Néo-luddites de tous les pays…

Avis de recherche des "casseurs de métiers" (1811)

«Par justice pour l’humanité, nous pensons de notre Devoir Sacré de vous avertir qu’au cas où vous ne Prendriez Pas des mesures pour Enlever les Machines d’Apprêt Dans un délai de Sept Jours […] votre fabrique avec tout ce qu’elle Contient sera Mise à feu à coup Sûr. […] Nous ne Désirons Point vous Causer le Moindre Tort, mais nous avons la ferme Détermination de Détruire Et les Machines d’Apprêt et les Métiers Mécaniques quels qu’en soient les Propriétaires […]»

C’est avec une certaine délectation que nous reproduisons ici une lettre anonyme déposée chez un fabricant textile de Stockport, dans la région de Manchester. Elle est datée du 19 avril de l’an de grâce… 1812. Il y a 200 ans, au jour près.

Elle fut signée « Général Justice », mais elle émane à n’en pas douter d’un des bataillons du mystérieux Ned Ludd, chef d’une armée de l’ombre composée de tisserands anglais qui se révoltaient contre la dépossession de leurs savoir-faire par l’arrivée massive de machines à filer et à tricoter. Les « luddites » agissaient dans un « triangle » situé au cœur des campagnes anglaises, siège d’une révolution industrielle embryonnaire, entre Manchester au nord-ouest, York à l’est et Nottingham au sud. Parfois, les tracts étaient signées « Forêt de Sherwood », la célèbre forêt de Robin des Bois, dont le mythe servi aux soldats de Ned Ludd pour assoir sa légitimité.

La zone d'influence de Ned Ludd

A la même période, une autre missive vengeresse proclama à l’adresse d’un autre patron :

Soyez prévenu, George Rowbottom, que personne dans la ville d’Arnold, de Bullwell, de Hucknall ou de Basford ne prendra un travail qui ne soit un travail achevé, au juste prix, de dimensions et de prix honnêtes, et ceci pour vous Avertir que si vous amenez ou vous donnez encore de l’ouvrage qui ne soit bien achevé, au juste prix et d’honnêtes dimensions vous allez faire fonctionner ce métier 36 avec une corde autour du cou […]

Deux cent ans après cette révolte soudaine et minutieusement organisée (les premières actions punitives remontent à novembre 1811), qui impliquèrent jusqu’à des milliers de personnes par action, les luddites gardent encore une image rétrograde, archaïque, désuète, symbole de prolétaires violents qui ne cherchaient qu’à protéger leurs petits avantages égoïstes, peureux du chômage que ces machines menaçaient, incapables de s’adapter à la lente et inexorable marche du « progrès ». Non, ces artisans étaient furieux contre la dépossession de cette marche en avant, qui les privaient de leurs savoir-faire, qui brisaient leurs communautés et leur soif de fabriquer des ouvrages soignés et de qualité.

Ils se rendaient compte que les énormes capitaux nécessaires pour fabriquer et acquérir ces machines allaient à l’encontre de leurs propre propension à la « modernité », car ces tisserands, fileurs du coton ou de laine, étaient épris de « technique », au sens noble du terme, ils avaient eux-même su transformer leurs métiers  à main pour des métiers à filer ou à tisser mécaniques. Ils avaient appris à dompter cette mécanique. Ils ne voulaient tout simplement pas qu’on leur impose comment faire, et pourquoi.

Surtout, ils refusaient qu’on n’introduise de nouvelles techniques sans améliorer leurs conditions de travail et d’existence, à savoir imposer des salaires minimums, réglementer le travail des enfants (autorisé dès… l’âge de 4 ans!), libérer les droits d’association (deux lois, les Combination Acts de 1799 et 1800, interdisaient toute organisation collective et syndicale), etc.

Bref : ces « briseurs de machines » n’étaient pas contre les machines, bien au contraire. Ils savaient mieux que quiconque comment rendre les tâches manuelles moins pénibles, moins répétitives, plus adaptées au travail en groupe et en famille… Bref, ils n’étaient point « technophobes », comme les modernistes libéraux d’aujourd’hui tentent encore de le faire croire : le mot « néo-luddite » est devenu synonyme d’obscurantiste aux yeux des partisans aveugles du nucléaire ou des nanotechnologies.

En août 1744, bien avant les révoltes de 1831 et 1834, la ville de Lyon vécut d’importantes grèves et d’émeutes pendant une semaine. Quinze mille ouvriers, les fameux « Canuts » qui œuvraient dans les fabriques de tissage de soie, y prirent part. La révolution industrielle n’existait pas encore, le terme non plus d’ailleurs. Lyon était le haut-lieu de la confection de soie depuis un édit de François 1er en 1531.

Les maitres-ouvriers textiles étaient exaspérés par de nouveaux règlements sur l’organisation de leurs fabriques, au profit des négociants, rattachés à la noblesse et protégés par Louis XV. Ils avaient déjà subi d’importantes brimades, mais cette fois c’en était trop. Eux non plus ne se battaient pas pour leurs « privilèges », mais contre la dépossession de leurs savoir-faire qui menaçaient la qualité du travail et donc des ouvrages.

Vaucanson, vénéré dans sa ville natale par une grande exposition en 2010

A l’époque, c’était un certain Jacques Vaucanson qui œuvrait dans leurs dos. Ce « prototype » de l’ingénieur, expert minutieux et dominant, fut nommé « inspecteur des manufactures  de soie » trois ans plus tôt. Il était chargé de s’inspirer des méthodes ancestrales des artisans, de les modéliser par de savantes formules, pour pouvoir les retraduire de manière reproductible. Un ingénieur avant l’heure… Il n’était pas (encore) question d’imposer de nouveaux processus mécaniques, mais la dépossession était palpable : les artisans allaient devenir exécutants, leurs fonctions remplaçables à souhait… C’est à peu près ce qu’ont réussi à faire, à imposer, lentement mais surement, les processus informatiques : dépersonnaliser le travail, déqualifier les tâches, pour pouvoir un jour, plus facilement, les transférer, les délocaliser…

Vaucanson a bien failli se faire lyncher lors des émeutes d’août 1744. Pour toutes ces raisons. S’il est connu comme l’inventeur des automates (alors qu’il n’est pas le seul, ni le pionnier, loin s’en faut), il a amélioré le tissage mécanique en 1745, avant Jacquard (*). Il est natif de Grenoble. Cette ville du Dauphiné — qui l’a salué en 2010 comme un héros — est aujourd’hui la capitale, que dis-je, le « temple » des recherches en nanotechnologies, discipline de rêve pour reproduire la domination technique sur des humains dépossédés de leur esprit critique : à Grenoble, être contre les « nanos », c’est être « obscurantiste ». Comme les soldats du Général Ned Ludd dans la forêt de Sherwood.

Ressources

  • Les lettres luddites citées plus haut, et bien d’autres, ont été publiées la première fois en 1963 par l’historien anglais E. P. Thompson, dans son ouvrage fondateur (The Making of the English Working Class – La formation de la classe ouvrière anglaise) dans le chapitre « Une armée de justiciers ». Chapitre réédité et traduit en français, en deux volumes, par le collectif Pièces et main d’œuvre (néo-luddite et fier de l’être, fer de lance de la critique contre les « nécrotechnologies » grenobloises). Cf « Une armée de justiciers », Black Star Editions (à lire ici au format PDF). Les illustrations de cet article en sont extraites.
  • A propos des canuts lyonnais, lire « Vaucanson, ou le prototype de l’ingénieur », Olivier Serre (mêmes éditeurs), reproduits dans l’ouvrage collectif « Les luddites en France » (L’Échapée, 2010).
  • A lire aussi, « La révolte luddite », de Kirkpatrick Sale (L’Échapée, 2006).

(*) Correction par rapport à la première version (cf les commentaires).

Twitter Facebook Google Plus email

42 thoughts on “Néo-luddites de tous les pays…”

    1. Tout à fait d’accord. J’ai du mal à voir quel est le but de l’article. Il aura fallu commencer par dire « Les luttides sont souvent présentés comme des anti-techno. Et pourtant… »

      J’ai dû lire une fois au détour d’un article ce qu’étaient les luttides. Un rappel aurait fait du bien.

      D’ailleurs il y a aussi une grosse différence entre critiquer et casser.

  1. Pour ce qui concerne Grenoble, attention aux amalgames entre nanotechnologies et nanoparticules.

    Le groupe grenoblois Pièces et Main d’Oeuvre est tristement célèbre pour ces amalgames stupides et bas de plafond. Plutôt que de défendre un usage responsable de la technologie et poser les questions justes sur les dérives et le manque de contrôle de ce qui se passe notamment au CEA, ils mettent tout ce qui concerne la technologie dans un même fourre-tout.

    En ce qui me concerne, PMO est un groupe d’obscurantistes. Il suffit de lire ça: http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=plan pour s’en rendre compte.

    1. Ah ah! La réplique classique, obscurantistes, archaïques, technophobes, partisans du retour à la bougie… On en a entendu des vertes et des pas mures, vous tombez à nouveau dans le panneau. « Usage responsable de la technologie » : la bonne blague, c’est justement en alléguant que ce n’est que « l’usage » qui pose problème, ça exclu tout débat politique, alors que la techno-science en tant que telle, ne vous en déplaise, est éminemment politique. Ca laisse donc le champs libre aux « experts », et leurs représentants — industriels et politiques, qui veulent tous que leur ville se « métropolise » en négociant des « pôles de compétitivité » à tout-va, pas pour le bien commun, hein, pour « attirer les investisseurs », bref, pour que le « progrès » avance tout seul, sans qu’on ne puisse lui opposer un quelconque dessin autre que celui dont il est porteur, à savoir la domination – ou pour parler moins « obscur », l’avantage compétitif, le moteur du système libéral. Grenoble c’est les nanotechs, Lille c’est les RFID (partout, des crèches aux bibliothèques…), Rennes les biotechs, Lyon la biomédecine… ETC.

      Lisez cher Monsieur l’ouvrage de l’historien des sciences JB Fressoz, qui est prof à l’Imperial College de Londres, – qui est loin d’être un repaire de gauchistes, hein – lui a très bien décrit comment la science et la modernité a su fabriquer les désinhibitions propres à désactiver toute résistance. OGM, nucléaire, techno-flicage : même méthodes, mêmes procédés, mêmes desseins. Le bouquin s’appelle « L’Apocalypse joyeuse » (Seuil, 2012). Et je vous rassure : Fressoz n’émarge pas à PMO.

      1. Euh… désolé si c’est des amis à toi, mais PMO, c’est vraiment des luddites dans le sens « anti-tech » pas dans le sens « anti-centralisation des moyens de production ». Je suis tombé sur des affiches d’eux proclamant qu’internet détruit la démocratie.

        On peut parler de la critique des sciences, de la recherche, de son organisation et de ses priorités, mais dire « C’est de la science, donc c’est mauvais et conçu pour asservir les humains », non, pas d’accord, et je dirais même que ça me fait drôle de voir des choses pareilles sur ce site.

        1. pourquoi faut-il que ce soit des amis?? Dans mon papier je parle des luddites et des canuts, pas de PMO!! Et puis si vous etes mal à l’aise en entendant cette gatgetophrase «C’est de la science, donc c’est mauvais et conçu pour asservir les humains», convenez que l’inverse – « la technologie est toujours bien en soi, au service de l’humanité » — en est une aussi! La techno est mue par des hommes payés par de grands groupes ou par l’Etat, capables de produire la bombe H ou les vaccins, faut pas l’oublier, c’est pas une chose autonome libre comme l’air.
          Et PMO est toujours caricaturé par ces slogans expéditifs, mais en lisant le fond de leurs écrits, ce ne sont pas que des pamphlets, on comprend mieux le fond de cette histoire de domination; ensuite je ne suis pas un disciple, ils m’ont aussi critiqué dans mes positions/contradictions et j’en ai pas fait un caprice… Le fait qu’ils aient un site internet, on arrête pas de le leur reprocher: c’est bidon comme argument.
          –jet

          1. (ok ok vouvoiement)

            Je sais pas, vous répondez à Clément qui critique PMO et vous déclarez sa critique illégitime. C’est pour ça qu’on en parle.

            Il y a des critiques à formuler à l’encontre de la recherche scientifique, mais franchement, les faire à partir du cadre néo-luddiste, ça ne peut pas donner grand chose de bien.

            La techno et la science (à ne pas confondre d’ordinaire, mais au point où on en est autant faire l’amalgame) est mue par des gens payés, parfois par l’état, parfois par des grands groupes, mais aussi par plein de PME, et petit à petit par des particuliers bénévoles. S’opposer aux grand béhémoths de la recherche c’est bien, mais si c’est pour ne rien proposer en remplacement, c’est effectivement une position anti-recherche et anti-progrès scientifique. C’est ça que je reproche à une certaine population à Grenoble.

          2. je pense, vois-tu, que à partir du moment où la simple critique de la techno-science (qu’on appelle auj’ la technologie) est impossible, voire hérétique (c’est un peu le nouvel opium du peuple…), c’est encore trop facile de dire « oui mais tu proposes quoi? ». Si nous étions tous plus ou moins concerné et consulté par ces choix cruciaux pour la société, au lieu de nous embrigader dans des « débats publics » pour savoir quand on va ouvrir un EPR, et pas si on doit en ouvrir un, alors là oui on pourra s’attendre à ce qu’on puisse proposer des alternatives.
            –jet

      2. Le terme « technologie » est assez générique tout de même.

        Qu’on utilise la technologie de l’ordinateur pour en faire des outils comme OpenStreetMap ou Wikipedia, ou pour traquer des opposants au régime Syrien, c’est pas la même chose. Pour autant, la technologie derrière est la même.

        Que faut-il faire? Abandonner tout progrès basé sur les sciences et les techniques? La belle affaire! Tout le monde dans les champs, à se faire exploiter par le seigneur local?

        Les exemples que tu donnes (on va pas se vouvoyer hein, c’est de la distanciation digne d’un exploiteur capitaliste pour nous rabaisser) ne sont en aucun cas en contradiction avec ce que j’énonce (cf. mon exemple de l’informatique).

        Ce qui m’énerve profondément ce sont les extrémistes de tout bord, qui ne voient le monde qu’à travers leur lorgnette poussière et avec le capuchon dessus. D’un côté PMO et ses amis, de l’autre les naïfs de la technologie à tout crin (qui se font exploiter gentiment par les capitalistes pour qui tout pognon est bon).

    2. +1

      PMO se revendique du luddisme dans son refus technologique. En avoir rencontré des sympathisants a failli me décourager de tenter de monter un hackerspace dans cette ville. Pas facile de discuter cryptage et meshing devant le regard sceptique d’une « electro-sensible » et à coté d’une étagère comportant des livres étiquetés « nécrotechnologies ».

    3. C’est plus compliqué…
      Les PMO ont des réflexions très intéressantes et ont été quasiment seuls à porter un combat majeur, mais c’est vrai que leur réfléxion souffre d’une certaine confusion dans les concepts.
      Et ils sont rejoints par toute une frange des intellectuels déclassés par le remplacement de la « culture générale » par la technique comme critère de sélection des élites, ce qui n’aide pas à leur objectivité.

    1. Oui exact, je viens de relire le travail d’O. Serre, Vaucanson a « inventé » un métier à tisser mécanique en 1745, avant Jacquard. Mais plus loin, il précise qu’en s’inspirant des manufactures des Gobelins, il améliore le « métier à tapisserie », avec un certain Neilson. Mais ce dernier sera évincé des derniers plans, si bien que Vaucanson sera seul crédité pur cette amélioration. Il sera pour cela récompensé en entrant à l’Académie des sciences en janvier 1746. Préféré à un certain.. Diderot!

  2. Les machines sont faites pour remplacer les travailleurs et c’est tant mieux!

    On a pas inventé la pioche pour continuer à gratter le sol à mains nues. Bien sûr, on a de la chance, il n’y a pas de brevets sur la pioche (d’ou l’importance de la propriété intellectuelle dans la dépossession du travailleur) qui obligerait à payer pour s’en servir ou à se lever à 4h du mat et faire 2h de transport en commun pour aller à l’entrepot à pioche possédé par le baron local).

    Et le chomage vivement qu’il atteigne 100%. Ceux qui n’ont rien imaginé d’autre pour leur vie que de la passer a travailler n’ont qu’à continue a trimer pour engraisser plus riche qu’eux.

    Par ailleurs on entend souvent: « tout ce chomage c’est la faute aux machines ».

    Ce serait pas plutôt la faute au patron capitaliste qui y a vu un moyen de virer ceux qui faisaient le travail avant, donc réduire les dépenses et se mettre la différence dans la poche?

    Parce qu’on pourrait aussi dire: les machines appartiennent aux ouvriers, chaque fois qu’ils se payent un machine un peu plus performante, leur temps de travail diminue mais il n’y a pas de raison que leur salaire baisse ou qu’il soient virés, ils profitent du progrès, tout simplement.

    « Surtout, ils refusaient qu’on n’introduise de nouvelles techniques sans améliorer leurs conditions de travail »

    Les ouvriers de nos usines (et autres cadres d’openspace entassés comme des boeufs à l’entrée d’un abbatoir) feraient bien d’en prendre de la graine… plutot que de ramper devant leurs petits-chefs pour un misérable salaire et la peur au ventre de se faire virer à tout moment.

    Mais pour l’instant tout ça tient encore debout, à croire que l’enseignement du masochisme (les école enseignent bien comment se prostituer lors des entretien d’embauche) à vraiment porté ses fruits.

    Vivement l’an 01, qu’on fasse le pas de coté, qu’on laisse les machines travailler pour nous et qu’on se partage le peu de travail qui reste et vive les après midi allongés dans l’herbe à inventer de nouvelles améliorations.

      1. C’est pourtant simple, et pas une question de pognon.

        L’augmentation du rendement du aux machines et au progrès permet au travailleur de travailler moins longtemps pour accomplir le même boulot. Le reste du temps il peut s’allonger dans l’herbe.

        Une image:
        – Tu casses les noix avec les dents, ça te prend un journée pour pas faire grand chose (et en plus ça fait mal).
        – Tu utilises un casse noix, en 5min c’est fini, le reste du temps tu peux glander, profiter de la vie, contribuer à l’amélioration de la société ou rester allongé dans l’herbe, la vie quoi…

        Actuellement les travailleurs allongés dans l’herbe, ce sont les chomeurs, pour lesquels les travailleurs cotises.
        Tout ça n’est qu’un probleme de répartition.

        Et si je partageai mon boulot avec un chomeur? Il garde ses indemnités à vie, lui travaille le matin et moi l’après midi, on est tous les 2 gagnants, on a une demi journée pénard chaque jour et on gagne tous les 2 notre vie sans baisse de salaire.

        1. Autrefois je pensais que la transition se ferait en avançant petit à petit l’âge de la retraite. Ma comparaison était le service militaire : de 20 ans au sommet de la république Romaine, il a été diminué jusqu’à être aboli et remplacé par un volontariat.

          Maintenant que la retraite a été stupidement retardée, je crois plus à une transition via le temps partiel. Je connais pas mal de personnes qui vivent avec 100% d’un smic en bossant aux 3/5e, ça peut, petit à petit se transformer en une espèce de volontariat.

          Evidemment, il faudra 30% de la population sous ce régime pendant 20 ans pour que les politiciens se posent des questions, mais ça viendra…

    1. « Vivement l’an 01, qu’on fasse le pas de coté, qu’on laisse les machines travailler pour nous et qu’on se partage le peu de travail qui reste et vive les après midi allongés dans l’herbe à inventer de nouvelles améliorations. »

      N’importe quoi ! Un idéal bien moche pour sûr ! Un idéal bien peu masculin.
      Vous n’avez pas dû lire Hegel qui explique que le travail est ce par quoi l’homme se réalise et se découvre : dans son œuvre.

      Voilà en quoi celui qui travaille lui-même la terre sera bien plus profond, plus fort, plus noble, que celui qui reste dans sa salle de machines, lui n’aura pas compris 3 grammes de son humanité..

      1. Et il faut en finir avec un idéal d’une société sans souffrances, sans travail, sans classes, la souffrance est la condition de toute élévation. Un peuple sans travail « allongé sur l’herbe » ne peut qu’avoir la maturité de bébés, un manque absolu de grandeur , noblesse, pas de quoi envier leurs femmes quoi, qui seront les premières à se détraquer dans de telles conditions.

        1. T’as bien raison, d’ailleurs il faudrait organiser la souffrance des gens pour qu’ils puissent s’élever, parce que bon, c’est pour leur bien.
          Et comme c’est manifestement valable que pour les hommes, ça ne me pose aucun soucis.

          /feed the troll

      2. Parce qu’un idéal masculin s’est se faire enfilé par plus riche que soit? Je vous le laisse…

        Faut pas confondre travail et emploi.
        Travailler c’est passionnant, même avec une machine (je code en open source et je m’eclate, pôurtant sur un ordinateur qui est une machine) , on peu travailler en étant au chômage. Moi j’ai créé ma boite pendant mon chomage. L’emploi c’est différent, et il me semble que c’est le sujet qu’aborde cet article.

        http://www.ies-salariat.org/spip.php?article2

        http://www.dailymotion.com/video/xdrvt0_l-enjeu-des-retraites-bernard-friot_news

        Il vient de pondre un bon bouquin sur le travail.

        PS: j’ai pas envie d’etre plus noble que les autres….

      3. « le travail est ce par quoi l’homme se réalise et se découvre »

        C’est bien l’argument pour faire trimer ça…

        Il y a des métiers qu’on peut être heureux d’exercer et dans lequel on s’épanouit. Tu remarqueras que ce n’est pas la majorité des gens qui ont cette chance. Je vois mal comment on peut se découvrir et se réaliser en étant caissier, à Macdo, femme ou homme de ménage, etc…

        Quant à la queue de ton idéal (ben oui si celui de freedees est « bien peu masculin »), j’ai quelque idées sur ce que tu pourrais en faire.

      4. Il y a une incompréhension sur le mot « travail » : Ne pas travailler est différent de ne rien faire. La place du travail dans la société actuelle est différente de ta conception du travail utile, comme le travail de la terre. Comme le dit Makhno, caissier au MacDo ne va pas te rendre plus noble, tu vas juste sentir la frite. Alors que faire une activité dans laquelle tu t’épanouis va t’apporter énormément, sans qu’il ne soit question de travail.

      5. Le travail dont on parle est celui qu’on fait « car il faut bien bouffer ».

        Après il y a celui qu’on a envie de faire, apprendre, monter des projets etc… Celui ci ne s’arrêtera jamais, si tant est qu’il ait déjà commencé pour la majorité des gens.

      1. Mes excuses pour l’impertinence, je sais que ça peu choquer dans ce monde ou tout est lisse, correct et pertinent. Pourtant si vous regardez bien vous comprendrez que c’était tout à fait pertinent.

        On parle du progrès et je pensais qu’un outil permettant de ne plus trouver de remarques concernant l’orthographe dans les commentaires pouvait justement être pertinente.

        Gain de temps pour l’auteur (il suffirait d’un clic pour accepter une modification proposée par un lecteur, plutôt que de surveiller les commentaires dans l’attente d’une éventuelle correction à apporter) et pour le lecteur (qui n’est plus pollué par des commentaires inutiles), et ça pourrait peut être même créer des emplois si c’est monétisé correctement.

        1. Heu… j’ai pas été compris, c’était de l’humour, pas une attaque (ou alors contre moi-même), surtout que tes commentaires sont pertinents, bénéficient d’une bonne orthographe et d’une bonne syntaxe, contrairement aux miens qui ont pas forcement toutes ces qualités.
          En plus tu te remets en question donc total respect, continues comme ça et mes excuses si tu t’es senti visé ou blessé.
          Du coup faudrait des machines pour comprendre les commentaires pas écrits par des machines. On gagnerait du temps ;)

          1. :) Pas de soucis, j’ai bien aimé le coup de la machine à commentaire. J’étais étonné de la réponse un peu piquante vu le site sur lequel on se trouve…

  3. C’est pas la technologie le problème, c’est l’utilisation qu’en a faite le libéralisme, un moyen d’asservir l’humain et d’abaisser les coûts.

    Hormis un intéressant point d’histoire, je ne comprend pas la finalité de l’article.

  4. Bon article qui développe un thème peu abordé. La notion de « progrès » est en effet chargée d’un sens positif à priori, mais tout progrès technique est effectivement ambivalent. Il faut lire l’ouvrage de Jacques Ellul à ce sujet : « la technique ou l’enjeu du siècle » et son analyse du système technicien. En fait la technique dans sa globalité, organisée en tant que système de production/système sociétal, n’a pas de vertu émancipatrices, elle n’est qu’au service d’elle même et se renforce et se complexifie continuellement par les contraintes qu’elle crée du fait de ses ramifications toujours plus importantes. Ainsi, loin d’être émancipatrice, comme l’avaient compris les luddites, la technique est avant tout contraignante, puisqu’elle contraint l’environnement à s’adapter à son évolution, et non l’inverse, que ce soit dans les rapports de production ou dans les rapports sociaux…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Syst%C3%A8me_technicien
    De plus, le système technicien est une extension du système capitaliste de production. En tant que tel il contribue ainsi à la double aliénation des salariés et des consommateurs. Comme le soulignait un billet précédent, sans accès au code source et sans possibilité de modifier/maîtriser par soi même l’objet technique et ses usages, celui-ci reste un objet fermé/propriétaire et donc un objet d’aliénation.
    Les gains de productivité qui restent l’objectif de l’évolution technique dans le système de production sont captés par la classe exploitante et ne sont pas redistribués aux salariés (sous forme d’argent ou de temps…),ils ne sont donc pas émancipateurs (alors qu’ils pourraient l’être, par la réduction du temps de travail, par exemple).
    Ainsi, le tittytainment pose comme postulat l’organisation et la gestion d’un chômage de masse conséquence des gains de productivité du système technicien capitaliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *