Augmenter la masse monétaire, oui mais pour qui ?
L’annonce de Mario Draghi de racheter massivement (mais sous condition) la dette publique des pays du Sud a créé beaucoup d’émoi parmi la presse allemande et autres blogueurs, et éditorialistes, qui s’inquiètent de l’augmentation catastrophique du bilan de la BCE. Pourtant lorsque l’on regarde de près les arguments invoqués, ils ne sont pas toujours justes… et leur dogmatisme évite de poser la vraie bonne question : à qui doit profiter la création monétaire ?
Rappel: la BCE ne peut pas faire faillite
En guise de rappel, j’expliquais dernier article sur Reflets pourquoi la BCE ne peut pas faire (comptablement) faillite. Manifestement, le mythe continue d’être asséné comme un épouvantail par certains. Ainsi, Philippe Herlin, blogueur de longue date sur la crise de la dette affirme sur son blog :
(…) la BCE encaissera la perte comme tous les autres détenteurs, alors que pour la Grèce elle était passé à travers. Vu la taille de son bilan, la BCE tombera automatiquement en faillite… à moins que les Etats actionnaires ne compensent la perte, et ils y seront obligés car une banque centrale en faillite fait tomber tout le système monétaire et financier. Et qui paiera ? Le contribuable, bien sûr. Mais cela, Super-Mario ne l’a pas expliqué.
Normal, Monsieur Herlin, ce que vous dites est faux (je vous invite à lire l’article indiqué plus haut). Mais passons, car ce point n’est pas majeur dans ma démonstration.
Création monétaire ! OMG !!?
Les chantres de malheur nous prédisent de l’inflation à deux chiffres, le chaos social et l’arrivée consécutive des martiens sur la Terre. Leur argument ? Rachat de dette = augmentation de la masse monétaire = inflation.
Rien que ce seul raisonnement est contestable car si on le suit à la lettre, il faudrait en conclure qu’il ne faut JAMAIS créer de la monnaie, puisque cela provoquerait forcément, automatiquement, irrémédiablement de l’inflation. Ce n’est bien sûr pas forcément faux, mais alors comment fait-on pour échanger avec de la monnaie ? Je veux dire : si créer de l’argent c’est le MAL, comment on fait pour le faire exister, cet argent ? Il faut bien que la monnaie soit créée à un moment où à une autre pour qu’elle circule dans l’économie. À moins que ces économistes ne défendent un système sans argent, mais j’en doute…
En fait, la masse monétaire n’est pas (et ne doit pas être) un stock fixe, sa taille a besoin de fluctuer en fonction des besoins de l’économie et de ses participants. Il faut voir la monnaie comme un flux.
Il est donc curieux que rien que l’évocation de la « création monétaire » hérisse autant de poils chez les uns et les autres. Ce sujet ne devrait pas être un tabou.
Et la planche à crédit ?
De plus, si l’utilisation de la planche à billet par les banques centrales fait autant jaser, pourquoi ne parle-t-on tout autant de la “planche à crédit » dont les banques privées ont usé et abusé ces dernières décennies et donc l’effet inflationniste haussier sur le prix de l’immobilier n’est plus à prouver ? (cf subprimes) Faudrait-il également rappeler que le cout du logement n’est pas pris en compte dans le calcul de l’inflation ?

Indice des prix de l’immobilier – zone euro (source: BCE)
Il est bien beau de revendiquer que les banques centrales ne doivent pas recourir à la création monétaire, mais encore faudrait-il, pour être cohérent, dénoncer également les abus des banques privées de leur usage du privilège de création monétaire dont elles disposent, et qui profite aux investisseurs immobiliers et riches épargnants plus bien sûr qu’à Madame Michu.
Quid du rabais sur les taux ?
Admettons néanmoins que l’inflation augmente suite à l’intervention prochaine de la BCE. Mais quid de la baisse des taux des bons du trésor ? On oublie en effet de rappeler que si les taux baissent grâce à la banque centrale, c’est aussi le coût du service de la dette qui diminue, autrement dit la quantité d’argent transféré du contribuable vers les investisseurs et créanciers étrangers, et autres personnes plutôt aisées, dans une forme de racket indolore bien propre à notre système capitaliste. Donc, ce que perd le pauvre petit contribuable d’un côté (par l’inflation), il le regagne d’un autre coté.
Mais bien sûr ce n’est pas ce qui se passera dans le cas présent puisque l’austérité restera la condition des rachats de dette. Mais encore une fois, ne disqualifions pas dogmatiquement toute intervention des banques centrales sous de mauvais prétextes.
Ce qu’il faut bien voir aussi, c’est que les interventions de la BCE ne font que contrecarrer les dysfonctionnements du marché monétaire de la zone euro. Cette intervention est à ce titre légitime. Si l’on part du principe que l’on s’interdit de faire défaut, alors les taux aussi élevés de la dette italienne ou espagnole sont absolument illégitimes. En effet, comme je le rappelais dans cet article :
- soit la dette publique est effectivement risquée, alors un taux d’intérêt élevé est légitime, mais cela implique que le risque justifiant cette rente peut se réaliser. En d’autres termes, un Etat comme la Grèce peut tout à fait se mettre en faillite et ne pas rembourser ses créanciers.
- soit on stipule que la dette souveraine n’est pas risquée (ce qu’ont présumé pendant trop longtemps les marchés, sans que cela ne soit inscrit nulle part dans des textes de lois !), auquel cas les taux d’intérêts élevés tels que le sont ceux de la dette des pays méditerranéens sont absolument illégitimes. Pourquoi ? Tout simplement car la prime de risque est alors nulle (la prime de risque étant ce qui justifie une partie du taux d’intérêt, en plus du taux d’actuariat). Dans une telle hypothèse, les taux devraient être capés à un certain niveau (+/- celui de l’inflation) , ou la Banque centrale devrait pouvoir prêter en dernier ressort à l’Etat. Mais en contrepartie, tous les moyens requis pour rembourser la dette seraient également légitime (austérités, privatisations etc).
Jusqu’alors, nous nous interdisions de faire défaut et de corriger les dysfonctionnements de la dette. Autrement dit, on donne le beurre et l’argent du beurre aux investisseurs. Mais étrangement, ceux qui s’insurgent contre l’intervention de la BCE n’évoquent que très peu ce dilemme, préférant défendre à leur insu le statu quo (qui les arrange bien?).
Alors peut être bien que l’intervention de la BCE est une mauvaise idée (je suis personnellement convaincu que le défaut est à la fois souhaitable et inévitable)… Mais des mauvais arguments pour justifier une bonne conclusion demeurent… de mauvais arguments.
Un vrai bon argument contre le QE
Maintenant, si vous voulez de vrais arguments contre le quantitative easing, jetez plutôt un oeil à cet article du Guardian qui nous indique que dans un rapport de la Banque d’Angleterre elle-même, celle-ci reconnait que sa politique de quantitative easing a profité aux plus riches :
La Banque d’Angleterre a calculé que la valeur des actions et obligations avaient augmenté de 26% (soit 600 milliards de pounds) suite à la politique monétaire, soit l’équivalent de 10.000£ par ménage du Royaume Uni. Mais elle ajoute que 40% des gains sont allés aux 5% les plus riches.
Remarquez donc bien que je ne m’enthousiasme pas de l’annonce de la BCE : tout va continuer gentiment comme avant puisque nous serons toujours les grands perdants.
Mais où est le vrai problème ? Le vrai problème est-il vraiment le gonflement du bilan de la BCE ? Où bien est-il plus précisément que cette création monétaire n’est pas affectée aux bons endroits, ne profite pas aux bonnes personnes ?
Autrement dit, et si on pouvait faire mieux, autrement ?
Renflouons les citoyens !
Imaginez par exemple que l’on utilise la planche à billet pour financer un revenu de base aux citoyens de la zone euro !! Plutôt que de verser le fruit de la création monétaire dans les comptes de trading des banques, la BCE verserait quelques centaines d’euros pas mois dans les dépôts bancaires des citoyens de la zone euro.
Prenez moi pour un fou si vous voulez, mais l’idée, si elle est hétérodoxe, n’en est pas moins sérieusement fondée. Et n’est d’ailleurs pas inconnue des hautes instances (au sein de la Banque d’Angleterre, par exemple). Jugez en cette tribune de Anatole Kaletsky sur le site de Reuters :
Une telle mesure est trop controversée pour qu’aucun décideur n’en parle publiquement, même si certains en ont discuté en privé. Plutôt que de donner l’argent fraichement imprimé aux traders, les banques centrales pourraient la distribuer directement au public. (…) Cela n’augmenterait pas la charge de la dette puisque ces versements seraient financés par la planche à billet, à un coût nul pour le gouvernement autant que pour les générations futures, au lieu de vendre des obligations à intérêt.
Donner de l’argent gratuitement peut paraitre trop beau pour être vrai, ou même largement irresponsable, mais c’est exactement ce que la Fed et la Banque d’Angleterre ont fait pour les banquiers et les traders des marchés monétaires depuis 2009. Diriger le QE vers le grand public ne serait pas seulement plus juste, mais serait également plus efficace.
Il ajoute plus loin :
Distribuer de l’argent au grand public était la seule réponse aux interminables récessions et pièges à liquidités qui unissaient Milton Friedman et John Maynard Keynes.
Le seul (vrai) problème ? Je l’ai trouvé dans cet article qui évoque également cette possibilité :
Bien sûr, si vous commencez à donner de l’argent directement aux gens, il se pourrait qu’ils finissent par comprendre que le système économique dans son ensemble est basé sur une drôle de monnaie… Et qui sait ce qui se passerait ensuite ?
Je vous laisse méditer…



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« le système économique dans son ensemble est basé sur une drôle de monnaie… Et qui sait ce qui se passerait ensuite ? »
Je dirais que 30% de savent déjà après on s’en fout un peu car on peut rien individuellement.
Sinon Stanislas Jourdan
Je commence a apprécié tes articles la prochaine je t’appele MR, faut dire que j’avais pas était gentil sur tes anciens articles
Je ne me souviens pas !
Malheureusement, l’ensemble des décideurs sont à la solde de l’oligarchie donc le seul vrai problème c’est qu’une telle mesure réduirait les inégalités. Donner le moindre centime à des « bouseux » n’est vraiment pas dans leurs habitudes… Après tout, ils ne se sont pas cassé la tête à monter toutes ces arnaques et à faire tout ce lobbying pour que le peuple puisse vivre décemment!
On en revient donc toujours au même problème : le système représentatif par des politiques professionnels, soit la grande imposture démocratique.
A ajouter aux arguments en faveur d’une représentation par un collège de citoyens tirés au sort et à mandat unique. Et en faveur du revenu de base, bien sûr.
Merci pour cet article fourni.
Tout à fait d’accord!
Je pense que c’est un préalable a tout réel changement…
Faudrait arrêter avec les possibilités hypothétiques, avec les oligarchie ou je ne sais quoi.
Il faudrait qualifier de délire ce qui se passe.
C’est seulement un système devenu malade et sur celà des machins qui font de l’ingénieurie fiscale et financière.
Comme les logiciels de transactions à haute fréquence. I/O. Qui spécule et tout en spéculant influence les marchés et savent comment ils influence ces marchés.
[et celà à grand coups d'algorithmes pondus par des mathématicien de talent, etc]
Le grand jeu c’est de siphonner tout ce qui passe.
Alors à force la dette privée devient une dette publique à coup de sauvetage des banques et d’acquisition de leur actif toxique.
La dette privée devenue publique il ne reste qu’a siphonner le peuple. Privatiser. Revendre. Cf. la grèce.
La question reste : le peuple siphonné que reste-il après. Ca meriterait un bel article.
Assez d’accord. Les dirigeants ne sont pas « à la solde » ou alors pas de leur plein gré. Ils sont influencé par les intérêts financiers, mais ils ont conscience que le système foire.
Le truc c’est qu’ils n’ont aucune idée de comment changer de système. Du coup ils sont paralysés, ils ont peur même !
L’espoir est faible (mais existe) qu’à force de leurs glisser des idées dans l’oreille certains d’entre eux auront l’audace d’agir. Sinon la rue fera le nécessaire de toute façon.
« le peuple siphonné que reste-il après ? »
Une partie de la réponse, pour l’Argentine, est dans le film « La Dignité du peuple » de Fernando Solanas, disponible en accès libre dans beaucoup de médiathèques.
Ce film fait suite à « Mémoire d’un saccage ». Il montre les initiatives et les difficultés des laissés pour compte de la crise Argentine, comment ils s’organisent et cherchent à reconstruire du commun, en occupant ici un hôpital à l’abandon, là une usine récupérée par la force.
Leurs difficultés viennent du fait d’avoir passé aussi longtemps sans contact avec leurs voisins, des tas de problèmes apparaissent au moment de s’organiser et se mettre d’accord, car en eux est endormie la faculté de prendre des décisions collectives et de s’y tenir.
Effectivement, on tellement dominé par le bien privé que le bien général est oublié.
Le système pour le système. Mais ou est l’humain?
Bel article.
« L’annonce de Mario Draghi de racheter massivement (mais sous condition) la dette publique des pays du Sud a créé beaucoup d’émoi parmi la presse allemande et autres blogueurs, et éditorialistes, qui s’inquiètent de l’augmentation catastrophique du bilan de la BCE. »
Lire l’expression « pays du sud » dans la presse alignée passe encore, mais dans un canard un peu hors cadre ça le fait moins non? au sud de quoi ? de bruxelles ?
Quand la france sera touchée y aura plus que dunkerque dans le nord.
Mieux vaut dire « pays officiellement dans la merde » ça sera plus clair.
Certes, la critique est pertinente… !
test
Ba, Ba, Ba…
Il est vrai que tu n’est pas le seul, Stanislas Jourdan, de mélanger le foin avec le blé, l’investisseur et madame Michu.
Tu n’es pas bête, même plutôt averti. Donc cela tient un peu à la mauvaise foi, voire de l’utopie…
Bon, vous avez aimé la chair à canon 39-45, vous allez adorer le pâté de chômeurs. Tout cru, c’est délicieux et avec trente ans d’âge bien faisandé, c’est encore meilleur. Il y en a même du flambé en ce moment, c’est pas trop cher.
Vous ne voyez pas le rapport ?
Normal.
Quant à madame michu, elle vient effectivement, à l’insu de son plein gré, d’accepté de facto la facture des banques en insolvables et des zinvestisseurs mals intentionnés. Il est vrai qu’elle ne peut rien refuser à de si charmants voisins.
Et de toute façon, il n’y a pas de problème de croissances, d’énergies, de démographies, de ressources naturelles et tous nos clients acceptent nos papiers de culs, pour en faire de jolies tapisserie murale.
D’ailleurs, on se demande bien pourquoi ils ont fait la guerre à d’autres époques !
Savez-vous planter le chou ? à la mode, à la mode !
Savez-vous planter le chou à la mode de chez vous ?
On le plante dans les banques, à la mode, à la mode !
On le plante dans les banques à la mode de chez vous.
Les fonds propres de la BCE ne font pas 100 miards ! rappelez-moi son bilan…
Ce n’est plus un défaut, c’est hold-up, une capitulation étatique, sur fond de suicide collectif.
Rien de plus, rien de moins.
PS: lisez l’article de Silu, c’est un bon début.
Les jeux sont fait, rien ne va plus… Fallait réfléchir avant.
« Donc cela tient un peu à la mauvaise foi, voire de l’utopie… »
J’admets volontier que je suis un utopiste. Par contre pour la mauvaise foi il va falloir argumenter un peu…
Nawak,
J’ai été moi même très très très surpris par le contenu de ce papier, tant j’ai trouvé l’axe d’analyse « économico-politico-financier » abracadabrantesque.
Mais je n’ai pas embrayé, vu que ça demanderait des dizaines et dizaines et dizaines de lignes, et beaucoup beaucoup de temps ; et que je n’ai pas envie, en fait.
Juste, pour mémoire, factuel : la BCE a été créée officiellement justement pour lutter contre les risques inflationnistes, en ayant pour rôle de les encadrer au plus près par le contrôle sur les taux directeurs et les banques nationales qu’elle fédère.
D’un point de vue plus purement politique (politique, politique, politique), il y avait/a-plus-que-jamais d’autres intentions derrière, moins avouées et avouables, etc etc
etc etc
Ps. pas méchamment Stan, sincèrement
Je veux pas être méchant non plus mais ça sert à rien de dire ça si tu n’expliques pas un minimum ce qui est “abracadabrantesque »…
Stan, vraiment pas le jour, ne m’en veux pas, et puis ce serait vraiment long de reprendre l’ensemble de ton article point par point.
En plus, j’ai pris la peine d’écrire tout de même ceci, qui me semble donne 2 prises :
« 1.la BCE a été créée officiellement justement pour lutter contre les risques inflationnistes, en ayant pour rôle de les encadrer au plus près par le contrôle sur les taux directeurs et les banques nationales qu’elle fédère.
2.D’un point de vue plus purement politique (politique, politique, politique), il y avait/a-plus-que-jamais d’autres intentions derrière, moins avouées et avouables, etc etc
etc etc »
« ce serait vraiment long de reprendre l’ensemble de ton article point par point » Rhoooo, quel dommage!
Bien dommage en effet. Si tu le fais ailleurs Amicalement donne nous un lien =)
Malheureusement, c’est un peu comme d’habitude…
J’ai pris l’habitude de lire tes commentaires, l’intro est magistrale, on sent qu’il va se passer quelque chose, les préliminaires commencent fort, et la patatras! Dès que le vrai travail commence, tu te barres prendre une douche. Frustrant.
Amicalement,
Ce manque de convictions partagées explique la dérision et la pauvreté de mes arguments.
J’apprécie Stan, mais qui aime bien châtie bien…
La mauvaise foi s’explique par connaissance d’un sujet en y faisant abstraction de certains fondamentaux.
Nous ne retrouverons jamais plus l’équilibre sur lequel nous avons construit l’Euro.
Quant au nouvel équilibre… c’est encore un peu trop tôt.
Trop tôt?
Ou bien trop tard? Car comme tu le sous entends dans ton premier post, il est trop tard, et je suis de cet avis aussi.
Quant à la construction de l’Euro, « nous » n’avons pas participé à sa construction.
« Eux », oui.
Dans notre dos.
Et à présent « ils » veulent « nous » imposer le reste, et de force comme le montrent les évènements depuis des années, et depuis un an c’est devenu fou.
Concernant la mauvaise foi et la compétence de l’ami Stan que tu évoques, je ne sais trop que dire. Cet embrouillamini entre la création monétaire / la BCE / inflation m’a stupéfait.
Quant à la conclusion qui envisagerait une BCE soutenant un revenu de base citoyen, j’ai failli faire un arrêt cardiaque carrément.
Tu sais, du genre si tu voyais un éléphant rose à point verts clignotants traverser le ciel en chantant la carmagnole.
En moins gai mais plus proche de la cruelle réalité, si tu imagines… disons… voyons… tiens, BushJr regarder avec bienveillance un enfant irakien.
On n’est même plus dans l’utopie là.
Quant aux fondations de tout ça, qui sont bel et bien politiques, la BCE étant un des fers de lance plantés dans le cul des peuples et de la démocratie même basic, je vois mal tout ça se terminer par un nouvel équilibre sans qu’il y ait auparavant des gros soucis au niveau des rééquilibrages IRL, vu la nature de ceux qui s’occupent seuls et contre tous des « équilibres ».
Moi je ne connais pas Stan, mais déjà, il écrit sur Reflets, du coup je l’aime bien « par défaut ».
Mais là, les amis, lui refilez plus du sucre en poudre pendant quelques temps, diète, le temps qu’il ratérisse on the earth.
« le temps qu’il ratérisse on the earth. » In cauda venenum quoi…
http://tinyurl.com/9m9decq
C’est naze comme méthode de trolling, ça marche à l’oral mais c’est trop stéréotypé pour l’écrit:
Phase1:Dépréciation du propos
Phase2:L’auteur réagi
Phase3:Réponse qui reste dans les généralités (éviter surtout de rentrer dans les détails pour pas qu’on voit que tu sais pas du tout de quoi tu parles…)
Phase4:L’auteur va encore réagir en demandant des explications, et tu vas tenter d’esquiver par la condescendance, mais comme t’en fais trop ça marchera pas.
Essaye plutot de t’inspirer de ça: http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison
ça permet de combiner différents types d’attaques et on te voit pas venir de loin dans la mesure ou il est de prime abord compliqué de déterminer la nature de leur enchainement logique au sein d’un raisonnement (encore faut il faire l’effort d’élaborer un raisonnement polémique pour avoir l’air sérieux…).
Xpose, pourquoi donc me cherches tu sans arrêt, de fil en fil?
Je suis allé voir ton lien Lille Ubuntu…
Me considèrerais tu comme un ennemi du « Libre » que tu adores??? Tu aurais bien tort!
J’ai noté chez toi un « possible » esprit de clan un peu trop exacerbé peut être, qui pourrait te pousser à rejeter tout ce qui n’est pas jugé assez Pur et Ressemblant par rapport à TOI et ta vision des choses concernant le Net, par exemple.
Un vieil ami anglais à l’esprit très libre a dit un jour ceci :
There are more things in heaven or earth,
Than are dreamt of in your philosophy.
Amicalement…
Me considèrerais tu comme un ennemi du « Libre » que tu adores??? Tu aurais bien tort!
« J’ai noté chez toi un « possible » esprit de clan un peu trop exacerbé peut être, qui pourrait te pousser à rejeter tout ce qui n’est pas jugé assez Pur et Ressemblant par rapport à TOI et ta vision des choses concernant le Net, par exemple. »
http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison/Stratag%C3%A8me_XVIII
« Un vieil ami anglais à l’esprit très libre a dit un jour ceci :
There are more things in heaven or earth,
Than are dreamt of in your philosophy. »
http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison/Stratag%C3%A8me_XXIX
Y’a du mieux, y’a du mieux, mais bon c’est pas encore génial.
Sans chercher à savoir le vrai de l’ivraie , je trouve vos échanges passionnants.
c’est à peu près la même chose qui est proposée ici à 33:17
http://www.dailymotion.com/video/xihtuk_etienne-chouard-conference-sur-la-creation-monetaire-marseille_news
Juste pour info, voici des liens qui parlent de la même solution que présentée ici (en plus de ceux signalés dans l’article) :
http://www.interfluidity.com/v2/918.html
http://www.economist.com/blogs/buttonwood/2011/10/economic-stimulus
http://www.peterfrase.com/2011/09/the-basic-income-and-the-helicopter-drop/
http://thinkprogress.org/yglesias/2011/09/27/329927/basic-income-as-a-helicopter-drop/
« You may say i’m a dreamer, but i’m not the only one… »
Par ailleurs :
j’ai déjà beaucoup écrit sur la monnaie (cf mes blogs), ce qui explique peut être aussi que je ne dit pas tout ici, ni ne répète « les fondamentaux »…
Et aussi, j’ai jamais dit qu’on allait sauver l’euro ni qu’il était trop tôt ou trop tard : j’en sais rien. Je donne juste des pistes de réflexion, comme ça… au cas où ça alimente la réflexion et qu’une lumière s’allume. Ca fait partie de mon job d’utopiste à temps plein…
Cher Stan, il faut que je t’avoue un truc. Ce matin il m’est arrivé un truc qui m’a foutu de très mauvais poil pour la journée, minimum. Du coup, plutôt que la fermer concernant ton papier, ce que j’aurai du faire, je me suis laissé aller à émettre une critique sur celui-ci.
Sans rancune entre nous, j’espère.
Je suis moi même pour un bidule comme le revenu de base, ou minimal, ou d’existence, etc. Bien que à mon avis ça ne suffise pas en soi, il y a tout un ensemble de dimensions à reconsidérer en parallèle dans le fonctionnement des sociétés, pour que ça soit cohérent. Enfin, c’est là que j’en étais arrivé après mes recherches et réflexions sur le sujet en tout cas.
C’est le reste dans ton papier qui m’a fait bondir (tes développements BCE, inflation, création monétaire, dysfonctionnements de la zone euro, etc) ; tu as compris je pense.
Bon, cher Stan, j’espère que ma remarque critique ne t’a pas trop heurté, que tu ne me maudis pas, et ben tiens je crois que je vais limiter mes relations zzzhumaines au strict minimum aujourd’hui, quand je suis irrité grave par un truc comme ce truc de ce matin, je peux être maladroit avec mon côté opinel rustique qui ressort.
Ciao Stan
Collègue Stan, y’a quand même un truc qui coince un peu : il n’y a aucune création monétaire dans cette affaire, il y a juste des lignes comptables inscrites au débit de la BCE. Comme pour les prêts aux banques. N’importe quel économiste de l’OFCE te le confirmera. Ce que j’ai fait il ya quelques mois, parce que bon, je commençais à douter de tout ça. Donc aucune planche à billets dans cette affaire. Racheter des dettes publiques d’Etats n’a rien à voir avec financer de l’économie d’Etat, comme dans le cas du revenu de base. La BCE n’est là que pour une seule chose dans le carcan libéral européen : déterminer les taux d’intérêt des banques et empêcher l’inflation. Ce qui est con, c’est que de l’inflation on en aurait besoin d’un peu en ce moment, et ce qui guette c’est la déflation, déjà en cours dans certains pays. La FED aux USA fait tourner la planche à billet, véritablement, et il y a 3 fois plus de $ en circulation aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Les euros, pas du tout. C’est de la ligne de crédit. Mais limitée, avec de la monnaie de singe (les bons du trésor) Point barre. Donc, tout ça n’a aucune sens. On tourne en rond.
Tout à fait d’accord avec la remarque de Yovan. Le LTRO ou les programmes de rachat d’obligations sur le marché secondaire ce n’est pas de la création monétaire. Le but ici est d’ailleurs uniquement de « détendre » les taux sur les obligations souveraines. Cet argent banque centrale ne sort pas du système bancaire et permet juste aux banques d’améliorer leur bilan. Idem pour les QE pratiqués par la FED. Ce ne sont pas les réserves fractionnaires qui manquent actuellement mais les clients solvables, puisque c’est la dette qui crée la monnaie. Ainsi tous les programmes d’austérité à l’échelle de l’Europe ne feront que renforcer la rareté monétaire.
Concrètement le seul effet des QE et LTRO est d’augmenter l’argent banque centrale disponible dans le système bancaire, ce qui, dans les conditions économiques actuelles, se traduit par des investissements spéculatifs et la formation de bulles (et non par création d’argent-dette par manque de clients solvables). En dernier ressort, seuls les investisseurs et les rentiers profitent de cette politique monétaire…
Je ne fait que reprendre les arguments « germanophiles » qui nous expliquent que la BCE fait de la monétisation de dettes et qua ça va se finir dans un bain d’inflation à 1000 chiffres!
Merci de le préciser. Du reste, les « néochartalistes » sont les premiers à dénoncer l’amalgame entretenu par les monétaristes et autres économistes « orthodoxes », entre les QE et autres LTRO, et la création monétaire. La pensée économique dominante, c’est à dire celle des élites dominantes CQFD, passe son temps à agiter le chiffon rouge de l’hyper inflation pour garder le troupeau de brebis apeurées sur les rails de la contrition, de l’appauvrissement et de la récession. Les politiques anti-inflationnistes dont on nous abreuve sont par nature récessives et génératrices d’un chômage élevé. C’est cela le véritable mandat de la BCE. Voir la courbe de Philips : http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Phillips
Donc, une fois de plus, pour préserver la rente et la reproduction du capital financier, on sacrifie les classes moyennes et le prolétariat…
Dans ce contexte, parler de création monétaire, ou de souveraineté monétaire, est un sacrilège.
La monétisation de dette est un concept un peu fumeux, et pas mal de grosse conneries sortent un peu partout pour tenter d’enfumer le sujet. L’inflation, pour qu’elle survienne il y a plusieurs facteurs à réunir, et je vois mal comment avec du rachat de dette par la BCE nous serions dans un cas d’inflation : excès de demande, je vois mal, avec la crise, un excès de demande survenir, et la corrélation entre les rachats de dette publique et cet excès…où est-il ?
Augmentation trop forte des salaires : hum, pas vraiment crédible non plus
Il y a encore plein d ‘autres facteurs mais qui ne peuvent coller avec cette action de la BCE.
L’aspect monétaire, alors ? Il faudrait une surémission de la masse monétaire : mais il n’y a pas d’émission monétaire ! Aucunement. Quand je parle des mecs de l’OFCE, ce n’est pas pour me caler sur leurs théories, mais pour vérifier ça avec un économiste qui a 30 ans de recherches en économie, et spécialisé dans les effets de la mondialisation.
Pour lui demander ce qu’est réellement la BCE, son fonctionnement, le principe de la planche à billets, etc…
Et clairement, que ce soit dans les prêts aux banques privées ou le rachat de dette publique, il n’y a pas d’émission monétaire :
« La BCE a associé ce programme de soutien à de stricts critères de conditionnalité, qui confortent les exigences en matière de réformes structurelles et d’austérité budgétaire. Lors de ces interventions, la BCE aura le même statut que les autres créanciers, elles n’auront pas d’impact sur la masse monétaire. »
http://leblogdesinstitutionnels.fr/2012/09/11/la-bce-redonne-le-moral-a-la-zone-euro-2/
Ce qui est vrai, mais relance par contre un sacré truc : tout ça n’est fait que pour imposer les règles du FMI, de privatisations, austérité budgétaire etc… C’est donc un moyen de calmer le jeu, juste le temps de faire faire le grand saut ultra-libéral des Etats trop endettés par la crise financière américaine. En fait, c’est une super-opportunité pour ceux qui veulent démanteler le système de protection sociale et du peu d’Etat providence qui reste en Europe. Et comme ils ne savent pas comment les « marchés » vont sous peu de nouveau réagir, c’est juste un coup de lance à incendie dans un grand feu mondial…
Mais où ça pourrait devenir coton, niveau inflation, c’est justement avec ta proposition de financement d’un revenu de base par la BCE.
Là, oui, ça risque de générer une inflation délirante : une part importante de la population se retrouve avec de la valeur, crée de la demande, sans que cette valeur n’ait la nécessité d’être effacée puisque ce n’est pas un prêt mais un don.
Le revenu de base, c’est super bien, mais il faut qu’il soit financé par la valeur réelle de création de richesse. Pas par une écriture comptable qui mène à de la création monétaire, pour le coup.
Tu n’as pas compris le revenu de base alors. Le revenu de base est légitime car il constitue une rétribution de la création de valeur non marchande. Autrement dit de valeur non monétisée, qui existe déjà dans la société, mais n’est simplement pas reconnue par le système capitaliste et encore moins dans le système monétaire.
Dès lors, il n’est pas juste de dire » il faut qu’il soit financé par la valeur réelle de création de richesse. »
Cela ne fait aucun sens… la richesse est déjà là, produite. Elle est simplement niée par un système aveugle qui ne reconnait que les actifs financiers AAA comme ayant de la « valeur ».
C’est décevant qu’un gars comme toi n’arrive pas à t’extirper de ce carcan intellectuel :p
De plus, c’est faux de dire que la monnaie non-dette ne peut être effacée car l’Etat a toujours la possibilité d’augmenter les impôts pour enlever de la monnaie en circulation.
Le revenu de base n’est pas de la charité. Encore moins une redistribution des fourmis vers les cigales. C’est la reconnaissance pleine et entière de chaque individu comme producteur de valeurs que l’on n’est pas toujours capable de voir, mais qui ne sont pas inexistantes pour autant.
Dans le champ monétaire c’est aussi la reconnaissance qu’un moyen d’échange comme la monnaie n’est démocratique que si l’on assure un accès minimum égalitaire à l’outil monétaire. Autrement, la monnaie devient un outil de servitude pur et simple où les nouveaux entrants n’ont d’autre choix que de s’endetter pour commencer à jouer.
C’est un concept très long à assimilé. Médiatiquement c’est toujours présenté comme la fourmi qui donne à la cigale.
Heu, tu m’excuses collègue Stan, mais le revenu de base, je suis son invention depuis le début via le monde diplomatique qui a fait de longs articles dessus depuis la fin des années 90 si ma mémoire est bonne. J’ai d’ailleurs sorti un article sur Reflets il y a peu pour en parler (en bien).
http://reflets.info/le-sens-de-leconomie-cest-se-liberer-du-travail/
Ce que je disais simplement, c’est qu’une banque centrale européenne finance le revenu de base est simplement débile : une banque centrale n’est pas là pour balancer des biffetons, sinon, on rentre dans grand n’importe quoi économique, dans le système tel qu’il est. Quand je parle de richesse réelle, qui est là, je le sais bien, c’est par la redistribution de cette richesse générée dans les pays. La part des salaires n’a pas arrêté de baisser pour faire croître celle du capital : il y aurait donc tout à fait la possibilité de créer un revenu de base en France par exemple, avec la richesse générée. Mais la part du capital baisserait pour ceux qui la détiennent, et ce qu’il ne veulent pas.
Le carcan intellectuel, je ne crois pas être dedans, mais planer à deux milles et adhérer à des théories fumeuses, non.
Donc, c’est le financement du revenu de base qui intéressant à réfléchir, et il y a plein de pistes…mais pas celle de la BCE
Vous avez noté, tous, comment a été relayé la législative hollandaise de manière quasi totale dans les media, gros titres y compris?
Ce n’est pas la droite, ou la gauche, ou les libéraux, ou que sais je qui aurait gagné.
Mais les pro-européens.
On lit et entend ça partout.
Tellement partout, qu’il faut ABSOLUMENT se demander pourquoi on en parle comme ça, de cette manière, de cette « législative nationale ».
Il est bien plus simple de créer de la monnaie pour en donner aux citoyens que d’essayer d’imposer « le capital », pourtant les deux ont le même effet redistributif.
Je ne te jette pas la pierre, je sais que tu y es favorable. Mais ta position allergique à l’approche monétaire me fait penser que tu n’as pas encore assimilé le concept dans toutes ses dimensions.
Quite à me répéter, dire que les richesses créées vont financer le revenu de base ne fait sens que dans une logique REDISTRIBUTRICE, ce qui n’est qu’une infime approche conduisant vers le revenu de base (la simplification du système actuel, en gros). Se limiter ça cela confine le RDB dans une logique de charité, alors que le RDB devrait être affirmé comme un véritable droit.
Ensuite, ta position sur le rôle de la BCE me semble totalement arbitraire, (idéologique?) Dans tous les cas non argumentée (« débile » n’est pas un argument, sorry).
Comme le dit Anon, que l’Etat donne un revenu de base en début de mois pour le reprendre en partie à la fin du mois par taxation revient au même que d’imprimer l’argent et de le laisser s’évaporer par inflation.
La seule différence, c’est que la fiscalité donne toujours plus de pouvoir aux gouvernements, et ne pas changer le système monétaire laisse le pouvoir aux banquiers.
Bref…
Pourquoi « Bref » cher collègue Stanislas?
Il me semble au contraire qu’il te reste tout à apprendre sur la BCE, et sa raison d’être POLITIQUE.
Ne loupez pas l’occas collègues, cliquez, c’est du win-win comme ils disent, à la BCE.
http://newsletter.tf1.fr/HM?a=ENX7CqkuV-KT8SA9MKJbw07nGHxKLTi-WfcStGb5lw8W0bBhOG5mpqVsje_HhdBdh1Kc
Bref parce que discuter avec des gens qui argumentent pas c’est CHIANT.
Bref.
Cher Stanislas,
Comment argumenter quand en face on a quelqu’un comme toi je n’en doutons pas empli de beaux élans, mais qui songe comme possible une BCE défendant un projet comme revenue de base???
Avant toute argumentation, il faut procéder au formatage des bases de registres…
N’étant pas un dieu, je ne peux que prier que tu t’y atèles, à cette tâche difficile et nécessitant du courage.
Après, nous parlerons.
Je ne dis pas que le BCE va le faire. Je dis que ce serait la meilleure chose à faire. Et que les citoyens devraient réclamer ça.
Point barre.
@Stanislas Jourdan on 19 septembre 2012 at 18 h 27 min
I had a dream // je déconne again
:
Ils ont atterri, et sont donc devenus opérationnels
« Là, oui, ça risque de générer une inflation délirante »
On s’en fout, parce que si tout le monde reçoit une part égale de création monétaire, alors l’inflation ne désavantage personne, à part ceux qui thésaurisent.
Stan explique que la BCE ne remplit pas ses fonctions d’un point de vue citoyen et donne un exemple de réaffectation citoyenne possible : le revenu de base.
L’article est naturellement critiquable mais doit-on lui reprocher de proposer des possibles qui sortent de la dynamique et des axiomes de l’UE ?
C’est la question du métier de journaliste qui est posée là, d’une certaine façon.
Rapporter les faits et les analyser, cela signifie-t-il qu’il faut s’en tenir au cadre d’analyse que proposent le contexte, les responsables des faits, la situation présente où ils se déroulent ?…
Pour ma part, je ne le pense pas ?..Analyse signifie décrypter les faits, les mettre sous des éclairages qui sortent du cadre où ils trouvent une explication qui les justifie pour aller vers une explication qui les met en perspective dans un paradigme plus large et plus légitime.
C’est sans doute la différence entre un journalisme ordinaire – que la plupart ici, à ce qu’il me semble, dénoncent comme consensuel et prompt à donner non des explications mais des justifications – et un journalisme citoyen. Journalisme citoyen qui s’inscrit dans la société où il se trouve pour tenter de voir les faits et les expliquer à l’aune d’une subjectivité qu’on peut appeler intérêt général.
Bonjour,
ok pour ce revenu ‘universel’, d’ailleurs d’une certaine façon c’est un peu ce que les banques centrales tentent de faire en s’autorisant à créer de la monnaie l’infini, il faut juste que cet argent tombe dans les bonnes mains et se retrouve dans l’économie réelle. Aux politiques de faire correctement leur boulot, c’est à dire orienter les activités humaines vers de grands projets pour le bien et les progrès de l’humanité, voilà à quoi doit servir la monnaie créée…
http://www.scoop.it/t/economiefg
Scoop
Je suis convaincu que le système démocratique actuel est à bout de souffle, qu’il génère des politiciens qui n’ont plus l’art et la manière de faire de la POLITIQUE, et que l’aboutissement de la « crise » que nous connaissons est l’invention d’une nouvelle forme de démocratie, par une remise en cause EN PROFONDEUR de la philosophie politique et des formes institutionnalisées actuelles.
C’est pour cette raison qu’il faut bien commencer par « refonder » la démocratie, en plus de mettre un place un revenu de base ou système du genre. Comme tu l’as dit plus haut, agir sur la répartition des richesses est assurément essentiel, mais certainement pas suffisant. Ça tombe bien, il y a des choses à développer.
L’idée du système représentatif par tirage au sort est à mes yeux particulièrement intéressante, car en confiant les rênes à un collège de non professionnels de la politique, qui plus est en CDD non renouvelable, on évite pas mal des travers du système actuel : pas de plan de carrière à respecter, pas de clientélisme électoral, marginalisation des conflits d’intérêt, fin de la soumission à un système oligarchique, réappropriation du débat démocratique et j’en passe.
Par contre, ça pose aussi d’autres problèmes systémiques, qu’il convient d’anticiper pour ne pas tomber dans d’autres travers, liés à l’amateurisme de ce collège justement, ou au contraire à un système de « conseils » spécialisés dans les principaux domaines qui s’avèreraient trop influent.
Les pistes concernant la mise en place d’une démocratie participative directe sont également à exploiter, il n’est d’ailleurs pas interdit de penser que ça complèterait efficacement le système représentatif par tirage au sort.
Bref, les idées ne manquent pas, et des tas de gens bien plus intelligents que moi se sont spécialisés sur ces questions, il est je pense grand temps de leur accorder une tribune digne de ce nom.
Nul doute qu’on puisse inventer une démocratie 2.0 bien plus efficace et respectueuse de chaque être humain. Le plus dur n’est même pas d’y penser, mais de savoir comment renverser le système en place : il ne se laissera évidemment pas faire, et il ne faut pas compter ni sur des représentants politiques traditionnels, ni sur les médias mainstream pour traiter de ces idées comme elles le méritent.
Si certains d’entre vous ont des idées, personnellement, je suis preneur et motivé!
Très bon commentaire auquel je souscris pleinement.
La question est bien comment mettre en place idées nouvelles ?
Personnellement j’avais compté sur Mélenchon et sa promesse de créer une assemblée constituante. Ça aurait été une formidable occasion de modifier en profondeur le système et de créer un débat national sur les questions de souveraineté essentielles… Malheureusement, on a été « peu » à voir cette opportunité.
Maintenant les choses sont difficiles. Il faut éduquer les gens sur internet (blogs), bâtir des expérimentations, rendre plus visibles ceux qui se battent pour ces causes (Etienne Chouard ou Franck Lepage par exemple). Personnellement je me bas pour réhabiliter le concept démocratie, qui est actuellement confondu avec celui de république malgré qu’ils n’ont rien à voir.
Savoir quoi faire pour peser est vraiment difficile… D’autant plus que ce sont des sujets très complexes et peu sexy…
Merci
Concernant Mélenchon, c’est effectivement sur ce seul point que je me suis également décidé à voter pour lui, en comptant sur le fait qu’il soit naturellement éjecté une fois la nouvelle constitution en place. On ne m’y reprendra plus d’ailleurs, c’était bien la dernière fois que je participe à des élections nationales, je refuse désormais d’apporter une caution prétendument démocratique au système en place. Pour le reste, je n’épiloguerai pas sur le bonhomme, que je trouve somme toute assez détestable sur de nombreux points.
« Éduquer » les gens sur internet (je préfère dire « sensibiliser », mais on va pas chipoter), soit, c’est évidemment un moyen de faire circuler des idées, mais soyons franc : elles circulent surtout entre convaincus, et 85% des gens n’en ont soit rien à battre, soit pensent que de tels idées relèvent de l’utopie la plus complète, et on ne peut pas leur donner complètement tort, puisqu’on n’arrive pas à leur faire changer d’avis.
Là, tout de suite, je pense à ça : http://www.youtube.com/watch?v=6Mb8tp_mkiI
C’est pas notre souris qui nous sauvera, elle peut être un allié puissant, mais sûrement pas la source. Il faut autre chose, un déclencheur.
Moi aussi j’ai envie de me battre pour faire avancer ces idées, bousculer les choses, mais comment? Mouliner sur reflets ou autre, c’est super, ça donne même un peu d’espoir (non, j’déconne), mais en terme de productivité on tend dangereusement vers zéro. Comment faire IRL? C’est ça la question.
C’est clair!!!
C’est un peu décourageant quand on pense à tout ça.
Par contre, en allant plus voter, tu fais le jeu du PS et de l’UMP qui comptent décourager les plus combatifs pour que seuls les moutons aillent voter. Si le vote blanc était comptabilisé je pourrais être d’accord avec toi. Mais avec le système actuel, je trouve que ne pas voter, c’est simplement se bâillonner. On ne parle que des % de votants (hollande 28% des votants puis 53?% des votants). Les non votants ou les votes blancs sont totalement ignorés, ils servent donc à rien. En revanche les scores hauts de Mélenchon (en Le Pen aussi, mais ça c’est malheureux…) font bouger l’échéquier politique et oblige, un peu, le futur président à modifier sa position… Pour moi, c’est plus utile que de simplement fermer sa gueule.
Ensuite, sur les actions concrètes, le jour où j’ai une idée géniale, je te tiens au courant ! Mais pour moi, le principal problème c’est qu’on est trop peu nombreux, il faut donc convaincre d’autres personnes. Après, pour les convaincre, soit c’est par l’explication (claire et détaillé) soit par des exemples… Mais rien n’est simple…
Juste une tite réaction à propos de l’intérêt ou non de voter : j’ai longtemps pensé que le vote était un devoir, une nécessité pour se faire entendre et éviter que la politique ne se fasse sans les citoyens. Que ne pas le faire faisait le jeu des extrêmes.
Aujourd’hui, je sais qu’il n’en est rien. Je fais partie de cette immense majorité de citoyens qui ne croit plus en notre système politique, et qui n’en attend même plus rien. Pour autant, je ne suis aucunement détaché de la question politique, qui m’interpelle profondément, et même plus qu’auparavant.
Tu dis que ne pas voter fait le jeu de l’UMP et du PS, je pense exactement le contraire. Les taux de participation aux élections sont largement relayés et interprétés. Les commentateurs les guettent, ce sont même les seuls chiffres qu’ils ont le droit de commenter avant 20 heure.
Je suis certain que si tous ceux qui ne croient plus en notre système politique – ou veulent en changer – cessaient de voter, que notre futur président n’était donc plus élu qu’avec 40% de votants ou moins, sa légitimité serait de facto remise en cause
Par effet de manche, les mouvements citoyens en seraient renforcés.
Voter, actuellement, c’est cautionner cette mascarade de démocratie, qui prétend que les problèmes peuvent trouver leur solution à gauche ou à droite. C’était peut-être vrai il y a 50 ans, ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui.
A l’heure actuelle, les débats ne peuvent plus concerner que les questions périphériques, d’importance secondaire : mariage homo, immigration, sécurité, etc.
Le fond des choses, celui qui importe vraiment et duquel tout le reste découle (répartition des richesses, législation sur la finance, politique européenne, grandes orientations de développement) est totalement figé, pour ne pas dire consciencieusement verrouillé par des groupes d’intérêts.
Les vraies décisions sont prises sans nous, et souvent en dépit de nous, car sur ces points il n’y a plus de débat, et plus aucune différence entre les partis majoritaires. Tout le monde peut le sentir, et d’ailleurs beaucoup le sentent. Dès lors, pourquoi alimenter la machine?
Pour le reste, je tiens à saluer ton travail de vulgarisation sur certains produits financiers, d’une clarté et d’une qualité hors norme au vu de la complexité de la chose (c’est pas de la lèche, je pèse mes mots), et je te remercie d’avoir éclairé ma LED de poche. Il me reste encore à lire celui sur les CDO, je crains le pire en matière d’écœurement.
Effectivement, ce travail est un prélude nécessaire à toute prise de conscience collective, reste plus qu’à rendre sa lecture (et sa compréhension) obligatoire
Merci pour ton message d’encouragement. Écrire des articles de vulgarisation sur des sujets pointus et que je ne maitrise pas complètement est pas évident… C’est un objectif de long terme que je me suis fixé pour que les gens comprennent ce qui se passe en finance et se rendent compte des absurdités qui déterminent nos vies. Donc encore une fois merci pour les encouragements.
Sur le reste de ton commentaire je suis entièrement d’accord avec toi sauf sur 1 point.
« Si notre président était élu qu’avec 40% de votants ou moins, sa légitimité serait de facto remise en cause » : je ne pense pas que ça change réellement quelque chose. Si jamais ça devait arriver, les choses continueraient certainement comme avant… Il n’y a qu’à voir la stigmatisation qui est faite des abstentionnistes : ce sont juste des gens qui ne s’intéressent plus à rien ou qui n’ont pas d’avis! Ce qui est faux. Mais s’ils deviennent une majorité, je vois déjà les titres de presse : « Les français se désintéressent de la politique » et autre… Au passage, Hollande est déjà élu avec un très faible nombre de votes (16,7 millions alors que nous sommes 60 millions). Ça n’empêche pas tout le monde de dire, « les français ont voulu Hollande » ou alors « on a le président qu’on mérite » (entre un mec dangereux et un mec inutile, mon choix est vite fait… Après on va me reprocher d’avoir voter pour un mec inutile…).
Silu, tu m’as posé des questions hyper précises sur l’autre fil, je ne peux y répondre.
Autour d’un verre ou ailleurs, à l’occasion. Fais moi confiance, le pipeau, ce n’est pas mon instrument.
J’espère que tu ne m’en veux pas de t’avoir un peu bousculé sur « politique », mon côté montagnard bourru. J’aime bien ce que tu fais, et ce que tu as écris je ne saurai pas l’écrire je crois bien.
Je suis ennuyé par le cas Mélenchon/FrontdeGauche/6emetruc etc. Parce que si j’embraye, ça va donner une tonalité aux coms sur Reflets que perso je ne souhaite pas favoriser.
J’autorise ici (voir mes fingers prints là OOOOo pour authentification) à quelqu’un chez Reflets à donner mon mail si tu veux papoter un peu sur son cas à lui.
Pour les questions plus larges, et donc légitimité, abstention, etc, et peut être surtout qu’est ce qu’il y a derrière la scène et en coulisses, c’est un sacré sujet.
Si tu veux, c’est un peu comme De l’autre côté du miroir.
En général, on explique les choses selon des opérateurs soi disant logiques et des grilles de lecture qui sont disons « normées » et largement diffusées.
Mais tu peux, si tu tentes l’autre côté du miroir, expliquer exactement les mêmes évènements de manière très différente, et qui soit en fait bien plus résistante aux traitements logiques, spécialité de Lewiss Caroll au passage, et aux faits tout simplement.
Exemple. Tu as l’impression peut être que dimanche dernier il y avait « mécontentement » ou « non consentement » dans la rue. Et bien on peut expliquer la rue ce dimanche ci de manière différente, et dire exactement le contraire : ce qu’il y avait dans la rue ce dimanche était le contentement et le consentement (cf Kholl qui te pointe vers Chosmky et sa fabrique).
Heu, je suis chiant là, je sais
Mais je reste à ta disposition par mail pour papoter, en plus tu as des tas de trucs à m’apprendre certainement sur la finance par exemple.
Sinon, vite fait.
Je disais sur un autre site, ami, (a priori, j’en suis arrivé à douter, un peu…)
je disais donc en gros que ma conclusion toute personnelle était que le meilleur moyen de servir la démocratie à ce jour était de s’abstenir, car cela contribuait à accélérer, un peu, aussi, ce qui devait être fait pour démocratie.
Je disais également que peut être je dis bien peut être lors des européennes de 2014 il y aura par contre un vote que moi en tout cas je considèrerai peut être comme utile, pour une fois.
Mais comme la situation générale est très très instable et imprévisible (même pas certain que 2014 ait lieu dans des conditions « normales »)
et que par ailleurs ce à quoi je pense est non encore suffisamment détouré comme projet à mon gout, je verrai.
Ben voilà.
@Amicalement si tu es sur Paris on peut aller se boire une petite mousse à l’occasion. On pourra discuter FDG, démocratie et finance. Comme je suis simplement rédacteur sur Reflets je ne peux pas voir ton mail, par contre tu peux laisser un commentaire sur mon blog avec ton mail : http://blog.lkws.fr/
a+
@Silu
Je comprends ce qui te chiffonne concernant l’abstention, et c’est effectivement un risque de la voir mal interprétée. Cependant, pour ma part, et dans l’état actuel des choses, je préfère encore prendre ce risque plutôt que de cautionner le système actuel. Tout ça est question d’appréciation personnelle.
Ceci dit, il m’était venu une idée enthousiasmante alors que je m’apprêtais à glisser, la mort dans l’âme, un bulletin Mélenchon dans l’urne : quelle chance aurait, aux prochaines présidentielles par exemple, un parti « 6ème constitution », dont le seul programme serait la formation d’une constituante par tirage au sort, à l’image de ce qui s’est fait en Islande.
J’imagine un mec lambda, surtout pas égotique, un genre de Philippe Poutou, mais tout de même capable d’argumentation, qui au fond dirait juste : je ne veux pas gouverner, je veux seulement représenter ceux qui pensent que notre système démocratique est dévoyé, et qu’il est temps d’en changer radicalement pour rendre aux citoyens le pouvoir. Un type qui profiterait de son temps de parole pour faire comprendre à quel point les hommes politiques ont les pieds et poings liés sur les sujets les plus importants. Qui dénoncerait le clientélisme et les postures électoralistes. Qui mettrait en lumière les conflits d’intérêt et les réseaux d’influence. Bref, qui « éduquerait » comme tu dis, en avançant les pistes que pourraient exploiter une assemblée constituante pour remédier à ça.
Je trouve que ça aurait de la gueule, et que ça aurait le mérite d’être clair.
@amicalement : Tu passes beaucoup de temps à balancer des petites phrases sur plein de sujets, parfois en postant à répétition, mais quand quelqu’un t’interroge, tu éludes ou tu expliques que tu ne peux pas aller dans le détail ni argumenter, pour x raisons. C’est très chiant pour ceux qui te lisent, car ça n’a aucun intérêt. Sans vouloir être méchant, si tu n’as pas le temps/l’envie/les mots pour le dire, peut-être vaut-il mieux ne rien dire. A moins que tu ne cherches autre chose par tes interventions, bien sur. Voilà c’est (re)dit.
Vu Silu.
Argh, un coming out in Paris
Why not, in time, and with pleasure!
Amicalement
@Nayllko
Burp.
Pardon, j’ai cru que j’étais sur un autre « forum », pardon Reflets // RIRES
Ecoute bonhomme, tu prends ce que je donne ICI, ou pas, et tu n’en demandes pas plus que ce que je veux donner à instant T.
Je fais pareil vis à vis de toi, et ça roule.
Et je te serre la louche, on est dans la même barque, et ça va tanguer.
Mais rassure toi, mon lapin, je ne t’en demande pas plus que tu ne sois capable, ou que tu ne veuilles. Je ne te demande rien d’ailleurs, c’est une remarque personnelle, que nous sommes déjà trois à te faire rien que sur cette actu.
Tu es libre de l’entendre ou de l’ignorer, en ce qui me concerne ça ne fera pas grande différence. D’ailleurs, je n’y reviendrai pas.
Interviewe moi pour Reflets
Mais attention, je suis du genre Bourdieu vis à vis de télé, si tes questions sont à la con, je ne viens pas sur le plateau.
Pas lu encore, mais in anticipo
Scoop :
Je suis convaincu que le système démocratique actuel est à bout de souffle, qu’il génère des politiciens qui n’ont plus l’art et la manière de faire de la POLITIQUE, et que l’aboutissement de la « crise » que nous connaissons est l’invention d’une nouvelle forme de démocratie, par une remise en cause EN PROFONDEUR de la philosophie politique et des formes institutionnalisées actuelles.