Reflets, les sous, l’avenir, la vie…

Le 23 décembre 2010, Reflets.info est né. Bien entendu, nous étions déjà là avant, mais la première publication sur le Web date du 23 décembre 2010. Nous avions choisi un business model révolutionnaire, issu de mois de brainstorming avec les plus grands con-sultants du Web 2.0 et même 3.0. Nous n’aurions pas de pubs pour agrémenter nos pages tristes. Ni gifs animés, ni flash tonitruants. Même pas une pauvre popup. Non.

Nous n’aurions pas d’investisseurs qui soutiendraient notre croissance forcément formidable.

Nous n’avions pas non plus de perspectives.

Où allions-nous ? Nous ne le savions pas nous-même.

Des abonnés ? Pour quoi faire ? Non, juste quelques certitudes.

Réalisons un petit inventaire à la Prévert :

  • Nous savons de quoi nous parlons.
  • Nous publions sur ce réseau depuis des années. Parfois depuis le siècle dernier, c’est dire…
  • Nous avons des lecteurs.
  • Nous avons du lulz à revendre, pourquoi ne pas le partager ?
  • Nous ne nous prenons pas au sérieux et donc, ça marche ou ça ne marche pas, peu importe. Nous expérimentons continuellement. Si ça ne marche pas, on fera autre chose.
  • Nous savons que nos lecteurs sont sympas et qu’ils sont prêts à nous soutenir quand c’est nécessaire

Du coup, nous optons pour un business model révolutionnaire, et comme je le disais, fruit de mois de réflexions, de discussions avec les plus grands experts de la webitude : nous allons dire à nos lecteurs : »à votre bon coeur« , « si ça vous plait, donnez quelques sous, selon vos capacités et vos envies« .

Et comme nous sommes des adeptes de la transparence, nous ouvrons une page sur le site pour indiquer de quoi nous avons besoin et ce que vous, lecteurs, avez donné, chaque mois. Oui, sauf que c’était sans compter sur un truc… Reflets est devenu quelque chose d’extrêmement chronophage pour les auteurs. L’actualité, les sujets froids, mais que nous trouvons chauds, nos boulots respectifs, tout cela nous prend un temps fou. Les soirées sont occupées jusque tard dans la nuit à préparer les articles que vous lisez. Au début, à chaque don, j’envoyais un petit mail de remerciement. Au début je remplissait la page récapitulative des dons. Et puis peu à peu, je ne pouvais plus faire face. J’ai arrêté pour travailler, plutôt, sur les contenus. Avec les autres auteurs.

Et je dois dire qu’en relisant les articles assez régulièrement, je ne suis pas peu fier de faire partie de cette aventure.

J’ai lu des choses que je n’avais jamais lues ailleurs. J’ai appris. J’ai partagé. Il y eu es moments de joie, de peine, d’incompréhension, bref… La vie. Et puis, on s’est fait plein de nouveaux amis, … ceux qui étaient cités dans les articles.

Il y a eu ces hauts cadres de Bull qui sont venus nous raconter ce qui se passait dans la filiale Amesys et tous les articles que nous avons écrits. Il y a eu l’OpSyria qui nous a fait rencontrer des Syriens et ça, je vous assure que ce sont des moments uniques. Il y a eu des moments de franche rigolade, avec les Agence H, les Hadopi, les TMG de test. Des moments plus sérieux avec la crise économique, le printemps arabe, le High Frequency Trading, la surveillance des populations, Base élèves, j’en oublie forcément, il y a 997 articles sur Reflets… Il y a aussi vous, lecteurs, qui participez par vos nombreux commentaires (17 351 lorsque j’écris ces lignes).

Des rédactions, j’en ai fréquenté des tonnes. Celle qui s’approchait le plus de celle de Reflets, c’est celle de Transfert.net. Mais même là, je n’avais jamais écrit des articles avec 10 personnes, en même temps, sur le même texte… Bref, je vous assure que je suis époustouflé par la créativité de cette rédaction. Rameuter des journalistes et des hackers pour les enfermer virtuellement dans une pièce et les faire discuter, c’était une vraie bonne idée qu’on a eue avec Bluetouff autour d’un verre, un soir, dans un bar parisien. Cela a marché au delà de mes espérances.

Régulièrement, on me demande : « alors, Reflets, ça marche« ?

Oui, ça marche. Ça marche parce que nous avons des milliers de visiteurs chaque jour, que depuis janvier 2012, nous avons près de 2 millions de pages vues. Pour un journal du fin fond du Web, tout jeune, avec un énorme budget com’ et marketing de zéro euros, zéro centimes, ce n’est franchement pas mal.

Le business model, en revanche, il faut l’avouer, n’a pas marché aussi bien que ce que les con-sultants en webitude nous avaient promis. On aurait dû se méfier…

A ce jour, il y a :

  • 11.000 euros sur le compte de ./Rebuild.sh, la société qui édite Reflets,
  • dont 3.000 euros de capital.
  • Nous allons payer des impôts sur les dons que vous nous avez faits. Et comme nous avons très peu de frais, ça risque d’être du lourd.
  • Lorsque les impôts seront payés, nous saurons ce qu’il reste.
  • Constat : on est à des années lumières de ce dont nous aurions besoin et qui avait été exprimé en début d’aventure (150.000 euros/an).

Alors, on fait quoi ? On arrête ?

Non, je ne crois pas…

:)

Nous allons continuer. Juste espérer que nous gagnerons des lecteurs, qu’ils donneront autant que vous l’avez fait jusqu’ici et qu’à terme, nous aurons les moyens (financiers) de passer plus de temps sur les articles, que nous pourrons enfin traiter tous les sujets qui nous tiennent à coeur, et ne plus être obligés de faire un tri en fonction du temps que l’on peut consacrer à Reflets.

Pour intéresser de nouveaux lecteurs… Nous vous demandons de parler de nous autour de vous. A tout le monde. Pas uniquement à vos amis proches. Parlez-en à votre boulanger, à votre maman, à votre vendeur de pizzas. Parlez-en en classe, dans votre entreprise. Imprimez des articles qui vous ont plu, indiquez l’URL du site et distribuez ça dans les boites aux lettres. Du datalove old school… faites circuler l’information.

Et bien entendu,

« A votre bon coeur« …

 

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


62 thoughts on “Reflets, les sous, l’avenir, la vie…”

  1. Je ne laisse pas souvent de commentaire ailleurs que chez moi mais, là, je ne pouvais décemment pas faire autrement.

    Bravo pour tout le boulot que vous faites, et j’espère sincèrement que vous trouverez la force et les ressources nécessaires pour continuer parce qu’un web sans Reflets.info serait un web bien plus terne, bien plus triste.

    Et Flattr sinon ?

      1. Envoyer un chèque ? Payer avec une carte bancaire depuis le site de Paypal (donc pas besoin de compte paypal).

        Les systèmes de paiement via CB offerts par les banques sont trop chers pour nous. Désolé…

    1. Ce modèle est-il pérenne? Parce que si ça marche en vrai, il n’y a aucune raison que ça ne fonctionne pas sur le net.
      Ça a en plus le mérite de responsabiliser les visiteurs, de nous faire nous sentir acteurs et pas seulement consommateurs. Pour les plus fauchés on a quand même toujours un peu de monnaie, ou même 1€ sur son compte :D

      Mixart roxx

      1. D’abord, u’est ce que tu entends par « pérenne » ?

        Et ensuite, oui, c’est un système qui marche bien. Ça permet de ne laisser personne dehors, puisque tout le monde a au moins un centime dans sa poche, mais il y a aussi des gens qui donnent beaucoup plus, juste parce qu’ils aiment ce que font les gens à Mixart. Ils savent que l’argent qu’ils donnent va nous permettre de continuer à fonctionner, et de faire encore plus de choses étonnantes dans le futur.

        Mais je ne sais pas si ce modèle est transposable au web. Venir physiquement passer une soirée dans un hangartistique pour un concert, une exposition, une performance, c’est assez différent du clickage de lien pour aller lire quelques fragments du web.

        Et oui, Mixart ça roxe grave !

        1. Pérenne, durable, éternel quoi ^^
          Heureux que ça fonctionne. Pour ma part, si j’avais plus de 1 brouzouf à laisser à Myrys ou à Reflets, je le ferais certainement aussi, parce ce qui se passe ici en virtuel ou là-bas IRL me fait triper pareil.
          A la revoyure ;)

  2. Les goodies ce serait une excellente idée ! Mugs, T-shirt avec une petite marge qui permette de remplir les caisses…
    Pour le don, je termine depuis peu mes mois en positif donc il faudra attendre encore un peu

  3. Comme Letoine, j’espère simplement et humblement passé mon compte en positif tout le mois … le mois prochain.

    Mais soyez en sur, c’est dans la liste, même si ca sera pas besef …

    Concernant les Mugs et autre T-Shirt, je problème est plus a mon avis un problème de « gestion » des commandes. Ca demande du taff …

    Bon d’un autre coté, J’ai la chance d’avoir une petite maison dans les Vosges Alsaciennes, si faut stocker du matos avant envoi, j’ai (un peu) de place ;)

  4. je suis pas un expert en compta mais si vous dites que au debut vous pensiez avoir besoin de 150 000 €/an et que vous avez maintenant 8000 en caisse (11 -3 de capital) il y a quelque chose que je comprends pas.
    1) est ce que vous avez franchement surestimes vos besoins ? a mon avis non, c est simplement que jusqu a maintenant vous ne vous payez pas et que les 150 ke eux comprenais une remuneration
    2) les 8000 € sont il du benefice ou y a t il encore des factures a payer ? dans tout les cas, les impots ne devraient pas vous taxer tant que ca (+8000 sur un an c est rien) surtout que vous devez pouvoir mettre ca en reserve pour l annee d apres. donc benefice imposable =0

    1. 1) nos besoins ne sont pas surestimés. En revanche, le montant de dons est très loin de nos besoins pour fonctionner à 100 % de nos capacités. En effet, nous ne nous payons pas. Tout ce que nous produisons est le fruit d’un travail bénévole.

      2) c’est toute la question. Des dons sont sans doute considérés comme du chiffre d’affaires dans notre cas. En outre, nous n’avons pas de « factures à payer », du coup il est probable que ce soit considéré à 100% comme du bénéfice.

  5. Mais les amis …
    Pourquoi avoir choisi la forme entreprise pour votre projet et non la forme associative ?
    Cette dernière forme sociale n’empêche pas d’être rémunéré pour son travail, et sous certaines conditions peut proposer une déductibilité fiscale des dons. Par ailleurs, les dons ne sont pas considérés comme du chiffre d’affaire et par conséquent ne sont pas soumis à fiscalité.

    1. Tiens c’est l’idée du siècle ça, c’est vrai qu’Orange (et tout ce qui passe par les tuyaux du téléphone d’ailleurs) est vachement plus neutre que Paypal.
      Désolé pour le revert, mais c’est vraiment choisir entre la peste ou le choléra.

  6. Pas eu le temps de lire les autre commentaires, donc je répète peut être quelque chose de déjà dis…
    Je comprend que vous n’ayez pas le temps de mettre à jour la page des montants perçus, mais dans ce cas, autant la virer (au moins ne plus la mettre en tête d’affiche).
    La voir ainsi figée m’a déjà découragé de (re)faire un don.

  7. Et si vous nous envoyiez des saucissons, du pinard, des saucisses de Francfort, de la bière, de la vodka, du rhum, des anchois, des boites de confit de canard, du foie gras et des bretzel ? Au moins ça nous permettra de passer l’hiver plus facilement…

    Le p’tit colis quoi : on fait une boutique et vous choisissez ce que vous voulez envoyer. Moi, d’avance, je le dis : le pinard et le foie gras, je suis preneur. Avec une carte postale de chez vous :-)

    1. Sacré Yovan !
      Je suis partant….

      Et je propose un pique-nique (pas trop nique, quand même) Reflets un de ces quatre sur le Champ de Mars !
      Je m’arrangerai pour avoir des RdV sur Paris ce jour-là.

  8. Dites, on pourrait avoir 1-2 détails sur ce « compte de ./Rebuild.sh » ?

    Pas grand chose, juste son numéro IBAN, un BIC/SWIFT, n’importe quoi qui permette un virement compte à compte en 3 clics 2 copier-coller via ebanking, et qui n’implique pas PayPal et/ou une carte de crédit ;-)

    Ou bien le compte n’est pas dans une banque de la zone euro, et n’en dispose pas ? Parce que sinon, avec l’espace SEPA, ca vous met à portée de toute l’europe. Dans le cas de la Suisse, ça permet de vous verser des thunes sans frais, et de contribuer au mois, ou même à la semaine si ça nous branche.

    Car même si les chèques sont encore un truc couru en France, ça fais 2 à 3 génération que plus personne sait ce que c’est, et encore mois comment ça s’utilise, chez vos voisins francophones de l’est.

    Enfin, moi je dis ca, c’est juste par envie de contribuer, probablement comme les 5 autres gus demandant la même chose sur octobre-décembre 2011, et les 2 de ce mois-ci :-D

    1. Je confirme que la possibilité d’un virement SEPA serait un must.
      Il suffit de donner un RIB/IBAN.
      Sinon, j’ai un problème avec l’abonnement de paypal.
      L’option à 5€/mois est affichée à 1€/mois une fois sur le site de paypal.
      Le 15€/mois est lui ok.

  9. Bon Kitetoa, faut leur filer des billes là ! Ils veulent donner des ronds, c’est quand même pas tous les jours que des mecs supplient pour payer. Allez, envoie leur des IBAN, des BIC/SWIFT, des manches de pioche, des SEPA, des percolateurs, des N° de banque au Vénézuela, à Panama, quelque chose qui leur permette de nous balancer un peu d’oseille. Allez…quoi…

    Au fait, je voulais proposer une émission de radio-reflets en direct : pas eu le temps de chercher le plus efficace pour faire ça. Mumble, pour l’instant, mon client est gravement bugué, ça ne me rassure pas, même en changeant de version. Quelqu’un a une idée (Icecast, oui, mais il faut avoir le temps de paramétrer le bazar), un plan déjà opérationnel pour de la web radio ?

    1. Tiens ! Je cherche pareil pour un fanzine local dont je gère le site… on voudrait se mettre à la radio-web mais je trouve rien de sensass :( ! ( http://www.sacreerevanche.fr )

      Et pour les dons. J’avoue, je n’ai fait qu’une fois, malgré une fréquentation constante sur votre site. Mon favori. Mais comme beaucoup, mon objectif c’est d’éviter l’agio(S) en fin de mois, donc, toujours assez dur, même si au passage ( qui sait ? lors de la prime à l’emploi ^^ ?) je recommencerai !

      Bravo et merci pour votre travail !

  10. Bravo pour le travail que vous faites.

    Par contre, je ne comprends pas cette allergie à toute publicité. Avec les abonnements, c’est le modèle de rémunération de la presse depuis la nuit des temps. et pour être indépendant, j’ai tendance à penser qu’il faut être à l’aise financièrement. Un modèle selon moi, Numérama dont vous pourriez vous inspirer.

    Amicalement

  11. Mon media préféré a besoin de brouzoufs ?
    J’accours et encourage son modèle économique actuel !
    Bravo, merci et bon courage à toute l’équipe :)
    Vivement les t-shirts :D

    Amicalement,
    Antypool – Expert crowdsourcing orthographique à l’occasion ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *