Ma contre-histoire de l’internet

Voici, reproduit à peu près à l’identique, ma contribution au projet d’Arte.tv « la contre-histoire de l’internet », suite à la diffusion d’un documentaire de 90′ mardi 14 mai (à revoir jusqu’au 23 mai), accompagné du site
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40 thoughts on “Ma contre-histoire de l’internet”

  1. D’accord avec toi sur certains aspects : on a traité tellement de sujets, en 86′, que je comprend ce que tu écris sur le côté sacralisation, et les non-dits pudiques, la naïveté, parce qu’il y aurait encore beaucoup à dire, à creuser, remettre en perspective.

    Après, y’a un truc très ambivalent dans le docu : on y parle d’un risque de société dystopique type 1984, tout en « glorifiant » ceux qui, sur ou via le Net, la dénonce… mais c’est aussi parce que je pense que le Net est plus du côté de la solution que du problème.

    Parce qu’on n’a jamais autant parlé des questions de surveillance, de vie privée et de libertés, que sur le www et les internets. Parce qu’on a effectivement les moyens (techniques) de contourner ou résister à la surveillance.

    Mais je vais poser la question différemment : je (tu) ne peux pas libérer les gens à leur place. Mais tu peux leur montrer comment faire. Reste que la majeure partie des gens ne choisiront pas tel ou tel camp. Et qu’il se trouvera toujours des gens pour collaborer, par conviction ou attirés par l’argent, avec les surveillants.

    Pour moi, le plus important, c’est de cultiver cet esprit de résistant, pour documenter, surveiller et contrecarrer les surveillants, et je pense pas qu’on ait perdu. Loin de là, qu’on accepte ou qu’on acquiesce…

      1. Je ne me considère pas comme un « résistant » : je suis journaliste, j’enquête, je documente, je dénonce parfois, et je suis effectivement payé pour ça par des gens qui me demandent d’écrire sur des sujets parce qu’ils apprécient mon approche de ces sujets…

        Après, tu n’es peut-être pas d’accord avec ma façon d’aborder ces questions, et je me reconnais de fait bien plus dans ceux que j’ai qualifié de « petits cons » (datalove/4chan/internets/telecomix & Cie) que dans l’approche « vieux cons » (c’était mieux avant) dont tu parlais dans ta contribution : http://lesinternets.arte.tv/contribution/533/

        Mais c’est une question de point de vue, pas de fonds de commerce.

        1. Si tu ne te considères pas comme un résistant, pourquoi estimes-tu important « de cultiver cet esprit de résistant » ?

          Tu es payé pour donner une image joyeuse et ludique de ce que te semble être l’internet actuel dans Le vinvinteur. Une émission qui doit exploser l’audimat chez les « petits cons » de la génération de ceux qui font cette émission : des « petits cons » plus très jeunes qui ne représentent qu’une infime partie des internautes francophones.

          J’imagine que tu ne te considères pas non plus comme un hacker ?

          http://levinvinteur.com/le-vinvinteur-25-larmee-accro-a-microsoft/

          Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs.

          1. j’ai feuilleté l’émission, tte la prod est déguisée en JMM ;-/
            Avec comme invité Tatiana de Rosnay, une romancière, ou est le rapport? Même son dernier bouquin qu’elle vient vendre n’a pas l’air « dans le sujet ». Mais bon. Je l’ai pas lu. C’est peut-être pas dans cette émission que je viendrai faire la promo de mon bouquin à moi, surtout que, contrairement à Tatiana, je ne suis pas très actif sur les réseaux sociaux ;-)

          2. La différence entre toi et Tatiana, c’est qu’elle est « un peu geek »

            Cette émission est une énigme pour moi. Je n’ai pas ri, mais étais-ce fait pour faire rire? J’ai eu l’impression que c’est jmm qui a écrit le papier dans le Canard Enchaîné. Est-ce le cas ? Quel est le danger à dire qu’on a obtenu des documents et fait des investigations ? Pas compris.

            bobof

          3. J’ai écrit des dizaines d’articles sur les problèmes posés par les fichiers policiers, la vidéosurveillance, Amesys ou encore (et je fus bien seul sur ce coup-là) une vingtaine d’article sur le « fichier des gens honnêtes » (et je t’en passe)… ça ne fait pas de moi un « résistant », parce que je ne me reconnais pas dans la posture du « militant ».

            Pour caricaturer, les résistants tentent de faire dérailler les trains, les journalistes tentent de comprendre et d’expliquer pourquoi les trains arrivent en retard. J’estime que les trains arrivent suffisamment en retard pour que je n’aie pas besoin de tenter de les faire dérailler…

            Quant au Vinvinteur, sache qu’il n’a aucun objectif d’audimat : l’objectif, c’est d’essayer de faire entrer à la TV un peu de (contre-)culture web, tout comme les « Enfants du rock » avaient fait entrer un peu de la (contre-)culture rock à la TV.

            Sinon, quant tu écris « Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs », ça vaut aussi pour le documentaire ?

          4. @Jet Lambda : le Vinvinteur a été lancé en septembre, j’y suis arrivé en janvier, pour booster la partie information; je l’ai un peu fait évoluer, mais ma mission n’était pas de tout bouleverser, et en l’occurence, un des concepts de l’émission, c’est que Vinvin est déguisé. Je me suis ainsi retrouvé à interviewer une cyberdissidente barheinie avec Vinvin déguisé en… PacMan et ça s’est plutôt bien passé).

            Ce n’est pas moi qui écrit la partie « narrative », et ils avaient décidé de déguiser tout le monde en « moi » ce jour-là (explication à la fin de l’émission); ce n’est pas moi non plus qui décide de l’invité « people », qui n’a effectivement rien à voir avec le « sujet ».

            A la base, c’était une émission de divertissement, ce qui ne m’empêche pas d’y avoir par ailleurs causé des 20 000 morts aux frontières de l’Europe, de 4chan, du projet de règlement européen sur les données personnelles, des fablabs & hackerspaces ou encore de la dictature du copyright, entre autres.

            J’aurais bien aimé pouvoir y causer de ton bouquin, mais je n’ai pas (encore) réussi à y faire une émission sur la société de surveillance… et on invite aussi des gens qui ne sont pas très actifs sur les réseaux.

          5. Juste pour l’équipe déguisé en Jean-Marc Manhack : j’ai découvert ça avec ce lien. Je ne regarde pas la tévé, donc… bref.

            Franchement, heureusement que le ridicule ne tue plus, sinon vinvin et son équipe seraient morts depuis longtemps. Le souci dans cette histoire, c’est que leur délire dégouline sur toi et t’implique.

            Je crois que je vais écrire quelque chose sur le thème « never compromise » d’ici quelques temps.

            A ta place je les aurai dissuadés de faire ça.

            Mais bon, je ne suis pas toi.

          6. :-) Ne le prend pas personnellement, je t’assure que mon bouquin et Tatiana, c’était une blague et pas une perche pour me faire « inviter » au Vinvinteur; ce mélange de divertissement et de travail de fond me gêne en effet un peu trop, c’est somme toute le travers de la télé j’en ai fait aussi. Et puis Tatiana, c’est aussi une blague via a vis du membre de sa famille (ce doit être son père), Joël de Rosnay, le futurologue de service des cercles scientifiques officiels… Je me souviens l’avoir eu dans le nez lors d’un dossier qu’on avait consacré dans le mensuel de Planete Internet (1996-98), titré « Les gourous à poil sur internet ». Bref, ne te justifie pas de la sorte dès qu’on met le doigt sur une imperfection, tu fais ton boulot du bon boulot et j’espère qu’ils y mettent les moyens.
            j.

          7. @ manach

            « ça ne fait pas de moi un « résistant », parce que je ne me reconnais pas dans la posture du « militant ». »

            ***
            Tu vois que nous n’avons pas les mêmes valeurs : pour moi le verbe « résister » n’est pas du tout un synonyme du verbe « militer ». Or il me semble que tu fais l’amalgame. A tort, amha.

            Pour caricaturer, les résistants tentent de faire dérailler les trains, les journalistes tentent de comprendre et d’expliquer pourquoi les trains arrivent en retard. J’estime que les trains arrivent suffisamment en retard pour que je n’aie pas besoin de tenter de les faire dérailler…

            ***
            T’es pas trop doué pour la caricature (et pour l’humour en général), hein ? Il me semble plutôt que là, c’est une parodie pas rigolote de « vieux-con » que tu fais.

            Sinon, quant tu écris « Nous n’avons décidément pas les mêmes valeurs », ça vaut aussi pour le documentaire ?

            ***
            Je n’aime pas les généralisations, les poncifs, les catégorisations, l’étiquetage et la mise en petites cases des individus. Quel intérêt à pérorer sur les hackers, les contre-cultures et les individus qui résistent (chacuns à leur manière) à ce que devient internet.

            Oui, pour moi c’était mieux avant. Parce que c’était un joyeux bordel qui n’était pas encore formaté à l’image de nos sociétés, un monde qui échappait encore aux politiques et aux médias traditionnels. Tous les espoirs étaient encore permis. Si tu penses que c’est encore le cas, tant mieux pour toi. C’est vrai que tu en tires des bénéfices de ce qu’est devenu internet. Tu en vis. Ce n’est pas une critique, c’est un constat. Alors, tu ne vas pas cracher dans la soupe, et je le conçois.

            Toi et moi, nous ne sommes pas du même côté du comptoir. Je résiste et toi tu fais partie de cet internet commercial. Les choix que tu fais sont orientés. Les questions que tu poses à des invités que tu sélectionnes ne font que donner TON idée de ce qu’est internet.

            En bref, je n’aime pas que Manach occupe un quasi-monopole dans des médias d’état (Arte, la 5, France-inter par exemple) et que ce soit ta parole et presque que la tienne qu’on y entende.

            Maintenant, si tu n’es qu’un journaliste qui relate les passages de train et les explosions de ponts pourquoi milites tu dans des trucs comme Big Brother Awards? Comme disent d’autres intervenants, il y a un mélange des genres qui commence à devenir indigestes pour certains résistants.

          8. @Kitetoa : j’ai fait plusieurs cérémonies des BBA déguisé en paramilitaire, et je ne pense pas que cela ait nuit à la crédibilité des BBA : ça faisait partie de la baseline des cérémonies…

            Karl Zéro faisait le con dans son Vrai Journal, ça ne l’empêchait pas d’y faire passer de bons reportages, de bonnes infos.

            Certaines des blagues du Canard Enchaîné, de CQFD ou de Charlie Hebdo ne me font pas rire, mais ils font aussi du bon boulot journalistique (encore que Charlie… #bref).

            Libre à toi de trouver ridicule la partie divertissement du Vinvinteur, mon rôle c’est d’y faire apporter des sujets, des infos, et des personnes à interviewer, et pour le coup, je ne connais pas d’autres émissions TV qui aint causé des 20 000 morts aux frontières de l’Europe du fait de Frontex et de Schengen, du #CopyrightMadness ou du contrat Microsoft avec la Défense…

          9. @manhack : tu ne comprends pas ce que je veux dire. Ce n’est pas grave. En même temps, si tu comprenais ce que je veux dire, tu leur aurais demandé de ne pas faire cette « blague » là.

          10. « Je crois que je vais écrire quelque chose sur le thème « never compromise » d’ici quelques temps.  »

            La différence entre compromis et compromission….. toussa….

          11. @Manach

            Ayant enfin pu voir le reportage, car paradoxalement Arte en a bloqué la diffusion à grand nombre d’internautes non-français ce qui est déjà un mauvais point dès le départ. Causer de copyright et de lutte pour les libertés d’internet et avoir son documentaire censuré pour ceux qui n’entrent pas dans le cadre décidé par la chaîne Arte, ce n’est pas anodin.

            Je n’ai aucun intérêt amical ou commercial à édulcorer mon propos. Alors, je ne vais pas le faire.

            Ce reportage, je l’ai trouvé ronronnant et si le sujet m’intéresse, pour continuer à me concentrer sur chaque image et parole, j’ai du le regarder en deux fois. Bref, trop long, trop verbeux et manquant de rythme.

            Ensuite, tu réponds à Kitetoa que vous avez du choisir parmi les centaines de témoignages pour arriver à ce montage final. Je te soulignes que pour les intervenants français, tu t’es contenté d’en choisir très peu. Et comme porte parole des alternatifs, bidouilleurs, hackers ou toute autre espèce d’internautes qui peuplent « la contre-histoire de l’internet » (j’en exclus David Martin par exemple) vous vous êtes contentés de bien peu de représentants. Bluetouff, Jérémie Zimmermann, Davduf et Lacambre. J’espère n’oublier personne, mon attention s’est peut-être relâché quelques minutes. Je m’attendais même à voir intervenir Vinvin.

            Quand on fait référence à l’affaire Lacambre, à l’époque il s’était défendu comme une brèle. Le PDG de Francenet n’a pas eu plus de chance, il a eu une ligne de défense tout simplement plus intelligente. amha.

            Quand je vois Iteanu, je m’attend à voir évoquer le procès Tati VS Kitetoa. Silence.

            Quand à la fin, on y parle du Code, vous avez également fait l’impasse sur le procès Guillermito VS Tegam.

            Amesys qui vend des armes de blocage de communications à certaines dictatures, ok. Mais en passant, Israël pratique également ce type de blocage (internet, tv radio) et j’aurai aimé qu’on sorte de ce clivage bien/mal et qu’on nous explique que tous les pays démocratiques sont également équipés pour faire comme les dictateurs, en cas de besoin.

            La bidouille et les imprimantes 3D, j’aurai aimé que le problème des objets dangereux qui sont créé grâce à ces technologies soit ne serait-ce qu’effleuré. Les petits mickeys et les compteurs geiger, ok, mais les armes ?

            Et pour finir, la fracture de 1991 m’a fait sourire. Comme si la situation avait changée.

            Le CCCF collaborait avec les flics en 1991 ? Et les partis pirates qui rentrent dans les systèmes politiques avec tous les dangers de corruption et d’érosion des idéaux qui en font parti, c’est exactement la même chose, en plus grave.

            Quand la gendarmerie française a désiré prendre contact avec moi afin que je collabore avec eux dans le cadre d’une affaire en cours, ils ont pris comme caution morale un individu qui est co-fondateur du parti pirate suisse.

            Si pour moi accepter de travailler avec les flics a été un véritable dilemme, pour lui que j’ai eu au téléphone, ce n’était apparemment pas du tout le cas.

            Pour résumer, j’ai trouvé ce reportage lénifiant, manichéen et très franco-français. Et il aurait été plus réaliste de le titre LA CONTRE HISTOIRE DE L’INTERNET DE GOETZ ET MANACH

        2. @manhack :  » je me reconnais de fait bien plus dans ceux que j’ai qualifié de « petits cons » (datalove/4chan/internets/telecomix & Cie) que dans l’approche « vieux cons » (c’était mieux avant) dont tu parlais dans ta contribution : http://lesinternets.arte.tv/contribution/533/ »

          C’est un peu un souci. Il faut de tout pour faire un monde. Tes jeunes cons et les vieux cons sont tous d’infimes utiles agents du chaos. Il n’y a pas à se reconnaître dans les uns ou les autres.

          A mon sens un journaliste doit être le plus anar des anars et n’avoir ni dieu, ni maître, ni affinités particulières (autant que faire se peut) avec un groupe ou un autre.

          En outre, comme je l’avais survolé dans mon papier sur le livre d’Amaelle Guitton, les jeunes cons n’en seraient pas là où ils sont sans les vieux cons.

          Ce qui soit dit en passant s’applique aussi à toi ou à moi.

          Nous sommes un peu le résultat de ce que d’autres nous ont apporté.

          Nous leur devons une forme de respect.

          Par exemple, et ça c’était dans mon petit papier, je dois tout ce que je sais à certaines personnes. La crypto : Paul-André Pays, la sécu à ADM, MHT, Fyodor, RFP, Chameleon, etc.

          Il nous faut les remercier le plus souvent possible et surtout transmettre ce qu’ils nous ont apporté. Donner autant (ou plus) que l’on a reçu.

          1. Remercier ceux qui nous ont ouvert les yeux, « donner autant (ou plus) que l’on a reçu », c’est aussi un peu ce que j’ai essayer de faire dans le documentaire.

            Et quand je vois la pluie de « merci » & Cie que l’on reçoit sur twitter, facebook, par mail & AFK, je me dis que le message est passé, qu’on a réussi à faire passer le flambeau, d’autant plus que plusieurs personnes m’ont dit que ce docu les avait aidé à faire comprendre à leurs proches le « monde » dans lequel ils vivaient, et que plusieurs autres m’ont dit qu’ils avaient depuis changé d’opinion sur tel ou tel aspect des questions dont on y cause.

            Au début, l’idée était de faire une « contre-histoire » du web français des 90’s… mais Arte n’a pas voulu se restreindre à cette période, ni à cette limite géographique. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de gens que j’aurais voulu interviewer et qui ne l’ont finalement pas été.

            Pour le coup, et puisque tu fais du name-dropping, je sais ainsi ce que je dois à Nathalie Magnan, Duncan Campbell, Jet, Christine, toi, Samizdat, madchat, Crottin, Michel Bouissou, pplf ou encore Arno & Laurent Chemla, que j’avais interviewé pour ce docu, mais qui ont finalement été -hélas- coupés au montage.

            L’opposition petits/vieux cons ? C’était en réponse à la contribution de Doc Martine, parce que je ne pense pas que c’était mieux avant, et parce que je suis bluffé de voir ce que je qualifies affectueusement de « petits cons » ont pu faire, m’apprendre & me montrer… ce qui n’empêche aucunement de reconnaître ce que l’on doit à nos aînés, « vieux cons » ou pas.

            En attendant, et pour rebondir sur le tweet de Doc Martine, moi aussi j’aimerais avoir « ton » histoire du Net, de « Paul-André Pays à ADM, MHT, Fyodor, RFP, Chameleon, etc »… c’est même aussi un peu ce pour quoi on avait lancé le webdoc, pour inviter les gens à raconter « leur » histoire du Net.

            On y a collecté des centaines de témoignages, qui montrent à quel point le Net a « permis » (en mode empowerment) à des gens de vivre et faire des choses qu’ils n’auraient probablement pas pu vivre ni faire autrement. Il s’agit essentiellement d’anecdotes, souvenirs, normal : une « histoire », ça ne se (ra)conte pas en un post/billet/réaction.

            Je me plais à penser que ce web+doc permettra d’ouvrir d’autres portes, pistes, perspectives. Il y a tellement de choses à raconter…

        3. mouais… je ne voudrais pas donner dans le règlement de compte à Reflets Coral, mais puisque vous vous manifestez, je vous répond aussi. Bien que nous ne nous connaissions pas vraiment. Mais il n’est qu’à lire votre « self-branding » perpétuel pour en savoir assez long sur vous.

          Je dirais d’abord que si tant est qu’on puisse se dire fier d’être « journaliste » (pas évident aujourd’hui), il s’agit de définir de quoi on parle lorsqu’on emploie ce terme.
          Ensuite, vous n’êtes pas que journaliste, ce me semble. Enfin je n’appelle pas « journaliste » ceux qui apparaissent dans les mass-médias, comme on disait, pour y tenir le rôle de pseudo-expert, ou donner la contre-réplique à d’autres pseudo-experts.

          N’est pas franchement journaliste non plus celui qui mélange les genres et participe (sous son nom de plume)à des facilitations de dialogue entre – par exemple – la CNIL et les « hackers ».

          Ceci n’enlève rien à votre persévérance à traiter ces sujets, ni à la qualité de certains de vos articles. C’est plutôt que cette confusion des genres et ce manach-branding perpétuel finissent par vous nuire. Un peu comme Sarkozy (et je ne vous compare nullement à lui) dont on disait qu’il était son meilleur ennemi.

          Allez bonjour chez vous et faites attention à ne pas devenir un « vieux con ».

        4. jean-marc tu ne devrais pas user de poncifs aussi éculés que « les résistants tentent de faire dérailler les trains, les journalistes tentent de comprendre et d’expliquer pourquoi les trains arrivent en retard. »
          Même pour caricaturer … ou on va finir par croire que tu es devenu… un vieux con ;-)

    1. Je n’attribue pas forcément à ce documentaire, plutôt bien foutu, et je n’aurai pas fait mieux car la télé c’est formaté on le sait, la naïveté ou les non-dits pudiques dont je parle au début. C’est le gout que j’ai dans la bouche après coup.

      Et puis j’ai l’impression que ça fait pas mal de temps que tout ça a été dit et redit. Mais qu’on ose jamais aborder carrément la domination capitaliste comme si le net allait pouvoir se libérer seul sans mettre à bas les fondements (ou les principaux, on va dire pour pas faire trop cryptocommuniste) du système libéral.

      Le fait nouveau, me semble, du coté des faiseurs d’opinion qui savent ce qu’est le Net, c’est qu’on est passé du discours « non à la surveillance » à « oui à la protection ». Tu me dis, comme si c’était une fatalité, « on ne peut pas libérer les gens à leur place. Mais on peut leur dire comment faire. »

      Ce qui m’embête dans cette approche, c’est qu’on accepte d’agir après coup: « OK, on est surveillé, mais c’est pas grave on va se protéger et apprendre aux gens à se protéger ». Mais on ne se bat plus pour qu’on ne le soit plus, surveillé.

      Ça me fait penser à des écolos qui finiraient par dire OK au nucléaire parce qu’ils ont un abri atomique dans leur jardin, et qu’ils expliquent aux gens-qui-veulent-se-libérer comment fabriquer un abri dans leur jardin. C’est pas parce qu’on arrive à ne plus ressentir la douleur qu’elle n’existe pas.

      Encore une fois, tout est fait pour que ce soit plus facile à accepter le smartphone avec GPS intégré que de voter des lois qui interdisent la marchandisation des données perso par les opérateurs privés qui les mettent en oeuvre. Faut arrêter de dire que les gens consentent tous, en connaissance de cause, en tweetant ou facebookant joyeusement. Non, c’est pas vrai, et ça suffit pas de publier des « howto » pour blinder les ordi et leur apprendre à « gérer au mieux leurs données perso », car on perds de vue que par principe, le droit c’est de ne pas être fiché, pas de seulement réclamer la possibilité de ne pas l’être.

      1. Tu as débarqué sur le Net bien avant moi, mais l’un de mes premiers souvenirs, c’est le rapport de Duncan Campbell sur le système de surveillance Echelon : j’arrivais sur le Net, et je découvrais que tout y était surveillable, sinon surveillé; et quand j’ai cherché à savoir comment on pouvait protéger sa vie privée, et communiquer en toute confidentialité, j’ai quelque peu déchanté : l’informatique, et l’Internet, ont été conçus de sorte de « logguer » les traces de ce que l’on y fait…

        Cela ne m’a pas empêché de dénoncer, et documenter, cette montée en puissance de la société de surveillance, dans mes articles et aux BBA, mais je me suis donc plutôt focalisé sur la possibilité de se protéger, à défaut de savoir comment empêcher les ordinateurs de garder la trace de ce que l’on y fait, et donc certains « services » de l’archiver, voire de l’exploiter.

        J’ai plutôt l’impression que de plus en plus de « faiseurs d’opinion » disent « non à la surveillance » et, de fait, nos flux sont de plus en plus chiffrés (par https et donc les Google/Facebook & Cie, un peu par TOR & les VPN, mais très peu via GPG et donc par des gens qui le font de leur propre chef).

        Par ailleurs, le fait de se battre pour le droit à la protection de la vie privée, et au secret des correspondances, n’est pas dissociable de la dénonciation de la société de surveillance, et n’a rien de nouveau : Phil Zimmermann a développé PGP après avoir découvert que le FBI pouvait d’autant plus facilement accéder aux mails, et fichiers, de ceux qu’il était chargé d’espionner qu’il n’existait pas de logiciel pour les chiffrer… PGP date de 1991, et j’ai de mon côté commencé à traduire & écrire des manuels de protection de la vie privée en 1999…

        Enfin, je ne me contente pas d’expliquer aux gens comment chiffrer leurs données et protéger leur vie privée. Du fichier des « gens honnêtes » à Amesys en passant par mes papiers sur la vidéosurveillance, je pense aussi apporter ma pierre à la critique de la société de surveillance…

        1. A force ça sert à rien jean-marc de dénoncer et de dire ‘je dénonce’ et de répéter que c’est bien de dénoncer… si au final les individus sont de moins en moins des individus distincts et imprévisibles, et de plus en plus identiques, profilés et perméables dans le système. Faut changer de logiciel, comme dirait Joel de Rosnay :-/ arf

        2. @DocMartine

          « J’espère n’oublier personne, mon attention s’est peut-être relâché quelques minutes. Je m’attendais même à voir

          intervenir Vinvin. »

          Alors là je me suis marré pendant au moins 1/4 d’heure, surtout après avoir découvert l’engin!

          @Manach

          Arrête de te justifier Jean-Marc. Finalement, tu es un pur pédago! ;-) Le docu est bien foutu dans son format TV grand

          public, quoique aseptisé mais probablement conforme au cahier des charges du client. Personnellement je me suis un peu

          ennuyé parce que je connaissais l’histoire… et un peu agacé au final de ne pas y avoir vu plus de copains qui y avaient

          leur place, et pas que dans le docu, Mais bon…

          Avant tu faisais de la « pédago militante », bien que tu t’en défendes, pour un public d’initiés plutôt confidentiel, et

          maintenant tu fais de la « pédago divertissante » pour le grand public à la télévision. C’est pas un reproche hein ;), et

          d’ailleurs tu le fais bien. Le BBA France 2000-2010 ça pouvait déjà être perçu aussi comme ça, avec la mise en scène, les

          treillis inspirés par les Clash(1), et le spectacle essentiellement orchestré par Joe Strummer et Mick Jones ;). Si cette

          posture à la fois potache et alterno-militante a contribué à ta notoriété, ta légitimité, et ton image de marque. Tant

          mieux! Elle n’enlève rien par ailleurs à tes capacités personnelles à développer tes activités. Sincèrement, bravo.

          Cependant, comment dire… il faut se rappeler, pour ceux que ça intéresse, que Joe c’était « l’esprit, la rage et

          l’éthique », et Mick le « glam rock et l’exploration musicale »(2). Mais Joe’s dead :-(

          (1) Sandista, (1980)
          (2) les Inrocks2, (2006)

          1. C’est le « voyeur » qui fait le tableau : je voulais pas faire de « pédago militante » ni de « pédago divertissante », mais je vois ce que tu veux dire, et c’est sûr qu’on ne s’adresse pas de la même manière au public des BBA qu’à celui d’Arte ou de France TV.

            Après, sur le côté rage/glam… et pour causer du Vinvinteur, y’en a des qui m’y voient comme un « militant », d’autres qui a contrario estiment que j’ai rien à faire dans une émission de « divertissement ». Moi, je suis content d’avoir pu y causer de certains sujets chauds ou touchy.

            Enfin, ça m’intéresse de savoir qui tu aurais bien aimé voir dans le docu, et que tu n’as pas vu… (on en a filmé 50 -cf le webdoc- ce qui est déjà énorme pour un 90′).

  2. Salut Dinosaurus Lambda
    , ici tyranosaurus Virtualiste

    moi j’aimais bien les 14 400 bauds et le debugging matinal avec le gars de la hotline de @calvacom …

    Je voulais compléter ton propos
    « Tu payes, tu passes en premier. T’es actionnaire, tu choisis. T’es utilisateur, tu subis  »

    la suite s’écrit ainsi
    « tu payes en data perso, tu subis toujours mais tu as droit à un « service plus personnalisé ».

    En d’autres termes, le « viol » de la vie privée n’est pas un vain mot. Et même ceux qui s’en protègent vont se faire fucker.

    En conclusion : qu’est-ce qu’on fait là tout de suite pour qu’ils – les zacteurs du net, de la banque, de la grande-distrib, du transport, de l’énergie etc etc etc et les politicards prévariqués et stupides qui prétendent nous gouverner – pour ne pas être réduit à l’état de réservoir de data, exploitable ad libitum ?

    Hein ! Quand est-ce qu’on leur dit « non » « nein » « no » « niet » « stop raping us »!

  3. Ne devrait-on pas dire « les histoires de l’internet » plutot que « l’histoire de l’internet », Internet, en tant que sujet n’est-il pas autant voir plus que tout autre constitué par la participation ( plus ou moins grande ) de chacun de ceux qui s’y sont et s’y connectent ?

    1. C’est d’ailleurs ce pour quoi le documentaire s’appelle « Une contre-histoire de l’Internet » (& pas « La… »), ce pour quoi il se conclue aussi en rappelant que c’est à nous, vous, aux gens, de faire l’histoire en y contribuant.

    1. C’est vrai ça, c’est quoi cet apanage de Bisounours hypersponsorisés, avec les usual suspects du blabla institutionnel qui-tourne-en-rond-en-passant-par-la-lune (Joel de Rosnay, Jacques Attali). Faudrait dire à Edgar Morin qu’il s’est fait kidnappé à l’insu de son plein gré. Ultime erreur, vieux singe.
      http://www.forumchangerdere.fr/ledition-2013-2

      La belle affaire : « Penseurs de la systémique, intellectuels, scientifiques, analystes du changement, des décideurs politiques et économiques, managers, entrepreneurs et chercheurs de la jeune génération… : tous acteurs du changement !

      BREF : « Faire rayonner une attitude positive et confiante : nos partenaires s’engagent ».

      Exemple-type de pensum qui utilise les poncifs du web et du numérique pour brasser du vent.

        1. C’est juste pour dire que dans cette liste d’oracles experts de bas étage, Morin fait tâche, il est qd même plutot respectable le bonhomme, même s’il a un côté un peu vieux con radoteur. Le vieux singe n’a pas besoin qu’on lui apprenne a faire des grimaces, il devrait donc éviter de s’afficher dans ce genre de truc.

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