Facebook : Round two … Fight !

Le 7 mars 2011, j’écrivais mon premier article pour Reflets.info : « Facebook, premier service public mondial ? » Avec l’optimisme et l’ouverture d’esprit qui me caractérisent, je choisissais, comme premier sujet, d’interpeller Mark Zuckerberg le fondateur de Facebook. Me positionnant dans un registre résolument « utopique », je m’efforçais de lui proposer un nouveau modèle de développement pour sa société. Un modèle « Win-Win », qui lui assure de juteux bénéfices tout en garantissant, aux utilisateurs du premier réseau social une neutralité politique. En conclusion, je lui demandais de se positionner et de nous prouver que son projet n’était pas « Big Brother dans un gant de velours ».

Est-ce qu’un lecteur de « Reflets.info » a eu l’amabilité de lui faire passer mon article ? Car je ne peux décemment pas lancer le deuxième round, si mon adversaire ne s’est pas présenté lors du premier.

Pour écrire cet article, je suis donc parti de l’assertion que Mark a lu mon article, et qu’il a choisi de m’ignorer. Vous vous en doutez : cela m’attriste fort. Mais que voulez vous … quand on vit dans une tour d’ivoire et que l’on ne sait que faire de ses milliards, on se croit peut être plus malin que la moyenne. Le temps est peut-être venu d’en mettre une deuxième couche…

Depuis la publication de mon premier article, que s’est-il passé ? Qu’elle a été l’actualité du premier réseau social ?

 

Facebook et la répression syrienne

 

Avant de se pencher sur ce qui s’est passé en Syrie, donnons la parole à monsieur Frederic Massé, directeur des Relations institutionnelles de SAP France. Ce Monsieur s’est exprimé durant les « 4ièmes rencontres parlementaires sur la sécurité » qui se sont tenues le 22 mars 2011.

Internet a été conçu par des militaires pour des militaires. Nous savons tous ce qu’il en est advenu. Facebook devait au départ servir pour rester en contact avec ses amis de faculté. Les dernières révolutions tunisienne et égyptienne ont utilisé Facebook dans des conditions qui n’avaient pas été anticipés par ses créateurs. L’introduction d’une technologie peut produire des effets qui n’ont pas été anticipés. Nous ne pouvons, certes, tout anticiper mais nous pouvons nous garantir contre un certain nombre de mauvaises surprises.

Les révolutions égyptienne et tunisiennes auraient été des mauvaises surprises ? Avec ce genre de déclarations, j’ai du mal à garder mon optimisme et mon ouverture d’esprit. Mais bon, passons … Tel n’est pas notre sujet. Si j’ai cité ce monsieur, c’est pour illustrer une idée qui est dorénavant admise par la plupart des analystes : les révolutions égyptienne et tunisienne ont surpris les gouvernements mondiaux. Facebook a été, sans conteste, un outil essentiel aux soulèvements dans ces deux pays. Mais n’était-il pas prématuré d’en attribuer la plupart du crédit au réseau de Mark Zuckerberg. Les dirigeants du monde ont appris de leurs erreurs.

Tentons maintenant d’analyser quel a été l’ « effet Facebook » dans les révoltes qui ont suivi la chute du dictateur Moubarak.

La Libye ne sera pas un bon exemple. Si Internet a pu être moteur des premiers soubresauts, le pays s’est très vite fissuré face au discours guerrier et à la répression mise en place par Mouammar Kadhafi. Les zones rebelles ont vite mis au point d’autres canaux de communication. Et la division de la société libyenne en tribus contrôlant de larges parties du territoire a renforcé cet état de fait.

Le soulèvement syrien est, lui, bien plus riche en enseignements. Le 30 mars 2011, Bachar el-Assad prononce un discours devant le parlement syrien. Il se présente comme un réformateur et accuse les manifestant d’être manipulés par l’étranger. Quelques jours plus tôt, sa conseillère avait annoncé une série de réformes dont la réouverture des réseaux sociaux, Facebook inclus. Le discours du président ne va pas calmer les révoltés, bien au contraire. Les manifestations vont gagner en volume et en intensité. Et la vraie nature du régime va apparaître aux yeux du monde: 12 000 personnes emprisonnées, 3000 disparus, et plus de 1 100 morts. Le régime se « défend » contre son peuple. Et il ne fait pas dans la dentelle.

 

La réouverture de Facebook en Syrie avait été suivie par des taux d’inscriptions sans précédent. Inspirés par les exemples tunisiens et égyptiens, les activistes s’étaient connectés en masse pour s’organiser, communiquer … ils ont très vite déchanté.

L’alerte est donnée, sur tweeter, le 4 mai 2011 par « @Capone_SY : Engineer from Damascus »: le certificat SSL de Facebook a été modifié. Ce nouveau certificat génère un alerte dans les navigateurs mais de nombreux activistes, peu familiarisés avec les subtilités de la « self-defense » sur le réseau, l’acceptent néanmoins. Les conséquences vont en être dramatiques. Le régime syrien avait, semble-t-il, choisi de faire du réseau social, une de ses arme de répression. Hala Kodmani, journaliste freelance, observatrice du monde arabe a écrit sur le sujet dans le magazine Télérama. Elle parle de plus d’un millier d’agents recrutés par les services de sécurité du régime, juste avant la réouverture du réseau social, et formés à surveiller et à manipuler le mouvement de contestation, sur Facebook. Des pressions et intimidations sont faites sur les critiques du régime qui ont le « Share it » un peut trop facile. Des correspondants proches du mouvement font savoir à leurs contacts extérieurs que les messages privés sur Facebook sont désormais espionnés. Et le régime ne se contente pas d’écouter. Il est aussi proactif. Des pages appelant à des faux rassemblements sont créées, attirant les activistes dans des manifestations pro-Assad, ou pire … Les pages légitimes sont, elles, censurées. Et les activistes dont les comptes ont été compromis, se mettent à poster sur leur page, des messages de propagande pro-régime.

C’est donc les trois cavaliers de la sainte répression que nous retrouvons à l’œuvre sur Facebook : surveillance, censure, manipulation de masse. Averti par les activistes syriens, le réseau social réagira le 13 mai en supprimant la page de l’armée électronique syrienne. Celle-ci comptait 60 000 fans. Alors, que conclure de ces événements syriens. Le régime brutal de Bachar el-Assad aurait détourné le gentil réseau social, qui se serait dépêché de réagir à la mesure de ses moyens ? Le brave Mark Zuckerberg aurait-il été sorti de son lit, à 1h du matin, et aurait décidé, révulsé par la censure, d’aider la contestation syrienne en supprimant certaines pages pro-régime ?

Dans le monde de Bambi, les choses se seraient peut-être déroulées ainsi. Le monde réel, lui, est plus complexe. Les choses n’y sont pas si limpides.

 

Une arme politique au service du soft-power

 

Lorsque Facebook a supprimé la page de « l’armée électronique syrienne », l’entreprise a du invoquer une « entorse au règles de fonctionnement du réseau social ». Nous allons être amenés à croiser ce type de déclarations à de nombreuses reprises. Nous l’appellerons la « déclaration Novlangue no 1 ».

En Syrie, l’armée électronique syrienne avait appelé à spammer les pages anti-régime. La déclaration Novlangue no 1 était parfaitement justifiée. Mais lorsque nous assistons à une telle décision, proche d’un acte de censure, il est nécessaire de prendre du recul afin de déterminer si cette décision pourrait être teintée de sous-entendus géopolitiques. Facebook est une entreprise américaine et l’Amérique est en froid avec la Syrie depuis bien longtemps. Le régime de el-Assad ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Le réseau social a depuis, été déclaré ennemi national et a été menacé de représailles.

Le 17 mai 2011, Mykola Sukhomlyn, un activiste Ukrainien poste sur son profil une vidéo montrant le gouverneur Donetsk Oblast au volant d’une Mercedes Classe-S. Il entend ainsi répondre aux déclarations de ce politicien qui avait demandé aux Ukrainiens d’utiliser leur propre argent pour réparer les routes, la réduction des budgets locaux ne pouvant pas couvrir les frais des travaux. La vidéo postée par Mykola est très vite reprise par différents sites de presse Ukrainiens. Le lendemain, l’activiste commence à recevoir des messages d’utilisateurs anonymes lui demandant de supprimer la vidéo et le menaçant de bloquer son profil Facebook. Mykola se met à recevoir des coups de fils anonymes, les messages se poursuivent, se faisant plus menaçant. Le 1er Juin son compte est finalement supprimé, sans avertissement. Contactée, l’administration de Facebook mettra du temps à se justifier avant d’invoquer la déclaration Novlangue no 1: la page de Mykola aurait violé les règles de copyright. Notons quand même que la vidéo à l’origine de cet acte de censure avait été tournée par un autre activiste Ukrainien…

Fin mars 2011, c’était la page « Troisième Intifada » qui était fermée par le réseau social. Répondant à une injonction du ministre de l’Information israélien Youli Edelstein, le réseau social a tout d’abord refusé de la censurer, affirmant que le message véhiculé était pacifique et que les modérateurs veillaient à supprimer les commentaires promouvant la violence. L’affaire fait du bruit, la page gagne en popularité, … et des commentaires plus radicaux se mettent à apparaître. Après plusieurs avertissement envoyés aux administrateurs, le réseau social se résout, finalement à faire fermer la page. Celle-ci comportait prés d’un demi-million de fans.

Dans chacun des ces exemples, Facebook a fini par s’expliquer, justifiant plus ou moins bien ses décisions. Il en sera toujours ainsi. Mais dans certaines affaires, la Novlangue a plus de mal à masquer des relents plus … Nauséabonds.

Si la France a souvent eu, en Europe, une image de pays de la contestation et de l’affrontement social, actuellement, c’est plutôt vers ses voisins qu’il faut se tourner pour trouver les luttes sociales les plus actives. En Espagne, le mouvement des Indignados s’est levé face à la gestion de la crise par le gouvernement. Et l’Angleterre n’est pas en reste … Le 27 octobre 2010, le gouvernement de David Cameron annonce la réduction drastique des budgets sociaux. Le 10 novembre, une manifestation étudiante surprend les autorités par son ampleur. La jeunesse anglaise dénonce le triplement des frais d’entrée en université. Le cortège se dirige vers le siège du parti conservateur anglais, le prend d’assaut et le met à sac. De ces événements vont naître le mouvement Uncut UK.

 

Un mouvement protéiforme, à l’image des nouvelles formes de mobilisations: fourmillement d’idées et de participants venants d’univers différents, carrefour entre les luttes anciennes et nouvelles. L’Angleterre bouillonne, le peuple anglais s’organise … et devinez quoi… Le prince William annonce qu’il va se marier. La tuile … ! Un événement très médiatique, couvert mondialement … Une tribune idéale pour un mouvement décidé et organisé

Le 29 avril 2011, 12 heures avant la noce royale, les pages Facebook des groupes les plus importants affiliés à « Uncut » sont supprimées sans aucun avertissements, les empêchant de s’organiser et de se coordonner en vue du « grand événement ». L’affaire provoque un tollé et les groupes visés se lancent en campagne, exigeant la réactivation des pages censurées. Facebook se verra contraint à s’expliquer et sortira encore une fois sa carte « Novlangue ». Les pages visées étaient en fait des profils, devant représenter des personnes physiques. Le réseau social proposait une procédure pour migrer ces profils vers des pages…  Mais un cas dérange : celui de la « Bristol Anarchist Bookfair ». Cette page, respectant donc les conditions d’utilisation, a été supprimée, comme les autres. Une odeur nauséabonde on vous dit…

Alors que dire ? D’abord que ce cher Mark Zuckerberg a un bon jeu de jambes et une bonne esquive. Il esquive mes directs, mes crochets, avec une belle aisance. Il semble garder la maîtrise du terrain. Que faire contre un tel adversaire ? Sur les pentes embrumées de la montagne, parmi les pins et les forets de bambous, le vieux tigre m’a appris à combattre de tels adversaires. Sortir de sa ligne d’attaque, casser la distance, rentrer dans la garde pour l’empêcher de danser. Le surprendre là où il ne m’attend pas. Suivons donc la piste nauséabonde. Celle qui nous a conduit de la Syrie vers l’Ukraine puis vers l’Angleterre royale. Alors ? Où se situera notre prochain terrain d’affrontement ? La piste semble conduire par delà l’océan…

 

Suivre la piste des financements

 

 

Fondée en 1999, le fond d’investissement In-Q-Tel a été crée dans un but bien précis. Dans la rubrique « History » de leur site web nous pouvons lire :

En 1998, la CIA a identifié la technologie comme priorité stratégique, et a mis en place un plan radical en vue de créer une nouvelle entreprise dont le but serait de d’aider l’Agence à accéder aux innovations du secteur privé. In-Q-Tel fut crée en février 1999 par un groupe de citoyens privés, sur la requête du Directeur de la CIA et avec le support du congrès Américain. La mission de IQT est de construire un pont entre l’Agence et un ensemble d’innovateurs technologiques du secteur privé.

C’est Tom Hodgkinson, journaliste au Guardian, qui remontera la piste des financements de  Facebook. Dans un article publié en 2008, il parviendra à repérer trois connexions entre le réseau de Mark Zuckerberg et le fond d’investissements de la CIA.

En septembre 2004, le réseau social, à peine naissant, se voit béni par des Buisness Angels. A peine cinq mois après sa création, l’ange Peter Thiel, se penche sur son berceau et  y dépose une enveloppe de 500 000 dollars. En échange, Peter Tiel entre au conseil d’administration de la société. Penchons-nous, à notre tour, sur ce mystérieux Peter Tiel. Peter fait partie de « TheVanguard.org », un groupe de pression néo-conservateur présent sur internet. Peter a été CEO de PayPal. Il est actuellement président de la société Palantir. Et qui trouvons-nous dans les principaux investisseurs de Palantir ? In-Q-Tel naturellement.

 

En mai 2005, Facebook fait sa première dent. La petite souris sera généreuse : l’entreprise parvient à lever 12,7 millions de dollars en série A (le premier tour de financement d’une société). Un homme semble avoir été au centre de financement : Jim breyer. A tel point qu’il rentrera au conseil d’administration du réseau social. Attardons nous quelque peu sur Jim Breyer. Jim fait partie de nombreux conseils d’administration (Dell, Wall Mart, Marvel entertainement…). Il est aussi l’ancien président de la « National Venture Capital Association » (NVCA) et y a donc travaillé avec Gilman Louie. Et de quelle société, Gilman Louie a-t-il été président ?  In-Q-Tel, naturellement.

Téléportons-nous maintenant en avril 2006. Facebook a bien grandi. Il commence à devenir mature. Il a maintenant un train de vie plus conséquent. Ses parrains veillent à son bien-être. En série B (deuxième tour de financement), le réseau social va lever 27,5 millions grâce à Greylock Partners. Un des plus grands associés de Greylock s’appelle Howard Cox. Howard Cox est le président de la NVCA. Il est un des associés de In-Q-Tel.

Image : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/facebook-serait-il-au-service-de-33214

A l’heure ou nous écrivons cet article, le conseil d’administration de Facebook est constitué de trois personnes : Mark Zuckerberg, Peter Thiel, et Jim Breyer.  ( Concernant ce sujet, vous pouvez aussi lire l’article de Jet Lambda : http://reflets.info/allemagne-village-securitaire/ )

Mark Zuckerberg me semble bel est bien sonné cette fois-ci. Achevons l’adversaire pour ne pas qu’il souffre.

 

Des potes d’université à la surveillance mondiale généralisée …

 

Pour que vous puissiez prendre conscience, avec moi, de ce qu’est réellement le réseau social Facebook, nous allons revenir un peu en arrière. Nous allons tenter de faire un parallèle entre l’attaque réalisée par « l’armée électronique syrienne » contre Facebook … et ce qui pourrait bien être déjà en place, depuis plus de 10 ans, dans les locaux d’une agence de renseignement américaine.

L’attaque réalisée par « l’armée électronique syrienne » contre le réseau Facebook a été analysée par l’Electronic Frontier Foundation. Elle est décrite comme « pas très sophistiquée ». Le certificat forgé par les hackers au service du régime syrien n’était pas signé par une « Autorité de certification ». Elle générait des avertissements dans les navigateurs web. L’EFF nous met néanmoins en garde:

Malheureusement, les autorités de certification sont sous le contrôle direct ou indirect de nombreux gouvernements, et de ce fait beaucoup de gouvernements ont la capacité mener cette attaque avec succès sans provoquer d’erreurs ou d’avertissements dans les navigateurs.

Puis l’EFF continue son analyse. En analysant les réponses des serveurs DNS (permettant de savoir à quelle adresse IP correspond un nom de domaine), l’EFF observe que l’attaque a dû être réalisée grâce à des proxys ou des routeurs transparents. En effet, que l’ont soit aux États-Unis ou en Syrie, le domaine « www.facebook.com » renvoie à la même adresse IP.

Ca y est ? Vous y êtes ? Allez je vous aide … Je vais remixer, pour vous, toutes ces informations, à la sauce « Reflets » !

Chez « Reflets.info », quand on nous dit « routeur transparent », nous pensons DPI. Déformation professionnelle. Rappelez vous … Il y a quelques semaines, on vous racontait l’histoire de Narus, cet éditeur de DPI américain aux proportions gigantesques (plus de 10 000 employés), racheté par Boeing. Narus avait fait la Une des journaux lorsque un ingénieur de AT&T avait accusé la NSA de l’installer secrètement au cœur de l’internet américain. Voici nos routeurs transparents placés en coeur de réseau.

Parlons des certificats SSL maintenant. Outre le fait que les plus grande autorités de certification soient sous l’influence indirecte des États-Unis, une question reste pertinente : pourquoi forger des faux certificats quand on peut se servir des vrais. Des businessmen gravitant autour de la CIA ont investi plus de 40 millions de dollars dans Facebook. Ne pensez vous pas qu’il soient en mesure d’infiltrer un agent à eux dans l’entreprise ? Et d’obtenir ainsi les précieux certificats ?

Vous y êtes ! Big-Brother dans un gant de velours !

 

 

L’entreprise Facebook n’a pas réellement besoin de collaborer. Elle peut même s’opposer, en apparence à ses mentors, s’appliquer à défendre la liberté d’expression et supprimer la page de « l’armée électronique syrienne » … Rien n’y fera ! De par sa nature, ses modes de financement, et les conditions de sa création, Facebook n’est en définitive qu’une des grandes oreilles des renseignements américains.

 

Pour finir …

 

Cet article est déjà long … mais comment pourrait-il s’arrêter aussi vite ? Chaque fois que l’on creuse un peu, des dizaines de pistes s’ouvrent à nous … De nouveaux sujets apparaissent, méritant toute notre attention.

Nous avons pour le moment parlé de surveillance passive, il nous faudra aborder le sujet de la surveillance active et nous pencher sur le cas Palantir. Cela fera l’objet d’un article … Puis, partant de la surveillance active nous devrons nous pencher sur la manipulation de masse et sur le « community management » à la sauce DoD.

Mais revenons sur terre.

Et observons une minute de silence, pour les activistes tunisiens, syriens, égyptiens, soudanais, … qui, ayant eu le courage ( ou l’inconscience ) de s’opposer publiquement, sur Facebook, à leurs gouvernements se sont retrouvés arrêtés, torturés et exécutés. Les exemples abondent sur la toile.

Mark, tu m’inquiètes… Tu me pousses à la paranoïa ! S’il te plait, une bonne fois pour toutes, écoute un peu tes clients / utilisateurs. Fais un geste pour calmer nos soupçons. Sauve ton entreprise en cédant, une part du capital de Facebook à la société civile, démontrant ainsi ta bonne fois. Si tu persistes à m’ignorer, je vais vraiment finir par supprimer mon compte Facebook ! Car comme je le disais récemment à un ami :

      « Moi, la torture, c’est pas trop mon truc » 

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34 thoughts on “Facebook : Round two … Fight !”

  1. « Mark, tu m’inquiètes… Tu me pousses à la paranoïa ! S’il te plait, une bonne fois pour toutes, écoute un peu tes clients / utilisateurs. »

    Ouais enfin bon, les gens peuvent aussi cesser de confondre Internet et Facebook.

    T’as un compte Facebook, shaman? Moi non plus.

  2. Faudrai appeller tous ceux qui sont sur facebook à rentrer des information foireuse sur leur profil. Creer des evenement inexistants, des villes visitées inexistantes, …

    Voir même lister les chercheurs qui ont pu bossé pour la CIA, déduire les algo les plus probablement utilisé pour l’extraction de connaissance et faire des tools qui les rendent inutilisable.

    S’amuser quoi.

      1. Une appli facebook qui, quand tu t’y abonne, te genère des connections avec les autres « manifestants », emet des privtes messages random avec ces personnes qui font tilter les consoles de la CIA … qui rend moi clean ton profil ( changement regulières de vue politiques, religieuse, … ) sans trop pénaliser « l’experience utilisateur » facebook :)

        100% legal, tu ne fait que modifier ton profil.

        L’appli est bien sur plugée sur quelques algo d’IA bien couillus pour démonter les fameux « algos d’extraction de connaissance ».

        Une sorte d’entitée sombre, influant sur le reseau social … :)

  3. Je en connaissais pas cet aspect des choses, merci de cet article.

    Pour ce qui me concerne je me suis penché sur la question de la politique des « noms véritables » en quelques articles que l’on peut trouver sur mon site et ici : http://www.agoravox.fr/auteur/jcm

    Le dernier : « Présidentielles, écologie, Facebook, Google et vote blanc » http://activart.com/intelliblug/index.php/2011/08/02/121-presidentielles-ecologie-facebook-google-et-vote-blanc

    Il faut absolument que tous nous ouvrions les yeux, que nous réagissions, car nous allons dans de très mauvaises directions…

  4. Je m’étonne de voir tans de pictos Facebook sur ce site ! Manque plus que Google+ pour votre collaboration à la collecte de Big Brother.
    Pour info, les naifs qui ont ouvert un compte FB avec de vraies infos, celles-ci sont déjà stockées sur les serveurs de la NSA, pas la peine de se fatiguer à les modifier. Et pour éviter la géolocalisation,regardez du côté de la rubrique funéraire, pour récupérer les portables des morts.
    Le pire, c’est que pour poster ici, il faut une adresse de messagerie valide !

  5. Des infos (très) inquiétantes.
    Qui ne font, au final, que confirmer ce que je pense de Facebook, et ce que j’en craignais, de manière confuse et inconsciente.
    Google-Facebook, la toute-puissance américaine… ce qui m’inquiète le plus, au final, c’est le manque de réaction des personnes à qui on en parle.

    Faut-il continuer à « pisser dans un violon » et attendre l’apocalypse, pour se consoler en disant, après coup : « je vous l’avais bien dit » ?

    Non, ce ne serait pas sérieux. Mais que c’est désespérant.

  6. Juste deux ou trois petites remarques: la silicon valley étant historiquement liée à la défense américaine (voir à ce sujet cette conférence passionante http://www.youtube.com/watch?v=hFSPHfZQpIQ&feature=player_embedded) et par essence incestueuse (les compagnies vont et viennent mais on passe de l’une à l’autre avec une certaine fluidité….), constater que InQTel à ses doigts partout est un peu comme dire que l’eau ca mouille.

    Les américains voient avec raison les sites sociaux comme les autres médias américains comme des instruments d’influence, et éventuellement de renseignement. Ils ont d’ailleurs raison. Ne soyons pas naif, toute entreprise opérant basée dans un pays est soumise aux lois qui s’y appliquent et au pouvoir des instruments de son exécutif. Donc oui, une société américaine aura de bonne chances de collaborer avec la justice et les services de l’état américain … l’eau ca mouille.

    Pour le « hack » Syrien, c’est un bête man in the middle qui peut être fait par redirection niveau IP ou sous jacent ou tout bêtement par un forcage d’entrée DNS.Conclusion comme dit l’EFF ca n’est pas trés sophistiqué. Pas besoin de DPI de sondes haute vitesse, d’injection temps réel et autre technos des années 2000. On parle de technologies des années 90 la.

    Confiance dans le SSL, oui la aussi, le problème n’est pas dans la technologie (qui n’est pas extraordinaire mais pas honteuse), mais dans la compréhension de la sécurité par les utilisateurs (évidemment les états n’y voient pas de problème). Certaines extensions de navigateur peuvent analyser les certificats présentés et formuler la question de confiance plus clairement: rémanence des certificats, explicitation de la CA… Ca peut aider ou pas.

    Si vous voulez continuer dans la même route, je vous invite à questionner le choix de rc4 comme algo par défaut quand on visite en SSL Google ou Facebook. Cet algo est certes rapide, mais pourquoi ne pas utiliser l’AES maintenant standard. Serai-ce parceque la solidité du RC4 est questionnée et qu’il serai peut être faisable de le casser rapidement …. nan.

    Tiens un hélico noir.

    Noooon nooon c’est pas moi ….

  7. Bon article. Un round passionnant!
    Mais j’ai dû louper une marche dans l’escalator temporel. L’article de Tom Hodgkinson dans le guardian date plutôt de 2008 que de 1998, non?
    Évidemment, tous les lecteurs auront corrigé avec aisance.

  8. chuis déçu …

    pasque personne , jamais ne remet en cause le modéle fessebouc sous l’angle sous lequel il est le plus critiquable …

    fessebouc et tout le ouebbe social, c’est jamais qu’un agglomérat de boutons « i like » … une sorte de machine à produire des sms sans avoir à s’emmerder à les taper …

    mais cette critique reste à faire

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