Occupy London : pas pareil…

Le campement des indignés de Londres, en plein cœur de la City, place St Paul, n’est pas celui de la Défense avec ses 10 tentes. En plus ils y sont depuis plus d’un mois, leurs slogans ne sont pas flous ou généralistes (« ça suffit, on est pas contents, c’est pas bien ») et leurs actions auprès des politiques sont devenues concrètes. 

 

Les indignés, bien qu’à peu près d’accord entre eux, n’en sont pas moins organisés différemment un peu partout sur la planète. Mais leurs différences ne se jouent pas seulement sur l’organisation et le nombre de campeurs capables de « tenir bon » face aux pressions municipales, et donc policières, au final. Le mouvement américain, plus particulièrement celui de New-York a été largement médiatisé. 10 000 manifestants sur le pont de Brooklyn jeudi soir après l’évacuation des campeurs du parc Zuccotti. Reflets a effectué il y a peu un reportage sur le camp des indignés de Los Angeles. Une analyse au sujet de l’aspect révolutionnaire du mouvement est venue ensuite lancer un pavé dans la mare : s’indigner en se tenant loin de la politique ne peut pas permettre une « révolution ». C’est-à-dire un changement de système politique. Mais les choses se modifient un peu à ce niveau là…en tout cas à l’extérieur de l’Hexagone, par exemple de l’autre côté du Channel.

A Londres, comme à Barcelone, les indignés commencent à faire de la politique

En Angleterre, la voie choisie par les indignés est celle des Espagnols au mois de mai à la Puerta del Sol : démocratie directe, assemblées générales et propositions concrètes pour une nouvelle société. Ca ne mange pas de pain, mais, il y a des mais… Parce qu’à Londres, le comité citoyen d’indignés échange avec le maire de la ville et lui fait des demandes très fermes par courrier : « rendre publics et transparents la comptabilité de la ville comme certains aspects financiers ou d’activités de lobbying concernant Londres ». Cette demande des indignés s’appuie sur le « Freedom of Information Act » (loi sur la liberté d’information obligeant les autorités à fournir tous les documents administratifs à ceux qui en font la demande) en vigueur depuis 2005 en Angleterre. Des échanges de courriers, droits de réponse circulent via Twitter avec le compte hilarant @Bankers4Boris qui caricature (à la mode des Yes Men) le maire en appelant à soutenir les riches, les banquiers contre les « horribles 99% fauteurs de troubles ». Mais hors du monde virtuel, à Londres, des meetings ont lieu un peu tous les jours :

La convergence avec les syndicats est en train de s’opérer, d’ailleurs la convention nationale du 19 novembre s’est vue mise en avant par le mouvement Occupy LSX (Occupons London Stock Exchange), convention qui organise la grève générale du 30 novembre.

 

Boris Johnson, le maire de Londres surnommé « Boris le bouffon » par les tabloïds, a fait placer des ordres d’expulsion sur les tentes le 16 novembre à 6 heures du matin, mais visiblement les campeurs n’ont pas l’intention de bouger et l’usage de la force semble une piste que le maire veut éviter. Il faut dire qu’à Londres, il y a du lourd, du sérieux, comme la visite de David Harvey, professeur américain d’anthropologie à l’université de NY venu prendre la parole pour soutenir le mouvement toujours Place St Paul :

Il y a aussi, bien entendu, des manifestations « populaires » à l’appel des indignés, comme celle-ci, du 5 novembre, organisée pour « demander des comptes » au parlement :

Comme en Espagne ou en Italie, le mot d’ordre est désormais de squatter des bâtiments abandonnés, et plus particulièrement les locaux des banques, comme ce local d’UBS occupé depuis ce matin 19 novembre :

D’un point de vue politique, l’ordre du jour du 18 novembre donne une idée assez concrète de la chose :

« En se basant sur le fait que le système actuel est insoutenable, non-démocratique et injuste, il nous faut proposer des alternatives dont les suivantes sont centrales :

– Participation politique de la société dans son ensemble

– Une nouvelle démocratie populaire et souveraine

-Une structure politique, économique commune qui offre une égalité sociale et un bien-être à tous »

Des débuts de réflexions et de propositions concrètes ont l’air d’émerger à Londres : à quand les changements proposés activés par les urnes ?

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12 thoughts on “Occupy London : pas pareil…”

    1. Les Français sont des cons, c’est pas nouveau… un franco-SUISSE! Allez les gars réélisé le nabot fou furieux pour 5 nouvelles années… histoire que le populo comprennen enfin à qui il à faire… visiblement, il a pas bien compris que le Président des riches, c’est pas seulement une formule…

    1. Cet article établit des faits : il décrit ce qu’il se passe à Londres. Il n’a pas vocation à ridiculiser des « militants » ou à en soutenir d’autres, il fait un état des lieux de l’occupation de Londres. S’il ironise sur le campement français comparé à celui de Londres, c’est parce que nous sommes en France, et qu’en étant réaliste, Occupons la Défense ne prend pas. Si des militants sont mécontents, ils peuvent se dire que la mise en avant de ce qu’il se passe à Londres est au contraire une source d’inspiration ? Ce qui est étonnant c’est qu’un article sur #occupylsx amène des commentaires qui s’indignent d’une ridiculisation du mouvement français. Nombrilistes et convaincus que la mollesse du mouvement vient des autres, les indignés français ? Vous pourriez aussi considérer que cet article est une mise en avant du mouvement, non ? C’est mieux que de ne pas en parler et faire comme s’il ne se passait rien…mais bon, on sait bien qu’en France rien ne trouve jamais grâce aux yeux des « militants ». Vous préféreriez un billet-pub sur le « super mouvement des indignés français » qui est en train de remplir le parvis de la Défense de milliers de personnes surchaufféeset organisatrices de plein de manifs anti-gouvernementales ? Le ridicule ne tue plus, mais pour le coup, heureusement…

    2. Le chapeau et le titre de l’article suggèrent que l’article parle du mouvement français pour le comparer au mouvement anglais.
      Or il n’en est rien, l’article parlant exclusivement du mouvement londonien.

      L’article n’est pas insultant mais tourne en ridicule les initiatives en France : les « 10 tentes », le slogan « ça suffit, on est pas contents, c’est pas bien », la durée de l’action en France sont des faits peu exacts qui ridiculisent le mouvement français.

      Ceux qui squattent la Bastille depuis mai et sont à chaque fois brutalement réprimés pourraient en effet être dégoutés par de tels remarques, on le comprend, mais je ne vois pas de raison de se sentir insulter.

  1. À force de taper sur les indignés français et de les ridiculiser, vous arriverez au résultat escompté : principe de la prophétie autoréalisatrice.
    Il y a des élections aux Etats-Unis l’année prochaine, cela n’empêche pas le mouvement Occupy Wall Street d’y prospérer – OK, ils n’ont le choix qu’entre Républicains et Démocrates, mais qui, en France, peut sincèrement penser que les choses vont changer avec Hollande ?

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