Standard & Poors annonce la sortie de crise, tous aux abris !

Ce qui est chouette avec les agences de notation, c’est qu’elles disent n’importe quoi mais permettent de faire du story telling bien pratique pour justifier certaines décisions politiques. Là, c’est une dépêche AFP reprise par Le Monde qui vient expliquer que la crise de la zone euro, c’est fini en 2013. Oui, vous avez bien entendu : la crise des dettes souveraines, on en parle plus, ça va s’arrêter. Bon, ok. Cool. Mais on aimerait comprendre…

La question qui tue : qui paye S&P ?

Dans le cas d’un Etat comme la France, c’est la France qui paye Standard & Pauvres pour sa note. Comme l’élève paierait son prof. Et la note de la France a été dégradée en janvier dernier par S&P. Houuuu, les vilains. Ca fiche la trouille. Parce qu’ensuite une autre agence de notation, Moody’s (lunatique) a elle aussi dégradé la note de la France. Diantre ! Mais c’est terrifiant ! D’ailleurs notre bon président socialiste a ainsi justifié au cours de sa conférence de presse sa politique d’austérité visant à réduire le déficit public avec un budget en super baisse et des coupes sanglantes dans les dépenses publiques : « si on ne le fait pas, les marchés vont se déchaîner« . Carrément. Se déchaîner…fiouuuuu, There Is No ALternative alors…Mais ça veut dire quoi des marchés qui se déchaînent ? Ca veut dire emprunter à des taux exorbitants. Et ouais. Plus t’es dans la merde, plus tu empruntes cher. C’est dégueulasse…

Alors, alors, il faut aller voir si les notes des agences de notation font que les marchés se déchaînent et nous prêtent de la thune hyper chère, c’est le mieux. Voici donc un premier graphique qui donne les taux d’emprunt de la France depuis janvier. Et comme vous allez le comprendre, la théorie de Standard & Pauvres, Lunatique, Putois et François N°2 ne fonctionne pas du tout :

 

taux-emprunt

Ah oui, c’est même l’inverse : plus on est dégradé, moins on emprunte cher. Mais il faut remettre tout ça dans une perspective longue, comme avec le climat mondial, regarder sur 30 ans par exemple. Ca doit être juste conjoncturel, hein ?

taux-30ans

Et le graphique pourrait indiquer un taux à 2% fin de l’année dernière, en 2012, le plus bas de toute l’histoire des emprunts sur les marchés. Ahlala, rien ne fonctionne comme ils voudraient. Ce qui pourrait être bien c’est que quelqu’un aille poser la question à François : quand t’es dégradé, tu payes moins, alors pourquoi tu t’occupes de ne pas être dégradé, hein, François ?

Bon, de toute manière, la longue marche vers un Etat exangue est effectivement bien entamée, S&P s’en félicite, quand au reste…on attend de voir comment la zone euro, dont le taux de croissance en 2013 est estimé à -0,4% , va fêter la sortie de la crise annoncée, avec un chômage en augmentation permanente dans 90% des pays concernés et des systèmes sociaux aux poches trouées. Surement très bien : c’est quand même une agence de notation qui le dit, des gens formidables, très compétents et surtout qui se soucient de l’économie.

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24 thoughts on “Standard & Poors annonce la sortie de crise, tous aux abris !”

  1. Normal quant on sait qu’une pièce de platine de 1000 milliards $ va être frapper au USA pour renflouer ses potes Actionnaires.

    A savoir que le dette des USA est de 26000 milliards $.

    Reste plus que 25 pièces…

    Idem au Japon pour le Yen…

    Tout va bien madame la marquise…

  2. Ou ai-je parlé de trois grande faiblesses ? En tout cas, il y en a une qui me saute aux yeux : l’analyse de Reflets ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez. Elle se base uniquement sur le cas particulier de la France, ne tient pas compte de « l’échelle » des notes que les agences nous donnent (nous ont-elle dégradé un tout petit peu, ou beaucoup ?), et ne prends pas non plus en compte le facteur de la politique économique menée par notre gouvernement.

    Bien que la note de la France ait été dégradée, elle ne l’a été que d’un cran, et le pays est toujours considéré comme un emprunteur de « haute qualité ». Cette dégradation est trop négligeable pour avoir comme conséquence une hausse des taux d’intérêts, d’autant plus que les notes souveraines ne font pas tout. Les créanciers regardent aussi la politique économique menée par les gouvernements – et la notre va en leur sens – ainsi que l’atmosphère qui règne dans le monde social.
    Contrairement à la France, les pays que les financiers appellent désormais avec mépris « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce, Espagne), ainsi que l’Irlande, ont vu leur note souveraine fortement dégradée, qui plus est d’un seul coup. Dans leur cas, cette dégradation a eu pour conséquence une forte hausse des taux d’intérêts.
    Jetez un coup d’oeil à l’historique des notes souveraines des pays de la zone euro, ainsi qu’à ce graphique : http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/05/taux-d_interet.jpg
    La corrélation vous semblera surement plus évidente.

    Cordialement

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