Vous pouvez faire semblant de ne pas nous voir, mais nous sommes bien là…

A en croire la presse, il ne se passe rien. Ou si peu. Et si la presse n’en parle pas, si les politiques n’en parlent pas, c’est que ça n’existe pas. Petite erreur de jugement qui pourrait coûter cher.

Ce matin la presse ne parle que d’une chose : DSK pourrait revenir après avoir été blanchi.

Et pourtant… Il s’en passe des choses bien plus importantes. Quelques exemples…

Depuis le 15 mai, le peuple espagnol réutilise son cerveau. Il s’auto-détermine, se prend en charge. S’organise, échange.

Depuis le début de l’année la Tunisie, puis l’Egypte ont pris le chemin de la démocratie après des dizaines d’années de dictature. Depuis le début de l’année, le peuple libyen est en lutte armée contre son dictateur de colonel. Depuis le début de l’année, le peuple syrien brave une répression sanglante et aveugle pour faire entendre sa voix. Depuis le début de l’année, le peuple de Bahreïn est en lutte contre un pouvoir dictatorial, dans l’indifférence générale.

Sur le front de l’économie, le Portugal est au plus mal, comme la Grèce, l’Irlande, les Etats-Unis. L’effet domino menace. Et devinez ce qui se passa…

Les banques furent à nouveau sauvées. Les responsables, privés ou publics de cette nouvelle crise évitèrent de payer les pots cassés. Il n’y eut aucune recherche de responsabilité.

Non.

On appela à nouveau à la rescousse le contribuable. C’est aux peuples que l’on fit payer la première addition à grands coups de plans d’austérité drastiques. La première,  car il y en aura d’autres, n’en doutez pas. Soyons des libéraux un instant… Lorsqu’une banque achète des titres de la dette d’un pays, elle prend un risque qu’elle imagine limité. Elle accepte donc un taux d’intérêt plutôt bas. Mais dans l’absolu, elle prend un risque. Tout emprunteur peut, un jour, avoir des soucis pour rembourser. Dans ce cas, selon les canons du capitalisme, c’est le prêteur qui assume la perte. Ça, c’est la théorie. Dans la pratique, les banques ne perdent jamais, ou presque. Aujourd’hui, ce sont les peuples qui assument les pertes à la place des emprunteurs. Et lorsque Nicolas Sarkozy annonce tout fier que le secteur privé français participera au sauvetage de la Grèce, il fait semblant de ne pas comprendre que si le secteur privé fait un geste, c’est pour éviter de perdre un maximum.

Alors que tout le monde, y compris le milieu de la finance, sait que la Grèce devra rééchelonner sa dette ou faire défaut, les politiques et le FMI ont décidé de repousser l’échéance. Ce ne serait pas bien grave si l’addition de ces décisions ineptes ne reposaient pas sur les plus pauvres. Sur les peuples, qui n’ont rien demandé ni créé cette crise. En repoussant l’échéance, on alourdit la deuxième facture à venir. C’est parfaitement cynique et irresponsable.

Vous prenez des décisions qui obèrent notre avenir et celui de nos enfants, des enfants de nos enfants…

 

 

Vous pensez que faire semblant de ne pas nous voir suffit pour que nos voix soient étouffées ?

 

 

Pour tout vous dire, pas vraiment.

 

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


13 thoughts on “Vous pouvez faire semblant de ne pas nous voir, mais nous sommes bien là…”

  1. Comment la télé pourrait-elle s’intéresser aux manifestations (de JEUNES qui plus est !!) espagnoles grecques et autres, alors qu’il y a les beaucoup plus glamours mariages princiers en ce moment?!
    On a pas les mêmes valeurs… ;)

      1. Oui tout à fait.
        Ils se mettent des oeillère pour faire semblant de ne pas voir, semblant de ne pas savoir semblant de ne pas être responsables, semblant de ne pas nous mentir.

        On a longtemps était dans la posture confortable de faire semblant de les croire. Malheureusement ce confort a un prix qu’on ne peut plus payer : crise économique, crise écologique, crise sociétale.

        C’est chouette de voir un nouveau monde naître mais que c’est dur de tuer l’ancien.

  2. Il est amusant de remarquer, sur ces memes medias, que les gens qu’on nous presente comme des alternatives au systeme (lepen), sont des gens qui pronent des solutions autoritaires (police, armée, caméra…).

    Peuh…

  3. Oui, certains jours, on se dit qu’il faudra peut-être tout casser… avec les dommages collatéraux que cela suppose, pour mieux repartir sur des bases plus saines.
    Des décennies de lavage de cerveaux, ça ankylose.
    Mais les fumiers peuvent commencer à serrer les fesses.

  4. Alors qu’il suffit de leur dire que la fête est finit et elle serait finit.

    Bon ils seraient capable de déclancher une guerre ou une autre saloperie du genre, 1789, 1914 1917 1918 puis rebelotte en 1940.

    L’histoire ne se répète pas, elle bégaye…

  5. oui personne ne dit que si on « sauve » la grece c est en fait pour sauver le credit agricole et la SG
    Mais il ne faut pas exagerer, les grecs sont quand meme pas innocents dans l histoire: qui a elu et reelu des politiciens corrompus, clientelistes et incompetents ?

    C est vrai que c est pas facile de faire autrement, il n y a qu a voir ce qui se presente en France en 2012: choisir entre sarkozy et flamby, c est cornelien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *