Saga High Frequency Trading : we rule your Babylon

Ce matin, au Bar des Amis, Paulo commentait les primaires socialistes, la crise de la dette souveraine, le délire des financiers, et les moyens pour régler tout ça d’un coup d’un seul.

Pour lui, la solution passait globalement par trois actions que notre bon président et les candidats du PS ont bien intégré :

  • contrôler les rémunérations des banquiers, leurs bonus, etc.,
  • mettre un terme aux paradis fiscaux,
  • séparer la banque de dépôts de la banque d’investissement.

C’est en vain, bien entendu, que j’ai expliqué à Paulo, entre son Ricard et son troisième demi, qu’il se mettait le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate et ses idoles politiques, de même. Du coup, Paulo, l’an prochain, sera probablement au chômage, grâce aux bonnes idées des politiques, justement, pour régler la crise qui les emportera.

 

Je lui ai tenu à peu près ce langage :

  • Les banquiers se contrefoutent des décisions de contrôle de leurs salaires et de leurs bonus. Pour la simple raison qu’ils ont généralement largement de quoi vivre à côté, qu’ils ont à leur service les meilleurs avocats d’affaires, spécialistes en « optimisation fiscale » et que le prestige du poste compte à peu près autant que le salaire, sans parler du pouvoir qui va avec.
  • Les paradis fiscaux existeront toujours. Virtuels ou réels, ils sont là pour le reste de l’éternité. L’agité de l’Elysée peut toujours taper de ses petits poings sur la table, c’est sans issue.
  • La séparation de la banque de dépôts de la banque d’investissement ne changera rien. Une TBTF (too big to fail) reste une TBTF, même si elle ne fait pas dépôts. En outre, les banques d’investissement continueront à faire ce qu’elles font, c’est à dire détruire l’économie réelle, parier sur des produits improbables qui forment les bulles et utiliser le High Frequency Trading.

– le Qwwwwwaaaa?

Visiblement, Paulo n’avait pas entendu parler de cette technique des banquiers pour générer des masses de brouzoufs sur le dos des Etats, des Banques centrales, et surtout, des entreprises et des citoyens. Leur nouvelle martingale. Le truc qui ne perd jamais. Oui, enfin bon… Jusqu’au jour où… Parce que les traders ont une phrase qu’ils connaissent par coeur et qu’ils oublient à intervalle régulier, toutes les trois minutes :  « les arbres ne montent pas au ciel ».

Je me suis dit, en le contemplant alors qu’il avalait sa cinquième bière du matin, que peut-être, cela vaudrait le coup de concentrer mes articles sur le HFT dans une rubrique de Reflets. Histoire qu’il puisse trouver de la doc en rentrant…, avant le match.

Voici donc, ami lecteur, la rubrique « High Frequency Trading : we rule your Babylon ».

Enjoy.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


5 thoughts on “Saga High Frequency Trading : we rule your Babylon”

  1. « Les paradis fiscaux existeront toujours. Virtuels ou réels, ils sont là pour le reste de l’éternité. L’agité de l’Elysée peut toujours taper de ses petits poings sur la table, c’est sans issue. »
    Je ne sais pas sur quoi il frappe, mais sûrement pas sur son entourage immédiat de copains, tant sur le plan professionnel que privé. D’ailleurs on commence à traiter quelques glaces flottantes en justice actuellement, à défaut de s’attaquer aux plus gros icebergs.

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