Le Monde et l’élégant costume de Mario Draghi

Cet été quelques éditoriaux du Monde ont retenu notre attention. L’un sur Mario Monti, l’autre sur les jeux olympiques. Un édito est une prise de position, qui engage toute la rédaction d’un journal. Ces deux papiers n’auraient pas été incongrus dans le Figaro, ce qui pose question puisque Le Monde n’est a priori pas marqué politiquement comme le journal de la famille Dassault. L’éditorial d’hier est assez étonnant et mérite quelques commentaires à peu près aussi subjectifs que ceux développés par Le Monde :

Semaines décisives pour la monnaie unique

Sur le front de l’euro, la rentrée a un nom, un seul : Mario Draghi. L’homme ne se départira pas, soyons-en sûrs, de cet élégant sourire en coin ni d’une courtoisie qui sont sa manière d’afficher calme et sérénité par gros temps.

Mario Draghi porte-t-il un sac Hermès du meilleur gout pour aller à la plage ? Est-il « élégant » au point de porter des costumes et cravates de haute couture, ou pousse-t-il l’élégance jusqu’à entrer dans un restaurant avant une femme au lieu, comme les rustres, de lui tenir la porte ouverte ? Quoi qu’il en soit ce commentaire sur l ‘élégance du sourire en coin du patron de la BCE était incontournable : il pose le ton de l’éditorial. Lecteur, tu l’auras compris, Le Monde va faire un panégyrique du patron de la BCE. Accroche-toi.

Mais l’avenir de la monnaie unique est plus que jamais entre les mains du président de la Banque centrale européenne (BCE).

Ah. Il n’est donc définitivement pas dans les mains des politiques qui ont le pouvoir, s’il le veulent, de désarmer les marchés, les mêmes que Le Monde va, dans quelques lignes rentre responsable de tous les maux de la zone Euro ?

C’est plutôt rassurant : cet Italien est un vrai européen – et, par les temps qui courent, l’espèce est rare, très rare, chez les dirigeants des pays de l’Union.

Le problème est-il d’être « européen » (à priori tous les dirigeants de la zone le sont, il n’y a pas d’Américain ou de Bhoutanais à la tête d’un pays européen) ou de vouloir mettre un terme à une course infernale qui finira dans le mur avec un impact d’une violence rare ? Car à ouvrir les vannes de l’argent facile à des pays qui sont en difficulté pour avoir, justement, profité au delà du raisonnable, de l’argent facile, il y a comme une sorte de volonté affichée de poursuivre sur la route de la catastrophe. Un enfant de douze ans peut comprendre cela.

M. Draghi a indiqué la semaine dernière à l’hebdomadaire allemand Die Zeit qu’il était prêt à prendre « des mesures exceptionnelles » pour sauver l’euro. En clair, la BCE va relancer un programme d’achat de Bons du Trésor pour soulager les deux grands pays de l’UE qui ont le plus de mal à se financer sur le marché : l’Espagne et l’Italie.

Ah. Nous y voilà.

Paulo nous en parlait ce matin en conférence de rédaction, organisée comme il se doit au Bar des Amis : puisqu’il n’y a plus un rond nulle part [fear ! le besoin de renflouement de l’Espagne et de l’Italie est évalué à grosso modo 800 milliards. Après le package dédié aux banques espagnoles, il restera 150 milliards d’euros à prêter pour le FESF et si le MES voit le jour, le total à prêter sera de 400 milliards. Faites des maths…], puisque des économies énormes sont sur la voie du défaut (Espagne et Italie pour faire court et optimiste), il faut trouver d’urgence une solution permettant de préserver le statuquo. Faisons croire au bon peuple que tout va continuer comme avant, que l’euro va s’en sortir , que les pays continueront à vivoter, que la consommation pourra reprendre (travailler plus pour consommer plus de choses inutiles et disposant d’un temps de vie extrêmement court. Comme dirait Anonymous :

LAAS – Life As A Service. You will rent your life).

Il a raison. Madrid et Rome ont pris des décisions courageuses pour traiter au fond certaines des pathologies les affectant.

Des décisions courageuses ?

Ou stupides.

C’est selon, hein…

Tous les économistes à part quelques ultra-libéraux, qui sont ceux qui ont amené le monde où il est aujourd’hui, en conviennent : trop d’austérité enclenche une machine infernale qui annihile toute chance de reprise économique. Et même si reprise il y avait, et même si les taux auxquels emprunte l’Espagne revenaient à la moitié de leur niveau actuel, ce pays ne s’en sortirait pas.

Les Italiens et les Espagnols payent durement ces drastiques programmes d’assainissement budgétaire et de réformes de structure.

Et ? C’est quoi ? Un constat ? Une sorte de fatalité ? Du genre  « bon, voilà, c’est la cata, provoquée par l’ultra-libéralisme qui sévit depuis les années 80 sur la planète, mais bon, hein, pour que l’on puisse continuer, nous, à consommer des iPhones dernier modèle qui font la même chose que les précédents, tous les six mois, il faut que quelques peuples payent le prix, celui du chômage, de la crise économique, du démantèlement des services publics, des privatisations, de la pauvreté« , on en passe.

Mais les marchés financiers n’en n’ont cure. Ils continuent à réclamer des taux exorbitants pour acheter les obligations publiques de ces deux pays.

Méchants marchés.

Au fait, c’est qui ces « marchés » ? Ah, oui, des banques comme Goldman Sachs, dont Mario Draghi a été vice président (pour la branche européenne) pendant trois ans. La même banque qui avait un peu aidé à ripoliner les chiffres de la dette de la Grèce. L’humour des banquiers est sans limite.

Cela mine la zone euro. La pénalité ainsi imposée à deux des plus grandes économies des 17 ajoute à la déprime ambiante en Europe – cette toile de fond de chômage massif et de croissance anémique. Compte tenu des efforts conduits dans ces deux pays, le différentiel de taux observé sur leur dette et sur celle de l’Allemagne est irrationnel.

Vraiment ? Les « efforts » (en d’autre termes, l’austérité) ne soignent pas un pays mourant en quelques jours ou même quelques mois. L’Espagne est dans une situation absolument catastrophique et elle ne s’en sortira pas avant longtemps. Mieux, le pire est à venir. Le centre (Madrid) peut bien décréter l’austérité maximum, la périphérie continue de délirer, les politiques et les entreprises de faire leur petit business habituel.

Par ailleurs, des marchés « rationnels », cela n’existe pas. On ne peut pas « rassurer » des marchés, quelles que soient les décision prises. On peut les désarmer.

Il est sans fondement macroéconomique sérieux. Enfin, ce différentiel est la négation même d’une monnaie unique.

Sans fondement macroéconomique sérieux ?

Sérieusement ?

Allo Huston, nous avons un problème.

Le secteur bancaire de l’Espagne est en train de collapser. C’est donc tout le pays qui menace de tomber en ruine, mais bon, hein, macroéconomiquement parlant ce n’est pas bien grave.

Quant au différentiel, rappelons que c’est justement parce que la Grèce ou d’autre pays, n’ayant pas tout à fait la même gestion que l’Allemagne, ont pu emprunter pendant des années avec les mêmes taux qu’elle, que les soucis d’aujourd’hui ont pris forme… Il faudrait savoir…

Les marchés n’ont confiance que dans la BCE. En laissant percer ses intentions, Mario Draghi a sauvé l’été : les taux se sont détendus sur la dette espagnole et, surtout, italienne.

Quel est l’intérêt de « sauver l’été » ? Mystère. Quant à l’effet tant attendu du rachat de dette par la BCE, ce petit graphique ci-dessous vous en montrera les effets : lamentables. Il ne suffit pas de racheter de la dette pour régler des problèmes macroéconomiques profonds. Cela permettra au mieux de gagner encore un peu de temps. Rien de plus.

M. Draghi devait préciser son plan d’intervention ce jeudi. Peut-être attendra-t-il une semaine de plus, le temps de connaître la décision que doit rendre le 12 la Cour constitutionnelle allemande. Celle-ci se prononce sur la conformité du fonds de secours financier des 17 – le Mécanisme européen de stabilité – à la Loi fondamentale allemande.

M. Draghi a le soutien de la chancelière Angela Merkel et du président François Hollande, que l’été a un peu rapprochés. Les puristes de la Bundesbank sont les seuls à rechigner et à pointer les risques d’inflation. Mais s’ils n’ont rien à proposer pour empêcher l’Espagne et l’Italie de sombrer, qu’ils se taisent !

A ce stade, Reflets propose que Le Monde aille au bout de son idée et qu’il écrive « qu’ils se taisent, ces connards ! ».

M. Draghi impose une stricte conditionnalité aux interventions de la BCE. Les Etats doivent poursuivre les réformes.

Tiens mon gars, reprends donc une petite dose d’austérité, c’est de la bonne. Et en plus, quand tu en auras pris assez, on va pouvoir revendre les services publics au secteur privé qui lui, est un bon gestionnaire, c’est bien connu. Cerise sur le gâteau, ce sont les banques comme Goldman Sachs qui seront conseils.

Parce qu’il les sauve, les gouvernants des 17 doivent à l’Italien de mener à bien la réfection de l’architecture de l’euro. Il s’agit, pêle-mêle, de boucler le Pacte budgétaire et d’aller vers une union bancaire.

Mario-le-sauveur risque bien d’être le sauveur de l’été, de la rentrée et de quelques mois de plus. Mais pas le sauveur du système qui est en train de s’écrouler.

L’inertie est trop forte pour arrêter cette chute, à moins de désarmer les marchés.

Notez que les marchés ont intégré depuis quelques temps déjà l’annonce que va faire Mario Draghi, qui n’a pas su tenir sa langue. On aura donc dans quelques jours une Espagne et une Italie qui emprunteront probablement à peu près aux mêmes taux qu’aujourd’hui. C’est à dire environ 6%.  Un taux difficilement soutenable.

L’union bancaire est quant à elle une vaste blague. Ce sont la BCE et la European Banking Authority qui seraient chargées de la supervision du secteur financier. La même BCE qui a injecté 1000 milliards d’euros sur les marchés via les établissements financiers, contribuant à masquer la réalité de la crise de la dette.

La seconde a réalisé deux séries de fameux stress tests supposés mesurer la santé des banques européennes (2010 et 2011). Or pas plus lors des stress tests de 2010 que lors de ceux de 2011, l’EBA n’a vu venir la catastrophe en Espagne.  Pas plus, non plus, que celle qui a frappé Bankia la banque espagnole qui vient d’être plus ou moins sauvée par le gouvernement Rajoy contribuable espagnol, que celle d’autres banques qui, bien qu’ayant passé haut la main lesdits stress tests se sont écroulées par la suite.  Tout va bien, on vous dit…

Il ne faudrait pas qu’on dise un jour que le seul homme d’Etat de la zone aura été le patron de la BCE !

Quel grand homme ce Mario quand même.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

29 thoughts on “Le Monde et l’élégant costume de Mario Draghi”

  1. Tous les économistes à part quelques ultra-libéraux, qui sont ceux qui ont amené le monde où il est aujourd’hui

    http://tgfb.net/drama/src/131770146839.jpg

    Vous voulez dire, ceux qui prétendaient que continuer à avoir des budgets en déficit et à combler le trou en empruntant, alors que la situation économique était confortable, c’était une mauvaise idée ? Les « ultra-libéraux », c’est un peu leur position depuis quelques décennies. Dire que c’est de leur faute si on en est arrivé là, faut quand même le faire.

    Ce qu’on appelle « austérité » dans les médias, ça s’appelle de la bonne gestion pour n’importe quelle famille ou entreprise qui s’occupe de son budget.

    1. Va à Athenes et demande leur aux Grecs si « ta bonne gestion » qui amène à leur hacher leur retraite n’est pas une vraie austérité qui amène à de la pure et simple destruction sociale. Ce n’est pas un mot, ce sont des gens qui du jour au lendemain perde leur taff, n’ont plus de salaire pour se nourrir, n’ont plus de système de soins. Et tout ça pour quoi ?

      1. En Grèce, la corruption est partout, même à l’hôpital public, les gens ne payent pas leurs impôts, et il est impossible de payer par carte bancaire dans les boutiques et les restaurants (machine broken, on vous dit), parce que ça laisse des traces. Tout le monde a vécu au-dessus de ses moyens grâce à l’euro, mais un jour, il faut faire coïncider la fiction et la réalité. Je compatis aux malheurs des Grecs, mais ils sont aussi responsables de leurs problèmes (je sais que ce que j’écris n’est pas très populaire).

        1. Ouaip ! la 1ere fortune de France ne veut pas non plus payer ses impôts
          l’exemple des Grecs se tatoue sur nous, enfin sur ceux qui non aucun respect pour les valeurs républicaines ; mais qui ont des valeurs !

    2. Tes talks, Ted, sentent la merde.

      La « bonne » gestion. « Bonne » comme du pain. Le pain pourri des énarques et des gestionnaires des écoles de commerce, au front plus qu’un bas qu’un ciel normand.

      La confusion famille/entreprise n’est plus une réaction débile, c’est une bouée bien connue de tous de ceux qui s’échappaient du Titanic.

      Je sais pas Ted, tu es une raclure de bidet dont je ne croirais pas qu’elle est juste bête et victime de sa propre bêtise. Je crois que vous êtes un ennemi sûr de lui et de sa connerie et qui nous identifie très clairement comme un obstacle.

    3. Je te conseille la lecture de « Discours sur l’économie politique » (1758) de Jean-Jacques Rousseau, pour comprendre qu’il est totalement fou de vouloir gérer l’économie publique comme son économie familiale.

    4. Sauf que les Etats ne sont pas des pères de famille. C’est une analogie totalement débile, qui serait censurée dans tous les partiels de droit ou d’économie.

      Y’en a marre d’utiliser cet argument idiot à tout bout de champ pour masquer sa méconnaissance du monde en le limitant à une « famille ».

    1. Sans vouloir te vexer. C’est un argument assez raciste, ça.
      Si on te donnait la possibilité de frauder, je pense que tu ferais aussi partie de ce qui fraude. La crise grecque, c’est du avant tout a une faiblesse du corps politique (corruption, mauvais choix stratégique, et cie) de leur régime au moment de la crise américaine. Ils sont alors devenu le maillon faible à abattre (ou vache à lait) pour les financiers. Comme l’est aujourd’hui, l’Espagne ou l’Italie. Mais ne t’inquiète pas après c’est à nous, et les Allemands auront sûrement les mêmes genres d’argument que toi contre nous à ce moment-là.

  2. Je pensais, … (j’y pensé Bim_ !)

    En lisant cet article je pensais à l’émission d’Arte qui passe ce soir. J’ai plus la télé, mais je la regarderai sans doute dans la semaine. Je me demandais, à la lecture de cet article donc, si l’édito du monde n’était pas un peu « téléphoné » par rapport à cette émission d’Arte ( qui à l’air « à charge » – sur Mario bien sûr – ), et si cet édito n’était pas tout simplement une contre-propagande afin de contre-balancer les tendances à la suspicion du « peuple » socialiste (ps) qui regarde encore Arté.

    Comme si on voulait faire imprimer dans le cerveau un petit « Attention danger ! préparez vos arguments pro-mario ça va swinguer du contre-argument après le doc d’Arte »

    Me suis dit. La propagande on peut pas y échapper. Il n’y a pas un système, à ma connaissance, qui propose un système sans y mettre sa dose de propagande.
    Me suis dit. Les journaux, les médias, c’est « le quatrième » pouvoir. C’est un contre-pouvoir normalement.Celui qui te « donne les clés » pour exercer ta citoyenneté. Oui mais sauf que c’est aussi un outil de propagande ( peu importe que j’aime ou pas sa direction).

    est donc devenu un outil de propagande (?!)

    …Peu importe que j’aime ou pas sa direction…

    Peut-on éviter la propagande ? Comment ? Nous « propagandons » tous. Tout le temps et pour n’importe quoi. Comment créer de « réels » et pérennes contre-pouvoir ? That’s the question …

    Bon ben sinon. Cool. Encore des bonnes nouvelles, mais au moins, « on a passé l’été » ( ou presque). :)

  3. Il y a bien longtemps que Le Monde est devenu le gardien de la bien pensance et de l’orthodoxie économique. Plus grave, par sa position de « journal de référence », il est en position de « donner le la » à l’ensemble de la presse et des média. A défaut d’objectivité et de neutralité journalistique, il est devenu le principal relaie de la pensée des élites dominantes : voir les articles d’ACRIMED sur ce sujet :
    http://www.acrimed.org/spip.php?page=recherche&recherche=le+monde
    Ou, plus récent cette déconstruction d’un article sur le « complotisme » publiée par le Réseau Voltaire :
    http://www.voltairenet.org/Deconstruction-d-un-discours
    Sinon je plussoie les commentaires sur le documentaire d’Arte hier. Excellente enquête sur la pieuvre Goldman Sachs. Comme quoi certaines choses arrivent à passer dans les grands média. Dans un autre registre France2 avait diffusé « la mort est dans le pré » sur les ravages des pesticides…
    http://www.dailymotion.com/video/xqdpak_la-mort-est-dans-le-pre-les-agriculteurs-empoisonnes-a-petites-doses_news

  4. Lors du rachat du journal « Le Monde » par 3 compères. Il y a eu une banque d’investissement qui y est rentré dans le capital (puisqu’apporteur de fond) : Goldman Sachs.

    Pas besoin d’être un grand penseur pour comprendre que c’est un article de « soutien » à cette entité qui a été effectué quand on sait d’où vient ce cher Mario (et son homologue : président du conseil des ministres Italien qui sort du même moule).

    1. « Lors du rachat du journal « Le Monde » par 3 compères. Il y a eu une banque d’investissement qui y est rentré dans le capital (puisqu’apporteur de fond) : Goldman Sachs. »

      Ça serait intéressant d’avoir des sources fiable sur ce point.

      A la décharge du Monde, un des deux réalisateur de l’émission d’hier : « Goldman Sachs, le supermarché de la finance. » est Marc Roche. Et ce monsieur travail justement au Monde.

      Cette émission était pourtant très à charge contre Goldman.

      Bizarre.

      1. Voici un article à charge contre X. Niel : http://www.acrimed.org/article3795.html qui retrace ses différentes acquisitions et Goldman Sachs n’est jamais bien loin (X. Niel travaille beaucoup avec eux apparemment).

        De toute façon il suffit simplement de chercher avec les mots-clé « Niel + Goldman Sachs » pour voir que l’un n’est jamais loin de l’autre.

        Ça ne veut pas dire que je sois anti « Free » ou autre.

        Quoi qu’il en soit, on peut y voir un conflit d’intérêt.

        Mais, erreur de ma part, en ce qui concerne le monde, il n’est pas dit que Goldman Sachs a participé au rachat (ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas le cas).

        Mea Culpa.

  5. « Le secteur bancaire de l’Espagne est en train de collapser » N’est-il donc pas possible d’arrêter ces anglicismes foireux ? To collapse, c’est s’effondrer.

    Sinon, article pertinent et intéressant.

  6. En gros les marchés financiers nous refont le coup de la stratégie du choc des années je-sais-plus où sous couvert de bonnes intentions face aux difficultés(haha) ils ont détruit tout ce qui les gênait et ont pris et créé tout ce qu’ils voulaient (mondialisation, privatisations massives, déréglementation des marchés…).

    Et on les laisse faire, encore…

    Tout ça grâce à notre belle classe politique d’oligarques (je parle au sens mondial) qui se font un plaisir de se faire tartiner le c*l avec de la douce pommade parce qu’ils adorent ça (j’espère que cette phrase vous a fait apparaître Hollande nu comme un ver dans une belle position).

  7.  » le besoin de renflouement de l’Espagne et de l’Italie est évalué à grosso modo 800 milliards. Après le package dédié aux banques espagnoles, il restera 150 milliards d’euros à prêter pour le FESF et si le MES voit le jour, le total à prêter sera de 400 milliards. Faites des maths »

    Pas clair, en tout cas j’ai pas compris…Merci de « déplier » l’explication.

    1. si vous avez deux pays dont les besoins totaux (estimés, mais ça devrait être pire) sont de 800 milliards et que les deux fonds de soutien européens ne peuvent leur prêter que 400 milliards, il y a des chances pour que tout se casse la figure. #MarcheraPas #Maths

  8. Il ne faut pas s’étonner de ce genre d’article flagorneur qui doit faire se retourner dans leur tombe un journaliste comme http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Schw%C5%93bel. Premier actionnaire du Monde, un banquier – de gauche dit-on dans l’usine de contes pour enfants socialistes.

    Comme le dit Kitetoa, ou pourrait le dire l’ancien rédac chef Plenel, « les faits coco, les faits »…Draghi, golem de GS, a tout de suite, c’est-à-dire plus d’un an, prêté des sommes se montant aujourd’hui à 1000 milliards €, à 1% d’intérêt. Aujourd’hui, alors que le drame espagnol se déploie depuis plusieurs mois avec l’effondrement lent de la spéculation immobilière, Draghi n’a toujours pas décidé de sauver l’Espagne avec 100 milliards d’euros, qu’il prêterait de plus à 4 ou 5%.

    « L’homme de l’été » choisit délibérément d’asphyxier un peuple pour ne pas faillir à sa mission générique – agir dans l’esprit « GS » – et pour ne pas déroger au dogme : les états doivent se débrouiller seuls. Comme les pauvres. Parce qu’ils sont par nature dépensiers et cigales.

    Pas comme les marchés, qui sont infaillibles et satisfont toujours, in fine, par des voies impénétrables, l’intérêt général.

  9. « Mario Draghi porte-t-il un sac Hermès du meilleur gout pour aller à la plage ? Est-il « élégant » au point de porter des costumes et cravates de haute couture, ou pousse-t-il l’élégance jusqu’à entrer dans un restaurant avant une femme au lieu, comme les rustres, de lui tenir la porte ouverte ? »

    euh… pour l’étiquette et le savoir-vivre; l’homme rentre d’abord dans un restaurant… quand bien même celui-ci se trouve-t-il être un lieu connu des deux futurs convives. !La raison, chevaleresque en est simple : au-delà de la porte, voilà un territoire potentiellement hostile… (grrrrr).

    Par ailleurs, au sortir des agapes, c’est bien la femme qui précède l’homme. Selon la même logique, l’homme protège les arrières de madame…

    Ce genre de choses ne s’apprennent pas à l’école… juste une petite incise sans importance.

    Sinon, je partage la majeure partie de vos idées!! Salauds de bourgeois!!! oups…

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