We aaaare ze weuuuuuurld

memesOn est pas vendredi… je sais mais quand Kitetoa m’offre une occasion de troller, allez savoir pourquoi, c »est plus fort que moi, je me sens obligé de sauter dessus. Le troll commence tout gentiment par le titre de son dernier article. Ce dernier s’appuie sur une dichotomie que j’ai de plus en plus de mal à valider : celle d’un monde réel que l’on opposerait à un monde virtuel.

Kitetoa, désolé, mais ça me fait penser à un truc de 3M, tu sais le fameuse tirade « pour moi ce qui importe ce ne sont pas les internautes mais les citoyens« .

Plus loin, dans ton article, tu t’adresses à ce qu’on appelle notre représentation nationale et à celle d’autres peuples, enfin je crois car pour le coup; le « vous » me parait encore plus cryptique qu’Anonymous : « Vous disposez depuis des siècles d’une matière première abondante. Docile, malléable. Exploitable sans limites : les peuples. »

Cette phrase est intéressante, justement car elle parle du mot « peuple », le truc qui ne marque pas le désire de vivre « ensemble »… et ce « vous » qui occulte que nous avons une représentation nationale que nous élisons. Un peuple qui veut vivre « ensemble », il me semble qu’on appelle ça une nation. Internet s’affranchit du détail « nation », il s’affranchit du détail « peuple », il est l’Humanité. Etre obligé de projeter l’humanité dans des machines… oui, là je suis en train de me faire peur à moi même.

Il y a un truc dont je cause de temps à autre, c’est la notion de « conscience du réseau ». Le réseau a conscience qu’il n’est qu’un, qu’on est tous à un ping de notre meilleur ami comme de notre pire ennemi. Cette proximité fait que nous avons le devoir d’être encore plus exigeants avec nous mêmes, plus conscients de l’autre, de ses différences. Nous, les « gens du réseau », nous nous devons d’être exemplaires, et cette exemplarité commence par éviter d’exclure autrui, même si ce dernier nous rejette en nous traitant de pédonazi-terroriste. Nous avons aussi le devoir de ne pas devenir des « nationalistes de l’Internet ».

Anonymous montre une chose, c’est que nous n’avons pas pour seule arme que la conscience du réseau. Nous avons aussi et surtout l’humour. L’humour c’est ce qui rend intelligible le concept de manifestation numérique, qui le rend sympathique malgré la violence que représente une atteinte à un système de traitement de données aboutissant sur sa paralysie… tu sais le truc qui fait des « cyber dommages collatéraux », comme la cyber guerre fait des cyber morts.

Un peu plus loin dans ton raisonnement, tu en arrives naturellement à ce truc macro organique : l’économie… le seul truc encore plus virtuel que le Net. Toi et moi, on sait que penser détenir un pouvoir sur un truc virtuel, c’est prendre avant tout un ascendant psychologique… mais c’est à peu prêt tout. Pourtant ce truc virtuel fait que nous aurions du mal à vivre sans. Ce n’est pas le réseau et les bitcoins qui vont nous permettre, demain d’aller acheter à bouffer. Il y a donc peut être un truc au milieu, entre le réseau et l’économie de la spéculation, qui peut nous permettre de continuer à vivre normalement, et permettre à « l’autre » du « pas réseau », de vivre mieux.

Mais pour ça, s’il te plait, arrêtons de différencier les « gens du réseau » du « monde réel », ou acceptons de nous faire traiter de pédonazis et fermons là, car dans ce cas, c’est qu’on le veut bien.

Illustration by memebase.com, trouvée sur Troll-me.fr

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12 thoughts on “We aaaare ze weuuuuuurld”

  1. Troll inutile mon cher Bluetouff. Tu n’as pas du saisir le sens caché de mon texte.

    Je m’explique.

    Je ne différencie pas les gens du réseau et les gens du monde réel (je fais partie des deux, donc comment différencier ça ?).

    Je dis simplement une chose. Ce réseau a permis d’établir des relations horizontales croisées qui ne pouvaient pas exister avant. Il a permis de créer une forme de conscience collective à l’échèle de la planète, qui ne pouvait pas exister avant.

    Si.

    Tout cela pouvait exister. Mais pas aussi largement. Et la communication était plus lente.

    Or, le tout petit pourcentage de gens qui depuis toujours gouverne le monde n’a pas pris la mesure des bouleversements apporté à la conscience collective par le réseau. Mieux, il se refuse à prendre en compte ce changement. Il le combat. Souvent. Il divise et oppose.

    Ce qui causera sa perte. A terme.

    Pour ce qui est de la discussion avec les gens du monde réel (troll bis) : j’y suis ouvert et je ne me sens pas en opposition avec eux.

    Encore faudrait-il qu’ils le veuillent.

    1. Benjamin a une théorie pas mal là dessus : c’est juste un problème démographique. On fera pas rentrer des octets dans la tête de certains députés sans risquer un stack overflow. Donc le mieux c’est d’attendre le bug de l’an 2025 ;)

  2. Hum, j’ajoute :

    le titre du papier était : We, the people of the Internets and the World

    « Nous, le peule d’Internet et du monde ».

    Je ne vois pas en quoi j’oppose les deux (monde du réseau et monde « réel ». Au contraire, je réunis.

    En revanche, oui, je pense qu’il y a deux mondes. Celui de la grande majorité qui est utilisée par une toute petite minorité.

  3. Je tente de profiter de ce sujet pour poser une question de vocabulaire.
    Pourquoi LES internets ? Pour moi il n’y a qu’un seul et unique INTERnet (allez, 2 en comptant celui de la corée du nord), et, toujours selon mon opinion, plusieurs nets.
    La sommes des net(work)s forment internet.

    J’ai vraiment beaucoup de mal avec les internets; ça me choque sans trop que je sache précisément pourquoi.

    1. Les Intern,et est une notion aussé débile que « la gauche plurielle », c’est surtout une Joke qui fait référence aux Internets d’AOL (qui n’existe plus) ou à l’Internet par Orange qui est à peu prêt tout, sauf Internet.

      1. Aaah ok, tu me vois un peu rassuré. Mais ça me fait dire que je ne suis peut être pas le seul à n’avoir pas suivi les pérégrinations de cette blaguounette.
        Je suis même a peu prés sur que certains lecteurs en finissent par penser qu’on dit vraiment « les internets »

    2. Je pense que quand Reflets parle « des Internets », c’est pour faire référence aux cybers éléments de language » trop souvent vide de sens que les « n00bs » des domaines plus traditionnels (com’, politique, MMM, etc.) emploient pour essayer de prétendre comprendre c’est quoi le « cyber espace de l’Internet multimedia et du World Wide Web.org »

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