Après Christine Laboullette Lagarde, François Laboulette Baroin

Disons le tout net, la rédaction de Reflets était toute peinée du départ pour Washington de Christine Laboulette Lagarde. Elle avait un tel potentiel comique, que c’est forcément une perte pour la nation. Pour se remonter le moral, on se disait ici qu’avec son nouveau poste de Directrice générale du Fonds monétaire International, ses boulettes allaient prendre une ampleur mondiale, ce qui est flatteur pour la France.

Je vous propose un petit retour en arrière. Le 8 avril, seulement sept jours après le fameux jour, Christine (c’est décidé, on s’appelle par nos prénoms. Entre amuseurs, c’est normal) nous gratifiait d’une de ses fameuses tirades qui font rire les enfants et pleurer les adultes :

Il faut remonter, cette fois, au sauvetage de la Grèce :

« Dans le cas de la Grèce, chaque pays a consenti des prêts. Cette fois, on constitue un fonds qui ira emprunter sur les marchés pour ensuite prêter aux pays qui en auront besoin. Les Etats membres ne sont là que pour donner une garantie. D’un point de vue du budget, ça ne coûte rien et ça rapportera en fin de compte. Les intérêts payés par l’Irlande et la Grèce sont, en effet, supérieurs à ceux que paie la France. »

Aujourd’hui, Bercy a annoncé le déficit budgétaire de la France. On s’en doute, il est absolument catastrophique.

Et quelle excuse trouve Christine Lagarde ?

Cette évolution du solde budgétaire s’explique notamment « par une dégradation du solde des comptes spéciaux (avances et opérations financières) de 7,4 milliards d’euros, liée principalement au décaissement opéré en janvier 2011 d’une tranche du prêt octroyé à la Grèce », et par une amélioration du solde du budget général de 1,2 milliard d’euros », selon Bercy.

Great (il faut insérer de l’anglais et même du franglais si possible, c’est la mode) ! Donc, selon Christine, Le premier plan n’allait rien coûter au budget de la France, et même, il allait rapporter.

Mais qu’en est-il du nouveau plan ? Selon François Fillon, il va coûter 15 milliards d’euros à la France. Si l’on applique le même ratio que pour le premier plan qui ne devait rien coûter, on imagine ce que vont devenir les 15 milliards annoncés.

Mais le gag du jour revient à François Baroin, qui visiblement, a décidé de reprendre la petite entreprise de Christine Lagarde. Pas seulement le poste, pour lequel il se serait « roulé par terre », selon le Canard Enchaîné, mais aussi la machine a boulettes.

Dans un entretien au Monde, voici ce qu’il nous dit :

Selon François Fillon, l’aide apportée à la Grèce alourdira la dette française de 15 milliards d’euros d’ici à 2014, alors qu’il était prévu de la réduire. La France va-t-elle subir une cure d’austérité pour tenir ses engagements européens ?

Non. Le premier ministre l’a bien rappelé : contrairement au premier plan d’aide, celui-ci n’implique aucun coût budgétaire. Sa grande nouveauté, c’est qu’on passe de prêts d’Etat à Etat à des prêts réalisés par le Fonds européen de stabilité financière qui lèvera des ressources supplémentaires sur les marchés pour prêter. La France intervient sous forme de garantie.

Or, depuis 2010, les statisticiens européens nous ont indiqué que la dette du Fonds européen de stabilité financière devait être rattachée comptablement à chaque Etat pour la part qu’il garantit. Au-delà de cet impact comptable, la France n’a pas besoin d’emprunter davantage et notre déficit n’est pas impacté. Ni le Fonds ni a fortiori la France ne s’appauvrissent dans l’opération.

Récapitulons. Selon Christine Lagarde, le premier plan de soutien ne devait rien coûter à la France, au contraire, il devait rapporter, mais finalement, il avait sérieusement impacté le budget français. Et François Baroin, son successeur, nous explique -avec une candeur qui nous arrache une larme-, que le premier plan, c’est connu et évident, était prévu pour coûter de l’argent à la France.

C’est rassurant de voir avec quelle constance les politiques prennent leurs électeurs (et bien entendu, ceux qui n’ont pas voté pour eux) pour des cons. Il y a au moins une constante. Quelque chose de gravé dans le marbre.

 

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

14 thoughts on “Après Christine Laboullette Lagarde, François Laboulette Baroin”

    1. et moi j’attends que l’urrsaf m’envoie les papiers que je dois avoir par la poste plutot que de me voir forcer la main pour me faire payer par internet.

      En france il faut se battre pour payer ses impots: tu dois meme téléphoner à des lignes taxés pour pouvoir avoir des informations sur le boulot qu’ils n’ont pas fait.

      Alors qu’a bien y repenser j’aurais a peu pret aucun mal à changer de pays…
      Ce pays est juste bon à exploiter les gens honnetes et apres ils s’etonnent que les gens deviennent malhonnetes.

      (ca serait tellement plus simple si j’ava

        1. (2 fois que ca arrive sur 3 papiers)

          + 2 fois ou il me demande de redeclarer un truc déjà payé (qui est dans leur ordi)

          Méfiez vous, l’etat cherche peut etre à tricher avec vous (sarkozy a surchargé la justice, ils peuvent y aller)

        2. « tu dois meme téléphoner à des lignes taxés pour pouvoir avoir des informations sur le boulot qu’ils n’ont pas fait. »

          Ah oui, alors, tu dis vrai.
          Que c’est gonflant toutes ces histoires de N° surtaxés. Les services publics s’y sont mis, et c’est parfaitement scandaleux. On paie deux fois : une fois avec nos impôts (la strucure, les salaires des fonctionnaires) et une deuxième fois lorsqu’on veut les joindre !

          Sans parler des boîtes privées, les hot line, et même un paquet de cliniques !
          « Tu veux causer (dans l’appareil)? Tu paies. »

  1. « les politiques prennent leurs électeurs (et bien entendu, ceux qui n’ont pas voté pour eux) pour des cons »

    Oui. Le plus triste étant que ça ne bouge pas (sauf sur reflets.info, of course [un peu d’anglais aussi, pour faire bonne mesure]).
    A croire que nous autres français aimons cela.

  2. Il faudrait qu’il nous explique aussi comment « Ni le Fonds ni a fortiori la France ne s’appauvrissent dans l’opération » sachant que :

    1) il est déjà convenu que 21% de la dette grecque ne sera pas payée et donc que ce fonds achètera à perte aux banques les titres souverains décotés, l’important dans ce plan étant de sauver une fois de plus les banques

    2) d’une part, une dette qui s’alourdit n’enrichit pas, par définition, ceux qui la contractent mais a tendance plutôt à les appauvrir et d’autre part, le fait que la France et d’autres pays se portent garants n’enlève en rien le risque de défaut de paiement de la Grèce

    @Daniel 67 : « A croire que nous autres français aimons cela. »
    On n’a toujours que ce que l’on mérite

  3. Qui se dévoue pour faire un site web 3.0 avec deux colonnes «discours/réalité» ?

    Le plus pénible étant de bien indexer avec des mots clés pour faciliter la recherche par les électeurs cocus.

    1. C’est une bonne idée sur le principe mais c’est impossible en pratique, tellement l’espace d’expression publique est saturé. C’est d’ailleurs leur principale stratégie : occuper l’espace médiatique en permanence, parler pour parler, dire blanc un jour et noir le lendemain, afin qu’on ne sache plus ce qu’ils pensent, ni ce qu’ils font.

      Ce genre de déclarations c’est vingt par jour auxquelles on a droit. Leurs moyens sont bien supérieurs aux nôtres, et personne ne peut tenir leur rythme.

      1. La légende veut que l’équipe de comm’ de Sarko ait un petit calendrier de la semaine, avec les « coups médiatiques » à faire à chaque demi-heure.

        Et si c’est pas rempli, on trouve comment remplir.

        Si c’est vrai, c’est balaise.

      2. J’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi ce genre de strategie marche.
        On a pourtant pas besoin d’etre bien intelligent pour comprendre que c’est du n’importe quoi et donc j’ai du mal à croire que des gens vont revoter sarkozy sur ce type de discours.

        Sarkozy bouffe à tous les rateliers, quelles sont donc les idées que défend Sarkozy ?

        Plus de controle et plus de liberalisme ?
        Plus de diversité et moins de burqa ???
        Plus d’identité nationale et moins d’extremisme ?
        Plus d’internet et plus d’hadopi ?
        Plus de sécurité et moins de policiers ?
        Moins de dette et plus de dette ?
        Plus d’heures supplementaires et moins de chomage…

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