquet on apprend que Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique se demande si « les fournisseurs de contenus comme Google ne devaient pas participer au financement des infrastructures de l’Internet« . La décision de Free de bloquer les pubs l’ont visiblement fait réfléchir. Il y aurait donc les méchants Google, Facebook et autres Youtube qui profiteraient des tuyaux mis en place par les gentils FAI. Mieux, ils ne payeraient pas d’impôts parce qu »ils « optimiseraient » à mort fiscalement. Méchants ! En France, on n’a pas de pétrole, on a toujours pas non plus de FTTH, mais on a des idées. À revendre. Et des dirigeants qui brillent par la pertinence de leurs réflexions. Le monde entier nous les envie.

Qu’est-ce qu’Internet ? Un réseau de réseaux. Donnons la définition de Wikipédia :

Internet est un système d’interconnexion de machines et constitue un réseau informatique mondial, utilisant un ensemble standardisé de protocoles de transfert de données. C’est donc un réseau de réseaux, sans centre névralgique, composé de millions de réseaux aussi bien publics que privés, universitaires, commerciaux et gouvernementaux. Internet transporte un large spectre d’information et permet l’élaboration d’applications et de services variés comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et le World Wide Web.

Internet ayant été popularisé par l’apparition du World Wide Web, les deux sont parfois confondus par le public non averti. Le World Wide Web n’est pourtant que l’une des applications d’Internet.

L’accès à Internet peut être obtenu grâce à un fournisseur d’accès à Internet

Nous avons donc d’un côté les FAI qui mettent en place un accès au réseau et des entreprises, des Etats ou des particuliers qui constituent le réseau des réseaux à base d’ordinateurs, de réseaux plus ou moins privés. Ce sont deux choses parfaitement différentes mais tout à fait complémentaires, ce que n’a pas l’air de comprendre Fleur Pellerin qui, décidément, à une compréhension de son champ d’action très limitée.

Google participe à la construction de l’infrastructure du Net avec ses datacenters, son savoir faire, la mémoire du Net qu’il représente et à laquelle il donne accès à tous les internautes. Il est une partie très conséquente du réseau, certes, mais Google n’est pas Internet. Internet fonctionnerait toujours très bien sans Google. On peut critiquer le géant américain sur de nombreux points (privacy, monopole, etc.), mais pas de ne pas participer « au financement des infrastructures de l’Internet« .

googledatacenter

Fleur Pellerin, avec cette approche montre une fois de plus qu’elle est sur tous les fronts… médiatiques. Il reste cependant un front qu’elle évite avec soin : le BullAmesysGate. Chère Fleur, vous et le gouvernement auquel vous appartenez, ainsi que le président de la république êtes complètement muets sur un sujet qui nous tient à coeur. Bien sûr, c’est moins sexy que le droit à recevoir de la publicité dans son navigateur, mais sur un plan éthique, un sujet normalement cher à la gauche, c’est passionnant… trucs de droits de l’homme tout ça… Vous allez voir, on va vous faire un énième petit résumé, très court, promis :

La petite société Amesys a vendu, avec l’appui de Nicolas Sarkozy et de ses proches un système d’écoute globale des communications IP (la technologie qui sous-tend Internet) à la Libye de Kadhafi. Son interlocuteur était Abdallah Senoussi, condamné par contumace en France pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA qui a coûté la vie à 170 passagers et, depuis la chute du régime, il est l’objet d’un mandat d’arrêt international de la part de la Cour pénale internationale pour son implication dans des crimes contre l’humanité. En outre, Amesys a racheté Bull, ce qui était impossible sans un accord tacite politique. Aujourd’hui, le principal artisan de cette vente est le patron de Bull, entreprise dans laquelle l’Etat détient directement et indirectement une participation significative. Mieux, la galaxie Amesys continue de vendre ce genre de produits à des pays connus pour leur peu d’appétence pour les Droits de l’Homme. Cerise sur le gâteau, la galaxie Amesys vend à toute la communauté militaro-industrielle française. Y compris à des ministères de votre gouvernement.

Chère Fleur, le 25 juillet, Reflets posait dix questions au gouvernement du changement de maintenant #oupas qui n’ont toujours pas trouvé le début d’une réponse :

  1. Comment définissez vous la neutralité du net ? Vous engagez vous à la défendre ? Comment ?
  2. Pensez vous qu’il existe des cas qui justifient la censure ? Lesquels ?
  3. Pensez-vous qu’il faille et/ou qu’il soit possible de « réguler Internet » ?
  4. Appuyez vous le droit à l’anonymat et aux identités multiples ?
  5. Instant fiction : Vous venez de recevoir un mail d’avertissement de l’hadopi qui vous demande de sécuriser votre connexion : vous faites quoi pour sécuriser votre connexion ?
  6. La lutte contre le streaming a été évoquée à de nombreuses reprises. Pensez-vous qu’il soit possible de lutter contre ce phénomène et si oui, comment ?
  7. Le gouvernement français autorise la vente de logiciels de surveillance globale des communications en Libye, en Syrie, au Maroc, etc. Continuerez-vous à soutenir ces régimes autoritaires via la vente par la France de technologies de surveillance ?
  8. Si ce n’est pas le cas, concrètement, que comptez-vous faire pour interdire la vente de ces technologies ?
  9. Trouvez-vous normal ce projet de loi qui impose à la Poste de scanner tous les courriers et les archiver dans le cadre de la lutte anti-terroriste ? Il y a aussi ce projet qui vise à conserver pendant un an tous les mouvements des citoyens via le positionnement GPS de leur téléphone…
  10. Le FSI a pris des participations non négligeables dans Qosmos et Amesys, deux sociétés qui ont vendu des outils de surveillance à la Syrie et à la Libye. Pensez-vous qu’il faille revoir les méthodes de décision pour les aides apportées par le FSI ? Comment ?

Reflets a par ailleurs une question subsidiaire, à destination d’IBM. Car les 2 millions de dollars de serveurs qui constitueront le coeur du Eagle au Maroc, c’est du IBM.

  1. Cher IBM : comment vivez-vous le fait de participer à la mise en place d’un outil de surveillance globale de la population marocaine, aidant ainsi, peut-être involontairement, les autorités de ce pays à pourchasser les opposants politiques, avec tous les risques que cela comporte.

Allez, Fleur, encore un effort pour vous impliquer véritablement dans ces histoires de DPI qui sont, croyez-nous sur parole, au coeur du réseau des réseaux et de son « infrastructure ».

 

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  • Bull vend Eagle… à un actionnaire de Crescendo, qui est l’actionnaire principal de… Bull
  • Bull et Amesys : la boite de Pandore que le gouvernement de François Hollande n’ouvrira pas
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35 commentaires sur "Fleur Pellerin n’est pas à court de bonnes idées"

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  1. Fleur Pellerin n’est pas à court de bonnes idées | Libertés Numériques | Scoop.it | 8 janvier 2013
  1. Benjamin dit :
    8 janvier 2013 à 16 h 13 min

    Euh, c’est quoi le stormtrooper dans ton datacenter ???

    Répondre
    • Stef dit :
      8 janvier 2013 à 16 h 28 min

      Du google tt crachè :-)

      Répondre
      • Stef dit :
        8 janvier 2013 à 16 h 31 min

        source
        https://maps.google.com/maps?hl=en&ll=35.898619,-81.548445&spn=0.005945,0.012306&sll=35.900197,-81.547024&layer=c&cid=7373938251588581469&panoid=oCJRD4a1rZIgwZXh3ay1tw&cbp=13,313.82,,0,3.14&gl=US&t=m&z=17&cbll=35.898142,-81.548021

        Répondre
  2. Tout sale dit :
    8 janvier 2013 à 16 h 19 min

    Il peut à ce sujet être intéressant de se renseigner sur l’historique économique de la télévision par câble aux USA pour comprendre l’équilibre des forces en présence.

    Répondre
  3. ordiclic dit :
    8 janvier 2013 à 16 h 29 min

    S’il est vrai qu’il y a de quoi se poser des questions, je ne peux n’anmoins m’empêcher de bondir à la question subsidiaire destinée à IBM.
    En effet, IBM construit du matériel, et tel que c’est présenté ici dans l’article, ce matériel n’est pas orienté pour favoriser en particulier les activités d’Amesys. Ils ne développent pas les outils _logiciels_ qui composent Eagle, ni du matériel dont l’objectif est l’espionnage.
    IBM fournit du matériel, et poser cette question à cette entreprise revient à demander aux fabriquants de couteaux (et non pas de revolvers, parce que tout le monde peut acheter des couteaux aussi bien que du matériel informatique) s’ils se sentent bien lorsque leurs produits servent à tuer des personnes.

    Répondre
    • bluetouff dit :
      8 janvier 2013 à 16 h 32 min

      Un petit contrat de 2 millions de $, même quand on s’appelle IBM ça passe pas vraiment inaperçu ;)

      Répondre
      • ordiclic dit :
        8 janvier 2013 à 16 h 57 min

        En effet, il est vrai que ce point est défendable. Il reste néanmoins un problème de taille, qui s’applique aussi bien à ce cas-là qu’aux développeurs qui travaillent chez Amesys : « Si ce n’est pas moi qui le fais, quelqu’un d’autre le fera, parce que quelqu’un au-dessus de nous (l’employeur dans le cas de Amesys, ou l’argent et le risque de voir la concurrence chez IBM ici) le veut ».
        Je ne pense pas que dénoncer les partenaires commerciaux à côté d’Amesys ou même attaquer les déveleoppeurs travaillant pour Amesys, fasse avancer le schmilblick. Par contre, dénoncer ce qu’il y a au-dessus, par exemple la neutralité ou l’activité bienveillante de l’État vis-à-vis des activités d’Amesys et de Qosmio, me semble être une bien meilleure idée dans la mesure où ces autorités sont les seules capables de stopper l’activité d’Amesys, et surtout de prévenir l’émergence d’une autre entreprise pour prendre le relais.

        * J’ai pris l’exemple d’un dév. travaillant chez Amesys sur le projet Eagle parce que j’ai eu l’occasion d’en connaître un, qui m’a donné son point de vue et ses raisons de travailler dessus.

        Répondre
        • kitetoa dit :
          8 janvier 2013 à 17 h 23 min

          Si ce n’est pas moi qui vends du crack à tes enfants, ce sera un autre. Ça tient la route ça ?

          Personne ne te force à vendre des trucs pas propres. Pas même la concurrence.

          Quant aux fournisseurs d’Amesys comme Alten ou IBM, ils savent très bien à quoi va servir leur matériel.

          Répondre
          • ordiclic dit :
            8 janvier 2013 à 18 h 00 min

            L’argument de la vente de crack est à mes yeux complètement fallacieux, dans la mesure où la production, la vente et la consommation de crack sont toutes trois des activités illégales.

            Pour le « Personne ne te force à vendre des trucs pas propres », je pense que si, la concurrence force à vendre des trucs pas propres, dans la mesure où l’argent est roi, et tout marché, qu’il soit blanc ou gris, doit être pris, sinon ce sera un concurrent qui le prendra et se renforcera.

            Je peux pas contre éventuellement céder sur le point « ils savent très bien à quoi va servir leur matériel », dans la mesure où je pense que c’est vrai. Mais encore une fois, je ressors l’argument du marché à prendre.

          • fearfactory dit :
            8 janvier 2013 à 21 h 02 min

            « S’il est vrai qu’il y a de quoi se poser des questions, je ne peux n’anmoins m’empêcher de bondir à la question subsidiaire destinée à IBM. »

            voilà déja un bout de réponse pour mieux comprendre leur philosophie:

            IBM et le régime nazi:

            http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Business_Machines#IBM_et_le_régime_nazi

          • fearfactory dit :
            8 janvier 2013 à 21 h 08 min

            « Dès 1934 la filiale allemande d’IBM, Dehomag (pour « DEutsche HOllerith MAschinen Gesellschaft ») fournit au régime nazi des machines mécanographiques de poinçonnage de cartes perforées qui servent au réarmement, à la gestion de la force de travail des prisonniers politiques et aux nombreux recensements de la population allemande dès 193352, ce qui fit de Dehomag la filière d’IBM la plus profitable à la fin des années 1930. En parallèle, ces mêmes machines servirent au décompte de la population juive dans les ghettos et les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.
            Ce sont aussi ces recensements efficaces, contenant des données ethniques et religieuses, qui permirent aux nazis de se saisir rapidement et presque totalement des populations de Juifs et de Roms en Allemagne et, avec une efficacité plus variable, dans les autres pays sous domination allemande.
            Edwin Black, dans son livre intitulé IBM et l’holocauste publié d’abord en anglais en 2001 puis en français la même année, démontre que le système informatique vendu par la corporation IBM (surtout la machine Hollerith) et les cartes perforées imprimées aux États-Unis expliquent en grande partie l’efficacité du recensement des Juifs et des Roms sous le Troisième Reich ce qui donna à ces machines IBM, ainsi qu’aux experts qui les faisaient fonctionner, un rôle essentiel dans la Shoah. »

        • bluetouff dit :
          8 janvier 2013 à 17 h 31 min

          « l’éthique, on l’avait laissé de côté ».
          Citation d’un technicien d’Amesys… je pense que tout est dit.

          Répondre
        • Doudou dit :
          8 janvier 2013 à 17 h 42 min

          C’est sûr qu’avec des arguments du style « business is business » ou « dtf si je le fais pas, un autre le fera et au final ça sera fait quand même donc autant que je le fasse » on va bien avancer…

          On a toujours le choix : un développeur peut refuser de travailler sur un projet ou dans une société spécifique si cela va à l’encontre de sa morale ou de l’étique. Considérer que « vous savez ma bonne dame, c’est la crise faut bien bouffer donc bon… » cela signifie simplement que l’on a trouvé le prix de son éthique.

          Pour revenir à IBM quand on regard les liens avec le régime nazi (non, ce n’est pas un point Godwin, http://www.ibmandtheholocaust.com/), on se dit qu’ils ne sont plus à ça près avec le Maroc…

          Répondre
          • ordiclic dit :
            8 janvier 2013 à 17 h 57 min

            Malheureusement, l’éthique a un prix, oui.
            Est-ce que vous pensez que chaque développeur a un sens du /militantisme/ suffisamment poussé pour refuser un emploi qui lui serait proposé par Amesys, voire même pour le quitter de son plein gré ? Si vous pensez que oui, effectivement votre « C’est sûr qu’avec des arguments du style […] on va bien avancer » s’applique pleinement.
            Refuser de travailler est très simple, tu te fais virer pour faute et tu dois trouver un autre job. En attendant, le recruteur exerce son job, trouve un autre développeur et absolument rien n’a changé au final.

            Ce que j’avance c’est malheureusement la réalité, une bonne partie des dévs qui travaillent là-bas se fiche de l’utilisation qui sera faite de l’outil qu’ils développent, du moment qu’ils ont la thune pour manger à la fin du mois. Ils ne sont pas les têtes pensantes. Ils ne sont pas les preneurs de décisions. Ils obéissent, et on leur file de l’argent en échange. L’ »éthique militante » (je pense le terme adapté ici) n’est pas une valeur universelle à mes yeux, et ce n’est pas par les gens ou par les dévs qu’il sera possible de faire « changer les choses », mais bien en attaquant plus haut, aussi bien les têtes d’Amesys que ce qui permet auxdites têtes d’agir ainsi, c’est-à-dire l’État.

            Enfin, pour terminer, je trouve que faire appel à des évènements qui se sont déroulés en 1940, il y a plus de soixante dix ans, pour décridibiliser une entreprise, avec en plus l’argument nazi, est tout simplement ignoble et immonde de votre part, et je pèse mes mots.

          • Tompouce dit :
            8 janvier 2013 à 18 h 53 min

            Bon, je voulais répondre à ordiclic, mais j’ai pas le bouton adéquat pour …

            « absolument rien n’a changé au final »
            Si, tu n’a pas à rougir ou vomir le matin en te regardant dans la glace du sang, qui bien que versé, ne couvre pas tes mains.
            La différence elle est morale/éthique … dans notre beau monde actuel ça compte (trop) peu, je te l’accorde.

            « Enfin, pour terminer, je trouve que faire appel à des évènements qui se sont déroulés en 1940, il y a plus de soixante dix ans, pour décridibiliser une entreprise, avec en plus l’argument nazi, est tout simplement ignoble et immonde de votre part, et je pèse mes mots. »

            Je suis d’accord, c’est parfaitement ignoble et immonde qu’une entreprise puisse avoir le mémoire aussi courte et espérer s’en sortir en ressortant les même excuses :
            « moi je ne vend/fourni que l’outil/le matériel … je ne suis pas responsable de l’usage qui en est fait »
            après avoir permis une augmentation substantielle du « rendement » de la Shoah.

            C’est p’tet ça « la culture d’entreprise »

            Se souvenir de l’Histoire n’est pas honteux, c’est vital.

          • fearfactory dit :
            8 janvier 2013 à 21 h 17 min

            « Enfin, pour terminer, je trouve que faire appel à des évènements qui se sont déroulés en 1940, il y a plus de soixante dix ans, pour décridibiliser une entreprise, avec en plus l’argument nazi, est tout simplement ignoble et immonde de votre part, et je pèse mes mots. »

            oui c’est vrai c’est immonde, c’est ignoble c’est pire que ceci même:

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Black#IBM_et_l.27Holocauste

          • Doudou dit :
            9 janvier 2013 à 9 h 33 min

            @Ordiclic : je ne me permettrais pas de penser pour les autres et de plus je suis réaliste. Donc non, je vous rassure, je ne pense pas que chaque développeur ait un sens suffisamment poussé pour refuser. Je ne parle que pour moi et je peux vous dire que j’ai refusé une offre très intéressante dès lors que j’ai appris qu’il s’agissait d’un emploi pour Bull.

            Tout à un prix oui… mais pour reprendre les mots de TomPouce, pour ma part, pouvoir me regarder tous les matins dans le miroir sans avoir honte, sans détourner les yeux, ça n’a pas de prix.

            Oui la plupart des gens ne savent pas/ne veulent pas savoir/se moquent de l’utilisation de se sur quoi ils travaillent (je parle en tout cas du domaine informatique). Est-ce que cela les excuse pour autant ?
            Les interviews d’informaticiens d’Amesys montrent qu’on leur « cachait » ou en tout cas informait pas assez de l’utilisation qui serait faite du produit. Ok, dont acte. Mais quand l’affaire a éclaté au « grand » jour, ils en ont pris conscience. Combien on réalisé ce sur quoi ils avaient travaillé et les conséquences ? Combien ont démissionné ce jour là ?

            Arrêtons de trouver des excuses aux gens.

            Pour ce qui est d’IBM, j’avais de nombreuses réponses à vous apporter mais je vois que d’autres que moi en ont déjà apporté certaines. Pour compléter la remarque de Yovan j’irai même plus loin : le numéro tatoué sur le poignet des juifs correspondait à l’id de la personne en question dans le système fourni par IBM.
            Et avant que vous me répondiez qu’IBM ne savait pas quand il a commencé à travailler avec l’Allemagne, je veux bien vous l’accordez. Mais sachez toutefois qu’à la « fin », au CA d’IBM Allemagne siégeaient des officiers nazis. A ce moment là impossible de dire qu’on ne savait pas.

            Enfin pour votre dernier paragraphe où vous évoquez le dégoût que je semble provoquer chez vous, soyez bien conscient d’une chose. Certes les faits sont anciens, toutefois l’affaire elle est toujours actuelle. Le livre présentant l’enquête devrait même être portée sur le grand écran.

        • Kholl dit :
          9 janvier 2013 à 9 h 05 min

          Ordiclic, je trouve des propos complètement hallucinant…..

          Répondre
  4. Amicalement dit :
    8 janvier 2013 à 16 h 47 min

    Cher Kitetoa, je pourrai t’en raconter 2 ou 3 sur le champs d’action de cette fleur douteuse, champs d’action qui n’a rien à voir avec le numérique ou l’économie numérique.

    Son champs d’action, c’est sa carrière, et la taille de son porte monnaie. Elle

    Répondre
    • Amicalement dit :
      8 janvier 2013 à 16 h 50 min

      …a ça dans la peau.

      Alors l’imaginer mettre le doigt dans le Bull et tout ce qui tourne autour, ma fois, tu peux toujours lui demander dans tes rêves, mais elle a fait son calcul débit/crédit depuis longtemps tu peux me croire.

      Bon, et Mr Blue qui ne cause toujours pas de la fausse affaire « adblock Free », moi je ne sais pas si je vais donner des sous ce mois ci à mes amis, hé, ho :)

      Répondre
      • bluetouff dit :
        8 janvier 2013 à 17 h 28 min

        Ca c’est parce-que tu as loupé un épisode ;) … http://reflets.info/free-ad-gate-un-nouvel-episode-de-la-guerre-free-vs-google/

        Répondre
        • Amicalement dit :
          8 janvier 2013 à 17 h 39 min

          Non respectable et respecté Mr Blue, c’est toi qui a loupé un épisode en l’occurrence.
          Voir http://reflets.info/free-ad-gate-un-nouvel-episode-de-la-guerre-free-vs-google/#comment-112997
          on ne peut plus clair je crois.

          :)

          Ps. En plus j’ai dis à l’oreille de KiEstToa de te lâcher 80 euros pour ce faire.
          1. qui, comment ils ont fait, à quel niveau?
          2. (en option si tu pètes la forme) pourquoi?, mais stp pas du genre Free il est pas content à cause du méchant Google, plutôt du genre top&wide level comme tu sais si bien faire

          Répondre
  5. Steptom dit :
    8 janvier 2013 à 18 h 24 min

    Apparemment sur les internet, il est dit que c’est Bull qui aurait racheté Amesys… est-ce une erreur ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Crescendo_Industries

    Répondre
    • Tompouce dit :
      8 janvier 2013 à 18 h 31 min

      Septon,

      le passage dans l’article : « En outre, Amesys a racheté Bull … » comporte un lien cliquable …
      qui pointe vers :
      http://reflets.info/letonnante-prise-de-controle-de-bull-par-philippe-vannier-dominique-lesourd-et-marc-heriard-dubreuil/

      Bonne lecture

      Répondre
      • Steptom dit :
        8 janvier 2013 à 18 h 39 min

        C’est donc bien Bull qui a racheté Amesys et non l’inverse comme mentionné dans cet article, non ?

        Répondre
        • kitetoa dit :
          9 janvier 2013 à 12 h 31 min

          Non, c’est Amesys qui a racheté Bull

          Répondre
  6. Yovan Menkevick dit :
    8 janvier 2013 à 18 h 52 min

    « Enfin, pour terminer, je trouve que faire appel à des évènements qui se sont déroulés en 1940, il y a plus de soixante dix ans, pour décridibiliser une entreprise, avec en plus l’argument nazi, est tout simplement ignoble et immonde de votre part, et je pèse mes mots. »

    Mais ces événements ont déjà été dépassés, cher lecteur, les génocides continuent, la torture tout autant, les camps de déportation sont encore valides dans de nombreux pays comme la Libye. Se rappeler l’histoire est incontournable, central, vital, parce que le nazisme n’est rien d’autre qu’une somme de volontés humaines. Et aujourd’hui, des hommes sont torturés, exécutés, enfermés pour leur seule opinion. Ou origine. Et des firmes comme Bull/Amesys permettent ça : donc, l’ignoble et l’immonde sont du côté de ceux qui défendent ceux qui y travaillent, savent et participent. QUe ce soit pour bouffer ou pa

    Répondre
  7. Yovan Menkevick dit :
    8 janvier 2013 à 18 h 58 min

    « Enfin, pour terminer, je trouve que faire appel à des évènements qui se sont déroulés en 1940, il y a plus de soixante dix ans, pour décridibiliser une entreprise, avec en plus l’argument nazi, est tout simplement ignoble et immonde de votre part, et je pèse mes mots. »

    Mais ces événements ont déjà été dépassés, cher lecteur, les génocides continuent, la torture tout autant, les camps de déportation sont encore valides dans de nombreux pays comme la Libye. Se rappeler l’histoire est incontournable, central, vital, parce que le nazisme n’est rien d’autre qu’une somme de volontés humaines.

    Et aujourd’hui, des hommes sont torturés, exécutés, enfermés pour leur seule opinion. Ou origine. Et des firmes comme Bull/Amesys permettent ça : donc, l’ignoble et l’immonde sont du côté de ceux qui défendent, ceux qui y travaillent, savent et participent. Que ce soit pour bouffer ou pas, importe peu : les Allemands qui participaient à la politique anti-juifs, puis d’extermination, certains se sont tirés. D’autres, nombreux, ne cautionnaient pas mais participaient. D’autres adhéraient. Maintenant, se planquer derrière son job et le remplacement est simplement un choix. Ethique, oui. Moral aussi. Et la comparaison avec le régime du IIIème Reich n’a rien d’ignoble, elle est juste pertinente, puisque parallèle. Tu ne crois quand même pas que le fascisme, le totalitarisme, les dictatures ont disparu tout de même ? Ce serait bien naïf. Sachant qu’Hitler est en retard aujourd’hui quand on voir comment certaines populations sont décimées. Ou individus exécutés grâce à de la technologie.

    Pour finir : renseigne toi comment les juifs ont pu être fichés par ordinateur à la fin des années 30, en cartes perforées, quelle est la firme qui a opéré ce buisness « qu’une autre firme aurait pu faire ». C’était IBM.

    Amusant, non ?

    Répondre
  8. Plastic.Bertrand dit :
    8 janvier 2013 à 21 h 08 min

    « aidant ainsi, peut-être involontairement » Comment y disent les jeunes? LOL MDR etc.

    Répondre
  9. Jack Jack dit :
    8 janvier 2013 à 22 h 22 min

    Et si on relisait un peu Lawrence Lessig ? ;)

    « Mais nous vivons à une époque de scepticisme à l’égard de la démocratie. Notre époque est obsédée par la non-intervention. Laissons Internet se développer comme les codeurs l’entendent, voilà l’opinion générale. Laissons l’État en dehors de ça.

    Ce point de vue est compréhensible, vu la nature des interventions étatiques. Vu leurs défauts, il semble préférable d’écarter purement et simplement l’État. Mais c’est une tentation dangereuse, en particulier aujourd’hui.

    Ce n’est pas entre régulation et absence de régulation que nous avons à choisir. Le code régule. Il implémente – ou non – un certain nombre de valeurs. Il garantit certaines libertés, ou les empêche. Il protège la vie privée, ou promeut la surveillance. Des gens décident comment le code va se comporter. Des gens l’écrivent. La question n’est donc pas de savoir qui décidera de la manière dont le cyberespace est régulé : ce seront les codeurs. La seule question est de savoir si nous aurons collectivement un rôle dans leur choix – et donc dans la manière dont ces valeurs sont garanties – ou si nous laisserons aux codeurs le soin de choisir nos valeurs à notre place.

    Car c’est une évidence : quand l’État se retire, la place ne reste pas vide. Les intérêts privés ont des objectifs qu’ils vont poursuivre. En appuyant sur le bouton anti-Étatique, on ne se téléporte pas au Paradis. Quand les intérêts gouvernementaux sont écartés, d’autres intérêts les remplacent. Les connaissons-nous ? Sommes-nous sûrs qu’ils sont meilleurs ?

    Notre première réaction devrait être l’hésitation. Il est opportun de commencer par laisser le marché se développer. Mais, tout comme la Constitution contrôle et limite l’action du Congrès, les valeurs constitutionnelles devraient contrôler et limiter l’action du marché. Nous devrions examiner l’architecture du cyberespace de la même manière que nous examinons le fonctionnement de nos institutions.

    Si nous ne le faisons pas, ou si nous n’apprenons pas à le faire, la pertinence de notre tradition constitutionnelle va décliner. Tout comme notre engagement autour de valeurs fondamentales, par le biais d’une constitution promulguée en pleine conscience. Nous resterons aveugles à la menace que notre époque fait peser sur les libertés et les valeurs dont nous avons hérité. La loi du cyberespace dépendra de la manière dont il est codé, mais nous aurons perdu tout rôle dans le choix de cette loi. »

    http://www.framablog.org/index.php/post/2010/05/22/code-is-law-lessig

    Répondre
    • Amicalement dit :
      9 janvier 2013 à 14 h 54 min

      Merci pour ce rappel.

      Simplement, il omet une chose.
      Quand il dit « La loi du cyberespace dépendra de la manière dont il est codé, mais nous aurons perdu tout rôle dans le choix de cette loi »,
      en renvoyant à les nécessaires régulation de la part de l’Etat et encadrement par des principes constitutionnels, il sous estime la terrible crise démocratique dans laquelle nous sommes, et qui fait que les Etats, et les personnels politiciens, et les organes de décision tels que Congrès et Parlements, ne sont plus « connectés » à et « reflets » de la société d’une part, et sont tout simplement devenus une caste qui plus est largement infiltrée par des intérêts non démocratiques et non « politiques ».

      Ainsi, le « nous » dans la phrase mise entre guillemets ne signifie plus Nous/collectif/peuple en réalité.
      Nous/collectif/peuple ne décidons plus en tout cas dans le cadre des assemblées dites représentatives ; nous subissons.

      Voilà Monsieur Lessig, mais vous le savez, ça aussi.

      Répondre
  10. Kholl dit :
    9 janvier 2013 à 9 h 19 min

    M. Tchatcher avait dit -dans une interview pour le magazine Women’s Own du 31/10/1987- « La société n’existe pas. Il y a seulement des individus, hommes et femmes, et des familles. »

    No comment hein, c’est pas la peine….

    Répondre
  11. itsme dit :
    9 janvier 2013 à 15 h 21 min

    Hello,

    Je suis peut être passé à côté, mais quelle est votre position sur la vente de 0-day par des enreprises comme VUPEN? (parce que j’ai l’impression que les reflexions engagées sur cet article sont toutes autant applicable dans la vente de 0-day)

    A+

    Répondre
    • bluetouff dit :
      9 janvier 2013 à 15 h 32 min

      Très bonne question, j’aimerai les rencontrer avant, et ce sera fait s’ils le veulent bien.

      Répondre

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