Après la Libye, à qui le tour ?

L’ONU a donc choisi hier soir de mettre en place les outils nécessaires pour faire respecter le droit international en Libye et forcer le colonel Kadhafi à cesser sa répression meurtrière contre son propre peuple.

Quid de la suite ? Car la Libye n’est pas le seul pays de la région a subir les attaques de ses propres dirigeants, lesquels veulent étouffer dans l’oeuf les prémices d’une insurrection.

Le Canard Enchaîné de cette semaine dresse une liste des pseudo réformes annoncées dans les pays arabes, le tout se concrétisant par un gros vide sidéral.

En Jordanie, des « réformes réelles et graduelles » ont été annoncées le 10 mars. En Syrie, Bachir El Assad, grand démocrate s’il en est, annonce que les dirigeants arabes « devraient être à l’écoute de leurs peuples ». Au Maroc, Mohammed VI a promis des modifications sensibles de la constitution et une « moralisation de la vie publique ».

Et le Canard d’expliquer comment se traduisent ces annonces.

En Syrie, on libère un ou deux activistes arrêtés la veille. Le Maroc remplace le « Conseil consultatif des droits de l’homme » par le « Conseil national des droits de l’homme ». En Jordanie, on met en place une « Commission du dialogue national » dont aucun membre n’a été nommé un mois plus tard. A Oman, on annonce qu’une partie du pouvoir législatif sera confié… au Parlement. Etonnant, non ?

Pendant que les regards, grâce notamment à l’inénarrable ministre français des affaires étrangères, Bernard Henry Levy, sont tournés vers la Libye, à Bahreïn,  la répression est particulièrement sanglante. Selon un rapport d’Amnesty International, les forces de police ont utilisé des balles réelles contre les manifestants à bout portant et en privilégiant la tête, la poitrine et l’abdomen. Selon les Nations Unies, les forces de sécurité ont également pris d’assaut les hôpitaux où elles ont frappé, tué ou arrêté des opposants.

Que feront l’ONU et surtout, Nicolas Sarkozy pour forcer Bahreïn à se comporter comme un pays « civilisé » ?

Probablement pas grand chose. D’une part, L’Arabie Saoudite a envoyé des troupes dans le petit royaume. Il est donc difficile de s’aliéner le principal producteur de pétrole de la région et ami de très longue date des Etats-Unis. D’autre part, la Vème flotte américaine est stationnée à Bahreïn. Pour l’instant, ils peuvent tuer en toute impunité.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


3 thoughts on “Après la Libye, à qui le tour ?”

  1. Bonjour,
    Un peu hors sujet, mais je serais curieux de savoir ce qui motive réellement l’OTAN à intervenir en Libye. Quels sont les tenants et aboutissements réels de la résolution de l’ONU, en termes d’influence politique et économique. Admettons que l’OTAN vienne à bout de Kadhafi, que risque-t-il de se passer après la victoire ? Un scénario de type Irak ou de type Tunisie ?
    Si vous aviez l’intention d’écrire là-dessus… Merci.

    1. Peut être que c’est juste la pression des opinions publiques. C’est un peu bateau à dire, mais ça fonctionne quand même, faut pas croire. Je pense que beaucoup de dirigeants de l’OTAN ne se voient pas se remettre à cirer les pompes de Kadhafi s’il l’emportait. Ce serait désastreux pour les sondages. Franchement, c’est aussi simple que ça.

  2. Que sarkozy aille liberer le peuple de PALESTINE qui souffre depuis plus de 60 d’un envahisseur criminel e qui plus est ne respecte aucunes resolution de l’onu votée contre lui.Alors zorro srakozy qu’attend tu pour venir en aide aux Palestiniens a moins que l’etat criminel israelien soit ton grand copain.Dans ce cas ou est la lagitimité pour attaquer le peuple LIBYEN vos mesonges n’ont que trop duré et le monde commence a prendre conscience.

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