Allez Paulo, tu reprendras bien un peu d’austérité ?!

C’est marrant. Paulo se crève au boulot, il a des perspectives de retraite assez pourries, il passe son temps à lutter pour survivre et n’en a plus pour cultiver son esprit. Et pourtant, Paulo va voter pour le candidat de droite extrême qui l’a mené là où il est. Ou peut-être, pour le candidat de gauche libérale qui l’a aussi mené là où il est. Au premier tour, il a peut-être voté pour l’extrême-droite qui ne le mènera nulle part ou pour l’extrême gauche qui le mènera à la catastrophe aussi. Paulo n’a pas compris un truc.

Observons l’évolution du système capitaliste. Dérégulé à ne plus en pouvoir, le système financier s’auto-régule. Un vrai bonheur. Avant, il pouvait chasser lorsqu’il avait décroché son permis de chasse. Et en plus, on lui disait avec quelles armes il pouvait partir. Et ces armes étaient des armes légères. Depuis le début des années 80 et la dérégulation (en France, grâce aux socialistes, paradoxalement), le système financier chasse à coup de bombes atomiques. En termes de cadavres, ça rapporte gros. Mais ça fait aussi des dégâts. De gros dégâts.

Surtout, ça génère des crises. Sortes de purges. A trop chasser, on attrape des indigestions.

Il faut donc un remède.

Fastoche.

Un peu d' »austérité » et ça repart. Alors bien sûr, Paulo, qui parfois peut être très con, croit que la potion est appliquée à celui qui est tombé malade à force de trop bouffer de cadavres. Mais non, la potion amère, c’est lui qui doit la boire. Et Paulo la boit parce qu’avec un flingue sur la tempe, on boirait n’importe quoi.

Le système financier se gave à ne plus savoir quoi faire de ses milliards, puis se plante, crée des crises qui impactent tout le monde et in fine, impose aux Etats d’appliquer des plans d’austérité qui touchent uniquement les populations. Surtout pas lui.

Pendant que Paulo se serre la ceinture et parfois, en Grèce par exemple, n’a plus de quoi nourrir ses enfants, d’autres se battent à coups de bouteilles de champagne à plus de mille euros sur des plages privées à Ibiza ou à Saint-Tropez. Que voulez-vous, c’est la crise, on ne peut plus faire de bastons à coups de boites de caviar.

Paulo, il la sifflerait au lieu de la balancer sur son voisin, la bouteille de champagne. Au moins, il pourrait oublier un peu en noyant son chagrin et sa colère dans l’alcool.

Le changement ? C’est maintenant !

Il paraît que le changement c’est maintenant. Mais qu’est-ce qui va changer exactement ? En matière macro-économique, rien. La catastrophe qui vient sera la même, que le programme de Nicolas Sarkozy soit appliqué ou celui de François Hollande .

Alors, pourquoi voter pour l’un ou pour l’autre ?

Peut-être parce qu’à force d’être dans le conflit permanent avec tout le monde, Nicolas Sarkozy a généré des conflits, de la violence et a miné le contrat social qui nous unit. Les dernières semaines de son quinquennat sont un condensé de cette violence et de ses conséquences. Violence contre les syndicats, contre les journalistes, contre la gauche, contre les étrangers. À tel point que les gens qui l’écoutent se mettent à appliquer à la lettre ses discours et molestent désormais les journalistes dans les meetings UMP.

Un changement est nécessaire, c’est une évidence. Un changement de comportement. Quelqu’un qui ne traite plus ses compatriotes de « pov’cons ». Qui inspire à chacun le respect de son voisin parce que l’autre, c’est nous. Quelqu’un qui ne soit pas la risée du reste du monde. Quelqu’un qui réfléchisse avant d’agir.

L’avenir montrera peut-être si François Hollande est cet homme là. Rien ne permet de l’affirmer à ce stade. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les déceptions pourront être à la hauteur des espérances. Et aujourd’hui, les espérances sont  grandes.

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).

15 thoughts on “Allez Paulo, tu reprendras bien un peu d’austérité ?!”

  1. Vu dans les commentaires d’un autre site, sur le thème « qui sort vainqueur du débat ? » :
    – Sarkozy, le seul à s’être cassé les dents sur un Flamby

    J’en ai encore des crampes aux abdominaux…

    Pour le sujet de l’article, il y a (avait ?) urgence à se débarrasser du petit excité héroïno-facho qui nous servait de président. Accordons à F. Hollande le bénéfice du doute et laissons-lui un peu de temps pour prendre ses marques. Et marquons le à la culotte histoire qu’il prenne bien en compte que les français sont désormais attentifs à la vie politique. Bien plus que sur les deux dernières décennies.
    En ce qui concerne le monde de la finance, pas certain qu’il ait une volonté farouche d’en découdre. Le pourrait-il d’ailleurs « seul dans son coin » ? Je ne sais pas. Maintenant, attendons les faits. Faut toujours se méfier des gens calmes.

    1. Faut surtout se méfier par des gens formés par les Etats Unis : http://www.voltairenet.org/Un-ministre-francais-adule-aux.

      « Pour être complet, signalons que M. Copé n’est pas le seul responsable politique français à avoir été formé sous la houlette de M. Negroponte, qui a veillé à nouer des amitiés variées. C’est aussi le cas de Nicolas Bazire (UMP), François Hollande (PS), Bruno Le Roux (PS), Arnaud Montebourg (PS), Pierre Moscovici (PS), Eric Raoult (UMP) et Marisole Touraine (PS). Étrangement, aucune de ces personnalités n’a jamais fait état publiquement de cette relation. »
      Oui, c’est vraiment étrange, surtout quand on fait partie d’une fondation financée par des boîtes comme BNP Paribas ou Areva, les gens les plus socialistes de la planète.

  2. « qui ne le mènera nulle part ou pour l’extrême gauche qui le mènera à la catastrophe aussi. »
    sans vouloir demander un choix/avis politique.
    Les candidats d’extrême gauche ne s’opposent-il pas farouchement contre la finance ? et la dérégulation des marchés ?
    Si ces programmes étaient respectés, il n’y aurait pas plus d’espoir ?

    1. Disons que Mélenchon est juste là pour rabattre les plus mécontents vers FH. en une demi heure, il a renvoyé tout son électoral de militants vers le PS. Quel changement ? ou devrais je dire quel verrouillage ? (voir analyses de François Asselineau sur le premier tour).

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