M. Medvedev ouvre Davos : M. Sarkozy, on ne vous entend toujours pas… Parlez plus fort

Ami lecteur, je vous vois venir avant même de commencer : la démocratie n’est pas obligée de se perdre pour se conformer à ses principes. En d’autres termes, jusqu’où une démocratie peut-elle laisser aller des anti-démocrates sans réagir ? Mais tout de même… Avez-vous noté la déclaration de M. Dmitri Medvedev après l’attentat de l’aéroport de Moscou-Domodedovo ?

Il a tenté de faire un peu moins vulgaire que le véritable président russe, Vladirmir Poutine, en son temps, lorsqu’il disait des terroristes : « on va les buter jusque dans les chiottes ». Pour Dmitri Medvedev, qui n’en est pas à sa première sortie du genre, il faut « liquider » les terroristes.

Je ne suis pas certain qu’une démocratie s’illustre véritablement en « liquidant » des gens, terroristes ou pas.

Ce qui pose un petit souci et renvoie à deux formes de combats. Le combat de coqs et le combat de survie. J’y reviendrai sans doute dans un autre billet. Et bien entendu, à une escalade dommageable pour tous.

Il me semble M. Sarkozy (oui, j’ai décidé de vous parler directement au travers de mes billets ou Twitter ces jours-ci, c’est mon ego qui enfle, rien de grave) qu’il y a grossièrement deux camps ces dernières années.

Il y a le camp des adeptes du choc des civilisations, dont vous faites clairement partie, comme votre ami George Bush qui a tant contribué au rayonnement international des Etats-Unis avec Guantanamo, Abu Ghraib, les vols secrets de la CIA, les guerres en Irak et en Afghanistan, on en passe. Et puis il y a l’autre camp. Celui du refus. Des « pas en mon nom ». Celui qui refuse que l’on traite des hommes comme des animaux, quand bien même ils auraient tout fait pour nous tuer.

Alors voila… Je me disais que vous vous étiez illustré avec votre discours de Dakar, que vous aviez attéré la planète avec votre gestion de la crise tunisienne et votre proposition d’envoi de forces anti-émeutes, je me disais que vous étiez toujours muet à propos des événements en Egypte, que vous n’aviez toujours pas soufflé mot sur votre ami Mouammar Kadhafi -que vous aviez reçu en grandes pompes à Paris- , bref, que vous étiez un peu gêné aux entournures.

Mais j’entraperçois une porte de sortie (par le haut). Vous allez croiser M. Dmitri Medvedev à Davos. Pourquoi ne pas prendre la parole publiquement à cette occasion. Histoire de rappeler que la France n’est pas adepte de la « liquidation » des terroristes. Que la mainmise des clans sur toute l’économie, que la mise en coupe réglée des media, l’intimidation des journalistes (et parfois leur liquidation?), ce ne sont pas des manières pour ceux de l’autre camp. Celui des « pas en mon nom ». Ce serait mieux que de lui taper dans le dos et lui faire de grandes risettes pour les photos.

On peut toujours rêver. Non ?

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

2 thoughts on “M. Medvedev ouvre Davos : M. Sarkozy, on ne vous entend toujours pas… Parlez plus fort”

  1. Allez, je me lance et je fais fort avec un point godwin d’entrée :p

    On va donc remonter environ 70 ans en arrière lorsque l’Allemagne décide de « liquider » le peuple juif hors de ses terres nouvellement conquises.

    Là, comme toujours, deux choix possibles : le « pas en mon nom » et le « on va collaborer ».
    Prenons au hasard deux pays, la France et le Danemark (où étais-ce la Norvège, mes profs d’histoire ne se sont jamais attardés sur ce sujet). Pour l’un de ces pays, le roi à dit « vous pourrez avoir ma tête mais jamais je ne vous donnerai mes sujets », pour l’autre « Si on vous donne les enfants en bonus, ça vous va ? ».

    Bien sûr, je schématise et raccourcis, même en France, il y a eu de la mauvaise graine de résistants, mais notre histoire montre que ce pays n’a jamais eu de problème avec la violation des Droits de l’Homme.
    Nicolas Sarkozy a bien parlé fort (mais moins que son homologue chinois il semblerait) au moment des mouvements au Népal lors des jeux à Shangaï, mais cet effort semble l’avoir rendu aphone, puisqu’il se contente de se faire entendre auprès des troublions de sa majorite et d’eux seuls.

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