#rev11 : Le point du vendredi -15042011-

Syrie :

Janus el-Assad

Tel le dieu romain Janus, le président Syrien Bachar el-Assad montre deux visages. Celui qu’il veut offrir à la communauté internationale et celui qu’il impose au peuple syrien. Premier visage : celui d’un homme de dialogue ouvert à un aménagement des règles de gestion de son pays. Deuxième visage : une répression aveugle et terrible qui fait des dizaines de morts et aboutit à des emprisonnements massifs. Cette semaine à Baida, des manifestants ont été tués et des centaines d’opposants au régime se sont retrouvés sous les verrous.

Mais qu’importe, il suffit d’annoncer dans la foulée la libération de ces opposants arrêtés. Il y a comme un air de déjà vu, sauf pour la communauté internationale qui martèle que le colonel Kadhafi, ce tortionnaire, doit partir et laisse Bachar el-Assad agir à sa guise. Il y a pourtant un sacré air de ressemblance. La Syrie a longtemps été considérée comme un état terroriste jusqu’à ce que l’occident décide de la refaire entrer dans le concert des nations.

Mais allons, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, d’ailleurs 60% des ados américains pensent qu’il est normal de torturer un prisonnier en temps de guerre… Alors pourquoi pas en temps de paix si en plus, c’est loin, ailleurs, dans un pays africain…?

Bahreïn

Silence coupable

Comment les Etats-Unis pourraient-ils s’offusquer publiquement de la répression violente en cours à Bahreïn ? Le pays héberge l’une des plus grosses bases militaires américaines de la région… Qui plus est, l’Arabie Saoudite, pays traditionnellement allié et premier exportateur de pétrole, est entré à Bahreïn pour « rétablir l’ordre » (attention, images pouvant choquer n’importe qui, sauf la communauté internationale). On ne va tout de même pas s’aliéner des alliés, notamment sur le front libyen. Le Washington Post s’offusque pourtant du silence américain. Selon le journal, ce silence risque de produire, justement, l’effet inverse de celui attendu. En tentant d’éviter un poussée sectaire dans la région (ce qui reste à prouver), qui serait sans doute exploitée par l’Iran, les Etats-Unis créent les condition de ce soulèvement, en repoussant simplement le moment fatidique.

Human Rights Watch pointe l’horreur en cours, tant en Syrie qu’à Bahreïn.

Le Times s’interroge par ailleurs sur les dérives dans ce pays, mais également sur les principes à géométrie variable du président Barack Obama. On s’en doute, la mort de journalistes de media d’opposition dans les geôles d’un pays ne sont pas un signe de démocratie. Sauf, sans doute pour l’occident qui reste coi.  En même temps le régime explique qu’il est mort d’un problème de rein. Comme le prouvent ces photos de sa dépouille.

Il y a déjà un moment que Reflets.info le dit :

« Les hommes timorés préfèrent le calme du despotisme à la mer orageuse de la liberté ». (Thomas Jefferson)

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


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