#Sous-Surveillance, un projet en devenir.

Dans un pays, un monde, où  la surveillance numérique est en plein essor (à son apogée), où des projets naissent et se pérénisent, voient le jour et disparaissent aussi vite que la vitesse de la lumière, nous avons pu entrer en contact avec des rebels de la vidéo surveillance. Leur projet « Sous Surveillance » voit le jour, venant approfondir ce qui a été affirmé par la CNILdans un rapport paru le 10 Juillet. Un simple chiffre à vous signaler, en France ce sont plus de 900 000 caméras de vidéos surveillance qui sont en fonctionnement. Souriez vous êtes filmés !

Bonjour, pour ceux qui ne connaissent pas, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est http://rebellyon.info ?

Rebellyon : Rebellyon.info est un site d’informations alternatives lyonnais, participatif mais surtout collaboratif. Il existe depuis 2005, c’est un site hybride entre une plateforme de communication (pour les collectifs, assos, individu-e-s qui se retrouvent dans des idées anti-autoritaires sur Lyon) et un espace collaboratif qui permet à des personnes de s’entraider dans l’écriture, à la différence d’initiatives proches comme Indymedia. Comme nous avons développé ou installé nos propres outils (serveur web, mail, de listes, et sites sous Spip), un certain nombre de personnes intéressées par la technique sont présentes dans le collectif d’animation de Rebellyon. Ce qui permet de lancer différents projets amusants (il y a quelques temps, nous avions tenté une expérience de site communautaire de vidéo, totalement libre,  mais avec des soucis insolubles de bande passante). Une sorte de manifeste de Rebellyon est en cours de finalisation pour proposer ailleurs un fonctionnement qui a fait ses preuves sur Lyon.

Pouvezvous nous expliquer le projet « sous-surveillance » ?

Rebellyon : Au départ c’est un projet de cartographie qui concerne la vidéo-surveillance municipale à Lyon. Il existe déjà un certain nombre de cartes de la vidéo-surveillance. Mais nous voulions quelque chose de différent :

  • plus participatif, car il n’est pas évident de pouvoir rajouter facilement des données sur une carte Open Street Map (ou même Google Map) ; et le but n’est pas seulement de proposer une carte, mais de permettre aux habitant-e-s d’une ville de se saisir de cette question, en repérant les caméras qui les fliquent tous les jours ;
  • plus complet, en incorporant un maximum de caméras de la voie publique (banques, commerces, édifices publics, etc.) et qui participent à la banalisation quotidienne de la surveillance ;
  • plus informatif qu’une série de points sur une carte,en plaçant des photos, des infos sur les caméras, et en lien avec des articles sur la question ;
  • plus flagrant, avec la visualisation des zones surveillées (qui reste illustrative) par les différentes caméras.
  • plus évolutif, avec la possibilité de rajouter au fur et à mesure des éléments : le lien de la vision Google Streetview de chaque caméra doit par exemple être ajouté prochainement. On peut imaginer plein d’autres choses également. Mais surtout, nous voulions mettre en place un support pour les opposants à la vidéo-surveillance, un outil qui permette une mobilisation large sur la question.

Pour l’instant, seul le site lyon.sous-surveillance.net est lancé, mais d’autres sites similaires dans d’autres villes devraient voir le jour rapidement, à partir d’une base technique commune.

Peut on comparer votre opération à celle s’intitulant  » Opbluecabinet  » de telecomix ? Vous connaissez ?

Rebellyon :Oui, c’est une idée similaire quelque part, mais qui a pour but d’être plus visuelle (grâce à la cartographie) et peut-être aussi plus participative. L’un des objectifs de sous-surveillance.net est également de mentionner et de documenter sur les entreprises, administrations, laboratoires de recherche participant à cette industrie de la surveillance. Ceci au niveau, local régional ou plus après développement….Mais peut-être pas au niveau mondial pour l’instant à la différence de l’OpBlueCabinet

« Sa voca­tion est d’être un outil pra­ti­que de cons­tes­ta­tion et de mobi­li­sa­tion dans chaque ville comme au niveau natio­nal », cela fait penser à Marseille, qui a récemment vu son nombre de plaintes augmenter concernant la vidéo surveillance et son utilisation.

Pensez vous que la population commence à prendre conscience des enjeux concernant la vidéo surveillance, avez-vous pour but de faire reculer les politique dans la mise en oeuvre de cette vidéo-surveillance ?

Rebellyon : Le but est de rendre visible cette surveillance qui se veut diffuse, normale. Et si possible de la rendre inacceptable. Marcher dans la rue, voir les caméras qui sont potentiellement en train de nous observer, et imaginer le surveillant derrière son écran devient très vite insupportable. Si ce projet participe à faire prendre conscience des enjeux de la surveillance à un public large, alors on aura réussi. Mais l’information ne suffit pas, il faut qu’elle soit relayée par des actions concrètes, que ce soit dans l’espace public ou contre les organismes qui installent ces caméras à tour de bras. Actions que nous relaierons à notre tour, comme celle menée récemment à Marseille lors d’un carnaval masqué où des caméras ont été mises hors d’état de nuire.

Vous avez donc des contacts en vue au niveau associatif ? ONG ?

Rebellyon : Pour l’instant nous avons surtout bossé pour sortir le site lyonnais et pris des contacts dans les réseaux militants libertaires (des personnes de la FIDH, qui s’est toujours intéressée au sujet, ont aussi été contactées, sans trop de réponse pour l’instant, et Jean-Marc Manach de Bug Brother, était au courant depuis un moment du projet). Mais si l’initiative grossit, ce que souhaitons bien sûr, nous allons rapidement avoir besoin du soutien d’autres structures (en terme de serveur notamment). Ca permettra également de lancer des dynamiques plus larges sur cette question : il existe peu d’initiatives fédératrices sur la question à part dans quelques villes où le déploiement est en cours (comme à Marseille ou à Paris).

Allez-vous vous arrêter à la carte participative ou allez-vous faire des actions d’information sur le terrain ?

Rebellyon : On ne manque pas de travail, et nous pensons que c’est une belle occasion de plus après les mobilisations contre ACTA/INDECT par exemple, de réunir des hacktivistes et des militants « de terrain » autour d’un projet commun.

Projettez-vous de faire du lobbying contre les sociétés de surveillance, des pétitions ?

Rebellyon : Localement, les sociétés de surveillance seront prochainement cartographiées. Ensuite c’est aux collectifs, aux associations de prendre le relais concrètement et pratiquement. Nous ne sommes pas des super-spécialistes du sujet, chacun-e d’entre nous s’intéresse aussi à d’autres luttes. Cette question de la surveillance devrait être l’affaire de tout le monde, c’est ce que nous essayons de faire avec ce site.

Comment peuton vous rejoindre ? Participer ?

Rebellyon : Ce  que nous souhaitons avant tout, c’est que des groupes se constituent dans d’autres villes et s’emparent rapidement du projet. Pour cela, il suffit de nous écrire à contact(arobase)sous-surveillance.net, de rejoindre la liste de  développement, où de venir discuter avec nous sur l’irc (irc.indymedia.org #sous-surveillance, accessible aussi facilement).

Des personnes avec des compétences en graphisme ou vidéo pour réaliser des supports de communication sont les bienvenues ! Concernant le développement, le code est bien sûr libre et accessible, ainsi qu’une documentation sur le  projet, y compris une liste de bugs déjà repérés, ou d’améliorations à apporter rapidement.

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Auteur: Snow

Dans un monde ou la majorité de nos libertés sont bafouées, méprisées, ou l’information douteuse envahit chaque être, ou les médias ne sont plus ce qu’ils étaient, ou le journalisme se veut plus sensationnel et racoleur qu’objectif, il existe plusieurs types de personnes. Celles qui mentent, celles qui ignorent, celles qui s’informent, celles qui agissent, celles qui pensent et les autres. Jean Rostand un jour à écrit “Attendre d’en savoir assez pour agir en toute lumière, c’est se condamner à l’inaction “ Ce blog est une voix s’élevant au travers d’un monde en souffrance. C’est l’histoire de ceux qui un jour ne savaient pas, se sont informés et ont décidé d’agir. Nous devons agir. Vous devez agir face à la tournure que prend notre monde, face aux évènements passés, présents et à venir. Il suffit de regarder au tour de soi pour comprendre que si tout le monde se contentait de suivre comme des moutons les paroles de nos très chers menteurs (chose que nous faisons la plupart du temps) le monde ira droit dans un mur. Il est de notre devoir d’agir en tout instant, pas seulement pour satisfaire notre égo et nous dire « moi j’agis » mais plutôt pour celui de nos descendants. Il n’y a rien de plus incompréhensible et inimaginable que de voir l’inaction chez ceux qui savent. Ici, nous parlerons de toutes les actualités, nationales et internationales, de vous, de nous, et bien évidemment nous garderons une part d’humour parce que tout n’est pas aussi noir sur notre planète. Nous serons le relai parfois d’informations que vous ne pourrez pas avoir ailleurs (médias traditionnels), nous dénoncerons, ne combattrons et jamais nous ne baisserons les bras. Il est inconcevable de laisser notre monde s’épuiser aux mains de personnes avides allant à l’encontre de la démocratie, de l’éthique, de la liberté, de tout ce pourquoi chaque être humain devrait se battre jusqu’à son épuisement total. Nous porterons au travers de ce blog un regard qui parfois pourra manquer d’objectivité car la passion qui nous anime pourra quelques fois déborder de tout sens logique. Vous serrez libre de commenter, corriger (si des erreurs sont à l’ordre du jour), vous informer, diffuser, communiquer sur chaque article, chaque sujet, chaque thème. Si le cœur et l’âme vous commandent de nous rejoindre n’hésitez pas à rentrer en contact avec nous pour participer à chaque cause qui vous semblera juste. Nous vous invitons à créer et présenter au monde vos créations, qu’elles soient littéraires, numériques, artistiques, poétiques, engagées, déterminées et bien plus encore. Apportez votre pierre à l’édifice, pour que le monde puisse voir, comprendre, s’informer, pour que les enfants de demain puissent grandir dans un monde plus juste, plus noble, un monde libre. We Fight For Freedom Sersnow©


7 thoughts on “#Sous-Surveillance, un projet en devenir.”

  1. Jean Marc Manach est cité dans l’article, j’en profite pour mettre le lien de son dernier article sur le sujet :
    http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2012/07/12/plus-belle-la-videosurveillance/#xtor=RSS-32280322
    – « le taux d’élucidation des faits de délinquance de proximité n’a pas davantage progressé » dans les villes vidéosurveillées que dans celles qui ne le sont pas…

    Ce genre d’initiative (RebelLyon) me semble être une excellente chose, et un « contre-pouvoir » nécessaire dans des pays comme le nôtre, où la presse, justement, ne joue plus du tout ce rôle de contre-pouvoir.
    A quelques exceptions près.

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