Le Deep Packet Inspection est un problème ? Non : l’idée du DPI est le problème

Les technologies de Deep Packet Inspection sont bien entendu un souci. Il convient de braquer les projecteur sur leur utilisation. De démontrer que les patrons des sociétés qui les produisent les vendent à de sanglants dictateurs sans aucun souci sur le plan éthique ou moral. Se souciant comme de leur première barrette de mémoire des gens qui seront torturés grâce à l’aide précieuse fournie par leurs logiciels. Mais ce qui est plus grave que le DPI, c’est l’idée même du DPI.

L’idée de la surveillance au sens large. Est-il acceptable qu’un gouvernement espionne ses citoyens ? Tout le monde comprend qu’une dictature qui espionne, c’est un truisme. Les dictatures espionnent les citoyens. Mais dans une démocratie ? Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête d’un président de la république pour qu’il décide de mettre sur écoute des artistes ? Que peut-il bien se passer dans la tête d’un président de la république quand il décide de mettre les services secrets sur le dos d’un journaliste parce qu’il publie des informations qui dérangent le parti au pouvoir ? Qu’est-ce qui peut bien motiver un homme politique pour sortir plus de 42 lois sécuritaires ? Qu’est-ce qui peut bien se passer dans l’inconscient collectif pour que tout le monde accepte la multiplication des caméras de surveillance, des technologies intrusives de toutes sortes, y compris le DPI? Que se passe-t-il dans l’esprit de celui qui décide de développer une entreprise autour de technologies de surveillance ? Dans la tête de celui qui les vend à un dictateur sanguinaire ?

Qu’est ce qui motive la surveillance ? Comment peut-on tolérer un contrat social qui intègre l’idée que tout citoyen est un délinquant en puissance ?

 

 

Qu’est-ce qu’une démocratie qui cherche à tout prix à créer des Precogs ?

Il est peut-être temps de réclamer des comptes…

 

Non ?

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

12 thoughts on “Le Deep Packet Inspection est un problème ? Non : l’idée du DPI est le problème”

  1. Sans doute parce qu’à force de nous vendre de la peur, les vendeurs ont fini aussi par y croire. Un peu comme tous ces dirigeants qui finissent par devenir paranos.

    Le pouvoir est souvent livré avec sa corolaire – la perte de pouvoir – il faut donc alors tout faire pour le préserver en gardant une longueur d’avance sur ces adversaires, réels ou imaginaires. Et la nature ayant horreur du vide, s’il y a une demande en moyen d’espionnage, il y aura forcément un marché, dont les acteurs feront tout pour qu’il reste florissant le plus longtemps possible, ce qui permet de boucler la boucle.

  2. On peut effectivement s’inquiéter de la tournure que prennent les « démocraties occidentales ».
    A moins que… à moins que ça n’ait toujours été comme cela. Que les manipulations aient toujours été bien huilées. Et que nous commencions seulement à ouvrir les yeux, aidés par l’outil internet et sa puissance de communication.

  3. (quote)
    Tout le monde comprend qu’une dictature qui espionne, c’est un truisme. Les dictatures espionnent les citoyens. Mais dans une démocratie ?
    (/quote)

    Qui t’as dit que l’on était dans une démocratie ?
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/05/30/127-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie-la-video

    (la deuxième vidéo concerne la démocratie, la première c’est les finances)

  4. Si les citoyens laisse faire, c’est que tout simplement ils n’y comprennent rien aux technologies qui les entourent. Combien de fois j’ai expliqué ce qu’est un firewall, une adresse IP, et la plupart du temps, ils ne comprennent toujours pas, alors quand je parle du DPI… Même nos députés ne comprennent pas ce qu’ils votent.
    C’est le début de l’obscurantisme moderne.

      1. ben j’aimerais que ce soit vrai, vous avez une chance avec les élus qui écoutent leurs conseillers de 30 ans j’admets.
        mais avec les autres c’est mort, rappelez-vous les ptites questions au moment des votes de l’Hadopi, les réponses étaient édifiantes. moi je me souviens bien du pare-feu openoffice hein ;)

          1. Pas idiot d’un point de vue intellectuel, suicidaire d’un point de vue electoral.

            Le grand public réagit à la trouille, pas à l’intellect.

            Or l’époque a la trouille en vogue (on dit anxiogène quand on est poli).

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