BCE, Italie, Grèce : les pyromanes prennent le pouvoir

(Pendant que les politiques, les « marchés » et les médias saluent le départ de Silvio, avec son remplacement par Mario, après celui de Trichet à la BCE remplacé lui aussi par un autre Mario, on cherche à comprendre en quoi cette valse des Marios va sauver l’euro, juguler la crise et nous empêcher de nous retrouver avec le même niveau de protection sociale que les Chinois.)

Ca y est les marchés vont être « rassurés », ça va repartir, la bourse va grimper de nouveau, tout va rentrer dans l’ordre, l’euro, ce cher euro, va être sauvé et la crise de la dette résolue. C’est en gros ce qui est renvoyé à qui mieux-mieux depuis quelques jours avec l’arrivée à la présidence du conseil italien de Mario Monti et depuis le 1er novembre avec la prise de direction de la Banque Centrale Européenne (BCE) par Mario Draghi. C’est marrant, mais on a du mal à croire que deux types élevés au pays de Cosa Nostra vont te régler les problèmes économiques structurels d’une union européenne agonisante en deux coups de cuillère à pot. On peut même se demander si ce n’est pas l’inverse qui risque de se produire, parce que les Marios, au delà de la boutade sur leur origine italienne (on ne mange pas de ce pain-là à reflets) ce sont surtout des types qui bouffent dans la gamelle ultra-libérale au point d’avoir été en responsabilités chez ceux-là mêmes qui nous ont pourri notre économie depuis trois ans (et bien plus que trois ans si on a lu les articles sur les origines de la crise). Ils pourraient bien être Finnois ou Mongols, les Marios, ce serait la même chose. Ce sont surtout d’ex-banquiers. Mais pas seulement, ni n’importe lesquels.

Petite visite guidée dans le CV du Mario N°1

A ma droite, Mario Draghi, nouveau boss de la BCE, celle qui produit de l’euro, décide des taux directeurs (c’est-à-dire les intérêts que touchent les banques qui refilent des euros à la dite BCE dans le cas des taux de refinancement, mais un article à lui seul est nécessaire pour expliquer correctement le fonctionnement de la BCE ), décide des politiques de taux de change, gère les réserves de change, et au final est censée nous garantir la stabilité des prix, donc empêcher l’inflation (le truc qui hante les ultra-libéraux). Sa principale mesure au Mario, en arrivant à la tête de la BCE , deux jours après avoir pris son poste, le 3 novembre dernier, a été de baisser le principal taux directeur de 1,5% à 1,25%. Super ! Très fort, très chouette : les banques empruntent à moins cher de 0,25%, et c’est censé lutter contre la récession qui pointe. Bon, ok. Clap, clap, les marchés saluent ce geste de très grande envergure. Le reste des gens ne voit pas bien ce que ça va changer.

Mais qui est ce Mario Draghi, au juste ? Peut-on lui faire confiance ? Va-t-il agir dans un sens qui calmerait les ardeurs des super-spéculateurs ? On peut en douter très fortement, voire à l’inverse, on peut se demander si le Mario de la BCE n’est pas un pyromane à qui l’on demande de venir diriger des équipes de pompiers. Parce que pendant 10 ans, en Italie, il a été chargé des privatisations au ministère du Trésor Public, il fut donc membre des conseils d’administration de pas mal de banques et d’entreprises qui sont devenues de gros acteurs financiers privés du « marché ». Mais ce cher Draghi a fait plus fort : il fut vice-président de la banque Goldman Sachs (branche européenne) de 2002 à 2005… Et là, niveau CV, ça coince un peu. Parce que Goldman Sachs c’est une banque géante, mais aussi un hedge-fund, conseil en fusions-acquistions, commerce de biens, qui a vu son bénéfice dégringoler de 70% en 2008, un an après le début de la crise des subprimes. Puis qui s’est vue renflouer de 13 milliards de dollars par le biais de la FED. Mais encore pire, GS est soupçonné d’avoir maquillé la dette de la Grèce contre rémunération (300 patates en $). Ah nous y voilà, les petites combines des acteurs du « marché » qui permettent de toucher plusieurs fois la mise, et qui, dans le cas de la Grèce, déclenchent un tsunami financier. Et on file la BCE à un type qui a participé à tout ça pour régler le problème auquel il a contribué ? Ben ouais. No problem.

 Le Mario N°2, il est caaaaamé Léon…

Là, on vous en parle un peu plus dans les médias, parce que c’est difficile de le louper vu qu’il remplace super Silvio. Oui, Mario Monti (futur président du conseil italien), a aussi travaillé pour Goldman Sachs. Nooooooon ? Si, si. En 2005 il est embauché par GS comme conseiller international. Mais dans son cas, il y a encore mieux que d’avoir bossé pour les plus grands « escrocs financiers » de la planète (GS a été déclarée  en juillet 2009 responsable de la plupart des « bulles » et des manipulations de marchés depuis 80 ans par l’écrivain politique Matt Taibbi dans le journal Rolling Stones) : le Mario N°2, désormais aux manettes de l’Italie (après vote du parlement, mais ça ne saurait tarder), est membre du groupe Bilderberg et président de la branche Europe de la commission trilatérale dudit groupe. Et ça, on ne vous en parle pas. Mais qu’est-ce que c’est que ces trucs ? On va pas nous faire encore le coup des Illuminatis quand même ? Non, mais pas loin. Le groupe Bilderberg (du nom d’un hôtel où ces lascars se sont rencontrés la première fois en 1952, heureusement que l’hôtel ne s’appelait pas « Chez tantine », sinon ça aurait fait moins sérieux) est une réunion de types très importants qui bossent dans la politique, les (grosses) affaires, les médias, la diplomatie, disons tous les métiers qui peuvent faire « bouger la planète ». Mais ils ne sont qu’une centaine et quelques (on ne sait pas vraiment combien, l’auteur n’en fait pas partie bien qu’il essaye depuis pas mal de temps d’y entrer mais sa candidature n’a jamais été acceptée). Il est dit 130 membres. En tout cas, ils se réunissent sur invitation une fois par an, on ne sait pas trop ce qu’ils se disent, mais il semble qu’ils ont des idées assez précises et qu’ils tentent de les faire appliquer à l’échelle mondiale.

Le club Bilderberg c’est une sorte de Davos mystérieux, secret, dont les membres les plus éminents seraient par exemple : les banquiers de chez Rockefeller, les anciens directeurs de Goldman Sachs, d’anciens premiers ministres, d’anciens vice présidents de la commission européenne, des PDG de multinationales des télécommunications, de l’informatique, du pétrole, de banques, des anciens chefs de renseignements britanniques… Il est trop fastidieux de citer tous les profils présents, mais vous comprenez bien qui se réunit chaque année dans le club Bilderberg. Et pourquoi ? Oh, pas grand chose, des bricoles, juste installer un gouvernement mondial (d’après ceux qui ont cherché à savoir ce qu’ils manigancent). Le plan du club Bilderberg dévoilé par un journaliste à la fin des années 70 aurait été « d’instaurer un gouvernement mondial dirigé par les Etats-Unis, qui comporterait l’abandon des souverainetés nationales, l’instauration d’une planification technique de l’économie, et l’établissement d’une monnaie internationale« . Le plus drôle est qu’en ce moment même on parle de « gouvernements techniques » pour la Grèce et l’Italie. Mais la partie croustillante est quand même que ce truc, censé être privé, confidentiel, informel, l’équivalent d’un club des fumeurs de pipe version politique et finance internationale a trouvé le moyen de se réunir en France à Versailles en 2003 et faire que notre bon président Jacquot fasse fermer le château pendant une semaine au public. Juste pour ces messieurs. Impressionnant isn’t it ?  Je vous passe la structure de la commission trilatérale, organisation créée par les gugus de Bilderberg en 1973 et qui bosse sur la mise en œuvre de la mondialisation par coopération entre trois zones clés du monde. Je vous laisse deviner quelles zones et avec quelles orientations.

On ne va pas rentrer dans des théories du complot quand même ?

Oh ben non, ce serait vraiment faire preuve de faiblesse intellectuelle. Et ce n’est pas notre tasse de thé à reflets, la faiblesse intellectuelle. Mais l’arrivée des Marios coïncide juste bien avec les événements créés par les Goldman Sachs et compagnie qui obligent à prendre des mesures terribles pour les peuples mais appétissantes pour les marchés. Et toutes ces « catastrophes » obligent à monter des « gouvernements techniques ». Et les Mario ils ont bossé pour GS. Et puis le Mario d’Italie est membre du club des maîtres du monde de Bilderberg, il est aussi président de son bras armé, la commission trilatérale. Et le premier ministre de Grèce, ancien vice-président de la BCE, ce cher Papademos, il a juste été conseiller économique de la Federal Reserve Bank de Boston et gouverneur de la banque centrale de Grèce. Une valeur sûre ce Papademos. Comme les Marios. Rien que des banquiers mondialisateurs en chef. Pas impliqués plus que ça dans les décisions qui nous ont mené là où nous sommes, hein ? Non, juste rien qu’un peu. Et ils ont été élus par les populations le Mario N°1 et le Papademos ? Ah ben non. Zut, on avait oublié d’y penser. Oui, mais c’est la crise, on peut plus prendre le temps de laisser les gens voter, et puis ce sont des pompiers en chef. Laissons-les faire, ils connaissent bien le truc de l’incendie, ce sont eux qui ont participé à le déclarer…

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48 thoughts on “BCE, Italie, Grèce : les pyromanes prennent le pouvoir”

  1. J’en ai froid dans le dos…

    Je n’ai pas le caratère ni très militant, ni très revendicateur d’habitude. Mais avec tout ce qu’il se passe en ce moment je commence à avoir des fourmis.

    Merci Reflets pour votre bon boulot d’explication aux béotiens comme moi: c’est la libre circulation et la large diffusion de l’information qui nous donnera un espoir de faire bouger les choses.

  2. @loic: Y a pas que Reflets, heureusement, mais c’est certain que tu ne trouveras rien de tel sur TF1 ou dans Libé.

    Niveau journaux tu peux toujours lire Le Monde Diplomatique (là où j’ai entendu parler de la crise des subprimes un an avant l’heure). Il y a aussi une émission radio et un blog spécialisée Eco tenue par Pierre Jovanovic (mais faut supporter la personne et ces autres lubies). Après y a des reportages (l’argent dette 2) et des sites plus ou moins spécialisés, mais faut trop souvent creuser et naviguer au milieu d’inepties conspirationnistes pour trouver ce que l’on cherche.

    En tout cas, bonne série d’articles, rien à redire (sinon qu’avoir sourcé tout cela un peu mieux aurait été plus sérieux).

      1. J’espère que tu n’es pas journaliste pour poser cette question. Les faits (Bilderberg, les postes précédent des Marios, les taux, l’historique), tout bêtement.

        Que ce soit trouvable sur le web n’est pas la question, car si on suit ce raisonnement ce n’est pas la peine de taper l’article tout court. Ca permet au lecteur, pas forcément à fond sur le sujet au départ, de vérifier la crédibilité (ou non) de ce que tu tapes et d’approfondir à partir de là.

        m’enfin ce n’est qu’une suggestion, pas besoin de monter sur tes grands chevaux.

        1. Ahahahaha, trop drôle : tu connais des articles où pour chaque paragraphe le journaliste cite ses sources pour permettre au lecteur d’aller vérifier ? Ca s’appelle pas un article mais une thèse. On doit aussi leur tenir la main quand ils vont faire pipi aux lecteurs ? Tu tapes les taux dans un moteur, tu vérifies sur plusieurs sites sérieux s’ils collent avec l’article, comme le reste, si tu n’es pas confiant. Parce que si le lecteur croit qu’un journaliste peut se permettre de raconter n’importe quoi sur le web alors qu’il y a des types qui passent leur temps à venir vérifier ce que tu racontes pour te pointer tes erreurs (si tu en commets), il est bien naïf le lecteur. Un article de presse ce n’est pas une succession de copiés collés que tu viens justifier avec des liens. Ca c’est de l’agrégation d’infos. C’est pas mon job. Et mes bouquins d’éco, mes revues de géo-stratégie tu veux pas que je te les scanne non plus ? Quant à mes chevaux, je monte dessus quand j’ai envie. Surtout après m’être cassé le c… à bosser sur ces articles pour venir me faire donner la leçon par un commentateur qui pense qu’avec 3 phrases il peut mettre en doute la véracité des éléments fournis. Ou la qualité de mon travail, de ma profession. Va donc voir l’article du monde.fr sorti une heure après celui-ci, et explique donc au journaliste qui ne cite pas ses sources sur les Marios qu’il n’est pas journaliste. C’est la dernière fois que je réponds à ce genre de commentaire.

          1. Sans vouloir donner la leçon et bien que j’apprécie par ailleurs tes articles, sourcer les infos, lorsqu’on aborde des thèmes qualifiés de « conspirationnistes », voir, tout simplement, lorsqu’on s’intéresse au « coté obscur de la force », est un plus indéniable (sans compter les curieux comme moi qui aiment se balader dans les sources, justement). Evidemment que les journaleux du monde ou de libé qui recopient de la dépêche d’agence à la cale ou les communiqués du chef, n’en ont pas besoin (bah oui quoi, puisque c’est le chef qui l’a dit !). Bref, lorsqu’on sort de la doxa dominante, sourcer les infos permet de compenser le handicap de légitimité (d’autant plus, je me répète, lorsqu’on commence à aborder des thèmes dits « conspirationnistes » comme les Bilderberg. Pensez aussi à Marcel et Mme Michu auxquels je fais suivre les articles…)

          2. Pourquoi l’agressivité ? Je n’ai rien remis en cause sur le fond de ton article, ni des précédents. Relis au calme et tu verras même que je le confirme dans le premier post. Bonjour la parano.

            Non, pas besoin de scanner ton bouquin, mais une référence en bas d’article serait la bienvenue. Pas demandé non plus de *tout* sourcer non plus. Mais quand on discute de sujets à contre courant, proposer des sources crédibles c’est le minimum syndicale surtout dans un webzine qui se veut de qualité. Tu vois ‘touff poster sa série sur Amesys sans renfort de liens et de preuves? Non, parce qu’il sait que la première chose qui lui serait reprochée serait d’accuser sans preuves.

            La comparaison au Monde est hors sujet (surtout avec le nombre d’erreurs factuelles qu’il contient dès qu’il parle d’économie ces temps ci).

            M’enfin bref, c’est dommage de s’emballer comme ça pour si peu. Rajouter des références vers tes sources c’est quoi? 10-20 minutes de taf en plus, à tout casser? Alors pourquoi le rage-post?

            anyway, merci a Ivan pour avoir reformulé mon point en quelque chose de plus courtois à tes yeux, j’espère.

    1. Quoi, vous ne trouvez pas des sources sur Bilderberg ou sur la Commission trilatérale (les subalternes nationaux sont les diners du club « le Siècle », les diners de l’Atlantique, etc.),
      Non mais il faut arrêter de lire Libération, le Monde, Marianne, Les Echos, et tous les autre journaux de diversion, sinon pourquoi ne pas prendre carrément les gratuits dans le métro ou regarder les chaines de télé bourrées d’infos et débats pipés.

      Des sources il faut les chercher, par exemple :
      — Bilderberg
      http://www.bilderbergmeetings.org/participants_2011.html
      http://www.bilderbergmeetings.org/participants_2010.html
      http://www.bilderbergmeetings.org/participants.html

      http://www.scribd.com/doc/20256475/Bilderberg-Meetings-Participant-Lists-1954-2009
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg
      http://www.rtbf.be/info/economie/detail_exclusif-etienne-davignon-leve-le-voile-sur-le-groupe-de-bilderberg?id=6253113
      http://www.rue89.com/2011/06/12/voici-la-liste-du-club-bilderberg-des-maitres-du-monde-208978
      http://www.space-horizon.com/?page_id=2093
      http://www.dazibaoueb.com/article.php?art=13416
      http://infoguerilla.fr/?p=2323
      http://www.youtube.com/watch?v=x5oMS_tzMX4

      — Commission Trilatérale
      http://www.trilateral.org/
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_trilat%C3%A9rale

      Il y en a plein d’autres…

      Alors que pensez-vous d’un gouvernement mondial ?

      Terminé les effets Streisand si tous les pays sont soumis à cette dictature, ou alors il faudrait héberger les sites contestataires sur Mars voire plus loin…
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Streisand

      1. Ben voilà, y’a qu’à demander…c’est pour ça que j’aime les zinternet. Sachant que l’article n’est pas là pour expliquer en détail ce qu’est Bilderberg ou théoriser sur un gouvernement mondial en cours de constitution par les membres du club, mais de donner des clés de réflexion sur les derniers événements politiques en lien direct avec la « crise de le dette » européenne. Cette nouvelle forme de démocratie ou des premiers ministres partent sous la pression des « marchés » et sont remplacés par d’ex banquiers sans consultation des électeurs.

        1. « Cette nouvelle forme de démocratie ou des premiers ministres partent sous la pression des « marchés » et sont remplacés par d’ex banquiers sans consultation des électeurs. »

          On appelle ça une dictature mise en place par un coup d’Etat.

          A quand un appel massif des sites d’information sur internet à la révolte, une tentative d’unification.
          Car c’est vous vecteurs et relais d’info qui avez la force de mobiliser les lecteurs car aucun partis ne représente les opinions que je lis sur rue89, owni, reporterre et tant d’autres

  3. « Mario Draghi affirme qu’étant entré en fonction en 2002, il n’a rien eu à voir avec le maquillage des comptes grecs orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revendre une partie du « swap » en question à la National Bank of Greece »

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html

    1. Ah ben oui, GS était clean de 2002 à 2005, avant moins, après, encore moins. Ca tombe bien, non ? Sauf que si on regarde les opérations montées entre 2002 et 2005, les produits vendus par GS à cette époque, très franchement…on croit rigoler en entendant ça…mais ça méritera une bafouille sur cet épisode, pour ceux qui croient encore au Père Noêl…

    2. Ce genre de choses et d’affirmations mériteraient une action en justice, pour qu’une enquête se fasse et que les responsabilités apparaissent au grand jour. Évidemment je rêve. Le mieux qu’on puisse espérer c’est un lynchage médiatique des fusibles et des salauds qui auront été le plus mauvais à cacher leurs traces. Mais même ça, ça semble mal parti.

  4. Relire La stratégie du choc de Naomi Klein: on est en plein dedans, à l’échelle mondiale et puissance dix… A côté de ce qui se passe maintenant, les magouilles néo-libérales dans le Chili de Pinochet et la Russie d’Eltsine, ça parait presque un truc de boy-scout.

  5. Et ils ont des Marios en Espagne … ah non j’suis con, ils vont voter pour leurs députés. Bon juste après cette broutille qui sert plus à rien, un petit coup de Mario peut être pour remettre bon ordre dans ce bazar.
    Put.. les duals Marios, ils ont osés, remarquez, on a bien eu notre Lagarde

  6. Franchement, la mise à la tête de la BCE du probable principal responsable (on ne saura jamais, aucune enquête de justice n’a été ouverte comme il aurait été normal) du maquillage des comptes Grecs, m’a fait hurler. Voir que le remplaçant de Papandréou et de Berlusconi sont de la même crèmerie sans que les médias ne s’en indignent ni même ne le mentionnent me hérisse le poil et me donne envie de rejoindre les indignés.

    C’est exactement comme si on nommait Ben Laden à la tête de la CIA après le 9/11 sous le prétexte qu’il connait bien le terrorisme.

    1. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet article, ainsi que les précédents. Ils laissent cependant un goût amer. Maintenant je comprends pourquoi :

      http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/LORDON/20465
      « Passé un certain degré de généralisation, la dérision devrait plutôt être prise pour un symptôme inquiétant, celui d’un stade de détérioration démocratique où, toutes les protestations étant vouées à rester ignorées, tous les médiateurs ayant cessé de médiatiser, tous les « représentants » ayant trahi la représentation, il ne reste plus à la masse des gouvernés que le parti d’en rire… »

  7. « Mais encore pire, GS est soupçonné d’avoir maquillé la dette de la Grèce contre rémunération (300 patates en $) »

    GS est pas soupconne il reconnaissent l’avoir fait mais de maniere legal … ils ont cree des swaps de deviceet a priori la technique n’a pas ete interdite et est toujours legal.
    Ca serait surprenant que d’autre pays europeen n’ai pas profite de leur boulot

    ici c’est pas mal explique
    http://www.humanite.fr/monde/goldman-sachs-et-la-grece-une-histoire-de-vampire-483600

  8. « Autre petit arrangement avec la réalité, Goldman Sachs inscrit dans le bilan comptable du pays des recettes à venir, pour faire baisser le poids de la dette sur le PIB. D’où l’expression couramment utilisée de falsification des comptes grecs »
    Les Swap de devises, c’est de la « magouille légale » avec utilisation d’outils financiers, par contre l’inscription des recettes bidons, ça c’est clairement une escroquerie comptable…du maquillage de la dette contre rémunération…

  9. Au passage, pour ceux qui pensent qu’il y a de la thèse conspirationniste avec la partie sur Biderberg : le club Bilderberg est tout à fait réel, comme sa commission trilatérale, leurs objectifs sont établis de façon publique : aider à la mondialisation des échanges dans le cadre du libéralisme. Les enquêtes sur Bilderberg, comme les journalistes qui sont arrivés à s’inviter existent bien. C’est un club de milliardaires et autres personnes influentes. http://www.bilderbergmeetings.org/index.html
    Il faut lire ce mec, journaliste qui a enquêté longtemps : http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Estulin
    Pas la peine de rentrer dans des théories abracadabrantesques pour comprendre que les choses ne se font pas « naturellement », sans que ceux qui bénéficient des changements n’aient rien fait pour…

  10. Bon je me lance.
    Pour commencer, je voulais vous remercier pour le boulot que vous faites, qui
    doit être relativement dense et que je respecte beaucoup.
    Pour parler un peu du sujet (ça peut être utile aussi…), je suis assez
    d’accord avec vous en ce qui concerne les thèses conspirationistes. Aujourd’hui,
    il faut être idiot, malhonnête ou les deux pour
    ne pas penser que certains tirent les ficelles pour leur propre bénéfice. Cet
    article sur les frères Mario (pour ceux qui veulent d’autres sources :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-
    entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html#ens_id=
    1603680 ) et
    la série d’article sur les origines de la crise (encore pour ceux qui veulent
    des sources, sur la loi Rotschild par exemple :
    leplus.nouvelobs.com/contribution/213182;dette-publique-et-loi-rothschild-le-
    silence-des-medias.html ) ne sont pas grand chose pris séparement , mais mis
    bout-à-bout rendent difficile la négation de ces théories.
    Je prend maintenant pour acquis le fait que oui, certaines élites tirent les
    ficelles pour créer cette situation et devenir encore plus puissants.

    Revenons maintenant au buts poursuivis par reflets.info. Faire bouger les
    mentalités, alerter l’opinion sur certains sujets graves, et aussi se bouger le
    cul pour certaines causes qui vous touchent. Bref, le vieux principe de Hacker :
    « Just Fucking Do It ».

    Faisons justement une analogie entre les hackers et ces élites du groupe
    Bildeberg et autre (vous pensez réellement qu’ils ne sont que une centaine???).
    Ne pourions-nous pas les considérer, eux aussi comme des hackers? Pas des
    gentils non, mais de (très) bon blackhat? D’ailleurs, certains ne seraient-ils
    pas tous simplement des grayhat pensant qu’il valait mieux coopérer avec ces types
    (histoire de s’en sortir pas trop mal au final)? Je ne vous apprend rien si je
    vous dis qu’en sécurité informatique (comme en stratégie militaire) l’avantage
    est généralement donné à l’attaque. Et pour l’instant ce sont ces personnes qui
    sont en position d’attaque. Que faites-vous si vous vous rendez compte d’une
    attaque sur une de vos machines? Que faites-vous pour stopper cette attaque
    (couper la connexion réseau n’est pas une bonne réponse ;))? Comment pouvez-vous
    être certains que personne ne s’est introduit sur votre machine?
    Voilà qui permet de poser des bases pour une reflexion sur la situation actuelle.
    Une fois que l’état des lieux aura été fait, alors on pourra s’interroger sur les
    différentes stratégies possible. Et se demander s’il n’est pas déjà trop tard (à
    ceux qui veulent répondre qu’un bon gros DOS serait une solution, je vous renvoie
    à l’article sur le salon milipol…).
    En supposant qu’il est possible de hacker la stratégie de ces hackers, quel système
    mettre en place ensuite? Le ton pris dans cet article montre clairement une aversion
    envers un éventuel gouvernement mondial. Mais un gouvernement mondial n’est pas
    forcément une mauvaise chose, Reflets a déjà
    pointé le manque de legislation internationale, ça pourait être un début de réponse.
    Ce que je veux dire, c’est que tout dépend de ce qui est mis en place (un peu comme
    le DPI, la techno en elle même n’est pas mauvaise, c’est l’utilisation qui en est faite).

    Voilà. C’est déjà pas mal. J’éspère ne pas avoir été trop brouillon dans mes propos et
    que ma critique sera constructive. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout :)

    1. Intéressant. Quand à la fin de votre démonstration je ne suis pas certain de bien suivre : « le DPI, la techno en elle même n’est pas mauvaise, c’est l’utilisation qui en est faite) ». Ouais, sûr Arthur, comme un peu tout quoi : un Tank on peut faire cuire des œufs dessus quand il a bien roulé, les keyloggers c’est pratique pour sauvegarder à la volée ce que tu saisis et venir consulter tous ce que tu as tapé pendant 6 mois si les soirées d’hiver sont un peu longues. Je rigole, mais un gouvernement mondial ce n’est pas la même chose que des législations internationales. En aucune manière. Qui élit le gouvernement mondial ? Que peut-il décider, dans l’intérêt de qui ? La législation c’est un moyen d’empêcher le grand n’importe quoi tout en laissant les nations décider de leur avenir. Un gouvernement de la planète, ce sont des décisions prises pour n’importe qui par une poignée d’individus. Actuellement (et depuis assez longtemps si on regarde bien), de nombreux peuples n’ont plus de choix. Leur gouvernants sont obligés, forcés (par des décideurs) et ne vont que dans un seul sens. Est-ce acceptable ? La question de la démocratie se pose de plus en plus. Quand au fait qu’un gouvernement mondial existe déjà même s’il n’est pas déclaré ouvertement, et sans rentrer dans les conspirations délirantes, bien entendu que les derniers événements posent la question…Un gouvernement de financiers ?

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