Gouvernement : à droite toute, non à gauche toute, non, à droite, non, à gauche, non…

Décidément, ça navigue à vue là haut, au rythme des sondages et autres lecture d’augures par des marabouts. Avec le discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy marquait un virage à droite (dure). Avec les dernières déclarations de son éminence brune Claude Guéant, on se droitisait encore plus, au delà des frontières habituelles, rejoignant tranquillement et de manière tout à fait décomplexée le FN. Tout le monde le sait désormais, « quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes ». Mélangeons allègrement immigrés clandestins et français d’origine étrangère et le cocktail détonnant est prêt.

Mais voilà que les analystes se rendent compte que la droite dure décomplexée qui est au pouvoir depuis 2007 va un peu trop loin. Du coup, Nicolas Sarkozy et ses ministres tentent une forme de « contrebalancement » via une ou deux mesures « sociales ». D’autant qu’avec l’abaissement du seuil de l’impôts sur la fortune, il y a des chances pour que les commentateurs en remettent une couche sur le thème : l’UMP est le parti des riches.

Du coup, hier, François Baroin a annoncé un projet visant à ce que les entreprises qui versent des dividendes soient obligées d’octroyer une prime de 1000 euros à leurs salariés.

Ça ne mange pas de pain, ça occupe la presse et l’on parlera moins des cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés.

En revanche la mise en place d’une telle mesure, dont François Baroin ne dit mot, semble un peu complexe. Quand au MEDEF, il hurle déjà. Mais à force de virer à droite, puis à gauche, puis à droite, puis à gauche, puis… on se fait des ennemis partout.

Laurence Parisot a donc assez logiquement estimé qu’une telle mesure serait « anti-PME et anti-TPE ». Mieux, la patronne des patrons semble perdue. Sur le mode « ce n’est pas un discours de l’UMP dans lequel je peux me reconnaître, Laurence Parisot a lâché :  « Je ne sais que dire tellement ces propos sont incompréhensibles ».

Peut-être ne comprend-elle pas que l’arrivée sur l’échiquier de Jean-Louis Borloo, de Dominique de villepin (qui propose un revenu citoyen), et de Nicolas Hulot, force Nicolas Sarkozy à mâtiner son projet de droite extrême de propositions gauchistes ?

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

2 thoughts on “Gouvernement : à droite toute, non à gauche toute, non, à droite, non, à gauche, non…”

  1. Je releve une petite perle de madame parisot, qui n’est pas dans votre article mais c’est trop malhonnete pour ne pas en parler.
    Laurence Parisot : « La patronne du Medef a notamment estimé qu’une telle mesure serait « anti-PME et anti-TPE » (très petite entreprise), estimant par exemple que pour une PME de 300 personnes, 300 000 euros représentaient souvent l’intégralité de son bénéfice. »
    Hors une PME est une entreprise de moins de 250 salariés … A 300 employé on passe dans la Grande Entreprise !
    Si la patronne des patrons ne sait plus ce qu’est une PME, on est mal barré !

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