Photos

Le photoreportage est une composante essentielle du journalisme écrit. Il permet de donner à voir le reste du monde à ceux qui ne peuvent se déplacer. En temps de guerre, des photos peuvent bouleverser la situation. L’image qui vient immédiatement en tête lorsque l’on évoque ce pouvoir de la photographie, c’est celle de Kim Phuc prise par Nick Ut pendant la guerre du Vietnam.

AP/Nick Ut
AP/Nick Ut

Depuis des années, avec la démocratisation des outils permettant de prendre des photos et de les publier dans l’instant  sur Internet, le rôle des photoreporters est remis en question. La presse écrite réduit au maximum l’utilisation des reportages photo, ne finance pratiquement plus les reportages. Elle paye les photos une misère pour ses éditions papier et quasiment rien pour ses éditions Web, comme s’il s’agissait d’un media différent. Une photo qui est payée 150 euros pour le papier est rémunérée 1 euro pour le Web. Y compris pour des photographes renommés.

Le Web permet de « copier » et de republier des photos sans prendre en compte le fait que derrière, il y a un vrai travail, souvent long et dangereux, sans le rémunérer. Pire, des photos peuvent être détournées pour servir une cause qui n’est pas celle du photographe. Reflets qui a des moyens extrêmement limités en dépit de la générosité de ses lecteurs a décidé de suivre sa voie. Nous défendons un journalisme d’enquête, nous défendons également une juste rémunération des photographes. Nous avons décidé d’ouvrir une rubrique « Photo » et de tenter, selon nos moyens, d’acheter des reportages pour vous donner à voir le monde. Nous rémunérerons les photo-reporters à un juste prix. Celui qu’ils recevraient s’ils publiaient dans un journal grand public.

Notre premier reportage a été réalisé par Marie Dorigny. Elle a travaillé toute sa vie de reporter sur le travail des enfants, les violences faites aux femmes, la traite des êtres humains. Cette fois, elle s’est penchée sur la vie des femmes au Népal. Un pays dont on parle ces jours-ci pour évoquer le sort des Népalais au Qatar où, semi esclaves, ils construisent les stades de la coupe du monde de foot. Et en meurent. L’afflux des Népalais au Qatar a bien entendu une cause. Celle-ci se trouve au Népal. Leur émigration massive a aussi des conséquences dans leur pays d’origine. C’est tout cela que vous allez comprendre en visionnant les photos de Marie Dorigny et en lisant leurs légendes.

Si ces photos vous plaisent, si les photos que nous publierons plus tard vous plaisent, ne les copiez pas, aidez plutôt les photojournalistes à réaliser d’autres reportages en les co-finançant. Car, et nous y reviendrons dans des articles sur ce sujet, ce qui se profile à court terme, c’est la fin du photoreportage.

Népal : est-ce ainsi que les femmes vivent ?

un reportage au Népal de Marie Dorigny

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