Le Point : robots, veuillez cacher ces articles que je ne saurais voir…

Ah… Le Point, un vrai journal qui sait redresser les torts lorsqu’il le faut. Par exemple, sa dernière couverture est parlante : il y a en France des « enfants gâtés » qui bénéficient de salaires mirifiques, de revenus indus, qui échappent à l’impôt. Salauds… Heureusement, Le Point, et son directeur de la rédaction, Frantz-Olivier Giesbert sont là pour pointer du doigt tous ces « enfants gâtés » qui ont tant de choses à se reprocher. Dans la foulée du Nouvel Observateur qui a un fichier robots.txt très personnel et de Challenges dont le fichier robots.txt dépasse l’entendement, Reflets est allé voir celui du valeureux Point. Vous allez voir, ça vaut aussi son pesant de cacahouètes.

Si le début du fichier semble classique, la suite est plus discutable.

A leur arrivée sur le site du Point, tous les moteurs de recherche reçoivent pour instruction de ne pas archiver des fichiers de type zip ou xls (pourquoi pas .doc, .xlsx, mystère…) et se voient interdire l’entrée dans certains répertoires comme « /user/classeur/. Jusque là, tout le monde comprend à peu près.

En revanche, lorsque Le Point demande aux robots des moteurs de recherche et autres indexeurs fous de ne pas référencer un article parlant de « faussaires » et de « naïfs », on a comme une envie d’aller regarder de quoi il s’agit.

Tout simplement d’un article qui évoque des personnes ayant, si l’on en croit l’auteur de l’article, profité de la crédulité de certains pour leur vendre des croutes au prix de tableaux de maîtres.

Étonnamment, Le Point ne veut pas que ce papier ressorte dans les requêtes sur des mots clefs qu’il contient. Et il explique d’ailleurs aux moteurs de recherche qu’un droit de réponse publié à propos de cet article, ne doit pas être indexé non plus.

Ce qui est très intéressant, c’est que la presse qui vient sur le Net s’accommode assez bien de certaines possibilités offertes par le Web.

Si vous lisez l’article sur les faussaires et les naïfs, vous notez qu’il n’est nulle part fait mention de ce droit de réponse. Et quand vous lisez le droit de réponse, vous notez qu’il n’est nulle part fait mention du nom de l’auteur de ce droit de réponse.

L’article n’est pas signé (sur le Web), l’était-il sur la version papier ?

Mon petit doigt me dit que l’article en version papier devait être signé (on va y revenir), mais je peux me tromper. Et tout cas, cette histoire a visiblement été un peu plus loin qu’un simple droit de réponse puisque Le Point a été condamné (Tribunal de grande instance de Paris, 17ème chambre civile, 24 janvier 2007)…

Plus drôle encore (oui, c’est possible), en inscrivant ces URLs à ne pas indexer, dans le robots.txt de son site, Le Point provoque une indexation de cet article :

Et comme il y a une série d’URLs à ne pas indexer, il n’est pas inutile d’aller regarder les autres. Par exemple celle-ci. Où l’on apprend que Le Point ne veut pas que l’on sache qu’il a été condamné pour la publication de cet article. Mais surtout, on apprend dans cette « Publication judiciaire » (ordonnée donc par décision de justice) que l’article papier… était signé de Vincent Merlot. Un nom qui disparaît dans la version en ligne. Pour ce qui est des autres URLs interdites, la raison est moins évidente et il appartient au Point de l’expliquer si bon lui semble.

 

 

Twitter Facebook Google Plus email

Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

30 thoughts on “Le Point : robots, veuillez cacher ces articles que je ne saurais voir…”

  1. Comme c’est la fête aux robots, bonne fête aussi aux disallow de l’Express:

    Disallow: /informations/enquete-sur-une-manip_593887.html
    Disallow: /actualite/societe/justice/le-pdg-de-skyrock-sur-le-banc-des-accuses_585356.html
    Disallow: /informations/ps-la-manip-du-porno_654880.html

    Aux suivants ^_^

      1. Des orientations sexuelles à masquer?
        Des amis à épargner?
        Mais dans ce cas un « delete » serait plus efficace (surtout qu’ils ne sont pas tout jeune ces articles). Ouep, pas clair…

        Je ne doute pas une seconde que Reflets soit allez vérifier tous les robots.txt de la presse Fr pour notre plus grand plaisir ;)

        Merci, bravo.

      1. Non mais cela prouve bien que la connexion neuronale merde à un endroit!
        C’est un truc du genre:

        **** Intermède Musical- Au lancement du site ****
        -Directeur: On à besoin d’être référencé sur les moteurs de recherche pour pouvoir être visible sur la toile! Des suggestions?
        -Financier: Ben on se fait référencer sur Google(90% en France)
        -Directeur: Ok bonne idée!

        **** Intermède Musical- Quelques Années Après****
        – Directeur:Bon les mecs il faut gagner plus de pognon sans toucher à notre business-model! Des idées?
        – Financier: Vous savez, je pensais à un truc…
        – Directeur: Allez y!
        – Financier: Vous savez que google indexe gratuitement nos contenus?
        – Directeur: Oui
        – Financier: Et colle des pubs dans les résultats pour gagner du pognon?
        – Directeur: Un peu comme nous dans nos articles?
        – Financier: Exactement!Et maintenant c’est la que c’est beau: Et si on les faisait raquer pour cela
        – Directeur: Mais c’est une idée complètement con! Google indexe les contenus et fait en sorte que les clients puissent accéder à notre site que ce soit via Google ou Google News! Nous amène des lecteurs et donc du pognon!
        – Financier: Vous en faites pas. La majorité des gens comprennent pas comment ça marche. ON trouvera bien des arguments fallacieux pour faire passer cela.
        – Directeur: Sans dec? On risque Quelque chose?
        – Financier: Hormis le fait de passer pour des cons?
        – Joe-le-rigolo: Ça à la presse FR on à l’habitude!
        – Financier: Ben Google pourrait nous faire un gros doigt et supprimer notre site des résultats de recherche. On disparaitrait du Web FR, on perdrait du trafic et donc beaucoup de pognon
        – Directeur: A ouais… Quand même. Du coup si cela arrive il faudra faire marche arrière pour supprimer cette idée conne au départ. Et on passerais à nouveau pour des cons!
        – Financier: On est en France! Une loi qui est votée puis révoquée quelques temps plus tard parce-que au final elle ne servait que les intérêts de certains les gens ont l’habitude. Cela ne va pas plus les défriser que cela!
        – Directeur: Bon allez feu. Va falloir faire larmoyer l’opinion comme la quoi la presse est exsangue sur la paille parce que google indexe nos contenus et nous renvoie des clients! Putain j’arrive pas à croire que je puisse dire une telle connerie! Mais bon si c’est pour engranger quelques millions sans se bouger le derche ça ira! Messieurs cette réunion est terminée. RDV pour la prochaine ou nous réfléchirons sur comment justifier la mobilisation de l’appareil législatif pour servir des intérêts privés, tout en sachant très bien qu’il faudra re-mobiliser tout le monde pour faire annuler cette loi que nous même avons demandé.

        La suite arrivera bien assez tôt

  2. Ce qui serait épatant, ce serait d’exposer leur tartufferie dans leur propre journaux.
    Comme vous le démontrez, ils savent parfaitement faire en sorte que des pages ne sortent pas sur Google (après tout, ils ont une équipe un peu compétente pour gérer leur site…) et donc, pratiquent ainsi l’auto censure.
    Mais, comme le fait remarquer Marc Rees dans cet article chez PCInpact ( http://bit.ly/SrmhUL ), Google faillirait à sa tache d’intérêt publique, voir se poserait en censeur, en refusant d’indexer les sites de presse, selon le SPQN.
    Merci Internet de nous permettre de relever ces conneries, parceque c’est pas dans le Monde (ou ailleurs) qu’on va en parler…

      1. Oui, mais la pub leur permet de fonctionner en assurant leur financement (ne pas mordre la main qui vous nourrit?) .
        Google n’est ni nécessaire, ni suffisant. Il n’est plus qu’un alibi pour une subvention (déguisée) de plus.
        Ah, et si l’Etat subventionne, faut pas le mordre lui non plus. Autant fermer les journaux…

        1. Cela revient à dire que le « journalisme » n’existe plus.
          On a affaire maintenant à des organes « marketing » qui « placent » des « produits » et façonnent (ou essaient) l’opinion. De temps en temps, on glisse une paraphrase d’AFP ou Reuters pour faire croire qu’on bosse vraiment.

          Quoi d’étonnant alors que les journaux soient moins lus que les prospectus de grande surface ?

          1. Regarde a qui appartiennent les grands quotidiens, radios, chaines de télé….
            que ce soit en france, en europe, aux usa (ou s’est encore plus flagrant je trouve)…
            et quels sont leurs intérêts…

            Nous CAYBON on a BHL…. on est sauvé

  3. @Kitetoa & kholl, regarder par exemple du coté de XXI, aucune pub, jamais, et indépendance rédactionnelle complète.

    Comment ? Avec une gestion du prix du numéro quasi sans faille (la perfection, comment dire ?) et une base maximale d’abonnés plutôt que de vente indirectes (un maxima de retours direct donc).

    A noter qu’en prime, ils pratiquent le principe de l’achat sur présentation sinon du contenu au moins du projet de. Avec cependant du contenu type « dossier cross édition » pour bien « creuser » un sujet (a la façon de la radio Suisse (RTS) qui arrive a très bien géré ce type d’émissions, quasi inconnue par chez nous (?).

    Intéressant article, merci Reflet !
    (Le web 2.0 et l’humain, une histoire de limites cognitives a l’heure des thérapies quantiques ?)

  4. Ohlala, il y a des cliniques ou je ne mettrais jamais les pieds… J’aime internet et ses professionnels experts et tellement bons conseillers, tenter d’effacer les mémoires des robots mais en garder la trace dans le même temps ça c’est chapeau!

    Bravo reflets, j’en ris encore.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *