Tunisie : une contagion est possible dans certains pays du monde arabe

Suite à l’exemplaire et courrageux soulèvement du peuple tunisien, presque unanimement salué par l’opinion internationale, la presse comme la diplomatie mondiale commence à se pencher sur les possibilités de contagion à d’autres pays du monde arabe. Première nation à focaliser l’attention, la Lybie, dont le dirigeant Mouammar Kadhafi s’est empressé de témoigner son soutien à l’ex-président tunisien Ben Ali, déchu et en fuite. Pour Kadhafi, Ben Ali est toujours le président tunisien. Espérons qu’il en restera là et qu’il ne passera pas dans la tête du dirigeant libyen une idée plus saugrenue que celle d’un soutien oral.

Surtout, pour Mouammar Kadhafi, il ne faudrait pas que le peuple libyen, lui aussi soumis à un régime autoritariste, lui aussi doté d’une population très cultivée et éveillée au monde qui l’entoure, n’en vienne à aspirer à ce même vent de liberté révolutionnaire. Comme le souligne Jeune Afrique, Mouammar Kadhafi se fait le porte parole des dictateurs du monde arabe, agitant le spectre, tantôt du chaos, tantôt de l’islamisme, une caricature.

Mais en s’adressant au peuple tunisien, n’est-ce pas aussi et surtout un peu à son propre peuple que le roi libyen s’adresse ?

Certes, la situation n’est pas la même en Libye, mais il y a quand même quelques similitudes qui ne trompent pas sur la nature du régime. La presse de la Lybie, comme celle de la Jordanie ou de l’Égypte, devrait nous renseigner les prochains jours sur la manière dont les pouvoirs locaux ont accueilli la chute de la dictature tunisienne. Ceci nous renseignera surtout sur leur faculté à tuer dans l’oeuf toute velléité insurrectionnelles.

Enfin, mais ça nous y reviendrons plus tard, quand nous aurons pris le temps d’analyser les faits… le rôle d’Internet est une nouvelle donne. Il faut tout de même conserver les pieds sur terre, Internet est un outil d’information, la révolution tunisienne s’est fait dans la rue, elle a fait des morts pas virtuels du tout. Mais quel poids le réseau a vraiment eu sur le soulèvement populaire tunisien ? Une seule certitude : le régime de Ben Ali qui soumettait le Net à une censure stricte, est venu nous démontrer que l’on arrêtait pas l’océan avec les mains.

Pour parfaire le décor, les anonymous sont toujours décidés à en découdre, ils promettent des représailles aux pays qui accueillent le clan Ben Ali. Des représailles qui pourraient une fois de plus prendre la forme d’attaques par dénis de service. L’opération Optunisia ne semble donc pas encore achevée, galvanisée par le soulèvement tunisien, les anonymous pourraient voir leur rangs grossir encore un peu plus. Après Wikileaks et maintenant la Tunisie, Anonymous, plus qu’un effet de mode, réveille les aspirations de libertés de milliers de jeunes. Et si les méthodes sont discutables, le fond et l’impact méritent que l’on s’y intéresse.

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