Quand la lumière et l’eau se rencontrent au coeur d’un objectif photo

En pleine période de JO londoniens, les images de toute sorte fusent tout autour de la planète. Colorées, prises sur le vif, vivantes ou au contraire désespérées, elles nous montrent les exploits ou les contre exploits des Dieux du Stade. Il ne s’agit pas aujourd’hui de raviver les vives polémiques entourant cet évènement mondial mais tout simplement de découvrir un captureur de lumière qui a su transcender les images sportives et ainsi montrer la beauté des corps dans l’effort.

La photographie sportive demande une technique irréprochable. Les conditions de prise de vue difficiles, la rapidité de l’instant, les données climatiques, la lumière aucunement transformable sont autant de difficultés avec lesquelles le professionnel doit mettre en valeur l’exploit sportif et l’unicité du moment.

Certes les appareils d’aujourd’hui permettent des shoots rapides et automatiques mais bien souvent cette performance technique ne suffit pas pour réaliser des photos de qualité et l’amateur va voir, à son grand désespoir, arriver des flous disgracieux, des clichés imprécis, voire il va rater LE moment.

Adam Pretty a une maîtrise technique irréprochable et jouant entre les temps d’exposition, les contre jours et ses ouvertures de diaphragme, il parvient à réaliser les meilleures prises de vue sportives de la décennie.

Un australien créatif et passionné

Adam Pretty rencontre la photographie pour la première fois dans son école primaire d’une banlieue de Sydney. Il y a eu l’opportunité de pouvoir expérimenter les laboratoires argentiques et les multiples possibilités de développement en chambre noire.

A peine sorti de l’école, Adam Pretty commençe à photographier les sportifs et profite des jeux Olympiques de Sydney pour faire connaître ses productions. Très vite, il se distingue des autres photographes par sa manière très personnelle d’allier la prise de vue sportive et la créativité artistique.

Très rapidement reconnu et très demandé par les plus grands journaux de sport, Adam Pretty continue à perfectionner sa technique et devient ainsi un photographe incontournable du World Press Photo. L’accès à la technique numérique lui ouvre alors des possibilités créatives avec lesquelles il joue avec aisance.

 

La poussée d’Archimède prise sur le vif

Adam Pretty affectionne particulièrement les disciplines aquatiques : la plongée, la natation synchronisée, les compétitions de vitesse, il photographie tout et très vite.

Cette photographie, saisie dans un championnat du monde relève véritablement du grand art. Une prise de vue parfaite, soutenue par une haute définition et un traitement colorimétrique également ajusté, fait de ce moment de compétition, un instant magique et surnaturel.

On imagine aisément la technique de ce voleur de lumière : un temps d’exposition archi court permettant de saisir le mouvement de l’eau dans sa précision la plus ultime, un objectif puissant permettant de ne perdre aucun détail de la scène et une ouverture finement choisie afin de ne pas créer des zones d’ombre qui auraient gâché le contraste de la scène.

Tout néophyte s’est amusé à photographier l’eau et chacun de nous a mesuré la difficulté de saisir un cliché correct de cet élément fuyant et éphémère. Mais Adam Pretty n’est nullement intimidé par cet élément de vie et il la photographie sans cesse. On voit alors les piscines absorber les corps ce qui lui a valu un des ces nombreux World Press Photo.

On mesure également la formidable poussée d’un corps rentrant dans l’eau et se laissant envelopper par les molécules aquatiques.

Le captureur de lumière sait dans ce type de clichés utiliser les noirs et blancs pour rendre la chûte plus saisissante encore. Il utilise pour ce faire des appareils photos sub aquatiques, ces derniers possédant dorénavant des définitions très intéressantes pour photographier des éléments solides évoluant dans le liquide. Il faut savoir que l’utilisation de ce type de matériel demande au photographe de réadapter son savoir en terme de lumière et d’exposition, les rayons lumineux prenant possession de l’eau de manière tout à fait particulière. Pour parvenir à ce type de clichés sans aucune déformation, on peut présager du travail technique qu’Adam Pretty a su effectuer au moment de la prise de vue.

Savoir photographier le mouvement sans le figer

C’est une des particularités de la photographie sportive : jouer avec le mouvement pour le rendre plus vivant encore en le figeant.

De multiples possibilités techniques s’offrent au photographe lors de la prise de vue et une décision est à prendre : figer le mouvement dans l’instant et ainsi obtenir un cliché net et précis, une mimique du sportif mais risquer par le même coup de créer une photographie triste, morte, un peu surfaite

Adam Pretty fait ce choix lors de cette compétition de Gymnastique Rythmique et Sportive. La jeune athlète est saisie en plein envol et on peut percevoir aisément l’effort de son saut, la tension corporelle pour préparer sa réception et le niveau de concentration requis pour un tel geste.

Mais un autre choix peut s’imposer au voleur de lumière, celui de prendre le mouvement dans son déroulement, longuement décomposé et en obtenir une prise de vue très artistique avec néanmoins le danger d’imprimer une prise de vue illisible et bonne pour la poubelle.

Dans cette prise de vue, Adam Pretty restitue le mouvement du gymnaste sur ses barres parallèles et parvient ainsi à en restituer la complexité du mouvement ainsi que sa rapidité.

Une fois ce choix pris, la décision technique se situera alors dans une combinaison délicate entre le temps d’exposition et la profondeur de champ choisie. Une profondeur de champ courte (donc un fond flou) allié à une exposition longue (comme dans la photo du gymnaste) garantit un résultat surprenant par le filé du mouvement et la sensation de vie que l’observateur ressent.

A contrario, une profondeur de champ longue et un temps d’exposition très court permettent des prise de vue mettant en valeur l’athlète au coeur de l’effort.

Adam Pretty sait parfaitement faire ces choix et en maîtriser la technique selon la discipline photographiée et le moment qu’il veut mettre en valeur. Ainsi, ses reportages photos deviennent de vraies histoires narratives où tout à chacun peut ressentir l’intensité de l’effort, la rapidité d’exécution, la difficulté technique voire la véritable souffrance que peuvent parfois ressentir les Dieux du Stade.

L’art de plonger… dans la photo

Adam Pretty a recueilli énormément de prix par ses photos en noir et blanc et particulièrement en plongée synchronisée.

Le captureur de lumière sait maîtriser le mouvement dans les contre jours. L’effet restitué est intéressant par la confrontation entre le côté désuet du monochrome, l’immobilisme du contre jour la suspension des corps dans les airs défiant ainsi toutes les lois de la gravité. Cette photo a elle aussi remporté de nombreux prix, et elle le mérite. Peu de photographes sportifs restituent leur travail en monochrome, les magazines branchés étant demandeurs de détails et de couleurs explosives… C’est dommage ! On voit aisément que la photo de sport gagnerait en esthétisme si les professionnels s’autorisaient un peu plus de créativité artistique dans leur travail de reportage : le public montrerait plus d’intérêt pour cette branche du métier de photographe.

Actuellement, l’instant prime sur l’esthétisme. Monnayer très cher la prise de vue du sportif au meilleur moment l’emporte sur le souci de faire un beau cliché et la photo sportive devient petit à petit une foire d’empoigne où il n’est plus question de technique, de restitution artistique ni même de saisir la beauté de la lumière qui s’enroule autour des corps.

Adam Pretty s’est éloigné petit à petit du sport, même si il couvre actuellement les JO de Londres, il se tourne vers la publicité pour les grandes marques liées au sport. Ses clichés restent intéressants et beaux ; il y a fort à parier que le voleur de lumière venu d’Australie fera encore beaucoup parler de lui.

 
* Note de l’auteure : au vu de l’agressivité de certains commentaires, je me réserve le droit et la liberté de ne plus répondre à ces commentaires. Ces chroniques de l’art de l’image ont pour seul but de partager des belles découvertes avec les lecteurs de Reflet. Elles n’ont pas vocation à remporter l’unanimité, ces billets peuvent être aimés, détestés, ou tout simplement ignorés, c’est la liberté du lecteur et je respecte cette dernière. Mais en aucun cas, je ne répondrai à la demande de justifier de ma compétence professionnelle, de mon CV : ces chroniques ne sont pas là pour cela. Epimaë.

 

 

 

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22 thoughts on “Quand la lumière et l’eau se rencontrent au coeur d’un objectif photo”

  1. Je sors de ma réserve que je m’étais promise mais je ne vois pas bien l’intérêt d’étaler mon site professionnel, ni le but de ce que vous venez de faire. Non ce n’est pas difficile à trouver par mon compte twitter, mais je ne comptais pas faire ma promo sur reflets et je n’apprécie pas beaucoup qu’on la fasse à ma place et je me demande bien l’intérêt d’un tel « scoooopppp » et de cette démarche. Si le but est que je ne vienne plus publier ici, cela va effectivement se terminer comme cela!La moindre des choses est de respecter l’anonymat des personnes même si ce n’était pas très difficile à trouver!

    1. Divertissante réaction !

      Heu loin de moi d’être intéressé par ni d’avoir un quelconque objectif en mettant cette information, j’espère être extrêmement clair.

      Je voulais juste signifier qu’il est extremement trivial, pour tous ceux qui vous « critiquent » (les vilains) de savoir qui vous êtes et de constater que c’est un milieu que vous connaissez.

      Je ne vois pas le scoop et je ne comprends pas votre attitude, vous voulez rester anonyme sur le net ?

      Elle est bien bonne celle la :)

      Dans tous les cas ce n’est pas moi que vous priverez si jamais vous ne continuez pas à écrire

      Gros Bisous

      Snow : Je ne suis personne en particulier, c’est marrant vos réactions, il faut se calmer les gars, je n’ai utilisé que Google et un ou deux neurones …

      Note du BOFH de Reflets : bonsoir. Tu as choisi le mauvais site pour jouer.

      1. Et le rapport avec le sujet ? Aucun.

        Le problème ici c’est que souvent pour décridibiliser quelqu’un, on s’attaque a sa personne, ce qu’elle est et ce qu’elle écrit. On digresse et on s’éloigne donc du sujet.

        Vous en êtes le parfait exmeple avec vos recherches déconvenues. Si quelqu’un publie sous un pseudo c’est justement que l’anonymat même partiel est souhaité par l’auteur. ne pas respecter ce souhait par erreur ou mégarde c’est vraiment dommage.

      2. « Je ne vois pas le scoop et je ne comprends pas votre attitude, vous voulez rester anonyme sur le net ?

        Elle est bien bonne celle la »

        Non elle n’est pas « bien bonne » c’est une volonté que manifestent beaucoup de gens, comme ceux qui postent sous le pseudonyme « chrétien hippie » en prétendant n’être « personne en particulier », et en masquant sa véritable identité, son adresse, sa profession, et ses loisirs privés.
        Vous êtes un bel hypocrite, doublé d’un lâche.

    2. Courage, Epimae. Tu es sûrement le meilleur exemple de la « diversification » entreprise par Reflets (à mon goût personnel et sans dénigrer pour autant les autres nouveaux contributeurs).
      Tu croiseras sûrement d’autres « Chretien_hippie », ici. Succès oblige. Mais ils sont minoritaires.

  2. Ca casse pas trois pattes à un canard, à mes yeux. Rien qui aille au-delà de l’apparence, sauf la photo du gymnaste. Mais les connotations sont artistiques, pas vraiment intimes; Munch, Byron, Kubrick..
    Sans doute le sujet n’est pas facile. Le sport en compétition, exhibition est extrêmement codifié, formaté…

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