Stratégie cryptique de la DCRI et désinformation de Numerama
Deux perles toutes fraîches viennent d’arriver. Ou plutôt, une information, mais par deux voies différentes. Il s’agit de l’arrestation de plusieurs personnes par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) suite à une attaque DDoS du site Web d’EDF en juin dernier.
J’ai eu vent de l’information en tout premier par un article sur Numerama, écrit par un certain Julien L. Il titre « Des Anonymous présumés en garde à vue pour une attaque DDOS« .
Essayons d’expliciter le titre. Il y aurait donc, mis en garde à vue, des Anonymous présumés. Nous sommes bien d’accord : tout comme on parle parfois de « meurtrier présumé », ici nous sommes faces à des « Anonymous présumés » ayant réalisé un DDoS. Ce deuxième point n’est d’ailleurs même pas présumé, il est apparemment déjà sûr et certain. Pour être sûr que ce soit bien l’appartenance à Anonymous qui est problématique, l’auteur en remet une couche en guise d’introduction :
Trois internautes suspectés d’appartenir au collectif Anonymous ont été placés en garde à vue et présentés à juge.
Je n’invente rien : il sont « suspectés d’appartenir au collectif Anonymous« . Il y a deux choses au choix graves, absurdes ou complètement idiotes qui se dégagent de ce début d’article. Premièrement, depuis quand appartenir à un groupement de personnes, quel qu’il soit, peut-il être considéré comme un délit ? À moins que ce soit un groupe ayant ouvertement recours au terrorisme (celui qui fait des morts, pas des cybermorts). Cette formulation d’ « Anonymous présumé » nous ramène donc aux affabulations délirantes rapprochant Al-Qaida et Anonymous, développées récemments par Matthieux Creux sur Atlantico et recadrées par Jean-Marc Manach. Encore une fois, c’est une formulation déplacée risquant d’encourager à tord la peur du grand public, soit pour faire de l’audience (faire peur, ça marche bien), soit par incompréhension totale du sujet, soit parce que l’auteur vit dans un film hollywoodien, soit parce qu’il publie dans la catégorie « Société 2.0″ de Numerama (troll inside).
Deuxième chose, Julien L., puisque ces gens sont des « Anonymous présumés », es-tu capable de m’expliquer ce que signifie « être un Anonymous » ? Aurais-je râté l’autoproclamation du Grand Gourou des Anonymous, décidant qui est membre et qui ne l’est pas ? Puisque ces gens sont Anonymous présumés, les autorités devraient peut-être essayer prouver qu’ils sont réellement des Anonymous. Qu’est-ce qui différencie un Anonymous présumé d’un Anonymous tout court ? Bon… Lecteur, s’il te plaît, rends-toi compte que le titre de cet article de Numerama ne veut rien dire.
Je n’ai rien vu de trop choquant dans le milieu de l’article. Mais puisqu’un lecteur, outre être en tout premier marqué par le titre, retient en général également la conclusion d’un article, allons directement à la dernière phrase :
Un internaute participant à une opération Anonymous contre un site chargée d’une mission de service public s’exposerait, si la loi passe, à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.
Bon, outre la faute d’accord du participe passé qui ferait dire à une mauvaise langue que l’article a été écrit vite et mal (comme celui-ci, d’ailleurs, tiens), expliquant ainsi les âneries décrites au-dessus, concentrons-nous plutôt sur la signification du début de phrase.
Je ne savais pas que la participation à toute « opération Anonymous », quelle qu’elle soit, pouvait mener à une réprimande par la loi. Soyons clair : cette phrase est fausse, trompeuse et approximative.
La raison est simple : « participer » aux « opérations » Anonymous, cela peut tout autant consister à monter une vidéo avec ces fameuses voix synthétiques qu’à téléphoner à l’Eurodéputé auquel on est rattaché pour lui exprimer notre désaccord face à ACTA. À ma connaissance, il ne s’agit pas franchement d’actions illégales. C’est donc – ce n’est que mon interprétation – qu’ici encore est fait implicitement le sous-entendu aberrant Anonymous = truc illégal sur Internet (avec préférence pour DDoS). C’est une généralité qui est malheureusement d’un niveau comparable à celle qui consiste à dire que les Bretons démontent tous des MacDo.
Bref, Julien L., essaie juste de prendre quelques minutes de plus la prochaine fois !
Penchons-nous maintenant sur les faits, ce que j’en sais et ce que j’en pense. Il se trouve qu’une des personnes arrêtées et mises en examen dans cette histoire de DDoS est une vieille connaissance personnelle, qui, comme moi, est présente sur les IRC depuis quelques années. C’est peut-être même lui qui m’a appris à faire mes premiers floodbots, c’est dire !
Voici simplement quelques points qu’il a lui-même annoncés :
- il a subit un total de soixante heures de détention (il a mentionné « garde à vue », « DCRI » et « référé », je suppose qu’il s’agit d’une sorte de somme de tout ça) ;
- on lui reproche d’avoir fourni « avec complaisance » un service ayant permis aux responsables des attaques par DDoS de s’organiser ;
- il est placé sous contrôle judiciaire avec astreintes, l’une d’elle étant une interdiction de « se rendre dans tout réseau, espace ou forum de discussion dédiés aux Anonymous » ;
- une copie du disque dur du serveur lui appartenant, hébergé chez OVH, a été réalisée à son insu.
Comme je n’y connais rien aux procédures ni à la validité de la seconde assertion, je ne chercherai pas à remettre les deux premiers points en question ou à en contester la légalité. Quoique… Vous voudriez pas arrêter, euh, tiens, tous les présidents des FAIs des gens qui ont fait les DDoS pour leur avoir fourni un modem ADSL « avec complaisance » ? Et Bill Gates tiens, puisque LOIC tourne sous Windows. Bon, chambrer la DCRI là-dessus est un peu facile, car je crois qu’il y a beaucoup de gens en amont qui ne comprennent pas grand chose à tout ça, et exécuter des lois qui n’ont pas de sens est assez complexe.
Le troisième point pourrait aussi mériter une petite tranche de rigolade. Il est sans doute évident qu’il n’aura pas intérêt à se connecter sur le serveur IRC des Anonops. Mais, pour les mêmes raisons que la marginalisation des Anonymous effectuée par Julien L. est un contre-sens total, empêcher quelqu’un de se connecter à un espace « dédié aux Anonymous » veut à la fois tout et rien dire. Je rappelle qu’Anonymous est présent et/ou mentionné à tours de bras sur Facebook, Twitter ainsi que dans à peu près tous les gros médias sur Internet. Difficile donc de trouver un sens à cette astreinte… Finalement, il pourrait très bien être sur le serveur IRC Anonops tout en n’étant que sur un canal dédié à la cuisine bio. Mais attention : pas de cuistos Anonymous, même présumés ! Si on prend l’autre extrême, on pourrait quasiment lui reprocher d’allumer son modem ADSL.
Pour terminer, posons-nous la question du but même de l’opération de la DCRI. Il semble clair qu’il ne lui est pas reproché, à lui, d’avoir participé directement aux DDoS. J’ai d’ailleurs ouïe dire qu’il s’y est même opposé. Si l’intention de la DCRI est de contribuer à faire stopper les DDoS par ce biais… Je me permets de douter du succès. L’intention, ne semble, en tous cas, même pas de stopper les personnes ayant réalisés les DDoS. Du coup, même si j’étais d’accord avec l’assomption « le DDoS, c’est mal », quel serait l’intérêt, l’utilité, de ces arrestations… Je ne vois pas, sincèrement.
Bon, ils ont peut-être des quotas d’interpellations à remplir, mais enfin, où sont les pédophiles et les terroristes qui justifient nos grands renforts de lois sécuritaires, dans tout ça ? Il y a eu beaucoup de cybermorts chez EDF ?




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Pas de cybermorts, juste 162.000€ de préjudice (j’aimerais bien savoir d’où sort ce chiffre et sur la base de quoi il est calculé soit dit en passant). Ça suffit à motiver la DCRI je suppose. Très bon article, sinon.
Probablement la facture de quelques prestataires compétents pour fermer le site web le temps de l’attaque ou faire un petit script DoS au niveau IP.
Le lien entre ces arrestation et les anonymous a été relayé par quasiment toute la presse : http://news.google.fr/news/more?q=anonymous+en+garde+a+vue&hl=fr&gl=fr&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_cp.,cf.osb&biw=1447&bih=819&um=1&ie=UTF-8&ncl=dag-QaZYpUQI9TMCjvFLaIn2xK2IM&ei=EAoiT8LlNsbPhAfErYX2BA&sa=X&oi=news_result&ct=more-results&resnum=1&ved=0CDEQqgIwAA
C’est une mode de placer anonymous dans tous les titres, certainement parce que c’est un terme « bankable » en ce moment et c’est pénible à force.
Je partage globalement l’analyse, a la decharge de Numerama, il ne font que reprendre les « éléments de langages » utilisés par les gouvernements. Je pense qu’une fois encore le but recherché est simplement d’effrayer le plus grand nombre, jeunes, parents, afin de dissuader quiconque de participer aux « raids des anonymous ». Il s’agit ici de « vehiculer » l’idée que l’état « a les moyens de vous retrouver, vous n’êtes pas si anonyme que ça » !
Nous sommes face a une campagne de propagande, qui traduit l’impuissance des autorités a enrayer le phenomene.
Un Merci a l’equipe pour votre remarquable travail de « vulgarisation » et d’information
Pour répondre à la dernière question, je dirais que c’est pour que Sarko puisse, un de ces quatre, annoncer tout fiérot qu’il a démantelé le méchant gang en question!
En effet, il doit être extrêmement frustré de voir que c’et pas lui qui a dézingué MU.
Du coup, il rêverait de pouvoir en faire autant avec ANONYMOUS.
Pour moi, c’est clair!
Impossible de démanteler Anonymous tant que les idées existeront. Surtout qu’il ne lui reste que quelques mois…
J’ai la réponse !!!
Julien L. étant journaliste (hum) chez numérama (hum), il est un geek, or tout bon geek a un clavier bépo, pas azerty,
et Julien L étant tout excité de cette information (cela se voit au ton utilisé) on en déduit qu’il a glissé sur son clavier au moment de taper son nom
et à côté sur L sur un clavier bépo, j’ai le C !
En fait c’est Julien C.
Et du coup, de C à Coupa, il n’y a qu’un pa
que je franchis allègrement.
Donc récapitulons, Julien Coupa fait un article sur Numérama parlant d’Anonymous, article ultra bien informé …
… De là à dire qu’Anonymous sont des terroristes, il y a un dernier pas que je ne franchirais pas,
Bises Anonymes Reflets !
Tu me diras quel est ton fournisseur
Attention à ne pas faire de raccourcis trop rapide, je crois qu’ils ne sont pas tous journalistes chez Numérama.
Pour le reste, pour avoir bossé un peu sur du pénal il y a fort fort fort longtemps, la citation parait bien louche, comme le souligne KheOps. Faudrait retrouver les termes exacts de l’accusation… sinon c’est de la diffamation, du moins ça le serait si le nom du mec était cité.
« Qu’est-ce qui différencie un Anonymous présumé d’un Anonymous tout court ? »
Et bien ne rigolez pas mais… LE MASQUE !
D’après la personne dont tu parle, les flics ont passés pas mal de temps chez lui à essayer de le trouver (sans succès bien sur). J’ai bien peur que, rapidement, la simple possession de ce masque transforme n’importe quel citoyen un « anonyous » (et donc, comme tu l’expliques si bien, un véritable danger pour la société…)
Dans ce cas il faut vite aller arrêter les députés polonais qui ont joué de l’image Anon… c’est un flagrant délit de déguisement.
Plus sérieusement, ce que j’entends sur tous les canaux d’info me révulse tellement c’est plein de bullshit. De là à dire que c’est orchestré par des gens qui veulent utiliser la peur comme motivation lors du passage à l’urne, il n’y a qu’un pas.
Ca fait des arguments tout trouvés pour la campagne de l’UMP qui au lieu de faire un constat d’échec sur la sécurité (physique) depuis 7 ans va faire des promesses de sécurité logicielle/réseau pour 2012, à coup de MMM inside, firewall OOo, etc.
Bref, on marche sur la tête comme d’hab.
Modifications « subtiles » du langage sous-entendant que toute forme de rébellion est nécessairement « illégale »* et dangereuse.
Intervention forte (la DCRI quand même) se justifiant à travers la peur que les gens ont de la technologie (« un ddos… ça a forcément compromis le pentagone ! »).
On sait vers quoi on va…
* : ce terme même, utilisé à mauvais escient (dans le sens de « illégitime »), en fait partie.
Bonjour,
Je prends la plume (ou plutôt le clavier) en ce vendredi matin pour revenir sur cet article qui, certes est justifié mais qui, je pense, est exagéré et pas toujours juste.
Concernant les « Anonymous présumés », je ne reviens pas dessus, je crois que tout est dit. D’ailleurs, moi-même scientifique, je trouve toujours bien de rappeler le sens réel des mots et surtout, ne pas les utiliser à tort (pour éviter le climat de peur injustifié dans ce cas).
Par contre, je voudrais revenir sur les commentaires concernant la conclusion. Vous basez votre commentaire sur la phrase « Un internaute participant à une opération Anonymous » et en effet, ce n’est pas un délit. Cependant, la phrase exacte d l’article est » Un internaute participant à une opération Anonymous contre un site… ». On parle bien d’une action contre un site, pas simplement d’une action Anonymous. Alors bien sûr, cette expression sous entend « action illégale » (enfin, je suppose) qui n’a pas été précisé et je pense que vous auriez pu axer votre critique sur ce point, sur cette imprécision. Une action contre un site peut très bien se traduire par un pétition ou un coup de téléphone au webmestre (ou autre chose) mais il me semble que Anonymous n’attaque pas seulement des sites mais aussi des concepts, des idées. Si Julien L. (ou C., peut importe !) a pris le soin de préciser site, c’est qu’il sous entendait (et c’est peut-être là son erreur) seulement les actions citées plus haut (DDoS, défacage…) qui sont donc illégale (d’ailleurs, je n’en sais rien sur ce point mais je me fie aux connaissances de reflets.info sur ce point).
J’espère que ma prose est compréhensible (bien que scientifique, je suis vraiment très nul pour être clair !) et que mon message sera au moins compris, peut-être accepté. Je reste présent pour une éventuelle réponse ou complément sur ma remarque.
Juste un Lapin
PS : SVP, pas de remarque sur mon orthographe ou même sur celle des articles de Numerama (cela n’apporte rien au débat). D’autant plus que je pense qu’il y a probablement plus d’erreurs dans les articles de reflets.info que dans ceux de Numerama (peu importe, il y en a encore probablement plus dans les documents que je rédige !).
Merci pour le commentaire et la précision
Effectivement, j’ai omis, dans ma critique de la phrase, d’inclure la partie « contre un site », et effectivement, de ce fait, on peut douter de la validité de ma critique sur ce point précis.
Comme tu le dis, l’auteur semble sous-entendre « action illégale » à travers cette formulation.
Mais tout le problème est là : le sous-entendu. Il y a trop de points imprécis dans ledit article, et on ne sait pas ce qui est sous-entendu de ce qui est approximatif. Donc pour faire simple, on se cantonne aux mots qui sont écrits… Auquel cas cette phrase sur les « actions contre des sites » reste à reprendre. Et ce sentiment concernant cette phrase est renforcé au vu des autres confusions monstrueuses faites au-dessus (cf. « suspectés d’être Anonymous ») concernant la notion d’illégalité.
Quant à la remarque sur l’orthographe, c’était pas pour être méchant, mais j’accorde volontier que c’était très optionnel.
Tu n’y mets, effectivement, que peu de volonté, puisque « volontierS » prends un « s »
))
Si je ne me trompe pas, d’après les belles loi antiterroristes passées après le 11 septembre, il n’y a pas besoin d’avoir fait quoi que ce soit d’illégal pour être coupable de participation à une action terroriste.
Celles-ci étant d’ailleurs définies avec suffisamment de flou pour pouvoir concerner à peu près n’importe quelle contestation politique organisée (cf Coupat une fois de plus).
Bel article, qui sur la fin après avoir bien taclé à la carotide, se veut informel. On a jamais la version des accusés, le fait que tu connaisses probablement un des individus nous permet d’avoir des informations autres que la presse généraliste ne possède pas.
Merci. article relayé.
La suite de l’histoire : http://www.pcinpact.com/breve/68568-anonymous-anonops-irc-fermeture-redirection.htm
On peut lui envoyer des chocolats à quel adresse?
Superfunky. Et si les anonymous se mettent à discuter par SMS ils font quoi, ils mettent le patron de Orange en gav aussi ?
Orange, Bouygues ou SFR, je pense pas… Par contre, si des SMS sont échangés sur le réseau Free, à la place de XN je ferai gaffe quand même
)
http://www.newzilla.net/2012/01/26/edito-anonymous-ou-la-possibilite-dune-derive/
Vous reprendrez bien encore un peu de désinformation?
60 heures de gav ??? c’est limité à combien maintenant ??
Après avoir regarder sur wiki (https://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_%C3%A0_vue_en_droit_fran%C3%A7ais#Dur.C3.A9e_de_garde_.C3.A0_vue) ce qui pouvait justifié plus de 48h de garde à vue. Les possibilité sont donc:
*Crime de destruction, dégradation et détérioration d’un bien commis en bande organisée
*Crimes et délits constituant des actes de terrorisme
*Délits d’association de malfaiteurs
Mais je trouve rien qui peux ressembler à
« entente en vue de l’entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données »
Mon avis étant que les flics « travaillent la viande » et qu’il trouvent a posteriori des justifications aux 60h de GAV, Perben ayant eu la gentillesse de leurs faire des exceptions fourre-tout.
PS: En passant, les flic peuvent t’offrir le gîte et le couvert pour 6 jours. Cool…
C’est navrant de voir à quel point on est toujours au même cliché erroné que dans le film « Hackers » (1995!) avec le pauvre flic e-gnorant qui rabache la seule chose qu’il croit savoir:
« hackers penetrate and ravage…blah blah blah ».
Si fournir un service aux « méchants » est répréhensible alors pourquoi ne vont-ils pas arrêter le gens de #Amesys plutôt ?
Ca mérite des fessées en public pour la DCRI ça !
Je rejoint l’avis de juste.lapin sur cet article.
De plus, je trouve que le titre du présent article n’est guère mieux : « désinformation de Numerama ». Un peu fort pour deux phrases, certes mal formulées, mais loin d’être des brûlots anti-Anonymous (cf C. Barbier…).
Comme le note juste.lapin, cet article cite une phrase hors de son contexte en la tronquant. Pourquoi ne pas faire un article « la désinformation de reflets.info » ?
Après, sur le fond de l’histoire, quelqu’un est soupçonné d’avoir des liens avec quelque chose d’illégal donc il est interrogé par les services compétents. Je ne vois pas grand chose de choquant ni matière à article.
Peut être que le fait que l’auteur de cet article ait « ouïe dire qu’il s’y est même opposé » aurait dû suffire à la DCRI pour le mettre hors de cause…
Bref, j’ai vu un titre alléchant, j’ai lu, j’ai été déçu. Mais cela reste mon humble opinion.
Il ne s’agit effectivement pas d’un brûlot anti-Anonymous, mais il s’agit, je pense, pas non plus de phrases juste mal formulées. Ou alors, elles sont _vraiment_ mal formulées.
Comme je l’ai dit, « suspecté d’appartenir au collectif Anonymous », sans être un brûlot, induit la notion de suspicion pour l’appartenance à un groupe… Dont l’existence en tant que telle n’a rien d’illégal, pourtant. Cette opposition, donc, entre la formulation « suspecté d’appartenir » et le fait qu’Anonymous ne soit finalement pas un groupe illégal, est pour moi de la désinformation, car à mon sens on comprend le contraire de la réalité à travers cette formulation.
L’auteur n’a effectivement, ceci dit, pas écrit « Anonymous est illégal », et il est évident que ma considération est aussi basé sur ma façon d’interpréter ses phrases, interprétation aussi influencée par les autres articles approximatifs qu’on trouve à foison à propos d’Anonymous.
Pour « la désinformation de reflets.info » concernant cet article, précis, du coup, je ne suis pas sûr de voir à quel endroit je prétends que l’auteur a écrit le contraire de ce qu’il a effectivement écrit.
Enfin, sur le fond, tu as raison, et d’ailleurs je n’ai pas dit le contraire. Si une personne est suspectée d’actions illégales, la froide logique des choses veut qu’elle rentre dans une procédure judiciaire.
Non, ce que je critique, sur le fond, c’est la notion même, telle que tu la mentionnes, d’ « avoir des liens avec quelque chose d’illégal ». Je tenais juste à montrer que cette notion de « lien » est extrêmement floue.
Enfin, le « j’ai ouïe dire qu’il s’y est même opposé » n’a, évidemment, aucune valeur de vérité. Il tenait simplement à souligner cette interrogation sur la tactique et le but de la DCRI, car si on arrête cette personne-là pour ces raisons-là, il y en a peut-être des centaines ou milliers d’autres qui devraient y passer si on voulait une quelconque efficacité.
PS : ou même, sans parler d’efficacité, mais plutôt de cohérence.
Merci pour cette réponse qui me permet de mieux saisir le sens de l’article.
Il reste que je trouve que le titre de votre article laisse à penser que Numérama aurait sciemment publié cet article dans un but de propagande. Peut-être est-ce juste moi qui associe un peu vite le mot « désinformation » à de la propagande. Je trouve juste ce mot un peu « fort » ici.
De plus, vous ne parlez que ce site (Numérama) alors qu’il suffit de parcourir la toile pour trouver bien pire (rapides extraits) :
- 01Net : Trois Anonymous en garde à vue après des attaques sur le site d’EDF
- 20minutes : Trois Anonymous en garde à vue en France
- Le Parisien : Des pirates informatiques du collectif Anonymous…
- Libération : Arrestation de membres d’Anonymous: deux personnes présentées à un juge
Je sais bien qu’on ne parle pas ici de grande presse mais je pense juste que de nos jours les journalistes ne font plus vraiment attention au sens des mots et Numérama n’y fait pas exception.
Une grande partie de la presse désinformerait donc les français. Je trouve qu’il serait plus judicieux de parler de « mal information » car le terme de « désinformation » induit un caractère délibéré que je retrouve pas ici (un travail bâclé).
A votre décharge, il est possible que Numérama ait été le premier à relier cette information de cette manière et/ou le seul au moment de la rédaction de votre article. Et il est vrai que ce site, de part sa visée « Actualité informatique et numérique », aurait pu traiter ce sujet avec plus d’attention.
En tout cas, je vous félicite et vous remercie de laisser place à la critique et au débat.
PS : je me rends compte que les titres choisis ne sont pas forcément de bons exemples je vous en donne donc deux autres :
generation-nt.com : « France : interpellation de trois Anonymous présumés »
TF1.fr : « Site internet EDF bloqué par les Anonymous : 2 personnes présentées à un juge »
Et ce sera ainsi partout: Malveillance et Incompétence sont les deux mamelles de notre société, et le « journalisme » ne déroge en rien à cette règle, bien au contraire.
assomption.. ? assertion plutôt non ?
mais je peux me gourer.
http://dictionnaire.sensagent.com/assomption/fr-fr/
Merci , je ne connaissais pas.
« Du coup, même si j’étais d’accord avec l’assomption « le DDoS, c’est mal », quel serait l’intérêt, l’utilité, de ces arrestations… Je ne vois pas, sincèrement. »
Moi je le vois…
Les anonymous provoquent un engouement, ils commence a prendre l’image de robins des bois.
Ces arrestations s’incrivent directement dans la politique mis en place :
1/ les diaboliser pour que le public arrête de les prendre pour des héros
2/ démontrer qu’on peut les arrêter physiquement, et donc déclencher de la peur. Car beaucoup d’utilisateurs lambda encourageant, voir même aidant directement ou indirectement les anonymous pensent être à l’abri du fait qu’ils ne font rien de mal, et du fait aussi qu’ils se pensent réellement anonyme sur le net et intracable. Le gouvernement veut juste tordre le cou a ces idées et prouver que non, c’est mal, et qu’il les aura quelque soit le temps que cela prendra.
bref ils font un exemple pour décourager les plus impressionnable de rejoindre le camp adverse
Bonjour, quelques précisions supplémentaires:
« Premièrement, depuis quand appartenir à un groupement de personnes, quel qu’il soit, peut-il être considéré comme un délit ? »
C’est là toute la question. Pour être considéré en assoc de malflaiteurs, il faut avoir commis des délits qui encourent des peines de plus de 5ans.
En faisant quelques légères modifications discrètes de lois et en votant celle proposée, ce type de regroupement pourra etre penalisé (attn on parle bien de regroupement ayant sciemment connaissance de la préparation d’un délit)
Je reviens pas sur le terme « opération Anonymous » des commentaires en ont déjà parlé.
« on lui reproche d’avoir fourni « avec complaisance » un service ayant permis aux responsables des attaques par DDoS de s’organiser ; »
Votre comparaison est un peu terne. Quand on tue quelqu’un avec un couteau, le tribunal mentionne bien bien que c’est par armes tranchantes ou avec un couteau et non pas par pistolet. Les fabricants de couteaux n’en sont pas tenus pour responsables il me semble.
C’est l’utilisation faite par ce service qui est souvent reprochée heureusement(et par derrière si son fournisseur avait pleinement connaissance de ce qui se passait sur son service)
Quand à l’utilité de cette opération, pê une sorte de coopération internationale informelle je dirai (c’est très louche cette arrestation 9 mois après comme par hasard au milieu d’actions Anonymous)
Longue vie à Reflets et à Numérama
Longue vie à Reflet, à Numérama je ne sais pas… En tout cas que ses forums pourrissent vite sous la merde brune qui les envahit.
« ils ont peut-être des quotas d’interpellations à remplir » Je pense aussi qu’il ne faut pas aller chercher beaucoup plus loin… On agite bien les bras pour faire du vent,on arrête 3-4 gus, pas dans un garage, mais au mauvais endroit au mauvais moment, et on peut annoncer triomphalement sur Bouygues-télé que l’on a arrêté de très méchants cyber-terroristes…
Un commentaire et une question.
1) En général, faire des remarques sur l’orthographe d’un article alors qu’on fait soi-même des fautes, c’est jamais un facteur de crédibilité (eh oui il va falloir différencier le verbe Tordre du nom masculin Tort ; avoir tordre ne veut rien dire) ;
2) Ensuite, je m’interroge sur l’intérêt du brûlot envers l’article du sus-nommé Julien L. Pourquoi ? Parce que votre amiE est concernéE ? Parce que vous vous sentez concernéE ? Je serais surpris que vous ne nous rendiez compte que maintenant du caractère particulier des articles de Numé’ ! Oui Numé’ s’est souvent affiché comme un pourvoyeur d’informations réactif, sur le fil du rasoir comme on dit. Et l’on sait, comme vous le mentionnez dès le départ du votre billet, que la précipitation est productrice d’erreurs (Sarkoléon le sait tellement bien que chaque année, comme pour vider la mémoire cache de la tolérance des citoyens, il fait ses excuses d’avoir dit/fait n’importe quoi).
Sans vouloir paraitre conservateur, Numé’ dit parfois/souvent des conneries et c’est aussi pour ça qu’on l’aime. ^^
J’ai bien précisé que mon article était également vite et mal écrit. Il n’empêche, il ne verse pas dans la désinformation (à mon sens)
La petite faute que j’ai – en souriant – pointée, était juste pour appuyer ma sensation que cette précipitation pouvait avoir coûté cher à la qualité de l’information.
J’ai rien contre Numérama en général, j’y lis souvent des articles, je voulais juste réagir à un papier en particulier.
Ils ont tout le droit qu’ils veulent d’être réactif, je dis juste qu’à mon sens l’auteur aurait pu se permettre d’être plus lent de 10 minutes et aurait fournit des informations moins erronées aux lecteurs.
À quoi ça sert d’aller vite si c’est pour que le lecteur ressorte moins bien informé ?
Dans le cas de Numérama, l’intérêt du site sont les commentaires. Selon moi les articles ne sont que les points de départ de réflexion (réfléchir le numérique), très liminaires, partiels (partiaux ?), dans un français moyen, avec des phrases qui dévient parfois le sens/l’histoire réel(le) de l’événement. Ensuite, je lis les commentaires. Ils s’apparentent souvent à un lieu de foisonnement d’idées, de précisions (par des liens avec d’autres articles), de recoupement d’information, de contradictions, de débats, de prises de position. À mon sens, le concept du « réfléchir le numérique » n’est pas à trouver dans les articles mais plutôt dans la prise de parole publique, collective que permettent les commentaires.
En somme, dire que Numérama fait de la désinformation c’est pas faux, mais c’est passer un peu à côté de son objet initial qui est de susciter la curiosité et de pousser les gens à débattre (d’où son côté un peu rovocateur par moment). ^^
Ce qui me chiffonne le plus c’est ce rapport différents qu’ont les Anonymous avec la loi. Les mêmes délits seraient passibles alors d’amendes et de peine de prisons différentes à partir du moment ou on est ou pas un Anonymous ?
Je cite :
» Un internaute participant à une opération Anonymous contre un site chargée d’une mission de service public s’exposerait, si la loi passe, à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende. »
C’est peut-être moins cher si l’association change de nom…
à tord -> à tort
Il y a une petite faute : on écrit « J’ai ouï dire » et pas « ouïe dire »
Sachant qu’à peut près n’importe qui peut se revendiquer Anonymous (ce qui est le but de la manoeuvre et de l’idéologie) cela risque bien de faire passer tous les actes de pirateries informatiques et de web contestations actuelles comme un nouveau « coup » des Anonymous
C’est à double tranchant pour les gens qui revendiquent le droit à la liberté d’expression et au libre usage d’internet car l’image « anon » devient au fil des jours plus révolutionnaire et plus corrosive qu’une simple contestation de geek.
Mais en même temps est ce qu’avec ce que nous prépare ACTA, ne serions nous pas en droit de vraiment nous énerver et faire valoir un droit à la liberté qui s’applique aussi sur internet et donc assumer pleinement le rôle d’anonymous quitte à risquer des sanctions pénal …
/citation à deux balles
« Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien » Edmund Burke
/citation à deux balles
Ca fait plaisir de revoir ta plume Kheops.
Quand à cet article, merci, ça résume assez bien ce que je pense du papier de Numerama.
La seule effroyable de l’histoire, c’est que les trois risquent de payer très cher cette ineptie.
http://owni.fr/2012/01/27/dcri-contre-anonymous/
Bon, je veux pas dire mais y’a pas que moi qui chambre la DCRI
Excellent article by the way, vous aurez davantage de précisions.
Je laisserais bien un commentaire sur cet article mais… merde… je risque de me faire choper pour complaisance sur un article qui traite d’Anonymous ou pas ? bordel c’est la merde… :/
(Quitte à se pâmer sur une faute d’accord de participe passé, l’auteur ferait bien de s’aviser que l’on écrit pas (encore) « à tord », mais « à tort »…)
La DCRI n’étant surement pas incompétente, il s’agirait plutôt d’une opération de comm’ sur plusieurs tableaux :
Un premier message s’adresse aux initiés du réseau pour montrer que toute sympathie avec des mouvements comme anonymous (même très lointaine) peut avoir des conséquences fâcheuses (garde à vue, astreinte, et une procédure judiciaire, qui même si elle se finit bien sera forcèment douloureuse). Ça peut aussi en refroidir quelques-uns qui pourraient être tentés de rejoindre les actions d’anon.
C’est aussi une démonstration de pouvoir que de mener une arrestation injustifiée.
L’autre, c’est une intoxication médiatique : un communiqué de presse d’une instance officielle et sérieuse, que l’AFP transforme en dépêche, qui est reprise telle quelle, et déformée par la multitude de vecteurs d’info qui se contentent de la recopier plus ou moins bien (ce ne sont pas les exemples qui manquent en recherchant dans les flux d’actualité en ligne). Et au fil des recopiages les « présumés anonymous » se transforment en « pirates du groupe anonymous » (*). Ca permet de faire l’amalgame dans l’esprit de beaucoup de gens, qui n’iront pas chercher plus loin, entre hackers/piratage/ »pillage » du droit d’auteur/megaupload=mafia/danger pour la sécurité (edf) et discréditer les actions d’anonymous. Là aussi, il s’agit de couper la sympathie populaire et de discréditer les « combats » d’anonymous (contre ACTA par exemple).
C’est un moyen de déconstruire l’image de robin des bois qu’anon. pourrait avoir. et de la remplacer par celle d’un groupe dangereux, qui justifiera une réponse policière et judiciaire.
On peut aussi le voir comme une provocation, qui invite anon. à réagir (ce qui alimente déjà l’ »actualité » : fichier de police, défaçage RGPP, etc.) et peut-être que la DCRI envisage d’en épingler quelques autres et faire un plus gros coup médiatique, au profit de ceux qui se rêvent en « shériffs » du web…
La DCRI a déjà participé à une opération fumeuse en 2008 (Tarnac), avec interpellation mise en scène à grands moyens, vaste opération d’intoxication médiatique, pour un dossier judiciaire qui n’a cessé de se dégonfler depuis.
* un bon exemple d’amalgame et de mal-information : http://www.jeanmarcmorandini.com/article-257888-le-site-internet-d-un-syndicat-de-police-pirate-en-france.html