Gouvernants et gouvernés : le mercredi c’est soufi…

 

 

 

 

On demanda à un derviche :

« Qu’est-ce qui est préférable : être gouvernant ou être gouverné ? »

— Etre gouverné, dit-il. Le gouverné est constamment informé par le gouvernant qu’il se trompe, que ce soit le cas ou non. Cela lui donne la possibilité de s’amender en s’observant avec attention, car il est vrai que parfois il se trompe. L’administrateur, en revanche, imagine presque toujours avoir raison et juge ses règlements équitables. Aussi a-t-il rarement l’occasion d’examiner son comportement. C’est ainsi que les gouvernés deviennent finalement des gouvernants, et que les gouvernants tombent au rang de gouvernés. »

Quelqu’un demanda alors :

— Pourquoi cette promotion du gouverné, et cette chute du gouvernant, maintes et maintes fois répétées ? »

— Pour que les gouvernants apprennent ce qu’il en coûte de gouverner , et que les gouvernés apprennent en quoi ils sont réellement bons ou mauvais. »

— Mais, reprit le questionneur, comment un homme pourrait-il tirer profit de ce fait, puisqu’il faut des générations pour que le gouvernant devienne le gouverné, et le gouverné le gouvernant ? »

— Cela ne prend pas des générations. Cela se produit bien des fois dans la vie de chaque homme  et de chaque femme. Le processus que l’on voit se dérouler sur des générations n’est qu’une illustration. »

« récit des sages d’Orient », d’Idries Shah

 

En complément, une chorégraphie de Maurice Béjart sur la musique de Kudsi Erguner, maître du Mevlevi, ordre soufi turc des derviches tourneurs.

 

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