Supersarko, sauveur du monde : il y a (toujours) du laisser aller… – Bahrain : Shouting in the dark

La crise économique mondiale dont les contours commencent à prendre forme dans les esprits désespérément fermés de nos « politiques » (il était temps) a une conséquence fâcheuse. Elle éclipse les événements en cours en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie, à Bahreïn, etc. Pour autant, nous ne sommes jamais à l’abri d’une faramineuse incongruité. Et au milieu du tumulte du jour Reflets vous propose de réfléchir à ce qui vient de se passer au Sud. Celui qui peut toujours attendre l’aide internationale, vu ce à quoi sont confrontés nos « politiques », bien connus pour leur altruisme (voir p. 2 du Canard Enchaîné daté du 3 août, le passage sur Alain Juppé et la famine dans la Corne de l’Afrique). Si vous n’aimez pas lire, rendrez-vous directement en bas de la page, mais ce serait dommage.

La Syrie est, nous dit-on, de plus en plus isolée sur le plan international. On se demande sur quelle échelle l’OTAN mesure la nécessité, ou pas, d’intervenir militairement, parce que depuis des semaines… Mais l’incongruité majeure n’est pas là. Figurez-vous qu’après l’Arabie saoudite dimanche, le Koweït et Bahreïn ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs en Syrie.

« Le roi Abdallah a, dans un communiqué, enjoint le président Bachar al-Assad d' »arrêter sa machine de mort » et averti que « le royaume ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie » », nous indique le Nouvel Observateur. « « Bahreïn a décidé de rappeler son ambassadeur à Damas pour consultation et appelle à la sagesse en Syrie », a déclaré le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled Ben Ahmad Al-Khalifa », précise le journal.

Ce que ne dit pas le Nouvel Observateur L’AFP, c’est que l’Arabie Saoudite et Bahreïn sont particulièrement mal placés pour parler de démocratie ou soutenir les « naturelles aspirations du peuple syrien », comme psalmodient les diplomaties occidentales depuis des mois.

L’Arabie Saoudite est un partenaire commercial incontournable et un allié puissant dans la région pour les démocraties occidentales et cela les a empêchées de prendre une position ferme contre la répression sanglante qui se poursuit à Bahreïn.  Le même Bahreïn qui proteste contre la répression en Syrie…

L’Arabie Saoudite a en effet envoyé sur place ses troupes pour aider le pouvoir en place à réprimer les manifestations dans ce petit royaume.

Le 21 mars dernier, Reflets.info relayait des images très dures pour tenter de montrer à quel point la situation dans ce pays était grave, regrettant au passage que Nicolas Sarkozy, grand sauveur de la planète devant l’éternel, n’ait pas décidé d’aider ce pays. Lui, si prompt à envoyer la troupe en Libye, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire…

Pourtant, les réprimés Bahreïniens peuvent toujours attendre une condamnation des diplomaties occidentales. On ne contrarie pas L’Arabie Saoudite (et donc ses amis). Et comme l’Arabie Saoudite, autre incongruité affligeante, n’a pas demandé à Bahreïn de « stopper sa machine de mort », personne ne veut rien faire. Contrairement à ce que le régime en place veut faire croire avec la libération de deux prisonniers, Amnesty International est toujours inquiète : les opposants seraient toujours menacés

Le pays n’est d’ailleurs pas sous les radars de la presse comme le montre le Radar fait maison chez Reflets, et qui scrute les articles sur les révolutions arabes. A part le Guardian, les analyses de la situation ne sont pas légion.

 

Pour lire ce schéma : en bas, le nom des pays scrutés par le radar. Sur le côté gauche, la mesure virtuelle de visibilité dans la presse, sur une échelle de de 0 à 2

 

 

Le Radar de Reflets.info
Pour lire ce schéma : en bas, le nom des pays scrutés par le radar. Sur le côté gauche, la mesure virtuelle de visibilité dans la presse, sur une échelle de de 0 à 2

 

 

Pour mieux comprendre ce qui se passe dans ce petit pays, Reflets vous invite activement à regarder ce documentaire qui passe en boucle sur Al Jazeera. Il y a des chances pour que ce que vous allez voir vous mette en colère. Démocraties occidentales, politiques, nous savons que vous ne serez pas en colère. Mais nous, les peuples, nous le sommes. Nous ne manquerons pas de vous le rappeler.

Bahrain: Shouting in the dark

The story of the Arab revolution that was abandoned by the Arabs, forsaken by the West and forgotten by the world.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


4 thoughts on “Supersarko, sauveur du monde : il y a (toujours) du laisser aller… – Bahrain : Shouting in the dark”

  1. La vache…
    Je commente pour commenter mais les mots courent sous mes doigts plus vite que les réponses ne viennent dans mon esprit. Que se passe-t-il dans ce monde ?

    Que se passe-t-il ?

    Kitetoa, tu cries aussi dans l’obscurité ! Ne vois-tu pas que personne ne t’écoute ? Tu les interpelles mais ils t’ignorent :'((( Qu’est-ce qu’on a pu faire ? Comment peut-on laisser de telles choses se passer dans le monde dans lequel nous vivons ? Désolé j’écris n’importe quoi mais c’est sous le coup de l’émotion. Je n’ai pas suivi cette histoire. Ce n’est pas possible que le peuple perde, c’est trop dégueulasse. C’est vraiment horrible.

    Un dernier mot pour tous ces citoyens de Bahreïn qui se soulève : vous nous donnez une leçon d’humanité que personne ne peut ignorer. Vous vous soulevez contre votre dictateur comme peu ont osé se soulever chez nous, lorsque nous étions envahis. Vous avez mon respect et ma révérence éternelle.

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