Pub en ligne : c’est une blague ou quoi ?

Heather Anne Campbell, The Midnight Show. This spoof ad appeared in Adbusters #96.

Il parait, nous dit-on, que la publicité en ligne explose. En termes de revenus s’entend. Pourquoi pas après tout. Il y a en a partout (pas sur Reflets). Il est donc probable, en effet, que les revenus augmentent. Maintenant, il n’est pas inutile de s’interroger sur le modèle de la publicité en ligne.

Où vont les revenus ? Ils sont partagés entre le site qui les affiche et la centrale qui les diffuse.

L’évolution du modèle est intéressant. Au siècle dernier, lorsqu’un journal décidait de publier une publicité, il avait une part de contrôle sur ce qu »il faisait. Bien entendu, il vendait des espaces de publicité plus ou moins chers selon l’endroit où ils se trouvaient dans le chemin de fer. Le chemin de fer, c’est le déroulé du journal, la place des articles, les espaces pour les illustrations, les publicités. Un journal vide. A chaque emplacement, on inscrit ce que l’on mettra dedans. Et puis au fil des jours (si ce n’est pas un quotidien), on remplit. Bref. A cette époque-là, on proposait des pages ou des espaces pour la publicité et on choisissait de mettre en regard un article qui ne soit pas critique de la marque ou qui « cogne » avec la pub affichée. Mieux, la pub et la rédaction étant totalement déconnectée, comme le répètent à loisir les responsables de presse avec le culot qui les caractérise parfois, on faisait bien attention de ne pas avoir en page 4 un article démontant les effets supposés des crèmes de jour anti-âge aux enzymes dermo-réducteurs post-ionisants et en page 10, une pub pour le leader des ventes de ces crèmes.

Aujourd’hui, le système à évolué. Un journal en ligne va proposer de l’espace pub dans ses pages. Et une centrale va vendre ces espaces à des marques. Les marques fournissent les pubs, les centrales les poussent vers les sites Web qui les affichent. Mais les journaux n’ont plus aucun contrôle. Et l’on assiste donc en permanence à des télescopages hilarants.

 

Ces temps-ci, c’est Rolex, la montre qui peut vous éviter d’avoir raté votre vie si vous l’achetez à temps, qui bat tous les records.

Ainsi, l’autre jour, HSBC annonce des bénéfices record et dans le même temps, des licenciements massifs. Une stratégie bien connue (voir les documentaires et bouquins variés sur le downsizing) qui permet de faire des économies, donc plus de bénéfices et dans le même temps, de générer une hausse du cours de bourse.

Et que voit-on apparaitre à côté de l’article annonçant cette démarche amusante et respectueuse de l’humain ? Une publicité pour une marque de montres qui symbolise l’argent, la réussite, et depuis 5 ans, le bling-bling.

Bien vu.

Notre président de la république et son ami Jacques Séguéla ayant fortement contribué à la dégradation de l’image de cette marque de montres, on peut se demander si Rolex est heureuse de voir ses publicités s’afficher à côté de chaque article évoquant Nicolas Sarkozy ?

C’est le cas ces derniers mois :

 

Encore un petit effort et l’on aura côte à côte un article sur Fikushima et une pub pour Areva… Pertinence, quand tu nous tiens…

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


19 thoughts on “Pub en ligne : c’est une blague ou quoi ?”

  1. Le pire reste les zones de pub mal implémentées ou on se prend 10 secondes d’attente pendant le chargement de la page car la régie envoie un flux vidéo comme pub et que le navigateur refuse de charger le reste de la page tant que ce n’est pas fini…

    1. c’est vrai ça.
      Je parle des pubs vidéos avant les vidéos que l’on souhaite regarder. Avec ces p*tains de pubs vidéo, on n’arrête pas d’aller pisser, de se servir des cafés et d’allumer des clopes !

      Et même des fois, du coup, on rate le début de sa vidéo.

  2. *Fukushima

    A part ça je ne suis pas sure que le central analyse une page avant d’y envoyer du contenue, ça me parait un peu lourd et surtout, les pubs changent (au rechargement, souvent; au cours du temps, tout le temps). Je trouve au contraire que ça donne une liberté éditoriale, qu’il n’y a pas forcément dans les journaux papiers (entre autres locales).

    Après les pubs, je comprends que c’est le moyen facile de rendre le contenue ‘gratuit’, mais ça me gène de plus en plus; ça redevient invasif comme à la belle époque des pop-ups (ça fait oldschool, j’adore). je prends un exemple tout bête : je vais sur un site quelconque d’achat (amazon, rue du commerce, whatever..) et je retrouve dans mes feed RSS des pubs sur les produits reluké.. On se croirait dans Minority Report !

  3. 1. Au vu du nombre de téléchargement du plugin adblock, il est plus que probable que cet pollution visuelle se monétarise jamais…
    2. Je crois que ces chiffres sont complétement falsifiés, c’est un racket organisé depuis bon nombre d’années pour justifier les volumes outranciers des bulles Internet.

  4. 1: Firefox
    2: Addblock+
    3: Noscript

    Et hop, fini la pub, ça demande un peu de manipulation en fonction du site, mais ça fait longtemps que j’ai pas vu une pub sur le net.

    Ça m’ennuie un peu, parce que je souhaiterais parfois contribuer au financement de sites que je consulte régulièrement, cependant, ces systèmes de pub sont tellement prise de tête que je n’ai pas d’autre choix, ils dégagent tous sans exception, comme ça, tranquille. Dommage pour les gens honnêtes, les gens malhonnêtes ont réussi à pourrir le système une fois de plus.

    1. Tu peux toujours contribuer en ajoutant le site en whitelist dans addblock et en autorisant l’exécution de java si besoin.
      J’essaye de le faire mais il y a des sites que j’oublie …

  5. Pas de pub en ligne sur Reflets… mais l’omniprésent google analytics quand même: vous n’en faites pas mais vous facilitez la vie de ceux qui en font… ailleurs ;-) Ou je me trompe ?
    Amicalement
    John

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