Amesys : poursuite d’une enquête de la mise sur écoute de 5 millions de terroristes pédophiles libyens

pedoBull-sealC’est une surprise. Une bonne surprise. Ce n’est certes pas encore une victoire, mais la justice va peut-être pouvoir faire son travail. Nous apprenons aujourd’hui par le biais d’un communiqué de presse de la FIDH, repris par le Figaro, que la cour d’appel de Paris a ordonné la poursuite de l’enquête pour complicité de torture en Libye  à l’encontre d’Amesys, filiale du groupe Bull.

La plainte conjointe de la FIDH et de la LDH date d’octobre 2011. Il aura donc fallu plus d’un an de procédure pour que la justice donne son feu vert à une enquête sur ce qu’il convient d’appeler une affaire d’État. Une affaire d’État car il s’agit bien là d’un contrat de gouvernement à gouvernement dont le commanditaire et maitre d’oeuvre libyen, Abdallah Al Senoussi n’était pas un inconnu. Ni pour Amesys, ni pour la justice française, ni pour la Cour pénale Internationale. Amesys est responsable d’avoir dealé avec un terroriste notoire, condamné en France par contumace pour actes de terrorisme et recherché par la Cour Pénale Internationale.

Cinq victimes libyennes se sont portées partie civile et demandent à être entendues sur les conditions dans lesquelles elle ont été identifiées, arrêtées et torturées par le régime libyen, et tout ça grâce au petit jouet que Reflets avait été le premier à vous dévoiler.

Rappelons que le système vendu par la société française, par l’entremise de l’homme d’affaire franco-libanais Ziad Takieddine, avait pour fonction d’écouter, d’enregistrer et d’archiver l’ensemble des communications des libyens. Amesys s’en défendra en expliquant que son système a été conçu (NDLR : sur mesure pour le régime de Kadhafi), dans le but de « traquer le pédophile et le terroriste« .

La justice devra donc faire la lumière sur :

L’équipe de Reflets se tient évidemment à la disposition des enquêteurs pour répondre à leurs interrogations sur cette affaire que nous avons révélé le 22 février 2011, il y a presque deux ans, et que nous n’avons de cesse de suivre depuis.

 

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13 thoughts on “Amesys : poursuite d’une enquête de la mise sur écoute de 5 millions de terroristes pédophiles libyens”

  1. hey, je suis tombé il y a pas longtemps sur un épisode de The Good Wife qui traitait justement de la vente d’armes numériques à des gouvernements totalitaires.
    évidemment, le méchant éditeur de logiciel a perdu ! il était passé par un intermédiaire, mais c’est le support client qui l’a perdu :o

    1. Renaud Roques d’Amesys pourrait te parler de support client, puisque selon le Wall Street Journal, son nom et son téléphone étaient affichés sur le mur du centre d’écoute.

      En même temps, vu son salaire, ça fait très cher le support client.

  2. Enfin!!
    J’ai suivi le feuilleton depuis le début, et j’avoue que je ne suis pas mécontent que la justice se saisisse enfin de ce dossier. Bien évidement, cela ne permet pas encore de sabler le champagne, et rien ne dit qu’il faille le sabler un jour … Mais je veux avoir envie d’y croire.

      1. C’est une vraie question ou c’est pour me faire réfléchir? Je lis vos papier sur le sujet avec beaucoup d’intérêt mais je ne m’étais jamais demandé si les #Bullshit® c’était réservé aux méchants dictateurs ou si les gentils présidents y avaient aussi recours. Je réalise que ma question était idiote. J’espère qu’au moins on achète français…

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