Twit’tragédie

Ce matin, en épluchant un peu les derniers tweets des gens que je suis, je n’ai pu m’empêcher de tomber sur ce hashtag : #RIPSophieEt derrière ce hashtag se cacherait une tragédie, celle d’une jeune canadienne qui se serait suicidée. A en lire les nombreux tweets, cette dernière se serait suicidée « parce qu’elle se faisait harceler sur Twitter« . C’est peut être vrai, c’est peut être un hoax, mais là n’est pas la question. Si le fait qu’une personne se suicide est effectivement dramatique, j’ai en revanche beaucoup de mal à opiner du chef quand je lis « saydlafot des internaites« .

Le harcèlement n’est pas l’oeuvre d’Internet. Il est l’oeuvre d’abrutis qui, en groupe, deviennent cons… ce phénomène, on l’a partout : dans une cour d’école, dans un stade de foot, dans la rue, et même dans un hémicycle… ça s’appelle la connerie de groupe, et bien hypocrites ceux qui semblent la découvrir sur les réseaux sociaux.

Frédéric Lefèbvre en son temps, montant au créneau pour tenter de réguler le Net nous expliquait :

« L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! (…) L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. (…) 
 Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde (…) »

Évitons donc les amalgames idiots en nous rabaissant à la définition du Net sauce Lefèbvre, la pauvre Sophie a été victime de harcèlement sur Twitter, elle a probablement du l’être ailleurs, et imputer la responsabilité de son acte à un réseau social est un non-sens.

Si vous ou l’un de vos proches êtes victime de harcèlement sur un réseau social, il existe des recours légaux. Le harcèlement moral, en France est un délit puni d’1 an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Pour la CNIL, dans un article, publié en 2010, « Tout ce qui est préjudiciable à l’identité numérique d’une personne est considéré comme du harcèlement virtuel ». Une mise en demeure d’avocat suffit généralement à faire retirer les contenus litigieux.

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17 thoughts on “Twit’tragédie”

  1. Ce weekend, une jeune twittas française m’a donné bien des frayeurs après ce tweet.
    (Ma mere envisage de pardoné a ce pourri merdique de tito je npeux plus c trop je n’ai plus la force de lutté face a l’existence adieu)

    Ça m’a rapidement inquiété (oui, la fille est assez « spessial » de ce que je peux déduire de son profil twitter, et côté famille ça a l’air d’être une catastrophe…)
    Je lui ai d’abord envoyé 2 tweets, lui demandant de me répondre, ce qu’elle n’a jamais fait.
    Ensuite, j’ai appelé les flics de sa ville vers 21h (2h après son premier tweet).

    Toujours inquiet, n’ayant de nouvelles ni d’un bord ni de l’autre j’ai rappelé les flics à 1h du mat’ (3h après mon premier appel) et je suis tombé sur le même bonhomme que la première fois. Il m’a dit que son chef s’en occupait et essayait toujours d’obtenir son identité d’après son profil/adresse IP auprès des FAI. (bref, là elle a eu le temps de crever plusieurs fois quand-même). D’ailleurs je n’ai jamais eu de nouvelles d’eux, peut-être qu’ils cherchent encore.

    Ce matin, mademoiselle refait surface (dans un style bien à elle, ne me demandez pas pourquoi je la followais jusqu’ici, c’est du bonheur à chaque tweet) :

    « I AM COME BACK WITH MY SMILE, THE FRIENDS!!!!!! »

    puis à suivre :
    « Merci de vs etre inquiétez pr moi les twittos meme si jsuis un peu déçue qu’y en a pas plus qui se sont inquiété mais bon jreviens en force! »

    Je me suis posé des questions après ces réponses (Ai-je été parano ? mérite-t-elle la vie sauve :) ? )
    Mais si c’est à refaire, je le referai, et cette fois-ci immédiatement, sans attendre 2h de passer un coup de fil, etc. Ça peut paraître con d’attendre, mais on se demande vraiment si c’est sincère ou si c’est des manières pour attirer l’attention, si c’est dit à la légère, et puis en ligne on ne peut que se faire qu’une vague idée de la personne, etc.

    Bref, Kimberly (« avec un K comme Kiwi ») se porte très bien, même si la vie est dure, surtout quand ton ex meilleure copine a eu le droit de faire un tatouage chinois dans le dos, et que toi tu n’as pas le droit.

  2. Je suis d’accord avec le point de vue de l’auteur mais écrire « victime d’un harcèlement sur twitter » ne signifie pas forcément « c’est la faute de twitter ».

    Oui, il est bon de rapeller qu’il ne faut pas faire les mêmes amalgames que par exemple Mr. Lefèbre mais, sur cette déclaration là, il n’y en avait pas forcément (je n’ai pas twitter donc je n’ai pas vu les réactions).

    Dire qu’une jeune fille s’est suicidée car elle a été harcelé sur twitter est, en soi, une déclaration juste. De même que si cette jeune fille s’était suicidé car victime de harcèlement à l’école/ au travail/chez elle.
    Évidemment, ce n’est jamais le seul et unique motif mais ce n’est pas pour autant que l’on en viendrait à blâmer l’école ou le lieu de travail….
    Attendez..c’est exactement ce que l’on fait (enfin ce qui est dit dans les médias) =D

    PS : l’heure des messages sur votre site n’est toujours pas à l’heure d’hiver :p

    1. « Évidemment, ce n’est jamais le seul et unique motif mais ce n’est pas pour autant que l’on en viendrait à blâmer l’école ou le lieu de travail….
      Attendez..c’est exactement ce que l’on fait (enfin ce qui est dit dans les médias »
      A ce que j’en ai compris, le travail est reconnu comme cause de suicide lorsque la personne laisse une lettre sans équivoque ou moins facilement lorsqu’elle se suicide sur son lieu de travail.
      On trouvera toujours un supérieur pour expliquer que ce n’est pas la cause réelle, mais que ses conditions familiales toussa…
      Maintenant, dans le cas de cette fille, en suivant votre logique, il faudrait qu’elle ait laissé un message clair indiquant que c’est à cause de ces nuisances sur les sites sociaux qu’elle a mis fin à ses jours. Est-ce le cas ?
      L’adolescence est un moment difficile pour beaucoup de jeunes. On commence à être confronté à la connerie de certains, il est difficile de gérer sa propre image et parfois on ne reçoit pas le soutien dont on aurait besoin pour passer ce cap. Ce n’est pas nouveau et je suis pas certain que les réseau sociaux aggravent les choses, car je pense également qu’ils peuvent dans certains cas contrebalancer cet effet, justement.

      Le seul moyen sérieux de le savoir, ce serait une étude épidémiologique.

    2. D’accord avec NicoDuNord.

      Je vois pas tellement l’intérêt de cet article. De toute façon twitter continuera à exister, les gens continueront à le critiquer d’autres à l’utiliser.
      Quelle importance ?
      Si on reproche à LeFèbvre d’exploiter un fait divers pour sa croisade alors on ne pas réutiliser ce même genre de fait divers pour défendre le point de vue adverse.

  3. Disons que l’instantanéité de Twitter, lié à un certain anonymat (ou la sensation de cet anonymat)peuvent facilier certains comportements.
    Mais là comme ailleurs, Twitter n’est que l’outil.
    Bien ou mal utilisé.
    Les nombreux accidents de chasse (ou d’armes de chasse dans un contexte de non-chasse) ont-ils mené à une telle diabolisation, voire à une interdiction ? Que nenni.

    Je penche totalement du côté de Bluetouff concernant la notion de meute. Dans un tel contexte, beaucoup d’humains perdent la notion de réflexion individuelle.
    Je m’y suis frotté quelque fois (en tant qu’intervenant, pas en tant que victime). Ca demande beaucoup de calme et de maîtrise, d’isoler le ou les meneurs ; mais en deux minutes, on arrive à faire totalement inverser l’action et la vision de la meute. Faut « viser » (convaincre, faire douter) la tête, et les suiveurs suivent.

  4. Woody Allen disait : « la vie est une maladie mortelle et sexuellement transmissible ». Il faudrait se préoccuper de cet effroyable constat et faire quelque chose, c’est très inquiétant…que fait Lefèbvre ?

  5. Pour avoir été et être encore victime de harcèlement moral, je plussoie le fait qu’effectivement ce n’est pas la faute d’Internet. Ça commence avec des gens qu’on côtoie dans la vie de tous les jours et qui connaissent peut être une adresse mail, un blog ou tout autre page de réseau social ou Internet « privé » et la spiral du harcèlement virtuel peut commencer. Il n’est que la continuité du harcèlement qui a lieu dans la vie de tous les jours. Et je dirais que c’est juste un moyen de « continuer » comme autrefois les lettres anonymes dans les boites aux lettres réelles ou les corbeaux qui en distribuaient pas seulement chez vous….
    Ce n’est clairement pas un phénomène nouveau… et c’est bien pour cette raison que porter plainte n’est absolument pas une honte, au contraire.

  6. Ce que je trouve un peu débile dans ce genre de cas (suicide à cause d’un réseau social), c’est la personne en soit (sans aucune méchanceté).
    Elle peut y mettre fin très facilement : fermer son compte, changer de pseudo, etc. Alors que dans la vie réelle, elle n’a pas ce pouvoir. Donc franchement, accuser Internet du suicide d’une personne me fait franchement rire (sans compter que ça peut être un fake).

  7. Ping : Pihair.fr

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