Tiens, le Wall Street Journal ne lâche pas l’affaire Amesys…

Bien entendu, la toile s’est remplie ces derniers jours de dépêches d’agences courtes et peu documentées, certaines (AFP) ne sachant même pas ce qu’est le DPI, mais dissertant sans complexes, mais on n’a pas encore vu dans la presse classique un dossier un peu charnu sur le DPI et sur l’affaire Amesys.

Pas plus qu’on en verra sur l’affaire BlueCoat (quoi que ça….). Bref. Une information chassant l’autre, la cellule de crise chez Amesys peut sans doute commencer à se reposer. Il faut dire que leur seule action visible jusqu’ici à été de fermer le site et de remplacer les pages par une image « En construction ». Pas mal.

De son côté, le Wall Street Journal ne lâche pas l’affaire, trop content d’avoir trouvé une entreprise française impliquée dans la chasse aux opposants.

Reflets se permet une fois de plus de rappeler que tous les jours, l’entreprise américaine BlueCoat aide la Syrie à poursuivre les opposants au régime. Que l’on soit clairs, le scandale n’est pas qu’une société américaine, française, allemande, sud-africaine, que sais-je, aide des dictateurs à fouiller dans leur vie (privée) sur les réseaux. Le scandale est que des gens arrivent à se regarder tous les matins dans la glace en ayant vendu ce type de logiciels à des dictatures. Derrière les noms des boites, il y a des hommes. Des têtes. Ils ont négocié, vendu, fêté le marché, revendu du conseil, de la maintenance. Le tout à des dictateurs. Oh, et ils le font aussi dans votre pays. Mais là, ils vous diront que c’est pour de l’interception légale.

LOL

Voici le reportage du jour du WSJ :

 

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

5 thoughts on “Tiens, le Wall Street Journal ne lâche pas l’affaire Amesys…”

  1. En fait le problème est assez simple sur le fond. Dans le monde actuel et avec le niveau de vie qu’est le notre nous ne pouvons nous passer de commercer avec des pays « non démocratiques » (pétrole notamment mais pas que, l’uranium ne vient pas d’Europe)…

    On a peut être dit un moment que c’était mal mais on a pas le choix sauf à changer radicalement la société (je vous raconte pas le bordel si on abandonne d’ici demain l’importation de pétrole non démocratique). Au final il est donc autorisé moralement de commercer avec ces pays. On est donc passé de « pas le choix » à « autorisé ».

    Comme pour tout un cas particulier j’étends alors très vite au reste, si on leur achète du pétrole on peut bien leur vendre des armes…

  2. j’espère que sylv est ironique… J’irai même plus loin, j’ai travaillé y’a longtemps pour un boîte (française) qui fabrique des tubes de canons, notamment pour les chars d’assaults. En posant la question fatidique à un commercial, la réponse est tout simplement énorme : « tu sais, les chars maintenant c’est juste pour parader pour les fêtes nationales »… En disant ça, je crois qu’on en a dit une partie… Sur le reste mais c’est la même histoire que les marchands d’armes… Le capital a depuis longtemps pris le pas sur la « moral » ou à la rigueur l’éthique… Y’a un cas sympa sur les travers du capitalisme, c’est le cas de Nauru ! Enfin, on va peut être loin là non ?

  3. Au risque d’être accusé d’atteindre le point godwin… cela s’appelle plus simplement de la collaboration. Comme il n’y a guère de doute qu’il y ait eu crime contre l’humanité en Lybie, une telle collaboration pourrait même relever de poursuites pénales internationales.
    Pour info, il pourrait être intéressant de creuser auprès d’historiens sur ces questions de collaborations économique. Par exemple Annie Lacrois Riz. Il me semble qu’après Nuremberg, un procès de la collaboration économique internationale avec le régime nazi avait été envisagé. Ce procès n’a pas eu lieu mais les archives nationales conservent des copies des dossiers d’instruction.

  4. La page d’accueil du site d’amesys a été remplacée par un communiqué. Sous forme d’image, pour éviter les copier coller je suppose…
    Pour le fun, je recopie ici le début du « communiqué » :
    « Suite à un grand nombre d’informations erronées ou fausses parues dans les médias, Amesys tient à apporter les précisions suivantes. »

    S’en suis un texte qui prétend que leur intervention en Lybie avait pour but de contrer Al Qaida. Le terrorisme a toujours bon dos ^^

    1. Merci de nous avoir signalé cette modification. Ca fait deux jours qu’Amesys se murait dans le silence. C’est bien qu’elle en sorte. D’autant que pour une fois, la gadgetophrase est très très longue.
      Nos articles le seront en conséquence. Stay tuned…

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