Égypte : L'armée conserve le pouvoir

Ils sont actuellement plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans les rues du Caire et on dénombre pour aujourd’hui 3 morts et des blessés par dizaines. Alors que les manifestants affluent toujours et ne semblent pas disposés à respecter le couvre-feu imposé dans les grandes villes d’Égypte, la situation politique, bien qu’encore confuse, semble évoluer à toute vitesse. Le peuple ne veut plus de Mubarak, et dés hier, une source diplomatique nous confiait que l’armée était bien en train de préparer la succession du président Mubarak.
Le président Mubarak ne semble pas encore prêt à quitter la tête du pays, mais suite à la dissolution de gouvernement intervenue cette nuit, le lieutenant général Omar Suleiman a été nommé vice-président.
Hosni Mubarak lui même était issu de l’armée, l’Égypte a une longue tradition en la matière (tous les président depuis 1952 sont des militaires). Est-ce que l’Égypte peut changer et enclencher une transition démocratique avec Omar Suleiman ? Est-ce bien ce que souhaite la diplomatie mondiale ? Le spectre d’un islamisme dur semble avoir fait deux tours dans la tête de certains chefs d’État, même s’il faut bien se garder d’assimiler tous les islamistes à la branche intégriste la plus dure. Les frères musulmans égyptiens ne sont pas des talibans.
Plus intéressant encore, ce câble diplomatique, révélé par Wikileaks, désigne Omar Suleiman comme assez en phase avec l’administration américaine. Rappelons nous également qu’Omar Suleiman dirigeait depuis 1993, le Jihaz al-Mukhabarat al-Amma, la toute puissante agence de renseignements égyptienne.
Le fond de notre pensée aujourd’hui, c’est qu’Hosni Mubarak est bien sur le départ, tout semble convenu d’avance et il semble que la diplomatie américaine a su gérer finement cette crise pour préserver ses intérêts dans la région. Il n’y a plus qu’à espérer que ces intérêts n’aillent pas à l’encontre de ceux du peuple égyptien.
Enfin, du côté des forces de sécurité, au Caire, la police semble avoir déserté les rues, l’armée se veut bienveillante et tente de rassurer la population. Mais y a t-il de quoi être rassuré ? A Alexandrie, la population se serait même payé le luxe d’interpeller des policiers auteurs de violences sur les manifestants et les aurait remis à l’armée.
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