Désarmer la finance pour sauver la démocratie ?

L’observation attentive de l’évolution des systèmes socio-économiques des pays les plus développés — depuis les trente, et surtout les vingt dernières années — est riche d’enseignement. Le grand défi en cours n’est pas celui de
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Auteur: drapher

Journaliste (atypique mais encarté) web et radio — @_Reflets_ et d'autres médias. Ni "désengagé" ni objectif ou neutre, mais attaché à décrire et analyser la réalité, même la plus déplaisante. On the net since 1994. Gopher is power ;-)

19 thoughts on “Désarmer la finance pour sauver la démocratie ?”

  1. Je serai assez intéressé de voir quel est votre avis sur un problème qui me semble, à mon avis, être un des socles (mais pas la genèse) des inégalités à l’échelle mondiale (et de ce fait aussi locale) et qui est le phénomène de surpopulation. Cette problématique dont personne ne parle vraiment de par son caractère irrésolvable tant il demanderait une coopération mondiale, mais aussi car il nous rappelle que l’expansion humaine ne peut être infinie.

    1. L’idée m’est souvent venue en tête.

      Mais c’est le serpent qui se mord la queue:
      Moins de personnes = moins de demande. Moins de demande, moins d’emplois… trouver le juste milieu dans une société de la surconsommation sera extrêmement difficile.

  2. Qu’y a t il a sauver ? Des boeufs ignares, dont le summum de la culture est représenté par des émissions de téléréalité et le test de QI annuel de M6 ? Ces mêmes boeufs qui crachent à la gueule de tous ceux qui sont différents, que ce soit par leur couleur de peau, leurs choix religieux ou politique, leur instruction ?

    Ils peuvent crever la gueule ouverte en ce qui me concerne. Malheureusement, l’histoire a déjà montré à quel point cette population est manipulable, renouvelable, et jetable (comme des lapins, mais en plus nuisibles). C’est toujours cette population qui est manipulée par les puissants qu’ils prétendent combattre à chaque révolution, et ce sont toujours ceux de la classe moyenne qui se font zigouiller …

    L’histoire se répètera, jusqu’à la disparition de la classe dite moyenne. Il ne restera plus que les boeufs ignares et haineux, et les ultra riches.

    1. Vous ne pensez pas que les boeufs dont vous parlez veulent juste se reposer après une journée de travail de plus en plus fatiguante, et qui rapporte de moins en moins, justement à cause des problèmes évoqués dans l’article?
      Vous ne pensez pas que, si on leur en donnait les moyens, ces personnes ne seraient pas plus heureuses de travailler moins pour gagner plus?
      Vous ne pensez pas que, avec ce temps libre supplémentaire et ces soucis financiers en moins, ces personnes auraient bien plus de temps et d’énergie nécessaire, et utiliseraient tout ça pour s’investir dans la vie de leur quartier/ville/département/région/pays?

      L’asservissement des pauvres par les riches est une conséquence insidieuse de la libéralisation du travail. On oblige les gens à travailler plus, et on les abrutit pendant leur repos. Un plan parfait.

      1. C’est le cadet de mes soucis. Quasiment tout le monde, y compris les pauvres, vit au dessus de ses moyens, et ca c’est le coeur du problème.

        On a bati un système géopolitique ou meme les plus idiots et les plus pauvres de l’occident peuvent vivre relativement décemment (quoi que vous en pensez, un toit, une télé, un lit, de la bouffe, l’acces aux soins, les transports, l’eau courante, la téléphonie, internet, j’en passe); Le revers de cette médaille, c’est que cela se fait a condition qu’on réduise en esclavage bien d’autres populations… mais ca, le pécore haineux, il refuse de le voir. On a mis suffisamment de barrières hiérarchiques pour qu’il ne se sente pas concerné.
        Dans la plupart des pays moins développés, ces idiots haineux n’auraient probablement pas atteint l’age adulte tellement ils sont parasitaires et inutiles à la société. Travailler moins pour gagner plus, c’est un piège à con. La vérité, c’est qu’il faudrait travailler + pour gagner moins, dans le sens « être plus productif ». Avec une bonne grosse taxation des capitaux, de manière à ce qu’il devienne impossible de fabriquer des dynasties de rentiers. Il faut que le travail soit rémunéré nettement plus que le capital, sinon point de salut.
        Mais désolé, les personnes qui n’ont quasi aucune valeur ajouté devraient vraiment fermer leur bouche. Ils sont frustrés par ce qu’ils voient à la télé, mais leur rêve c’est d’être rentier, c’est simplement de la jalousie.

        1. Excellent, crousti, si je peux me permettre, parlons de vile populace plutôt que de population ou pire, de peuple, de peur de salir le sens profond qui devrait receler. Les cons deviennent de plus en plus cons et de plus en plus méchants. L’Histoire aura raison d’eux. Pas de pitié pour les cons !

          1. Oui,,mais quand on est rentier c’est pas mal quand même. Crois-moi ! Et ce n’est pas exactement ce que s’imaginent les cons. Comment le pourraient-ils d’ailleurs. Être maitre de son temps, tout ou presque est là et avec de l’argent en plus, utilisé à bon escient, rien à redire, n’était-ce le spectacle affligeant d’une société de plus en plus inégalitaire et surtout intolérante, mais les deux vont de pairs. Mais c’est vrai, les cons qui se consument dans le visionnage ad nauseam de programmes tv débiles n’ont que ce qu’ils méritent. A éheure d’Internet, personne ne peut plus prétexter « je ne savais/sais pas! » Il suffit de chercher et de réfléchir un peu. Ceux qui en sont incapables, tant « pire » qu’ils subissent la matrice et advienne que pourra !!!

  3. Bonjour,

    Je trouve vos articles géniaux, cependant, si je peux me le permettre…
    Pouvez-vous écrire vos articles en caractères d’une taille au dessus, car les lettres sont très petites et cela donne moyennement envie de lire, ce qui est dommage car le fond du message est vraiment intéressant.

    C’est juste un petit conseil,

    Merci.

  4. Pour dominer, les ultra-riches utilisent leur outil : La monnaie, ce tour de passe-passe, ce truc impalpable qui permet d’endetter les pauvres pour ensuite disposer de leur vies.

    Mais la monnaie est très virtuelle, elle ne se mange pas et n’a pas de valeur autre que celle qu’on veut bien lui accorder.

    Pourquoi est-on pauvre ? Parce qu’on manque de monnaie. Sans monnaie, on meurt (Gérard Foucher).

    Qu’est-ce que la monnaie ? Essentiellement des données informatique. Un truc qui si on y regarde de plus près ne sert à rien.

    Il suffirait que les pauvres descendent du train monétaire et s’organisent entre eux pour que soudain les ultra-riches ne soient plus rien.

    Cela nécessite d’abord de se désintoxiquer de l’individualisme et du consumérisme auquel nous sommes dressés, mais je pense qu’au train ou vont les choses ça ne sera bientôt plus une option.

    J’imagine que pour ceux qui n’ont déjà plus rien, ça ne doit pas paraître insurmontable.

  5. Thème intéressant dont peut-être il existe déjà des données soigneusement cachées.
    S’il est déjà connu que la croissance ne bénéficie qu’à quelques-uns, à partir de quel moment l’équilibre sera-t-il rompu ? Pour que les riches continuent à prospérer, il est nécessaire que leurs clients les paient, non ?

    En fait, ce point ne doit pas être très loin. Il va donc venir le moment où, avec la logique actuelle, les économies « fortes » vont commencer à sacrifier les économies faibles (plus exactement les populations des économies dites faibles) au sens vrai du terme : les assassiner ou simplement les faire mourir de faim (plus facile à camoufler au journal de 20H00), un moment où des pays vont tout simplement disparaître, leurs terres achetés par d’autres pays ou par des personnes fortunées, transformant leurs habitants en peuples esclave comme au bon vieux temps.

    Tous ces phénomènes auront l’immense avantage de supprimer le problème de l’éducation. J’entends par là que l’éducation continuera d’exister (des esclaves sans éducation sont sans intérêt), mais qu’elle sera orientée de façon plus « efficace » vers une catégorisation qui avait tendance à se perdre.
    En plus cette catégorisation permettra de mieux maitriser les problèmes démographiques.

    La démocratie sera enfin réservée à une minorité (là, j’aurais pu écrire une « élite », mais c’est un peu trop, je risque de me faire repérer).
    J’ai lu récemment, dans Le Monde je crois, que les grands patrons français se sentaient mal aimés. Comme je les plains… Alors qu’en fait, ils travaillent pour nous (le nous en question étant assez générique, il est vrai, et beaucoup n’en font déjà plus partie).

    1. >S’il est déjà connu que la croissance ne bénéficie qu’à quelques-uns, à partir de quel moment l’équilibre sera-t-il rompu ?
      Jusqu’ici elle bénéficiait à tout le monde : même les pauvres voyaient leur niveau de vie s’élever (un peu).
      Ces dernières années ont été marquées par une caractéristique : Quel que soit leur milieu, en moyenne les enfants vivaient mieux que leurs parents.
      C’est ça qui est en train de changer.

      >Pour que les riches continuent à prospérer, il est nécessaire que leurs clients les paient, non ?

      Il est nécéssaire que beaucoup de pauvres travaillent pour eux (Curiosité : renseignez-vous sur l’origine du mot travail).

      La monnaie n’est qu’un moyen pour les y contraindre. Il suffit de s’arroger le pouvoir de la créer et ensuite de la distribuer parcimonieusement, cela permet de pomper le temps de vie de ceux qui sont obligés de travailler pour en obtenir.

      Avec la monnaie on achète le temps des autres, directement ou indirectement.

      Par ailleurs il y a la mécanisation qui rend le pauvres de moins en moins indispensables, au moins en ce qui concerne la force physique.
      Cependant avec la raréfaction de l’énergie qui sert à faire tourner les machines, la donne pourrait changer.

      >En fait, ce point ne doit pas être très loin. Il va donc venir le moment où, avec la logique actuelle, les économies « fortes » vont commencer à >sacrifier les économies faibles (plus exactement les populations des économies dites faibles) au sens vrai du terme : les assassiner

      Oui, une bonne guerre c’est un moyen d’éliminer ceux que l’on juge inutiles à l’économie. En plus ça fait du business.
      Il suffit de leur donner une bonne raison pour s’entretuer.

      >ou simplement les faire mourir de faim (plus facile à camoufler au journal de 20H00)

      Il y a risque d’émeutes, et rien ne résiste à la foule quel que soit l’armement en face.
      Il n’y a rien a faire contre des gens nombreux qui n’ont plus rien à perdre.
      Il faut les maintenir divisés et détourner leur attention de l’origine de leurs problèmes, mais quand ils ont faim c’est difficile.

      >un moment où des pays vont tout simplement disparaître, leurs terres achetés par d’autres pays ou par des personnes fortunées, transformant leurs habitants en peuples esclave comme au bon vieux temps.

      Les contrats de vente ont une valeur relative. Dans la théorie un pays peut toujours s’organiser pour reprendre ses terres par la force. Ca dépend des forces physiques en présence.

      >Tous ces phénomènes auront l’immense avantage de supprimer le problème de l’éducation. J’entends par là que l’éducation continuera d’exister (des >esclaves sans éducation sont sans intérêt), mais qu’elle sera orientée de façon plus « efficace » vers une catégorisation qui avait tendance à se >perdre.

      C’est la nuance entre éduquer et instruire.
      Eduquer est utile (comme on éduque un animal pour qu’il obéisse), mais l’instruction est dangereuse car elle mène au sens critique, au libre arbitre et à l’émancipation.

      >En plus cette catégorisation permettra de mieux maitriser les problèmes démographiques.
      Je pense que les conflits armés sont plus efficaces pour cela.

      >La démocratie sera enfin réservée à une minorité (là, j’aurais pu écrire une « élite », mais c’est un peu trop, je risque de me faire repérer).

      Une démocratie peuplée de requins n’est pas une démocratie. Dans leur faim de pouvoir, il finissent par se manger entre eux.

      >J’ai lu récemment, dans Le Monde je crois, que les grands patrons français se sentaient mal aimés. Comme je les plains… Alors qu’en fait, ils >travaillent pour nous (le nous en question étant assez générique, il est vrai, et beaucoup n’en font déjà plus partie).

      On voit déjà très bien que curieusement les hauts politiciens et les grands patrons sont parfaitement interchangeables, alors que théoriquement les compétences requises ne sont pas les mêmes.

      1. anomail,
        Discussion passionnante, mais sur un support malheureusement assez primaire (dans sa forme, pas dans son esprit, merci Reflets).

        Essayons tout de même. Assez d’accord sur la plupart des choses que vous écrivez, quelques précisions cependant :
        « …les enfants vivaient mieux que leurs parents… C’est ça qui est en train de changer… » ou plus exactement, les gens en question le perçoivent de cette manière. Car en fait en parallèle le coût de leur vie a augmenté. Leur faire miroité l’absolue nécessité d’avoir un Iphone 6, une voiture de moins de 2 ans, un appartement qui se « valorise », une place à Janson de Sailly et plus tard sortir de l’ENA et/ou de Polytechnique pour les uns (un DEUG pour les autres) sont des illusions qui leur évitent de se poser les bonnes questions : ont-ils l’échine assez flexible et les genoux assez solides pour supporter le poids de leur corps ? Sont-ils disposés à gagner le concours de Milgram (en vrai, pas seulement faire semblant d’électrocuter) ?

        Sur le fait de faire payer les gens qui n’ont pas de quoi, c’était un sarcasme assumé. Lâcher les chacals sur les marchés boursiers pour se déchainer sans limite en a forcément une (de limite). Lorsque les gens du vulgus n’ont plus rien, ils n’ont plus rien à perdre non plus (en fait, si, leur dignité).

        Je ne crois pas au mythe de la bonne vieille guerre, trop risqué. Il y a des manières plus subtiles (encore que regarder s’entretuer les talibans et les pakistanais, ou les Ukrainiens et les Russes relève de cette logique). Je vois plutôt laisser certains pays, genre africains, dans une spirale descendante ou il suffit de ne rien faire et de venir récupérer le territoire après. Pour info cela a déjà commencé : le Nicaragua que s’achète la Chine, Madagascar que se déchirent plusieurs pays dont la Chine et de riches familles d’Afrique du Sud, et les Etats Unis qui lorgnent sur la France depuis bien longtemps, un peu inquiets (mais pas trop) de la montée du Front National.

        Education versus instruction ? Bravo, c’est exactement ça ! L’emploi du terme était intentionnel
        Quant au mot démocratie (autre sarcasme), ben comment dire… Non, rien.

  6. Article helas un peu franco francais. Qui sont les actionnaires ? c est pas uniquement des messieurs en haut de forme fumant le cigare. La financiarisation de l economie a commencée aux USA dans les années 70 quand il a fallut financer les retraites. En effet dans de nombreux pays (USA, grande bretagne, partiellement en Suisse) les retraites se font sous forme de capitalisation. Autrement dit, pour payer une nombre de retraités de plus en plus important, il faut que le capital rapporte de plus en plus !
    Il est evident que le systeme va dans le mur car l economie reelle ne peut croitre a 5 % par an, mais c est aussi le cas de la retraite par repartition (cf les pb recent de l agric et l arco). Le seul avantage d un systeme par capitalisation, c est que la pression pour l appauvrissement des jeunes du pays est moins forte (on va faire suer le burnous dans les autres pays et on ne peut pas taxer directement les jeunes generation comme avec une retraite par repartition)

    Sinon il y a en effet des probleme de representativite democratique. Mais est ce vraiment lie a la presence de multinationales et la mondialisation ? Regarde par ex comment fonctionnait la 3eme republique il y a un sciecle. pas de multinationales, pas de mondialisation a l epoque mais deja une consanguinite des elites et du copinage.
    Je pense qu internet a au contraire déserré le carcan. avant la TV repandait la bonne parole et le peuple suivait. Maintenant ca devient plus dur (cf le referendum sur la constitution de l UE qui a ete rejete). Apres il y a toujours le fait qu une bonne partie de la population est composee d abruti qui va voter pour avoir un stade de foot flambant neuf meme si le maire a un bilan catastrophique (je pense a Gaudin a Marseille) et une partie de la population qui pense apres moi le deluge (refus de faire quoique ce soit contre le changement climatique ou de baisser les pensions de retraites qui sont intennable sur le long terme)

  7. Joli article, mais en France, l’un des principaux actionnaires, c’est l’Etat, avec plus de 100 milliards de capitalisation détenus sur le CAC40 et plus de 4 milliards de dividendes.

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