11 septembre : des membres de l’Administration Bush parlent… Et c’est intriguant (suite)

Nous vous avions raconté la semaine dernière comment un membre de la cellule chargée de traquer Oussama Ben Laden avait exprimé publiquement ses regrets que des informations précises permettant d’anticiper très clairement les attentats du 11 septembre 2001 aient été cachées à des hauts responsables gouvernementaux et au Congrès. Le journal en ligne Truthout a par ailleurs rapporté des déclarations plus que troublantes de Richard Clarke, l’ancien responsable du contre-terrorisme sous George Bush.

Ces nouvelles informations ne permettent pas d’incriminer le gouvernement américain dans les attentats du 11 septembre, comme aimeraient le faire les tenants des théories conspirationnistes, mais elles posent toutefois une question essentielle : pourquoi des responsables gouvernementaux ont-ils déployé tant d’efforts pour écarter des informations précises et qui auraient pu être cruciales pour éviter le pire ?

Richard Clarke, ancien patron du contre-terrorisme sous Bill Cinton et George Bush met directement en cause trois hauts responsables de la CIA : George Tenet, Cofer Black  et Richard Blee. George Tenet est l’ancien patron de la CIA. Black dirigeait le « Counterterrorist Center » et  Blee , la section chargée de traquer Ben Laden (Alec Station).

Selon les déclarations de Richard Clarke, qui dit ne pas pouvoir prouver ses dires mais les maintient, George Tenet était au courant avant tout le monde de toutes les informations concernant Ben Laden. Pourtant, il ne l’aurait pas tenu au courant des celles, précises, concernant deux des pirates de l’air, Nawaf al-Hazmi and Khalid al-Mihdhar.

 

 

Début 2000, la CIA apprend via la NSA que ces deux hommes se sont rendus à un rendez-vous avec des membres d’Al Qaeda en Malaisie.

Les deux hommes partent pour la Thaïlande, d’où ils prennent un avion pour Los Angeles. Aucune information n’est transmise au FBI ou au département d’Etat. Khalid al-Mihdhar fera même un voyage au Yémen fin 2000 et reviendra aux Etats-Unis avec un autre passeport, précise Truthout.

Ce défaut de partage d’informations est, selon Richard Clarke, « inexplicable ».

 

 

Mais ce n’est pas tout. En janvier 2000, un membre d’Alec Station découvre que Khalid al-Mihdhar dispose d’un visa et rédige un mémo pour le FBI. Mais un responsable de la CIA  en bloque la diffusion.

Selon l’ancien Inspecteur General de la CIA, John Helgerson, les câbles alertant sur ces deux pirates de l’air ont été vus pas environ 60 personnes à la CIA et personne n’a jugé utile de faire passer l’information au FBI. Dommage, parce que l’arrestation d’un de ces deux hommes aurait théoriquement permis de démonter le projet d’attentats.

Clarke explique que George Tenet a omis volontairement de lui transmettre ces informations qui, normalement, entraient dans la liste de celles qu’il devait recevoir.

Les attentats du 11 septembre ont profondément modifié les relations internationales et le monde tel que nous le connaissons. Ils ont justifié une liste d’atteintes aux libertés individuelles qui dépasse l’entendement. Ils sont un sujet de polémique sans fin.

Ces récentes déclarations d’anciens membres de l’Administration Bush sont probablement le début du fil d’une pelote…

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Auteur: Antoine Champagne - kitetoa

Dinosaure du Net, journaliste à ses heures. A commis deux trois trucs (Kitetoa.com, Aporismes.com et Reflets.info).


4 thoughts on “11 septembre : des membres de l’Administration Bush parlent… Et c’est intriguant (suite)”

  1. Ce genre de services sont toujours en compétition, comme la gendarmerie et la police qui, dans certaines affaires, refusent de partager des infos cruciales.

    Toute cette histoire me rappelle Omertà de Mario Puzo – livre assez moyen par ailleurs, j’ai été déçu.
    Un agent du FBI réfléchit à la prochaine grande menace à laquelle les USA devraient faire face depuis la fin de la guerre froide.
    Pour lui, ce ne sont pas les terroristes fondamentalistes mais les barons de la drogue en amérique du sud qui, il en est persuadé, peuvent posséder l’arme nucléaire.
    La seule et unique solution pour prévenir la catastrophe serait d’organiser un faux-attentat qui justifierait la mise en place de lois liberticides et dépouillant le citoyen de sa vie privée.
    Livre posthume publié en 2000.

  2. Oui. Une pelote qu’on va mettre 10 ans à dérouler? Des gens savent des choses, précises, qui donnent sûrement un éclairage direct de la réalité des faits.
    J’ai bien peur qu’au lieu de cela, on s’éparpille au milieu de dizaines de déclarations du style « untel n’a pas transmis tel message, tel jour, qui disait qu’un autre-tel avait mangé du poisson à midi, à untel ».

    Un sujet, extrêmement troublant, est le nombre de morts (accidents, suicides, morts « naturelles ») liées de près, de très près, aux enquêtes sur le 11 septembre. Qui s’y intéressera, avec quels moyens, quand ?

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